DÉPENSES
Location 150 f. »c.
Graine, 1 hectolitre 1/4 et semage (La graine deRigavant^O f.
l'hectolitre; celle qu'elle produit ne se vend plus que 3G f., et il s'établit ainsi une diminution progressive en rapport avec le nombre d'années d'importation, de manière qu'après 4 ou 5 ans, la graine ne vaut plus que 15 f.). ■ 38 »
Etaupinage 2 50
Sai'clage 7 »
Démarches et pour-boire que nécessitent la location, l'ensemencement , le sarclage et la vente 7 »
Le linier locataire a donc par arpent un bénélice brut de. . . 45 50
D'après ce rapide extrait, on voit (jue la graine de Riga est de beaucoup préférée à celle du pays dans le déparlement de l'Aisne. Dans celui de la Sarlhe, depuis les importantes expériences de M. Vétillaut, il en est de même. En 1814, cet habile industriel fit venir de Russie plusieurs barils de celte graine, qu'il répartit entre les meilleurs cultivateurs de ses environs. « Avant cette époque, dit-il, la récolte était si peu assurée que l'on comptait à peine une bonne année sur cinq, et quelquefois la récolte manquait totalement... La réussite de la graine de Riga a été telle que nos lins, qui ne s'élevaient qu'à 18 pouces, se sont élevés jusqu'à 3 et 4 pieds. Outre celle grande amélioration en quantité, le lin a beaucoup augmenté en qualité; ces deux avantagesontélésuivisd'un troisième non moins précieux; les graines venant d'un pays froid nous ont donné une plante beaucoup plus robuste et moins sensible aux intempéries du printemps, ce qui
Total brut d'un journal de
lin de Riga (1). 7.55 »
En portant pour le soin que ce lin exige de plus que le lin du pays, et pour l'achat de la grame dont le prix est plus élevé, une
somme de 55 f., il restera Le lin du pays ne donnant que.
La différence en faveur du lin de Riga est de 280 »
Afin d'éviter en partie le surcroît de dépense dont parle M. Vétili-art, un excellent agriculteur des Ponts-de-Cé, M. Bouton-l'Evê- QUE, a cherché à cultiver le lin de Riga sans le ramer. — Pendant cinq ans il fit, à cet égard, des essais qui le convainquirent que la graine venant directement de Riga ne peut soutenir, dans la vallée de la Loire, la concurrence avec celle de Chalonne. Mais il n'en fut pas de même de la graine de Flandre; celle-là réussit beaucoup mieux, puisque M. Bouton put vendre, après quelques an^ nées, sa récolte sur pied un tiers plus cher ([ue ses voisins. —D'après lui, le lin de Flandre convient dans presque tous les terrains, et vient partout beaucoup mieux que celui de Chalonne. Dans les terres bruiantes, où ce dernier peut à peine végéter, il vient à 30 ou 32 po. ( 0 " 8 1 2 , ou 0 " 866 ). Dans les terres fortes et fertiles, où le lin vient ordinairement très tendre, et se couche à la moindre pluie, il parvient à la plus haute taille, donne une forle filasse; sa tige, peu chargée de graines, ne se couche pas.
Depuis les premiers essais de M. Boutoni/EvÉQUE, c'esl-à-dire depuis 1827, le lin de Flandre gagne de proche en proche du terrain aux environs des Ponts-de-Cé, où il réussit généralement. Plusieurs fermiers ont aussi cherché à l'introduire dans l'île de Chalonne ; deux des miens, entre autres, ont répété, l'un pendant deux ans, l'autre pendant trois années consécutives, des expériences qui n'ont malheureusement pas répondu à mon attente. Chez tous, cette variété de lin est restée très-peu féconde, inconvénient fort grave dans la localité, et elle a végété, malgré la bonne culture, avec une telle irrégulaiilé qu'on n'a pu en retirer que de mauvais produits. Toutefois, je suis loin de croire que ce non-succès sur un point soit de nature à empêcher de nouvelles expé-
(1) Dans cette évaluation ou voit que M. Vétillart parle du prix de la filasse etnon plus dulin dans son état brut, comme je l'ai fait jusqu'ici. — Pour comparer les résultats, il faudrait doue porter eu Réduction les frais assez coïK-^idâables du rouissajje, du Ijroyage, etc.