DU MULET
moins que lui, plus sobre, plus robuste, moins sujet aux maladies que le cheval, il ne redoute pas comme lui la chaleur et les brusques changemens de température; il résiste aussi mieux à la fatigue qu'aucun d'eux, conserve plus longtemps sa vigueur, et est doué de plus de longévité. 11 dure, dit-on, de quarante à cinquante ans, et l'on en cite même un dans Athènes qui vécut jusqu'à quatre-vingts ans.
Comme chez les ânes et les chevaux, l'âge du mulet se juge par les dents. Il est- très-rarement malade et ne devient jamais poussif, ce qui tient sans doute à ce qu'il e;>t plus sobre et moins ardent que le cheval.
Les Hébreux, les Grecs et les Latins ont connu le mulet. Mais où et quand a-t-il paru pour la première fois.' D'où procède-t-il, du fait de l'homme ou du caprice du hasard.' Voilà des questions qu'il ne nous est pas donné de résoudre. En produisait-on en France avant l'introduction des baudets d'Espagne, au xvii* siècle } C'est ce que nous ne savons pas davantage. Tout ce que nous pouvons affirmer, c'est que cette industrie n'a pris du développement qu'à dater de cette époque.
Il est fort difficile de reconnaître dans le mulet la race de ses producteurs. Aussi dans le commerce ne s'euquiert-on pas de la race des ânes et des jumens dont sont issus les mulets, et. ne considère-t-on communément en eux que la taille, le corsage, la force et la bonne conformation des membres; et comme ces diverses qualités tiennent le plus souvent aux localités, c'est aussi d'ordinaire d'après leur provenance qu'on les'désigne, et ou les distingue en mulets de Poitou, mulets de Gascogne, etc. On. préfère les premiers pour, te trait et la charge, comme plus gros, plus matériels, plus robustes, j)arce que, dans ce pays, on s'applique à avoir de beaux ânes et de fortes jumens bretonnes, tandis que pour la selle on préfère les seconds, parce que, comme leurs parens, ils ont une taillé plus haute, plus élancée, et des, formes plus gracieuses.
Il^faut donc, selon qu'on veut obtenir des mules de somme, de trait, de selle ou de voiture, prendre des poulinières sveltes et légères, ou de grosses et fortes cavales.
Ainsi que des chevaux, on rencontre des mulets sous presque toutes les robes. Le pelage le plus commun est le bai-brun et noir mal teint. Les mulets ont parfois, comme les ânes, la bande cruciale; mais, de même que chez eux, on ne la rencontre que dans les animaux de couleur claire. Quoique provenant de baudets à longs poils, ils ont en général le poil ras. Ceux qui, dans leur jeunesse, ont le corps couvert de soies longues et pendantes, comme les ânes, sent plus estimés que les autres, mais ils sont rares ailleurs qu'en Poitou, où ils sont presque tous ainsi, du moins ceux qui proviennent des jumens maraîchères. Du reste, cela disparaît au bout de. la i)remière année ou quand. ils cessent de téter, et ils ne diffèrent alors en rien des autres ; mais ils devieunent, dit-on, plus forts et plus beaux.
§ II. — Propagation et élève du mulet.
Quoique les mulets se distinguent en mâles et femelles, et que chez to;is, les organes de la génération soient parfaitement conformes,