‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 223 sur 325 · DES BESTIAUX. 3S · texte numérisé non relu

DES BESTIAUX. 3S

finit en les mettant dans des prairies artificielles de ray-grass (ivraie vivace), plante éminemment engraissante d'après l'opinion des cultivateurs de ce pays.

Dans quelques lieux, on engraisse avec de la graine de lin, des marcs de bière, des châtaignes, des glands, des tourteaux huileux, etc. Ces tourteaux donnés en (|uanlité suffisante engraissent, il est vrai, assez promptement les animaux; mais ils donnent souvent à la chair une saveur désagréable, et à la graisse peu de blancheur et de consistance, ce qui force à leur substituer une autre nourriture vers la fin de l'engraissement; il suffit de quinze jours à trois semaint-s pour faire disparaître ce goût. Les tourteaux huileux sont formés d'un parenchyme, de beaucoup de mucilage et d'un peu d'huile; ils ne sont pas tous également uourrissans; ceux de lin pos-» sèdent le plus de qualités nutritives, et ceux, de chènevis sont les plus mauvais.

Ou a essajé d'utiliser à l'engraissement des bestiaux le gluten qui forme le résidu de la fabrication de l'amidon de froment ; mais, bien que cette substance soit essentiellement nutritive, que ce soit à sa présence que les farines doivent une grande partie de leurs propriétés alimentaires, il n'en est pas moins vrai que seule elle forme une très-mauvaise nourriture qui dégoûte bientôt les animaux el les rend malades. — On a utilisé avec beaucoup plus de succès, pour la même opération, les mélasses qui résultent de la fabrication du sucre de betteraves; on mêle ces mélasses avec le marc qui, sans cela, serait peu a[^pété par les bestiaux que l'on en nourrit. — Tsous examinerons bientôt plus au long ces différentes méthodes.

On a remarqué que les graines germées engraissaient plus rapidement les animaux qui en étaient nourris que celles qui étaient données dans leur état naturel. On comprendra facilement ce fait, lorsqu'on saura que dans l'acte de la germination certains principes insolubles et peu utiles à l'alimentation disparaissent en grande partie, et sont remplacés par d'autres principes essentiellement nutritifs. Ii'anal\"se comparative de l'orge crue et de l'orge germee, analyse que nous devons à Proust, servira de preuve à cette proposition. Voici les résultats qui ont été obtenus par le chimiste que je viens de citer.

Oigf crue sur 100 partit!. Orge germée sur 100 partiel.

Gomme. . . 4 Gomme. . . 15

Sucre. ... 5 Sucre. ... 15

Gluten. . . 3 Gluten.. . . I

Amidon. . . 32 Amidon. . . 56

Résine. . . 1 Résine.. . . 1

Hordéine. . 55 Hordéine. . . 12

On voit par les tableaux qui précèdent que dans l'acte de la germination l'hordéine, principe peu nutritif, a été réduit de .55/100 à 12,000, et que la gom.me, le sucre et l'amidoa ont augmenté, le premier de ces principes de liyiOO, le second de 10,100 et le troisième de 24 100. — Si l'on n'arrêtait pas la fermentation en temps convenable, tout le principe sucré se transformerait en alcool (esprit-devin ).

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