‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 304 sur 325 · année · texte numérisé non relu

année

révolue.

io= monte.

^'?"elies pures 56 ,

agneles de S' gén«Talion. . 9 -, l5o agnelles de 4« génération. • feâ î

porlières pures 1 = 4 )

porlières de 4" généraiion. . 8g \ 3oo porlières de 5« généraiion. . 67 }

béliers purs. 07

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réTolue.

1 1* mode.

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po liires de 5" généraiion. . 9 . 3oo porlières de 4« généraiion. . 81 '

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béliers purs, loî

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Total. ... 45 brebis de 5« génération.. 5.î brebijde 4* généraiion.. 1 ir,

Total. ... 163

Hota. A cette époque, tout ce qui reste de métis dans le troupeau en sort pour toujours et est vendu. Vojez à la rinquième colonne.

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IOI5.IO»

AINIVIAUX DOMl-.STinUKS: DU MOUTON.

Fiir. 304.

Skctio.n VI. — Des troupeaux de perfectionnement.

[.'éducation dos mérinos telle que nous venons (le la (iccrire n'a pour but <[ue la con>ervatiitn «l'une race avec ses avauta{>;es acquis, en éloigii.iiit toutes les causes qui pourraient la inodilier; cela seul exijfc des soins assez nomliieux pour que la plupart des cultivateurs n'aient pas même l'idée de leehercher s'il est possible de changer quelques caractères de cette race, de les détruire ou de les améliorer. Les connaissances nécessaires pour essayer utileuient de modifier les hêtes ovines appartiennent du reste à bien peu d'éleveurs; souvent en essayant d'améliorer on détériore ; si (|iic'ques-uns ont réussi, beaucoup ont échoué. Le célèbre Rackwc 11 lui-nièuie, dont les travaux ont eu un si brillant résultat, n'a-t-il pas perdu toute sa fortune dans ses belles expériences ? C'est donc avec une extrême circonspection (|ue l'on doit entrer dans cette carrière si hasardeuse et dont la roule est si peu connue.

Toute moditication de caractères ayant pour résultat de rendre l'animal plus productif est un perfectionnement: aussi est-il fort diflicilc d'étalilir des lois précises dans cette matière; car telle modification pourra être utile dans une circonstance donnée et nuisible dans une autre. On peut, par exemple, trouver fort avantai»eux d'augmenter la faculté digestive du mouton dans les cantons qui fournissent de la nourriture eu abondance, tandis que la qualité contraire, la sobriété, sera bien plus avantageuse dans un pays aride où l'agriculture fournit peu de fourrages.

Des perfectionnemens divers peuvent être désiréset tentés dans le mérinos ; la rusticité, la finesse et l'abondance de la laine, l'aptitude à l'engraissement, la fécondité de cette espèce laissent encore un beau champ aux travaux des expérimentateurs. Les diverses qualités que nous venons d'énuméicr peuvent être recherchées isolément ou plusieurs ensemble; l'individu qui les réunirait toutes aurait atteint le plus haut degré de perfection : les plus habiles éleveurs sont encore bien loin d'avoir atteint ce but. Ordinairement «n ne travaille que sur une qualité seule, pour passer ensuite à une autre. Les règles générales du perfectionnement ont été tracées dans le chapitre préliminaire sur l'éducation des animaux domestiques; nous n'y reviendrons pas, seulement nous indiquerons brièvement les moyens pratiques que doit employer l'éleveur pour suivre les progrès de ses travaux et s'en rendre compte.

Lorsque l'on veut perfectionner un troupeau de bêtes de prix, il faut employer une niar(|ue qui permette de reconnaître chaque bête individuellement et de la suivre dans toutes les phases de son existence Le moyen indiqué par M. MorcI de 'Vindé serait insuffisant, puis(]u'il permet seulement de savoir à quelle génération appartient tel ou tel animal, sans indiciuer quelle est sa filiation. M. de Donibasle a présenté <lans ses Annales un système de numérotage qui affecte un rang d'ordre à tous les animaux du troupeau ; cette méthode nous parait assez simple pour pouvoir être pratiquée facilement par ceux de nos lecteurs qui voudraient s'adonner h raniéliorafi(m des bêtes <à laine. Nous allons donc transcrire ce rjue dit le savant agro nome. « Après avoir essayé, dit-il, les divers procé- » dés que l'on pratique ordinairement et auxquels » j'ai trouvé des inconvéniens de divers genres, je ). me suis arrêté au moyen suivant. J'indique les » numéros par de petites entailles faites à diverses » places des deux oreillesde l'animal, et dont chao ciuie exprime un nombre connu, d'après la place » où elle est située. Une bête est marquée ainsi » pour toute sa vie, et n'a h. redouter qu'une mor-

» sure de chien qui arracherait l'oreille La

» ligure ;i04 donne une idée nette de la méthode; « ce sont deux tcle-; de moulo" vues de der-

i> rière <lans la situation où les apercevrait lu; i> homme qui tiendrait un animal entre ses jambes; » les chiffres placés dans la figure première, près » des diverses parties de chaque oreille, indiqTient » le nombre ([u'exprime cha(|ue entaille faite à » cette place : ainsi, si les deux entailles se trou- » vent à !a pointe de l'oreille gauche, cela veut » dire deux fois trois six; si le bord interne de » l'oreille droite est entaillé trois fois, c'est que » l'on a voulu exprimer 90 ou 3 fois .JO, etc. Lors- 1) qu'on veut lire un numéro, on commence par » les nombres les plus élevés, c'est -à-dire par le "bord extérieur de l'oreille droite; la figure » deuxième présente un exemple de ce mode de nu )) mérotage, et si l'on a bien compris ce que je viens » de dire, on y lira le numéro 790- t haque année » on reprend une nouvelle série de numéros, et on » distingue les bêtes nées à chaque agnelage, par 1) une marque particulière, par \\\\ ou plusieurs » trous pratiqués au milieu de l'oreille avec un » emporte-pièce. A chaque agnelage on dresse un » tableau particulier des naissances : la première w colonne indi<)uela date; la deuxième le numéro » de la mère; la troisième le sexe. Celle-ci est di- « visée en deux parties, l'une pour les mâles et l'au- » tre pour les femelles; et l'on inscrit dans cha- » cune le numéro que l'on donne au nouveau-né.

» A chaque tonte on prend sur chaque bête de » la bergerie trois échantillons de laine , l'un au » haut de l'épaule, le second un peu au-dessous du » plat de la cuisse, et le troisième au toupet. Ces » trois mèch( s sont fix('es daus le même ordre à » une carte d'échantillon sur laquelle est inscrit : » 1" le numéro de la bête, 1" le ()oids de la toison » au moment de la tonte, 3° l'animal et son poids w en vie; de façon que tous les élémens sont réu- » nis pour juger d'un coup d'œil la valeur d'une » bête.

» 11 est tenu en outre un registre contenant ces "divers renseignemens , avec des notes sur la » santé de tous les individus, et des observations » sur leur sortie de la bergerie, soit par la mort, » soit par la vente. »

C'est à l'aide de cet ordre établi par M. de Donibasle dans sa bergerie, de cette espèce d'état ci\il, conime il l'appelle, que l'on peut éclairer sa route; reconnaître si l'on a suivi la bonne voie ou si l'on s'est fourvoyé.

L'amélioration la plus facile se produit à l'aide du métissage dont nous avons déjà parlé plus haut. Daubenton est le premier agronome qui en ait fait sentir l'importance, surtout en ce qui concerne l'anK'lioration de la toison.

« Mes expériences, dit-il, ont produitdeux effets, » l'un a été de faiie disparaître le jarre, et l'autre "de rendre la laine plus fine. En faisant accoupler "des brebis à laine jarreuse avec des béliers à » laine fine, j'ai vu le jarre disparaître prescjue en " entier dès la première génération, ou, au plus V) tard, à la seconde, et il n'en est reste qu'autant » qu'il s'en trouve dans les laines que l'on ne doit «pas considérer conune jarreuses...

» Lorsque j'ai fait accoupler des brebis à laine " jarreuse avec des béliers à laine fine, non-seule- " ment lejarre a disparu sur les agneaux qui ont été » produits par ce mélange, mais leur laine a pris un » degré de finesse au-dessus de celle de leur mère- » Cette amélioration est très-profitable, parce que les agneaux étant adultes, leur laine a le prix des

udi-mi-Hiies, tandis <nic celle île leurs iiièies »':» »(|ue la valeur des grosses laines.

«Des hrebis à laine diiiii-iine, accouplées avec 1) des béliers à laine Une, ont produit des agneaux » duut la laine est devenui; souvent prcsiiue aussi M fine que celle de leur père, et quelquefois plus. ;

» Lors(iu'au contraire j'ai mêlé un bélier à grosse » laine avec des brebis à fine laine, les agneaux vont eu la laine moins fine que celle de leur mère » et moins grosse que celle du père... Lorsque j'ai «donné à dc:s brebis un bélier qui portait plus de «laine qu'elles, j'ai vu qu'un grand nombre de » leurs agneaux, étant devenus adultes, avaient des » toisons (jui pesaient le double et queiquetois le « triple de celles de leuis mères. »

Ce sont là, sans doute, des résultats avantageux ; toutefois il n'y a jtoiDt perfecliounement, mais seulement transfusion d'une race dans une autre. Disons encore en passant que le métissage n'est point aussi généraleuient ap])licable qu'on l'avait cru d'abord, et qu'il devient nuisible dès qu'il est praticjué sur des espèces trop éloignées l'une de l'autre ; c'est en vain que l'on a essayé de croiser les bêtes à laine lisse avec les bêtes à laine frisée ; on n'a obtenu que desextraits bâtards et sans aucune valeur. S'il est possible d'allonger la laine des mérinos, c'est par le mérinos lui-même que l'auiélioration aura lieu, et non point par son union avec des béliers anglais ou abyssiniens.

Le perfectionnement d'une race se fait par la race elle-mcnie, en propageant habilement et en développant les caractères spéciaux ([ui apparaissent de temps à autre par la seule influence du régime ou du climat.

On a soumis en France le mérinos à deux genres de perfectionnement très-divcrsqui ont tous deux mérité une juste célébrité, et qui ont cré»! deux sous-variétés connues sous le nom de Naz et de Rambouillet.

A Rambouillet on s'est attaché principalement à obtenir des animaux d'une santé vigoureuse, porteurs d'une toison pesante, susceptibles d'acquérir plus tard beaucoup d'aptitude à l'engraissement et un lainage superfin.

A Naz on a posé en principe que l'aptitude à l'engraissement était incompatible avec la grande finesse de la laine, et l'on a donné naissance à des animaux faibles, chétifs, d'une mauvaise constitution, mais dont la laine était sans égale.

Les directeurs de Rambouillet ont cherché à satisfaire le plus grand nombre de besoins; ils ont voulu encourager la production agricole par la production des bêtes a laine, en établissant solidement leur race de moutons, pensant avec raison qu'il se trouverait ensuite des gens assez habiles pour développer successivement toutes les qualités de leurs mérinos; comme cela, en effet, arrive aujourd'hui dans l'ouest de la France.

Les directeurs de Naz, au contraire, ont travaillé uni(|ueraent pour eux ou pour quelques situations agricoles fort rares. La variété qu'ils ont créée se perdiaittoutde suite eiitredes mainsqui ne seraient point fort expérimentées dans le maniement d'animaux aussi frêles; aussi tous les agronomes approuveront l'essai que vient de faire M. Yvart pour fondre les béliers de Naz dans le type plus vigouleux de Rambouillet, et il y a tout lieu d'espérer <|ue le mérinos sortira de cette expérience plus précieux et en même temps plus vigoureux que jamais il n'a été.

Sev:tiox VII. — Des moulons à longue laine lisse.

C'est en Angleterre que l'on trouve les variétés 1 s plus perfectionnées de cette race que nous avons délignée sous le nom de mouton s de plaine. Les ni:>utons que nous possédons en France, dans le nord et dans l'ouest, s(mt bien inférieurs à ceux de l'Angleterre sous le rapport de la toisou et de la fi>rinc du cor|)S. Leur laine a moins de nerf; elle est souvent feutrée, et la plupart du temps elle ne

DKS MOliroNS A LONGUE LAIM-:

peut être classée <jue dans les l.iiues eulièrement comuKjnes qui fournissent au peiguage un déchet considérable : leur squelette est volumineux, leur lête grosse, leurs flancs longs, leur <li>po5ition à engraisser très-[)eu marijuée, comparais ement a celle des bêtes anglaises. Elles ne préseuteiu (|u'tm seul avantage, celui de la rusticité de leurtempélament; elles peuvent supporter facilement la fatigue, et ne craignent pas d'aller chercher au loin leur nourriture. Mal logés, conduits par des bergers inexpérimentés, forces de parcourir tout le jour dfcs champs très-divisés pour trouver leur subsistance, les moulons flandrins ou picards se maintiennent dans un état de prospérité satisfaisant ; tandis (jue les bêtes anglaises succomberaient certaiiieuient dans des circonstances aussi délavo râbles. Mais partout où les cultivateurs voudront se mettre en mesure de leur donner les soins convenables, ces derniers animaux seront d'un produit beaucoup plus avantageux

Les races anglaises à laine longue sont très-variées. Les comtes de Durhani, de ïork,de Lincoln, de Leicester, en fournissent déjà plusieurs. On eu trouve d'énormes dans le Lincolnshire et le Yorksliire ; elles diminuent de taille dans le Leices- Icrshire ; mais eu même temps c'est dans ce dernier comté «jue la forme des bêtes s'est le plus améliorée. C'est dans le comté de Leicester, en efet, que Backwell a crée la race qui poru; sou nom ou celui de sa ferme appelée Dislileygnmi^e.

Dans la formation de cette race, cet habile éleveur s'est attaché, avant tout, à pétrir les animaux de manière à les rendre leplus gras possible : la laine n'a été pour lui, comme pour beaucoup d'Anglais, ([u'un produit secondaire, au contraire des améliorations qui se sont faites en France sur la race iiiéi inus.

Fig. 305.

La race puredeDishley(/z^.305)a la tête pelilc, effilée, les yeux gros, les oreilles fines, presque transparentes et droites, le concourt et mince, les épaules tres-larges, la [loitrine très-élargieet le flanc court; le train de derrière, quoique volumineux, paraît cependant un peu moins développé que toutes les parties de devant. La graisse se trouve accumulée dans ces bêtes sur les côtes, le dos, les reins, et la croupe où elle forme des bosses dont on ne peut avoir d'idée par les petites accumulations de graisse (jui constituent les maniemens de nos moutons ordinaires. Cette graisse se forme dans ces animaux à un âge beaucoup moins avancé fine dans nos races; des bêtes de 15 mois peuvent avoir acquis tout leur embonpoint et êlre tellement chargées dégraisse qu'elles seraient diflicilemciit mangeables en France, et qu'en Angleterre même ou leur reproche cet excès d'embonpoint.

La lame, plus fine que dans le Lincolnshire et le Vorkshire, n'a pas tout à fait autant de résistance, et elle n'est pas à beaucoup près aussi abondante. Il serait possible que l'espèce de lard, qui sépare la peau des parties sous-jacentes, contribuât à la rendre moins vivante. C'est au moins ce (|ui semble exister sur des bêtes dans le dernier état d'obésité dont la laine tombe et se perd, comme cela aurait lieu, si elles étaient mal nourlies Dans son état de pureté, cette lacc ne laisse pas que d'exiger plus de soins que beaucoup «J autres races anglaises ; il lui faut surtout la [)lus

52C AINl.MAlIX DOMILSTIQUES

ftraitdu traiiiiuiilito, car elk; <î>1 inhabile à supporter ]c< fatii^UL-3 Dans ccc état (Je pureté, el-c n'est i)as tri's-noaibreuse, mais rllc sert de la manière a plus utile aux croiseiiicns des autres races indigènes, auxquelles elleconimuniqne une partie de la disposition qu'elle a à s'enyraisser facilement. KIU; a joui autrefois de la plus grande réputation, «lors ([u'elle était très-rare et que la plupart des brstiaux de l'An^Meterre avaient des formes comniuncs. Maintenant que ces deux circonstances sont l)io!i chanijées, le prix des Disliley a considérablement diminué, il est difficile même do toujours distini^uer la race pure des races métis auxquelles elle a donné naissance.

Importée à plusieurs reprises en France par petits lots qui la plu()art ont été perdus, la race Disliley n'exi.-.te guère chez nous que depuis peu d'années dans le troupeau de l'Ecole vétérinaire d'Alîi>rt, où l'on s'ciforcedc l'acclimater etdelui con- >crver la plupart de ses caractères, et c'est à nos entretiens avec M. Yvart, le directeur de cette école, que nous devons les données de cet article.

(je troupeau qui doit être en France, pour les moutons anglais à longue laine, ce qu'a été pour les mérinos le troupeau de Rambouillet, a été acheté en Angleterre en 1833 par ordre du gouvernement. Il mérite à ce titre une attention spéciale de la part de tous les cultivateurs qui voudraient s'adonner à l'éducation d'animaux semblables. Quelques mois après son arrivée à Altort, ii fut soumis à l'examen d'une commission de la .Société royale d'agriculture de Paris, qui présenta sur ce sujet intéressant un rapport dont nous allons donner la substance.

Au mois d'octobre 1833, M. Yvart, sur les ordres du ministre, se lendit en Angleterre. Il y acheta, dans le comté de Leicester, 110 brebis et 12 béliers, de la lace de Disliley,

Ces animaux, amenés jusqu'au lieu de l'embarration par des bergers anglais, et surveillés par M. Yvart, furent, à leur debarqueinent»au Havre, coutiés à un berger habile qui les conduisit .i Alfort.Ces animaux étaient déplus surveillés pendant If voyage, par un des élèves les plus instruits de l'établissement : au commencement de novembre, j!s y arrivèrent dans un état parfait de santé, et les légers accidens survenus à quelquts-uns, accidens inévitables dans une longue route et avec les fatigues de la mer, furent promptementguérispeu après leur arrivée; on a même remarqué que la mortalité éprouvée par le troupeau, i1e[)uis qu'il est <à Alfort, n'est pas dans une proportion plus forte que celle des moutons des autres races dans les circonstances ordinaires ; et cependant il n'eût pas «•té étonnant que, dans le premier moment où le ciiangement de température se fait le plus vivement sentir chez tous les animaux, la perte eût été plus forte-

Le 23 février 1834, la Société royale d'agricultui e chargea MM. Girard, Hiizard iils et de Uortemnrt-Doisse, de visiter ce troupeau, l.e troupeau qui, malgré des ventes nombreuses a aujourd'hui 600 têtes, n'eu comptait alors que 120-

L'examen approfondi que les commissaires firent de ciiacune des bétes, leur démontra qu'elles appartenaient à la race la plus pure de Buckwell.

Leur santé, comme aujourd hui, était parfaite; leur laine avait de 5 à 7 pouces de longueur. La plupart des brebis étaient pleines; une d'elle.'» vénal t dagneler. Elle avait donné deux agneaux mâles; ce (|iii n'est pas rare dans cette race. La lutte des brebis n'ayant pu avoir lieu que tard, en raison du voyige, l'agnelage commençait à peine-

Chacun des béliers surtout fut pour les coramissaircs l'objet de longues observations : ils se distinguent par leur taille élevée et leur conformation qui les dispose à prendre facilement la graisse. Tous, sont remarquables par leur force, leurs belles formes, et la longueur en même temps que la qualité de leur Iwine.

Les brebis et les liélicrs, conduits séparément au Pâturage cbnque matin, couchent également sépa-

DU jMOU'I'ON.

MV. III

rés la nuit dans une cour qui est voisine de leurs bergeries, dans lacjuelle ils ne rentrent <|ue pour recevoir leur nourriture; ils n'ont ainsi aucun abri contre la pluie et les intempéries des saisons. L.t nourriture de ces animaux consiste, l'hiver, dans 2 livres de regain et 2 à 3 livres d'un mélange de pommes de terres coupées et de betteraves pour chaque bête. Cette ration, composée d'un melinge de plantes fourragères sèches et de racines, suffit pour entretenir ces animaux dans Je meilleur état ilc santé.

On prétend. lit qu un des obstacles à l'introrluction en France des moutons anglais à longue laine, était <iue ces animaux ne pouvai<'nt souffrir la vue des chiens, ce fiui rendait diffieile de les conduire dans nos champs où généralement les pâturages ne sont pas fermés de haies ou de palissades.

M. Yvart a choisi d'abord un berger intelligent et soigneux; il a ensuite introduit avec les moulons anglais des chiens sages avec lesquels ils se sont accoutumés à vivre; et maintenant ces chiens aident au berger à diriger les moutons lorsqu'ils sortent pour se rendre dans les pâturages. Ainsi les animaux du troupeau royal d'Alfort sont, sous ce rapport, conduits de la même manière que les moutons mérinos et ceux des autres races.

En France, encore plus qu'en Angleterre, il sera diflicile que cette race se propage beaucoup dans toute sa pureté; mais elle conviendra chez nous comme chez nos voisins pour croiser les races indigènes, et spécialement celles du nord de la France et de l'ouest; en particulier, les races qui ont déjà la laine longue.

Elle a servi également en Angleterre au croisement d'une race à laine courte, désignée sous le nom de race de southdown ; c'est au moyen de ce croisement que les Anglais se procurent des laines un peu moins longues-, mais plus fines que celles qu'ils obtiennent des bêtes de race pure. Ces métis reçoivent en Angleterre le nom A'halfbred; nous pourrions obtenir avec de grosses brebis de l'icardie, de Fland.-e, du pays de Caux, des résultats tout à fait semblables. La toison des brebis serait plus tassée que celle des bêtes anglaises de race pure qui toujours est un peu lâche; et au total, la toison aurait beaucoup de poids.

C'est dans les comtés les plus fertiles et les mieux cultivés de l'Angleterre que se trouvent ces grosses races dont le volume est si remarquable. Mais toujours les cultivateurs anglais savent proportionner le volume de leurs animaux à ral)ondance des fourrages qu'ils ont à faire consommer; et l'on doit insister beaucoup auprès des cultivateurs français pour les engager à ne point se laisser déterminer dans leur choix d'animaux étrangers uniquement par la grosseur, mais bien plutôt par les proportions et les formes indiquant ce tempérament particulier à l'abondance et à la qualité de la laine et de la chair.

Un point fort essentiel dans l'acclimatation des bè'es de race anglaise, consiste dans leur logement qui doit être soigné d'une manière tout à f-ait particulière. Quoique nous ayons déjà traité d'une irtanière assez étendue ce qui concerne le logement des moutons en France, nous devons ici insister de nouveau sur ce point, et déclarer d'une manière positive que des moutons anglais ne .«auraient prospérer dans une bergerie fermée. Si l'inclémence de notre climat, si les loups, les chiens errans et le défaut de police rurale ne nous permettent pas de les laisser absolument et constamment en plein air, nous ne devons leur donner pour abri que de sinip>es hangars ouverts et sans fenil au-dessus; car les brins de fourrage qui en tombent, la poussière qui s'en échappe s'introduisent si facilement entre les mèches longues et peu tassées de leur toison, que la valeur en est sensiblement diminuée. L'inconvénient qu'ont ces toisons de .se salir jusque dans la racine du brin, doit aussi engager h n'employer que «les râteliers a rayons verticaux, <iu encore mieux, inclinés dans un sens opposé à celui qu'on leur donncd'ordinaive.

eu Al*. I3.

Avec ces précautions, eu ayant soin de renouveler fiéquniinicnt la litière, en niiurrissant abondamment les bètes, en employant dans leur alimentation des racines teHts que la betterave, le topinambitur, la carotte, le navet, le rntabaj^a et autres substances fraicbes tr*'s-»''cononiiques, on jïcut faire eu France des laines longues bitn supérieures à celles que nous produisons, et douuer en uiéme temps aux animaux de la propension à engraisser dans un âge peu avancé.

Les laines anglaises employées dans plusieurs manufactures françaises, à Amiens, par exemple, à Turcoin, à Roubaix, nous arrivent lavées à dos; il serait bon pour le cultivateur français d'imiter cette pratique, et de laver aussi les moutons avant de les tondre, il en tirera d'ailleurs un meilleur parti, car elles sont |>eu cbargécs de suint et elles offrent peu de déchet au lavage à dos. Cette opération étant faite en avril ou mai, on doit attendre, pour tondre les bêtes, que la laine soit bien sèche et que le suint même ait un peu remonté j)Our lui donner de la souplesse. Il faut ordinairement quatre à huit jours d intervalle entre le lavage à dos et le moment de la tonte.

La race Dishlcy ou IScwleicester, qui a le plus de réputation en Atigleterre, n'est cependant pas celle qui fournit la laine la plus chère et la meilleure. Dins le comté de Kent se récoltent des laines au nioinsaussi recherchées. Les vastis marais de Roinney sont habités par une race plus rustique que la race de Leicester, qui fournit une laine au nioins aussi belle, mais qui n'a pas la même propension à engraisser.

La race de Romney-Marsh a une taille très-élevée, la poitrine un peu plus plate que le Dishley, le cou plus long, la tête plus grosse, les membres et le squelette plus développés; elle a plus de ventre, jjlcs de flancs, et elle exige plus d'alimeus, elle est au«>i plus tardive pour la boucherie. Sa rusticité, ea vigueur, constituent son principal mérite.

Dans la partie méridionale du comté de Kent existe une sous-race qui, par ses formes, se rapproche davantage des Dishley- Les animaux de ces différentes races ont été aussi introduits en France. L'expérience ne tardera pas sans doute à nous permettre de les juger mieux que nous ne pouvons le faire par des essais encore incomplets.

lin tenant compte de l'opinion des auteurs anglais les plus renommés, de la préférence que beaucoup de cultivateurs de ce pays accordent aux Dishley et du prix élevé auquel les béliers de celte race se maintiennent, c'est avec la plus grande prudence, et après suffisant examen, qu'il faudra préférer ces races de Keot à celles de Dishley. Le plus grand avantage, il ne faut pas l'oublier, des races anglaises, sera d'améliorer les nôtres sous le rapport de la chair, de les rendre plus précoces et de diminuer ainsi la durée du temps pendant lequel un mouton est nourri avant d'êire consacré à la boucherie. Le coût de la viande se répartit sur un moins grand nombre d'années, et il est rare que ces races hâtives ne donnent pas le moyen de faire de la viande au meilleur marché possible. La direction que beaucoup de cultivateurs ont donnée à lenrs troupeaux mérinos dans lesquels ils ont sacrifié une partie de la finesse du brin de laine au volume des animaux, dans l'intention de les rendre plus convenables à la consommation, et la nécessité de fournir de la viande à bas prix à une population qui s'accroît en nombre et en aisance, sont autant d'indices qui rendent probables les avantages de la multiplication des bêtes à graisse, et par conséquent de celles qui nous occupent ici.

Section viii, — Produits des moulons.

Lés produits des moutons consistent en laine, peau, lait, viande, croit et engrais : on a indiqué dans divers chapitres de cet ouvrage les méthodes au moyen desquelles ces divers produits pouvaient être recueillis et utilisés : leur prix de revient et les bénclices qu'on en reti'c sont calcuics à l'aide des

l'iVODUiTS UKS MOlirOt^S.

formules indiquées dans le 4' volume au cLnpitre de l'administration rurale ; nous n'avons donc point à eu parler. Kous dirons seulement (juclques mots de l'engrais que l'on fait produire aux béics à laine au moyen du parcage.

Vengrais produit par le parcage est un engrais animal sans nulange composé de la fiente, de l'urine et du suint que les moutons dépo>ent sur le champ où on les tient enfermés dans une enceinte mobile, appelée /jarc [fig. 306).Noiis avons expliqué

Fig. 307. Fig. 306. Fig. 808.

dans le I""" volume, pag.lOG, les résultats du parcage, nous devons dire ici comment on y procède, dans quelle saison et l'influence que cette stabulation en plein air peut avoir sur la santé des troupeaux. L'enceinte mobile, ou le parc, est formée de claies que l'on dresse les unes au bout des autres sur (juatrc lignes formant un carré, et que l'on soulieut au moyen de crosses ou bâtons courhés par l'un des bouts {fi^. 301)). Ces claies ont pour but,

Fig. 309. Fig. 314. Fig. SU.

non-seulement de retenir les moutons dans un espace donné, mais encore de les soustraire à l'attaque des autres animaux, et surtout â celle des loups. Leur hauteur est ordinairement d'un mètre 60 centimètres, et leur longueur de 2 à 3 mètres. On 1rs fait en bois légers de façon qu'elles puissent être facilement transportées d'un endroit à un autre par un seul homme; ce sont quelquefois des branches d'osier ou de noi.sciier entrelacées (/g-. 3tO); plus souvent ce sont des lames de bois assemblées dans trois ou quatre niontans {fig. SU). Les crosses sont des bâtons de 2 à 3 mètres de longueur ayant en bas une courbure qui forme patte, et qui est percée d'une mortaise dans laquelle doit être enfoncée \a fiche {fig. 312) qui sert à la maintenir. le bout supérieur est percé de deux trous où l'on place des chevilles (fig. 313) disposées de manière à retenir les claies du parc en avant et en arrière lorsque le tout est mis en place.

Lorsqu'un berger veut former un parc, il mesure un carré suffisant pour le nombre de ses bêtes ; puis il place deux claies à angle droit dans la direction qu'il s'est tracée, et continue son enceinte en apportant une seconde claie à la suite de la première, de façon que le côté droit de l'une anticipant un peu sur le côté gauche de l'autre, i| ie>le un intervalle suffi^^ant j>oi!r passer entre ies

AIN IM AUX DOAIKSTIQUES : DV MOUTO.N.

niontaiis des iliux claies le bout supérieur d'une crosse flont le bout inférieur est tixé à I.i terre par «ne fiche que le berger y enfoDce à coups de maillet (/!>. 314). ^ . . , , X

Velendiie que doit avoir un parc se calcule généralement d'après ce principe, (|u'un mouton de race movinne peut fertiliser un mèlre carré environ dans un espace de temps d'autant plus bref que les animaux sont plus alioiulammcut nourris. Voici ce que dit à ce sujet Daiibeuton dans un mémoiie sur le parcage, qui relate avec exactitude la méthode suivie encore aujourd'hui par la plupart des cultivateurs de la Brie : « La manière de gouverner le parc doit varier selon les saisons : dans lis longs jouri, on y fait entrer le troupeau une beure après le soleil couché, c'est-à-dire vers neuf luurcs ; alors, comme les herbes ont beaucoup de i^nc, comme la fiente et les urines sont très-abondantes, u:i parcage de quatre heures suffit pour amender l'i te;re; les moutons devront donc être <hangés de place trois fois, depuis le soir jusqu'au matin; la t*^" à une heure, la 2" àcin<[ heures, et la 3" à neuf heures. Ou peut, au surplus, avancer ou reculer le changement îles parcs lorsqu'on le juge à propos ; mais il faut alors les faire de grandeur inégale, et leur donner d'autant plus d'éiendue que les lictcs doivent y séjourner plus longtemps. Lorsque le mois de septembre arrive, les nuits sont plus longues, les bêtes à laine ont moins de temps pour pâturer ; les plantes ont moins de suc ; les urines et la (iente sont moins abondantes : il faut alors ne faire que deux parcs par nuit. »

Le berger, tant que dure le parcage, ne doit plus coucher à la maison, son domicile est dans le champ du parc : il y couche ordinairement dans une petite cabane en bois montée sur d(s roues {fig. 308), et assez légère pour qu'il puisse la traîner tous les jours à mesure qu'il change le parc <Ie place. Cette cabane doit être munie dune porte et d'une lucarne que le berger laisse ouvertes toute la nuit de façon à pouvoir veiller sans cesse sur son troupeau, et courir à sa défense le cas échéant, li n'est pas sans exemple que des loups aient pénétré dans les parcs, et y aient causé de grands ravages; on ne saurait donc prendre trop Ile précautions pour éviter cet acci(5ent, surtout «lans les pays voisins des grandes forêis : les chiens du berger doivent, à cet effet, passer h s nuits avec leur maître, couchés sous sa cabane ; ou mieux encore ( comme le conseille Daubenton ), dans une petite cabane placée d un autre côté du parc (fig- 3C9). Quand on a lieu de craindre, on augliiente encore ces moyens de défense en effrayant les loups par des coups de fusil tirés le soir et dans la nuit; et en tenant allumée une chandelle dans un fanal dont les verres sont de différentes couleurs, afin d'éloigner les animaux carnassiers par cet éclat auxquels ils ne sont point accoutumés.

Le parcage peut commencer dans le mois d'avril, pourvu que les terres soient convenablement assainies, et qu'elles aient été préparées par un labour et un bon hersaiie ; car ce n'est point le froid, mais bien l'humidité, (jue redoutent les bêles ovines : il peut se prolonger jusqu'après les semailles du froment d'hiver qui dans les terres saines supportent celte opération sans inconvénient, même quand les jeunes tiges de céréales pointent déjà hors de terre. Il est rare que l'on persévère, ai)rès cette é|)oqiie, à tenir encore les moutons au paie ; les pluies d'automne rendent l'opération fort difflcile, et les pâturages venant à manquer, les déjections sont trop peu abondantes pour engraisser la terre en peu de temps

Dans les pays où l'on a l'habitude du parc, on n'a point remarque que la santé des moutons en fût altérée, pourvu que le berger ait soin de rentrer son troupeau par les grandes pluies et lorsque la chaleur du soleil est trop forte. Il est même incontestable que le séjour en plein air est plus convenable que celui de bergeries étroites ou mal aérées pendant les nuits étouffantes de l'été; ce n'est donc point l'iiygi'ne qui peut s'opposer à

cette pratique agricole, mais d'autres raisons déduites de la meilleure qualité ou de la plus grande <l nanti té d'engrais qu'il serait possible d'obtenir dans la bergerie.

Vavantagc du parcage est de fumer les terres sans frais de transport et de répandage, et surtout sans consommation de paille, ce qui est inappréciable dans presque toutes les fermes, où l'on éprouve souvent la disette de litière. Ce que l'on épargne ainsi à la bergerie est souvent indispensable pour recueillir les déjections des gros animaux, qui, sans cela, ne l'eussent été qu'imparfaitement, et la masse du fumier se trouve réellement augmentée. Peut-€tre existe-t-il quelques exploitations assez heureuses pour n'avoir point besoin de recourir au parcage; mais en général (quand la nature -des terres ne s'y oppose point) son utilité est fort grande. Combien de terres éloignées de la ferme, et n'y communiquant (|ue par des chemins impraticables, ne seraient jamais fumées si les moutons n'y dé()Osaient leur engrais sans qu'il en coûte rien au fermier ! Des champs dédaignés et presque abandonnés deviennent ainsi productifs ; il est arrivé souvent que c'est par eux que l'on a essayé la suppression de la jachère, parce que le cultivateur ne craint point de les épuiser en leur faisant porter une récolte de fourrage, sûr cju'il est que ses moutons convertiront en engrais puissant cette récolte sur laquelle on les fait parquer à mesure qu'ils la consomment. Elisée Lefèvre.

Skction IX. — Des motifs déterniinans dans le choix d'une race de moutons.

Les motifs qui doivent déterminer les cultivateurs à entretenir sur leur terres une race plutôt qu'une autre sont tirés de la nature du sol et du système agricole adopté dans le pays.

Un sol sain, sec et fertile peut se prêter à l'entreti( n de <iuel(iuc race que ce soit quand le système agricole ne s'y oppose point; dans les contrées humides, malsaines, produisant en abondance des herbes très-aqueuses, il faut une race (|ui s'engraisse facilement et que l'on puisse placer avantageusement chez le boucher après quel<iues mois de pâturage: les pays de landes, de bruyères, à terres incultes et arides, veulent de petites espèces sobres et vigoureuses qui puissent résister aux longues marches nécessaires pour ramasser leur nourriture. Plusieurs de nos races indigènes conviennent fort bien à cet emploi ; aussi ne disparaîtront-elles jamais entièrement du sol, à moins qu'il ne soit un jour complètement transformé, car sans elles dévastes parties de la France resteraient tout à fait sans valeur.

On doit cependant vivement désirer de les voir remplacer partout où il serait possible d'introduire une race meilleure à l'aide d'une culture plus soignée et d'une éducation mieux dirigée; les réflexions suivantes sur les moutons du Berry, conformes au vœu que nous émettons, peuvent s'applitiuer à une grande partie des bêtes communes de la France.

Avant l'introduction des mérinos en France, l'ancien Berry était l'une des contrées où l'on élevait le plus de moutons Les grandes plaines de terrains calcaires qui s'y rencontrent sont très- favorables à l'élève et à la nourriture de ces animaux, lors même que, comme cela arrive souvent, ils sont réduits, pour se nourrir, à ce que leur offre la nature. Aussi les laines de ce pays ont-elles été longtemps recherchées comme les meilleures de France.

Il est assez difficile de retrouver aujourd'hui avec ses caractères originaires cette race berrichonne qui a fait pendant si longtemps la principale richesse du pays. Le désir d'augmenter sa taille et les produits de sa toison, p.T le croisement avec les mérinos dont la laine donne des tissussi fins, a fait créer des métissages plus ou moins heureux, et des

ciiAP. 13. DLS MOTIFS DEÏLRMJKAINS D

vjiritMcs qui se sont plus ou nioius cloJgn(5ts des type» originaires.

Copendant, c'est dans le département de l'Indre, notaniaient dans rarronrtisscnicnt dIs*ouduii, ([U'on peut reconnaître encore celte race. On l'y retrouve en troupeaux nombreux qui vaguent daii.v ce^ ^a^teï plaine*. Ces bétes sont d'une petite taille, mai* elles sont bien faites, tlles ontla jauibe line et nue, la tête est paiejllement dépourvue de laine, petite, le museau un peu allonge. Elles sont vives, alertes à chercher leur nourriture qu'elles savent se procurer en picçaui, daas les lieux où elle est la moins abondante, une herbe fine et courle. Elles ont la laine tassée, fri-ee et assez fine. La toison pèse environ 2liMes 1/2 ou 3 livres.

On distingue particulièienient parmi ces bêtes celles nue dans le pays on nomme bryctimcs. Ce sont celles qui portent une laine plus serrée, plus frisée, plus abondante et plus line que les autres. Cette epilhéte rie bryGiiiies t^X devenue une qualification pour designer les bétes les plus remarquables : il est bon toutefois de savoir qu elle vient de ce que la commune de Biyoïi, canton de Levroux, proiluit les bêtes les plus renommées pour la tinesse do leur laine ; et cependant les terres de ce canton ne sont pas de celles qui sont les plus maigies et qu'on a l'habitude de considérer comme étant les plus fa\oral)les au pacage des bétes a laine ; ce sont de bonnes terits frouieutales, un peu argileuses, quoique calcaires.

Il ne faut pas confondre la race berrichonne dont je viens de pailer, avec celle de S^lagne qui en est fort différente. Celle-ci est dune taille un peu plus élevée ; elle a comme la précédente la tête et les jambes dépourvues de laine ; mais ces parties sont ordinairement d une couleur rousse et fauve qui, avec la vivacité naturelle dont elle est douée, lui donne une apparence quasi sauvage ; elle a le dos couvert d'une laine blanche, grosse, peu frisée, ressemblant à du poil et ne donnant qu'une toison d'uu jjoids inférieur à celui des autres variétés.

Ces troupeaux de Sologne assez nombreux et estimés pour leur rusticité et la qualité de la chair des animaux, sont lancés dans les vastes et tristes bruyères de cette contrée, où il faut qu'ils vivent en toutes saisons des uniques ressources de ces j)àturages. Quand ces sols ingrats sont imprégnés ou plutôt couverts par les pluies de Ihiver qui ne peuvent les pénétrer à cause de la couche glaiseuse qui af^paraît souvent jusqu'à leur surface, ils n'offrent plus aux animaux (jui les parcourent qu'une nouiritureinsuftisanie et malsaine ; aussi, à la fin de l'hiver, ces bestiaux apparaissent-ils dans un état misérable, laissant tomber par lambeaux, de toutes les parties de leur corns, la laine dont lis devraient être revêtus ; et quand la saison nouvelle revivifie la nature et développe la végéta^ tion des herbes, des bruyères, des genêts qui croissent assez abondamment dans ces plaines, alors les animaux qui ont résisté et échappé à la disette de l'hiver se jettent sur ces nouvelles proiuctions du sol avec une dévorante avidité et s'en repaissent outre mesure. De la ces maladies désastreuses connues sous le nom de ntaladte du sang, maladie ronge, ma/adie de Sologne, et ailleurs oe mauroy, qui ravagent les troupeaux et contre lesquelles on cherche trop tard de vains remèdes- La nature supplée pourtant à ces désastres : de nouveaux agneaux naissent, amènent aux cultivateurs de nouvelles espéiances qui s'évanouissent comme celles qui les ont précédées, et l'homme de ces pays se retrouve ainsi à chaque période, au même j)oint, sans profit, san« progrès, comme si rien n'avait marché, civilisation, industrie-...

C'est qu'en etfet ces bienfaits sont là développés moins qu'ailleurs ; c'est que dans le Berry, dont le sol offre, en général, à celui qui l'habite les ressources suffisantes aux nécessités ordinaires de la vie, on ne fait que peu dcfforis pour les accroître, et on s'en remet volontiers à la bienfaisance du sol et de la nature.

Ainsi, les animaux les plus profitables y sont

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