DE LA CAISSE DE POÏSSY
CBAP. 14.
le Kixeniais, de dcccmbr* k la iin de mars. La Fi-aiKhe-Coiiitc tt la Uiampagne, lie lévrier à la tin de mai. Les bœufs murechins arriveut de juin à la lin de septembre, tnlin les bœuts dits manceatix et ceux dits nantais, arrivent d'août a la fin de décembre.
Cn voit que ce mouvement assure à la capitale, d'une manière certaine et régulière, l'immense approvi>ionuement qui lui est indispensable. ■ Les vaches arrivent rarement en bandes sur les marchés ; comme la majeure partie provient des environs de Paris, elles sont amenées par leurs oro4jriétaires, ou par des marchands isolément, ou au nombre de 4, de 6, de 10, et de 15 au plus.
Les veaux sont presque toujours amenés par leurs propriétaires sur les marchés, liés et entassés sur des voilures.
Le prix des charrois est, en général, de 1 f. 20 c. à 1 f . 50 c. par tête, pour un parcours de 7 à 8 lieues.
Lorsque la rouie à parcourir est longue, les veaux sont nourris avec au lait et des buvees composées de farine et dœufs mclanjiés dans de l'eau tiède. Les moutons, à l'exception des moutons étrangers et de ceux des départements du Kord, sont cn i;énéral vendus par leurs propriétaires; les autres ie sont par des commissiunuaires.
Les moutons les mieux traités et les plus soignés, en route comme chez eux, sont les moutons allemands. Ils voyagent par troupeaux de 140 à lôO, et ne font guère que 3 à 4 lieues par jour. Us sont nouriis avec de l'avoine, et coiitent jusqu'à 12 f. par téie pour se rendre de leur pays sur les marchés de la capitale, somme énorme quand on y réunit les droits de douane de 5 f. ôO c.
Les conducteurs de ces troupeaux sont nourris et reçoivent un salaire de 20 i. jjour leurs vojages. Ils font ce métier avec une sorte de dévouement. Aussi, les moutons allemands sont toujours payés le plus haut prix des njarcliés; CO c. la livre à peu près. Or, comme la moyenne du poids de chacun de ces moutons est de 50 livres, sa valeur vénale serait de JO t., sur lesquels il faut défalquer les 5 f. ÔO c. de droit de douane et les 12 f. de frais de route, soit 17 f. 50 c, de sorte qu'il ne reste de cette valeur, au propriétaire, que 12 f. 50 c.
Les économistes sont encore à se demander comment il se peut quav( c une prime aussi large accordée aux agriculteurs français, la concunence étrangère soit encore possible- Cela tient-il au sol ingrat du pays, ou bien au laisser aller, à la sécurité donnée par la facile protection de la douane, Mais le sol delà France n'est point ingrat, il est généreux. Ce qu'il y a en France de funeste, c'est la routine, qui ne semble pas permettre à un fils de suivre un autre sillon que celui que lui a tracé son père, son aïeul. Tout ce qui dérange cette com mode routine est réputé innovation ; or, comme certains préjugés frappent de réprobation, accusent de ruine toute innovation en agriculture , comme dans bien d'autres choses, il en résulte un état de stagnation qu'aucun progrès démontré, qu'aucun pront encaissé ne saurait émouvoir.
Les troupeaux provenant de nos départeniens sont en général compo.-és de 200 têtes; leurs conducteurs sont payés à raison de 30 francs par mois et nourris. On remarque avec peine que ces troupeaux ne reçoivent pas les mèir.es soins que les troupeaux allemands. Leurs étapes sont de 6, 7, 8 et jusqu'à 10 lieues, ce qui fatigue horriblement le bétail. On le nourrit de foin, et de la vaine pâture trouvée aux abords des routes.
Lorsqu'enfln les bestiaux sont arrivés sur les marchés, ils y sont inscrits d'abord, par espèces, par quantité, avec les noms de leurs propriétaires, ils sont distribués ensuite, savoir :
1° Les bœufs, dans la partie qui leur est spécialement affectée, laquelle est divisée en zones séparées par des barres de fer ; c'est à ces barres que les bœufs sont attachés méthodiquement, c'est-àdire avec le soin de mettre à coté les uns des autres les bestiaux qui appartirnnent au même propriétaire. Ainsi rangés, les bœufs forment de - »Mues lipne». à trave.s lesquelles les acheteurs
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et les vendeurs pruvent facilement circuler, j>our visiter, palper et apprécier la marchandise bou3 le rapport de sa qualité, de son poids.
2" Les vaches sont distribuées de même.
3" Les veaux ,'ont étendus sur le carreau et placés de manière à laisser entre eux un espace nécessaire à la circulation.
4" La partie ré.-ervée aux moutons est subdivisée en parallélogrammes en fer, formant une sorte de prison ou plutôt de gêne, dans laquelle on serre les uns contre les autres 40 ou 50 moutons, au point que tout mouvement leur est impossible, et que, souffrans et baletans, on craint de les voii expirer, surtout l'été, où la chaleur de leur toison augmente encore leur supplice.
cette sorte de torture appliquée à la race ovine, sur les marchés, est expliquée administrativemeot par la ditficullé de maintenir les moutons en repos pendant la vente. Cette raison donnée n'est pas la véritable, bien que ladministration soit de bonne foi, mais elle lui a été très-probablement indiquée par les vendeurs, intéressés essentiellement à rendre la palpcition de leur bétail à peu près impossible, si ce u"e?t pour 2 moutons seulement, pour Cf ux qui sont plat es aux deux extrémités du panjuet, et dont les flancs se trouvent découveits; aussi ces deux moutons sont-ils choisis parmi les plus gras et les plus dispos, alin de parer le lot à vendre. Toutefois les bouchers ne sont pas dupes de ces ruses, et leur habitude est telle, que souvent ils jugent la qualité de la viande par le seul aspect de la physionomie des bestiaux.
§ IV. — De la caisse de Poissy ; des transactions entre les bouchers et les éleveurs.
Des lettres patentes du 10 mai 1779 avaient autorisé l'établissement dune caisse pour faciliter le commerce des bestiaux. Cette caisse, jouissant de certains privilèges, fut abolie dans le cours de la révolution, alors cjne tout monopole, utile ou nuisible, choquait les opinions nationales.
La suppre.-sion de la caisse qui assurait l'approvisionnement par la garantie qu'elle offrait aux agriculteurs, amena la perturbation dans léducation et l'engrais des bestiaux, à ce point, que le gouvernement fut obligé de se charger lui-même de l'acquisition des bestiaux à l'étranger, pour assurer la subsistance de la ville de Paris.
Napoléon lit cesser ce désordre par un arrêté du 8 vendémiaire au xi; il exigea que chaque boucher fournit un cautionnement. Ces fonds devaient servir à venir au secours des bouchers qui éprouveraient des malheurs dans leur commerce; secours qui ne pourraient être accordes toutefois qua titre de prêt, sur l'avis des syndics et adjoints de la boucherie et la décision du préfet de police.
Cette caisse donnait bien une garantie aux herbagers sur la solvabilité des bouchers; mais elle n'avait pas encore d'action sur les marchés, parce que les agriculteurs, au lieu de vendre hu comptant, étaient ob iges de se soumettre à des termes trop souvent nécessaires aux bouihers.
Cette position, bien comprise par l'administra^ tion impériale, amena le décret du 6 février 1811, qui fonda la caisse de loissy.
En vertu de ce décret, la caisse de Poissy est exploitée pour le compte et au profit de la ville de Paris. Elle est chargée de payer comptant, aux herbagers, le prix de tous les bestiaux que les bouchers de Paris achètent sur lesmanhés.
Le capital de la caisse de Poissy se compose du montant des cautionnemens fournis par les bouchers de Paris; ces bouchers étant au nonibre de 500, cautionnés chacun de 3,000 fr., ce capital est donc de 1,500,000 francs. Toutefois, s'il ne sufti.-'ait pas aux besoins du commerce, la caisse municipale de la ville de Paris devrait y suppléer.
L'administration, la surveillance et toutes les opérations de la caisse de Poissy, appartiennent nu piéfet de la Seine. Le préiet de police intervient seulement, dans les rapports de la caisse ave<j les