CHAPITRE IX. — Du harnachement
Les grands animaux domestiques ont été comparés, avec raison, à de puissantes machines dont les forces sont utilement employées par l'homme pour vaincre les résistances, surmonter les obstacles et imprimer aux masses inertes des mouvemens de translation. Ainsi, <l;uis nos cau) pagnes, associés à la charrue dont ils sont les moteurs, le bœuf ou le cheval creusent les sillons du labour : dans les pays riverains, les chevaux ont été longtemps les seuls instrumens au moyen desquels l'homme est parvenu à vaincre la résistance constante du courant des fleuves, que les seuls efforts de ses rames auraient difficilement surmontées; enfin, dans la plupai't des rontréesde France, aujourd'hui même encore, les chevaux, les bœufs, les ânes et les mulets, son t les seuls moteurs des machines employées au transport par terre des marchandises qui alimentent le commerce de nos villes. Pour utiliser avec efficacité ces puissans moteurs, et appliquer leurs forcesavec lemoinsdc perte possible contre les résistances qu'elles doivent vaincre, on a imaginé différens appareils dontlesuns, les harnais, ne sont pour la plujiiart que des moyens de transmission de l'action (les premières aux secondes, et les autres, les voitures, les chariots et les différens modes de charroi, sont destinés à faciliter par leur mécanisme le déplacement des masses.
Le but que nous nous pi-oposons dans cet article est de rechercher quel est, dans les didércns services de nos grands animaux, le mode de harnachement, le plus favorable à l'entier développement de leurs forces.
Section i""®. — Des harnais.
Les harnais sont ces divers appareils que l'on adapte sur le corps des animaux domestiques, dans le but principal de les ^om'erner et de leur faire exécuter le déplacement d'une résistance, soit par le tirage, soit par le transport à dos : quelques-unes de leurs
f)arties accessoires servent à les préserver de a piqûre des insectes, et des effets de la température.
Les harnais peuvent èti'e considérés comme les agens essentiels de relation entre les moteur» animés et les masses qu'ils doivent déplacer, ou en d'autres termes, comme les moyens d'application des forces molricesà la résistancetqui leur est opposée; aussi leur confection raisonnée et leur adaptation sur le corps lies animaux est-elle d'une haute impor-
tance, puisqu'elle entre comme donnée essentielle dans la solution de cet important problème de mécanique : Etant donnée la force d' un.moteur anime , lui faire exécuter avec le moins de perte possible le déplacement d'une résistance.
Avant de donner les règles que l'on doit suivre dans la confection des harnais, nous devons indiquer les noms, la forme et les usages des différentes parties qui entrent dans le harnachement des animaux, et rappeler en même temps la description des régions anatomiques avec lesquelles ces parties se trouvent en rapport.
§ l". — Du liarnachement du cheval de trait.
Trois appareils distincs par le but qu'ils doivent remplir constituent le harnachement du cheval de trait (/g^. 251) : le 1", le plusessen-
Fig. 251.
tiel, est destiné à faire exécuterle tirage, c'està-dire à transmettre à la voiture le mouvement en avant communiqué par le cheval; le second imprime les mouvemens en arrière, et permet àl'animal de s'opposer dans les descentes à la tropgrande vitesse, que le fardeau peut acquérir en obéissant par son pro[)re poids à la pente du terrain; le troisième enfin sert seulement à gouverner les animaux.
§11. — De l'appareil ilu tirage.
La partie essentielle de l'appareil du tirage est let'o//'/>rdont les accessoires sont les traits., le surdos, \cfifburreaiix et la ventrelie.