‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 267 sur 325 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

4i,8 ANIMAUX DOMESTIQUES le traTail, comme pour la viande et le lait qu'elles fournissent. Quoique pendant longtemps, Çt ma gre Îps droits de douane énormes dont leur introduction est frappée, cCS bœufs soiei'.t venus alimenter les marelles de Paris, et qu'aujourd'hui encore Hfournissent de viande la Lorraine et I Alsace, le. races bovines allemandes sont peu connues et peu aonrécices chez nous. Nous le disons avec regret, les hommes les plus désireux de l'amélioration de nos races se sont engoués des races suisses et ont dédaigné toutes les autres- Aujourd hui que 1 expérience a si souvent démontré la difficulté de leur élève nous espérons que nous saurous enfin, sinon nous approprier les races allemandes, qui n'offrent en réalité aucun avantage sur nos bonnes races françaises, du moins appliquer les procèdes économiques, à l'aide desquels les Allemands ont su lutter avec succès contre nous jusque sur les marchés de Paris. , ^ ,, j„

Les principales races allemandes sont celles de Franconie, de la Bavière Rhénane et la race de Frise dont les caractères se rapprochent trop de la race Hollandaise pour que nous la décrivions ici.

La race hongroise 'fig. 265) s'élève en Podolie, en

FJg. 265.

DES RA.CES BOVINES ET DE LEUR ÉLÈVE, liv. m.

La race du Voigtland est très-répandue en Saxe et en Bohème; c'est aux environs d'Egra qu'elle a le mieux conservé sa pureté primitive. Les bœufs de cette race sont excellens pour le trait et la boucherie, les vaches donnent un lait abondant et trèsriche en beurre. Des expériences comparatives faites [lar Schwcriz établissent d'une manière incont«;stahle leur supériorité sur les vaches de Fribourg et de Frise. Elles sont très-faciles à nourrir, mangent volontiers la paille que refusent les vaches suisses, et deux d'entre elles ne coûtent pas plus d'entretien qu'une seule vache de Fribourg, quoiqu'elles fournissent moitié plus de beurre et par conséquent donnent un produit plus considérable. Voici leurs principaux caractères : robe rouge brun ; — taille movenne ; — tète longue ; —bouche pointue ;— cornes longues dirigées latéralement et contournées en haut; — fanon développé; — poitrine large; — corps long et en forme de tonneau ; — dos large, droit; — hanches fortes; — queue attachée assez haut ; — jambes fortes, droites et distantes.

Une des meilleures races allemandes est la petite race allgaue {J'ië- 266) que l'on trouve dans la

Fig. 266.

Valachie, en Hongrie, etc., pays trop éloignés pour qu'elle ait jamais pu paraître sur nos marchés de France ; mais nous avons eu le malheur de l'observer à la suite des armées du Nord qui, en 1814, inondèrent la France. Sans paraître affectée du typhus, elle répandit cette épizootie typhoïde qui a dévoré trois à quatre cent mille têtes de bétail. Soit par l'effet de constitution, de la fatigue, ou de l'insuffisance de la nourriture, sa maigreur était extrême. 'Voici ses principaux caractères: stature élevée ; — cornes démesurées même pour sa taille, blanches, dirigées latéralement avec la pointe relevée ; — jambes élevées ; — os fort gros et apophvses osseuses saillantes; — pelage d'un gris blanc ou cendré offrant de petites mèches bien prononcées. Cette race n'est ni travailleuse, ni laitière, sa destination est la boucherie.

Ce ne sont pas les bœufs de la Hongrie, mais ceux de la Franconie qui approvisionnent trop souvent nos boucheries; c'est contre eux surtout que nos herbagers invoquent à grands cris les droits protecîeurs, et s'ils l'osaient, la prohibition absolue, comme s'il ne valait pas mieux opposer à la concurrence étrangère des procédés plus économiques qu'une honteuse et brutale prohibition.

Quoi qu'il en soit, voici les caractères des bœufs franconiens: ils sont d'un rouge brun; —cornes blanches, fines, relevées et pointues; — taille peu massive; — cuisses minces ; — membres menus ; ces bœufs ont peu de squelette, et beaucoup de chair. C"est dans les montagnes du Rhoen (Thuringe) qu'on trouve cette race dans toute sa pureté ; elle donne de bons bœufs de trait et d'engrais.

partie basse du Voralrberg, et qui, de là, s'est répandue dans la haute Souabe et le Wurtemberg. Elle se distingue par une tête petite à front large;

— une bouche large (caractère considéré comme important par les engraisseurs) ; — cornes petites et fines ; — cou développé et garni d'un fanon; — corps un peu court ; — croupe légèrement relevée;

— charpente osseuse fine; — robe variée, gris de fer, isabelle ou brun noir, mais d'une nuance plus claire au dos et à la tète que sur le reste du pelage. 3a peau et son poil manquent de finesse.

Cette race est très-bonne laitière, mais d'une aptitude médiocre au trait et à l'engraissement ; elle a l'inconvénient de ne donner que de petitsveaux.

La race allemande qui fournit de viande de boucherie tout le nord-esl de la France, est la race de la Bavière Rhénane, qui se divise en plusieurs sous-raccs dont les plus importantes sont celles du Glan, du Mont-Tonnerre et de liirkenfeld.

La race du Glan {fig. lui), qui tire sou nom de la

Fis. 267.

caAi'. 11.

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