DES SOINS A DONNER AU CHEVAL
de la mangeoire, et se donnent sur la région de l'occipital des contusions dont les conséquences peuvent être très-graves.
Pour prévenir les accidens possibles il suffit de combler l'intervalle vide de dessous l'auge, soit avec de la maçonnerie, soit avec des planches disposées vei'ticalement au niveau de la face antérieure de la mangeoire. Du l'esté, que les auges soient de bois ou de pierre, il est nécessaire que les palefreniers aient la précaution de les laver tous les jours, et en outre, à chaque repas qu'ils donnent au cheval, de les nettoyer avec un bouchon de paille des restes du repas précédent. Sans cette précaution, les matières a demi mâchées et inipi-égnées des sucs salivaires pourraient séjourner dans la mangeoire, y fermenter, lui communiquer une odeur infecte et dégoûlfr les animaux.
§ m.— De l'alimentation du cheval de travail.
Pour les animaux dont on ulilise les forces motrices au déplacement des résistances, l'alimentation n'est pas seulement une condition d'existence, mais bien encore une condition d'aptitude à rendre le plus de services possible : elle doit avoir pour but de fournira la machine vivante les matériaux nécessaires à son entretien, et de donner, pour ainsi dire, à ses ressorts, le degré de trempe et de solidité en rapport avec les forces qu'elle doit développer pour mouvoir les résistances.
La question que nous avons à résoudre est donc celle de savoir qtiel est le mode d'alimentation le plus convenable au cheval de travail, pour l'entretenir eu état de santé et lui donner les forces et l'énergie nécessaires à l'exécution des services qu'on exige de lui.
Nous allons examiner si le mode d'alimentation actuellement adopté est convenable, et s'il en est un autre qu'il faille lui préférer.
A. De C alimentation actuelle du cheval.
L'alimentation actuelle du cheval de travail a pour base la paille, le foin, le son et principalement l'avoine.
r La paille. De toutes les pailles des graminées, celle du iroment est la plus usitée pour la nourriture du cheval, parce que de toutes elle est réputée la plus alimentaire et qu'il la préfère à toutes les autres.
Les propriétés alimentaires de la paille de froment sont démontrées par l'expérience, contradictoirementà l'analyse chimique. Les chimistes n'ont en effet trouvé dans la paille que 2 pour 0,0 de principes nutritifs, et cependant, en Angleterre, on nourrit exclusivement avec de la paille les vaches qui ont cessé de donner du lait. En Pologne, et dans le midi de l'Europe, elle est l'unique aliment des chevaux, des ânes, des mulets et des bœufs qui ne travaillent |)as; ce qui implique évidemment la fausseté de l'analyse. Enfin, en 1830, on a renouvelé les essais faits au siège de Carcassonne du temps de la ligue par Envert de Champaigne, et on est parvenu à extraire, par la mouture, de la paille de froment une farine bise analogue, par sa saveur et par ses |)ropriétés, à la farine des grains de blé.
La paille se donne en botte, broyée ou hu'