‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 276 sur 325 · CHAP. 11. DE L'ÉTABLE · texte numérisé non relu

CHAP. 11. DE L'ÉTABLE

à recommander celle disposition, si elle n'avait le grave inconvénient d'exiger un espace double des étables ordinaires. 11 fiiul à une étable simple telle que celle représentée ici Jig. 271), une largeur de 24 pieds.

Dans plusieurs nouvelles étables consiruites en Allemagne, on a réuni les auges au\ mangeoires plates des Belges. Cette disposition, cpii nous parait être la plus avantageuse, est «eprésenlée eu profiU/"^. 272). Elle est tirée

Fie. 272.

de rexcellent ouvrage de Pabst, sur les bêtes bovines (1) : A est la mangeoire plate; 00 sont les auges ; CC sont les emplacemens du bétail de chaque coté de la mangeoire ; DD sont les rigoles pour l'écoulement de l'urine; EEsont des poteaux entre lesquels les bêtes passent la lêle pour manger et qui les séparent eii- Ire elles. La fîg. 273 représente la coupe de

Fis. 273.

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face. Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets. F est un appentis sous lequel on dépose le fourrage vert.

Dans le Limousin, les étables sont ordinairement contiguës à des aires de granges ou à des remises dont elles ne sont séparées que par une cloison. Celle dernière est percée, devant chaque animal, d'une ouverture assez grande pour qu'il puisse y passer la tête. De l'autre côté, c'est-à-dire dans l'aire, se trouve la mangeoire qui consiste ordinairement en une auge, munie d'une échelle ou d'un bord relevé pour retenir les fourrages. Cette disposition est faite dans le but d'empêcher que les bêles ne s'inquiètent mutuellement, et ne se prennent la nourriture. Elle permet en outre de distribuer les alimens sans entrer dans l'élable et sans être obligé d'ouvrir cette der-

iiière pour lui donner du jour; ces deux cii-tonslances sont principalement avantageuses dans l'engraissement. Enfin, comme les fourrages sont jetés du fenil dans l'aire qui se trouve en dessous, et de celle-ci dans les mangeoires, on évite les pertes qui ont presque toujours lieu lors du transport des fourrages dans l'étable. Au moyen de registres ou de volets on ferme les ouvertures lorsque le repas est terminé.

La fig. 274 représente une coupe en profil

Fig. 274.

de celte disposition : AA est l'emplacement du bétail, CC sont les cloisons, BB sont les auges. Souvent il y a encore eneeun petit relèvement, soit en bois, soit en maçonnerie, destiné à recevoir les alimens que laisse tomber la bête lorsqu'après avoir pris une bouchée elle la mâche dans l'étable.

La fig. 275 représente la même disposi-

Fig. 275.

lion vue de face. C'est la cloison : D est l'auge, EEEE sont les ouvertures par lesquelles le bétail passe la tête pour manger. Elles sont à environ 4 pieds les unes des autres. FFFF sont les registres pour fermer ks ouvertures.

Une bonne étable, quelle que soit du reste sa construction, doit être assez vaste. Chaque pièce de gros bétail exige un espace d'environ 2 met. 70 cent, de longueur sur 1 met. 30 cent, de largeur, c'est-à-dire 3,51 met. carrés. Il faut en outre au passage qui se trouve derrière les bêtes, 1 met. à 1 met. 33 cent, de largeur, et enfin il y a la mangeoire qui prend plus ou moins de place. L'espace du passage et de la mangeoire étant à peu près le même, soit qu'ils servent à une ou à deux rangées de bêtes, il est de l'intérêt du cultivateur de faire plutôt une étable double qu'une simple toutes les fois que la localité le permet. Néanmoins, même dans une étable double, il n'y aura jamais qu'un seul des deux, soit le passage, soit la mangeoire, qui pourra servir en même temps aux deux rangées. Dans la première disposition, les mangeoires sont

(I) Anleitung zur Riuflviclizuctit von Fabst, Stuttgard, 1829.

478 AMMAUX DOMESTIQUES adossées aux murs et le passage se trouve au milieu. Si la distrilnUion de la nourriture exige ainsi plus de temps que lorsque la maugeoire estau milieu, d\in autre côté les bêtes se dérangent moins entre elles et mangent mieux. On peut aussi donner aux mangeoires simples un peu moins de largeur qu'aux mangeoires douDJcs, lîindis que les passages simples ou doubles doivent toujours être à peu près de même largeur. Enfin, la litière se fait

DES RACES BOVINES ET DE LEUR ÉLÈVE, nv. m. mieux et le fumier s'enlève plus facilement que lorsque les passages sont contre les

murs.

Les grandes étables seules peuvent avoir en même temps des passages et des mangeoires doubles, de manière à économiser l'espace le plus possible. Mais à cet effet, les rangées de vaches ne doivent point être dirigées dans le sens de la longueur du bâtiment, mais dans le sens de sa largeur. La fi g. 276 donne le

plan de l'élable de Hohenheim disposée de cette manière et construite pour 54 têtes de gros bétail, avec élable à veaux, chambre à fourrage où sont préparées les racines et autres substances alimentaires, et appentis pour fourrages verts, a est le grand passage pour le transport de la nourriture; bec sont les mangeoires plates garnies d'auges, ainsi qu'elles sont représentées {fig. 273 ) : dd passages; ee rigoles pour l'écoulement de l'unne ; //emplacement du bétail; gg' marche pour descendre du grand passage a dans les passages secondaires dd; h étable à veaux ; i appentis pour fourrages verts.

Section vu. — De l'emploi des bétes bovines et du parti que Von peut en tirer.

Les diverses spéculations qu'offre le bétail à cornes sont : l'élève, la laiterie, le travail et l'engraissement.

§ jer De l'élève.

On élève du gros bétail pour se procurer les bêles de lait, de travail ou d'engraissement dont on a besoin, ou bien pour vendre les jeunes bêtes après les avoir conservées jusqu'à un certain âge.

A. — Elève pour son usage.

Lors môme qu'une génisse élevée chez soi devrait coûter davantage qu'achetée au moment de mettre bas, il y aura presque toujours du profit à élever, car c'est le seul moyen d'avoir une race bien avantageuse et distinguée, surtout pour la laiterie. Quant aux bêtes de /ravail et dengrais, il est plus facile de s'en procurer de bonnes; aussi, pour peu que les circonstances locales ne soient pas très-favorables à l'élève, est-il plus avantageux d'acheter ces bêtes.

Au reste, il est facile de trancher cette ques-

tion dans chaque localité, en comparant la somme de profit que donne une vache pendant 2 ans, avec le prix d'achat d'une génisse de 3 ans, censée avoir consommé presque autant de nourriture depuis sa naissance que la vache en 2 années.

B. — Elève pour la vente.

Lorsqu'on a adopté ce mode de spéculation, on tient des vaches d'une race distinguée, et on en élève tous les veaux pour les vendre dans la deuxième ou troisième année ; ou bien on ne tient presque pas de vaches, mais on achète de jeunes bêtes de divers âges pourles revendre plus lard.

Par la première méthode, lorsqu'on a pu se procurer une race appropriée aux besoins de Ja localité, outre le bénéfice direct qu'on en retire, on obtiendra de fort beaux prix des jeunes bêtes.

La seconde méthode offre peut-être, dans la plupart des cas, plus d'avantage; néanmoins elle nécessite beaucoup d'habitude dans les achats et les ventes, la présence du cultivateur aux foires et partant la possibilité de les suivre. — Du reste, l'élève en général n'offre d'avantage que dans les pays de médiocre culture, où le sol est bon marché, et où l'on a dévastes espaces à abandonner au bétail pour la nourriture au pâturage.

§ II. — De la laiterie.

C'est la branche de spéculation la plus importante du gros bétail.

Le bénéfice qu'elle peut offrir dépend 1" de la nourriture et du traitement que reçoivent les vaches; 2° delà quantité et de la qualité du lait qu'elles donnent proportionnellement à la nourriture, et 3° de la manière dont on tire partie du lait.

Il a déjà été question des premières circonstances; nous allons examiner les autres.

<:iiAi«. II. DU TRAVAIL DES

Le rendement en lait et sa quaiilé déoendent de la quantité et de la nature de la nourriture , et ensuite de la race des vaches, de la manière dont elles ont été élevées et dont elles sont traitées, et enfin de leur âge.

Personne ne doute de l'influence de la nourriture, de la race, de l'origine sur le pi-oduit en lait.

Dans l'estimation de ce produit, il faut toujours avoir égard à la quantité de nourriture, de même qu'à la nature du lait.

Influence de L'éducation et du traitement. — On pose, dès la jeunesse de la vache, les hases d'une abondante production en lait par une houne nourriture, un régime et un traitement appropriés, et surtout à partir du premier veau, par les soins que l'on met à habituer la vache à se laisser traire volontiers et régulièrement, par la précaution que l'on a de tirer chaque fois tout le lait, et de faire saillir à l'époque convenable.

Les jeunes vaches doivent recevoir une nourriture qui favorise la sécrétion du lait, et qui active les vaisseaux lactifères. On doit leur éviter les fatigues et les refroidissemens (jui se jettent presque toujours sur le pis.

Influence de l'âge. — La vache n'est ordinairement en plein produit qu'après le troisième veau ; elle continue le même rendement jusqu'à son septième ou huitième ; à partir de cette époque, le produit diminue à chaque nouveau vêlage.

A cause des accidens et maladies, on peut compter que sur 6 a 8 vaches il faut en réformer une chaque année, de sorte que si l'on élève les remplaçantes, on tiendra sur ce nombre 3 à 4 génisses de 1 à 3 ans (en supposant qu'elles vêlent daus la troisième année).

Influence de la saison et du climat. — On remarque généralement que le plus haut produit a lieu dans les saisons et dans les climats tempérés et en même temps humides.

Dans les régions très-froidês le produit est minime ; il en est de même dans les cunlrées chaudes ; mais le lait y est plus gras.

A. — De la traite.

La traite a lieu 2 ou 3 fois par jour, et doit être faite avec adresse, avec soin et régularité.

On a remarqué qu'en trayant 3 fois on obtenait un peu plus de lait, mais \\n lait un peu plus aqueux au'en trayant 2 fois.

La première méthode n'est préférable que lorsque les vaches sont très-bien nourries et fraîches au lait et lors-qu'on peut vendre le lait en nature; on Irait ordinairement à chaque repas.

De la douceur et des soins sont nécessaires lorsqu'on trait, afin que la vache ne retienne pas son lait, ou ne frappe pas.

Dans plusieurs contrées on leur donne du sel à chaque traite.

On doit prendre le trayon avec toute la main, et non avec un ou deux doigts et le pouce; on trait à deux trayons en même temps et on a soin de les prendre toujours opposés.

On doit traire promptement et continuer jusqu'à ce que tous les trayons refusent.

Le dernier lait est le plus gras et le meilleur, il est important de ne pas le laisser. Si

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