‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 275 sur 325 · DE L'ETABLE · texte numérisé non relu

DE L'ETABLE

graiD raoulu, du son ou du tourteau d'huile.

Ou obvie encore au mauvais eÛ'et des pommes de terre crues, en les faisant cousonimer avec des betteraves. Ces dernières, qui ne favorisent |X>int la sécrétion du lait, mais qui poussent au contraire à la graisse, neutralisent ainsi Tinfluence opposée des pommes déterre.

Enfin des faits nombreux et une longue expérience, non-seulement chez les animaux, mais même chez les hommes, ont prouvé que le sel élait le meilleur et le plus puissant antidote contre le principe vénéneux contenu dans la pomme de terre. L'addition d'une quantité même minimede sel serait donc trèsutile toutes les fois qu'on donne les pommes de terre crues et sans préparation.

Une nourriture peu connue en France, est celle qu'on prépare dans quelques localités de l'Allemagne avec des fourrages verts, des racines coupées, des choux, etc., qu'on entasse par couches saupoudrées de sel dans des bougies ou dans des espèces de citernes en pierre. On met sur la masse un couvercle de bois qu'on charge de grosses pierres, puis on ajoute de l'eau en suffisance pour qu'elle recouvre le tout de 6 à 8 pouces. La masse fermente promptement, et s'aigrit de même que la surcroule qui se fait par un procédé semblable. Elle reste longtemps dans cet état, pourvu qu'on ait soin d'empêcher le contact de l'air au moyen du couvercle et d'une quantité suffisante d'eau. Le bétail est très-avide de cette nourriture qui, dil-ou, agit aussi favorablement sur la quantité que sur la qualité du lait. Ou comprend, du reste, que cet aliment ne doit pas former l'unique nourriture du bétail, et qu'une addition de foin ou de paille est indispensable. La petite culture surtout me semble pouvoir tirer un grand parti de cette méthode dans plusieurs localités.

Une méthode fort analogue est usitée dans le Mont-Dore pour les chèvres qu'on y entretient. Au lieu de fourrages et de racines, ce sont des feuilles de vignes qu'on entasse ainsi, et qui constituent leur nourriture principale, même pendant une grande partie de l'été.

§ V. — Traitement et soins à l'étable.

La distribution de la nourriture se fait en hiver de même qu'en été. Quoique les accidens de météorisation y soient peu à redouter, on ne doit pas négliger cette règle, de ne donner la nourriture que par petites portions à la fois; les bêtes rebutent, en général, le fourrage sur lequel elles ont soufflé à plusieurs reprises.

On fait boire plus ou moins souvent, selon la proportion d'alimens secs. On peut commencer le repas par de la paille ou du foin, puis faire boire, et ensuite donner les racines ou les résidus; on termine ordinairement par de la paille. Beaucoup de personnes aiment mieux faire boire une heure environ avant les deux repas de midi et du soir. Ces deux méthodes sont également bonnes lorsqu'elles sont suivies avec régularité.

S VI. — Pansement à la main.

Pendant que les animaux terminent leur repas, on les étrille. Cette opération n'est

guère moins utile aux bêtes bovines qu'aux chevaux. Le pansement de la main est surtout indispensable aux bêtes d'engrais, de travail et d'élève. S'il est moins nécessaire aux vaches laitières, si même un pansement journalier trop énergique diminue, à ce qu'on assure, la production du lait eu poussant les bêles à la graisse, on ne doit pas se croire dispensé envers ces derniers animaux de soins qui, eu les appropriant, contribuent si puissamment à la conservation de leur sauté. La fiente durcie qui souvent leur couvre une partie du corps, surtout le ventre et les cuisses, nuit essentiellement à une fonction importante de l'organisme animal, à la transpiration cutanée.

Pendant la belle saison, les bains de rivière ou d'étang sont très-salutaires aux vaches et aux bœufs. Ils approprient et rafraîchissent les animaux; mais ils exigent des précautions : l'eau ne doit pas être trop froide. Il en est de même de la température de l'air : les bêles ne doivent pas être échauffées et en sueur. Le meilleur moment est avant le repas du soir.

Avec la stabulalion, un bon bouvier peut soigner quinze a vingt vaches laitières ou boeufs à l'engrais, ou vingt à trente élèves de un à trois ans ; il doit, en outre, pouvoir aider au fauchage ou à la préparation de la nourriture, traire les vaches, porter le lait, etc. Dans la nourriture au pâturage, il peut soigner un quart ou même un tiers en sus, lorsque ce sont des bêtes à l'engrais ou des élèves.

§ Vli. — De l'étable.

La disposition générale et la distribution intérieure des étables sont d'une haute importance pour la santé des animaux et pour la commodité du service. Une bonne élable doit être aérée et fraîche en été, et chaude eu hiver. S'il y a de grands iucouvéuiens à tenir le gros bétail trop chaudement dans celle dernière saison, surtout lorsqu'on le fait sortir chaque jour pour boire, il y en a également à le tenir dans des étables froides comme le conseillent plusieurs auteurs. Les bêtes bovines préfèrent, à la vérité, une chaleur très-modérée, et s'accommodent même d'une température assez basse; mais on a observé qu'elles mangeaient alors beaucoup plus, et que la nourriture leur profilait moins que lorsqu'on les tenait dans une température plus élevée. Ce fait n'a pas été remarqué seulement chez les bêtes à l'engrais, mais encore chez les vaches laitières. Néanmoins un air pur et débaiTassé autant que possible des vapeurs qui, en hiver, remplissent ordinairement les étables, est aussi nécessaire aux bêtes bovines qu'à l'autre bétail. Il est donc indispensable de pratiquer dans les murs costièrcs des étables des soupiraux placés, les uns en haut, les autres en bas, afin qu'il s'établisse entre eux un courant d'air qui entraîne avec lui les gaz méphitiques. Ces soupiraux doivent être distribués de manière a ce quo le bélail ne se trouve pas dans le courant d'air. On doit également pouvoir les boucher à volonté.

Outre les soupiraux, il laut des fenêtres pour laisser pénétrer la lumière. Elles sont ordinairement munies d'un simple volet sans vilres ; quelques-unes, cependant, devraient

47G ANIMAUX DOAIESTIQUKS en avoir, afin que l'élable ne soit pas complélemcul obscure lorscjue le froid torce a fermer les ouvertures. .

La hauteur de l'élable est aussi un point important pour la salubrité. Une bonne etable ne doit pas avoir moins de 10 à 12 pieds de hauteur.

L'air pur et la lumière sont encore plus nécessaires aux bêtes d'élèves et de travail qu'aux, vaches laitières.

Afin que la poussière du fcnil place au-dessus de l'élable ne tombe sur le bétail, et que les vapeurs ne pénèlrent le fourrage et ne le détériorent, on fait des plafonds bruts aux planchers supérieurs. Ceux qui craindraient la dépense de ces plafonds pourraient les remplacer, ainsi que le plancher, par de fortes claies bien assujetties, puis garnies dessus et dessous de paille pétrie et délayée avec de la terre glaise ou autre un peu grasse. Cette disposition remplit assez bien son but et coûte peu, car elle peut être faite par les cultivateurs eux-mêmes.

Toutefois ni l'un ni l'autre de ces moyens n'empêche complètement les émanations humides et ammoniacales de l'élable d'atteindre les fourrages. Une voûte seule peut remplir cet objet. Malheureusement les voûtes ordinaires en moellons ou en briques sont fort coûteuses. Nous avons vu dans une partie du déparlement du Gard une espèce de voûtes qui nous a paru réunir, à une grande économie, toule la solidité désirable eu pareil cas. Ces voûtes sont faites avec des briques de 2 à 3 pouces d'épaisseur,placées sur champ et liées avec du plàtre.Celles que j'ai vues avaient 18 à 24 pieds de largeur, et étaient surbaissées en anse de panier ou en ellipse ; néanmoins, malgré la charge considérable qu'elles supportaient, soit en fourrage, soit en grains placés au-dessus, elles ne donnaient aucun signe d'affaissement.

Il faut avoir la précaution de recouvrir d'un crépi l'intérieur de ces voûtes, lorsque c'est pour une étable, afin que les vapeurs n'atteignent pas le plâtre. Outre l'économie de matériaux, ces voûtes présentent une grande économie de main-d'œuvre, pouvant être construites sans cintres, uniquement avec des plombs et un panneau.

Le plâtre prenant plus de volume en se séchant, il ne faut d'abord poser que légèrement le voussoir formant la clef, et qui est ordinairement en terre cuite.

Dans les localités où le bois est bon marché, on peut aussi substituer aux voûtes une sorte de plancher plat garni de palsons joinlifs entre les solives, et sur lesquels on met du sable ou de la pierre eu poussière bien sèche à raz du bord supérieur de ces solives, qui, étant bien dressées et bien passées de niveau, peuvent recevoir et supporter immédiatement un plancher en planches ou en carreaux de terre cuite. Celte disposition rend les feuils et greniers parfaitement impénétrables aux vapeurs qui se dégagent de l'élable, car le sable ou la terre fine et sèche sont les meilleurs obturateurs connus.

Le sol de l'élable est également d'une haute importance pour la salubrité du lieu et la commodité du service. Il ne doit pas être en terre qui, quelque bien battue qu'elle soit, ab-

DKS RACES BOVINKS ET DE LEUR ELEVE, liv. m, sorbe toujours l'urine et devient fangeuse. La plupart des élables bien construites sont pavées. Mais lorsque les pierres ne sont pas larges et plates, les bêtes reposent mal ; l'humidité s'infiltre d'ailleurs toujours dans le sol. Les dalles, les briques, les planches, une couche de béton ou de ciment hydraulique sont ce qu'il y a de meilleur et devraient être généralenunt employées au moins pour la place où se tient le bétail.

Le sol de l'élable doit être élevé de 20 cent, au moins au-dessus du terrain environnant, et la place qu'occupe le bétail doit avoir une pente d'un centimètre à peu près par mètre de longueur, afin de favoriser l'écoulement des eaux dans les rigoles qui régnent derrière les bêtes et qui communiquent avec la fosse à fu mier. Ces rigoles ne doivent manquer dans aucune étable. On les fait peu profondes et on en riibat les talus afin qu'elles n'occasionnent point d'accidens. Dans quelques lieux où on manque de litière, on fait remplacement qu'occupent les bêtes beaucoup plus incliné que nous ne l'avons indiqué ici. Cette disposition est mauvaise, en ce qu'elle peut faire avorter les vaches et qu'elle fatigue tout bétail en général.

La meilleure mangeoire pour les bêtes à cornes esl une auge; quelquefois elle est munie d'un râtelier. Néanmoins ce dernier n'est pas nécessaire. On a même remarqué que lorsqu'il était placé un peu haut, le mouvement constant que les vaches étaient obligées de faire pour atteindre le fourrage, les prédisposait aux avortemens. Aussi les mangeoires quelconques ne doivent-elles jamais être à plus de 1 pied ou 15 pouces d'élévation au-dessus du sol.

L'auge doit être en général peu profonde et à fond arrondi, de manière à ce que les bêles puissent les vider avec facilité. Quelquefois chaque animal a son auge en particulier, ce qui est préférable aux auges en commun. Dans ce cas, chaque auge doit avoir à sa partie inférieure une ouverture qu'on puisse boucher à volonté, et qui permette de la nettoyer parfaitement. Lorsqu'on ne donne point d'alimens liquides, il suffit d'une espèce de plate-forme ou espace planchéié ou pavé en dalles, qui règne devant le bétail sur une largeur de 1 mètre à 1 met. 30 c, et sur lequel on dépose les fourrages. Le bord en est garni d'une planche inclinée en dehors pour empêcher que les alimens ne tombent dans le fumier. Celte mangeoire sert en même temps de couloir et de passage pour la distribution de la nourriture. On voit celte disposition dans la plupart des élables belges. La fig. 271 représente la coupe d'une de ces élables. A est l'emplacement du bétail, B est le passage servant de mangeoire et sous lequel esl une cave pour la conservation des racines : G est une excavation placée derrière les bêtes, dallée de même que l'élable, et où l'on entasse le fumier qu'on enlève chaque jour sous les animaux. A l'abri du contact de l'air, de la pluie et du soleil, tassé et tenu constamment humide par les urines qui s'y rendent, le fumier ainsi placé ne se décompose que lentement, éprouve par conséquent peu de pertes, et se trouve en général dans lai)ositi(>n la plus favorable ; aussi u'hésilerions-nous paa

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