‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 323 sur 325 · CHAP. 20. DE L.V POULE ET DU COQ · texte numérisé non relu

CHAP. 20. DE L.V POULE ET DU COQ

Il est des poules qui cassent et mangent nonseulement les œufs qu'elles ont pondus, mais encore ceux des autres volailles; il faut les mettre à part, se hâter de les engraisser et de les tuer. Sitôt qu'une poule chante comme le coq, elle devient impropre à la ponte, ses œufs sont petits et n'ont prcs(jue point de jaune : il faut aussi l'engraisser et la tuer.

S II. — Fécondité des poules.

Les poules n'ont pas besoin d'être cochées pour produire des œufs, mais les poules vierges produisent moins et leurs œufs sont impropres à l'incuhation. On prétend qu'ils sont plus délicats et se conservent plus longtemps. Une bonne poule pond chaque année de 120 à 150 œufs. En général elles pondent presque toute l'année, excepté au temps de la mue, c'est-à-dire pendant les mois de novembre et de décembre ; néanmoins si, pendant ce temps, on les nourrit bien et qu'on maintienne dans le poulailler une bonne température, elles pourront donner de 3 à 4 œufs par semaine. Les jeunes poules commencent à pondre vers l'âge de 10 mois; elles produisent des œufs plus petits et sont moins propres à l'incubation; ou choisit pour couver, les plus grosses, les mieux emplumées et celles qui craignent le moins T'-pprocbe de l'homme et des animaux. Chez quelques poules le désir de l'incubation se manifeste 5 ou 6 fois dans l'année; chez d'autres 1 ou 2 fois seulement. Un fermier intelligent tirera parti de ces dispositions. Toutefois il peut se trouver qu'on ait pins d'intérêt à faire pondre les poules qu'à les faire couver, et alors il faut leur faire passer le 'lésir de couver en les enfermant seules dans une cage, dans quelque lieu frais, obscur et loin de tout bruit. Onles laisse ainsi 2 jours sans les visiter, sans leui donner ni à boire ni a nianger,ce qui éteint ordinairement l'espcce d'inflammation nerveuse qui les excitait à l'incubation. Si au contraire le besoin de couveuses se fait sentir, on peut les disposer à couver par une nourriture très-excitante, en leur déplumant le dessous du ventre, et enCammant la partie déplumée en la frottant avec des orties, ou quelque !i<[ueur alcoolique. Les poules qui se disposent à couver pondent chaque jour, et même quelquefois deux fois par jour. On reconnaît que le moment de l'incubation approciie lorsqu'elles cessent de pondre et qu'elles gloussent presque continuellement, que leur démarche est inquiète et que leur ventre se dégarnit de plumes, devient brûlant, et qu'elles se posent d'elles-mêmes sur tous les œufs qu'elles rencontrent. 11 faut alors préparer dans un endroit séparé du poulailler, chaud, sec, à l'abri des fourmis et autres animaux, un nid bien garni de foin. Ces nids consistent en paniers d'osier de la grandeur de la poule, que l'on ferme par uu couvercle à claire'voie pour iaisserpénétrirr<Tir,etqueron recouvre d'une toile pour intercepter le bruit et la lumière. On peut donupr à une poule une douzaine d'œufs à féconder, si la couvée a lieu pendant un temps froid, parce qu'il est plus clifflcile alors d'échauffer les œufs ; en été, on peut lui en donner de 15 à 18, si elle est large et en état de les bien couvrir. Les œufs les plus propres à être couvés sout ceux des poules d'un an qui ont été couvertes par un jeune coq; ils ne doivent pas avoir plus de 20 jours, ne doivent pas surnager sur l'eau, et doivent être trausparens lorsqu'on les examine au soleil.

La poule couve avec tant de constance qu'elle se laisserait souvent mourir d'inanition sur ses œufs, si l'on n'avait soin de l'en ôter pour la faire boire et manger, au moins une fois par jour. On profite de son absence pour mettre de côté les œufs cassés ou froids; mais il faut se garder de les remuer, la poule les retourne elle-même quand cela est nécessaire. Quelques ménagères placent auprès d'elles de l'eau et du grain pour qu'elles puissent manger sans se déplacer; cet expédient est mê(ne Je meilleur, lorsque les couveuses sout en petit nombre et très-tranquilles.

Dans les temps chauds et secs, il faut avoir soin de baigner chaque jour les œufs dont l'incuba-

tion est avancée, pour leur conserver l'humidité nécessaire à i'éclosion.

Au bout de 20 à 22 jours tous les poussins doivent éclore. Le poulet, jusqu'alors roulé en boule avec son bec sous 1 aile droite comme un oiseau endormi, commence ordinairement, le matin du 22* jour, h se frayer un chemin à travers la coquilb;. On

visite alors le nid, et on jette les œufs clairs ou pourris. Si la coque de l'œuf est très-dure, on favorise la sortie du poussin en frappant avec précaution sur le gros bout de l'œuf, et en détachant avec une épingle les morceaux brisés de la coquille. Si le petit a commencé à se faire jour, mais qu'il soit trop faible pour se dégager entièrement, ou ranime ses forces en lui faisant avalée dans une cuillère quelques gouttes de vin.

Les chapons, les vieux coqs et les dindes peuvent aussi couver les œufs et conduisent ensuite les poussins avec autant de vigilance qu'une poule.

S m. — Education des jeunes poulets.

Quand tous les poussins sont éclos on les sort du nid avec leur mère et on les place dans un endroit chaud où ils puissent se promener sans danger. Le premier jour, leur bec étant encore trop tendre pour qu'ils puissent manger, on soutient leurs forces avec du vin.

Tou.s les soirs on les replace dans le panier où ils ont été couvés, pour que leur mère les tienne chaudement sous ses ailes pendant la nuit. La première nourriture qu'on leur distribue doit être de la mie de pain trempée dans du vin, ou mêlée avec des œufs durs hachés très-menu; puis, lorsque leur bec commence à se durcir, on leur donne des criblures de blé ou autres grenailles fines. On 1» leur distribue sous une cage (Jîg- 323) dont les barreaux sont assez espacés pour laisser pénétrer les poussins, mais pas assez pour donner passage aux volailles.

La mère veille à tous leurs besoins avec la plus vive tendresse, les appelle dès qu'elle a trouvé quelque nourriture, et ne mange elle-même que lorsqu'ils sont rassasiés ; elle Us réunit et les couvre de ses ailes au moindre danger et se jette avec courage sur tous les ennemis qui les menacent. Dès que les poulets ont pris de la force, la mère les mène plus loin, dans les cours, les écuries et les jardins,où non-seulement ils trouvent à se nourrir d'insectes et de graines, mais encore de verdure ; cependant, quelque abondante que soit la nourriture (|u'ils puissent rencontrer, il faut avoir soin do leur en distribuer dans la basse-cour, pour les accoutumer à y revenir et à y rester.

La nourriture ordinaire des poules se compose de criblure et de son bouilli. L'orge moulue ou à demi-cuite leur est très-profitable et leur fait pondre de gros œufs. Si elles ne sont à portée d'aucune verdure, on fera bien de leur en jeter quelquefois pour les rafraîchir. 4 onces de grains par jour suffisent à celles qui sortent, et e à celles qui sont renfermées. On leur donne aussi des fruits gâtés, des pommes de terre cuites, etc. Le moyen le plus économique de donner le grain aux poules est de le leur distribuer moulu, "délayé, et formant une sorte de bouillie ou de pâte.

Dans quelques parties de l'Angleterre on se sert, pour nourrir les poules, d'une espèce de trémie C^o- 324) qui permet de ne pas perdre une parcelle de grain ; elle se compose d'un coffre qui communique par de petits trous avec un réservoir à compartimens placé au-dessous. Et comme il ne faut pas moins que la présence d'i.ae poule sur les barres transversales qui se trouvent au bas pour soulever les couvercles des réceptacles inférieurs, les petits oiseaux ne peuvent y puiser.

Pour économiser le grain, on a imaginé de fournir aux poules les vers dont elles sont avides, en établissant des vcriainières ; on les prépare en creusant une fosse dont on tapisse le fond d'un lit de pailledcseig'c hachée très-menu d'un demi-pied de

AJNIMAIIX DOMESTIQUES Fis. 324.

hauteur; on recouvre cette paille d'une couche de crottin de cheval, et ensuite d'une autre couche de terre sur la(|uelle on ré()and du sanjî de bœuf ou de tout autre animal, avec du nmrc'de raisin, «le l'avoine, du son, des tripailles, des cliaroçrnes, etc., et ainsi de suite, jusqu'à ce que la fossé soit remplie. On recouvre le tout de broussailles et de larajis pierres pour empêcher la volaille d'v gratter. Cette espèce de couche ne tarde pas à entrer en putréfaction, et à donner naissance à des milliers de vers et d'insectes. Chaque matin un homme tire, en trois ou quatre coups de bêche, la portion de la journée, et la rj^pand dans un coin de la basse-cour : car il serait dano;ereux. de laisser la volaille en nian-rer à discrétion. Ce supplément de nourriture entretient la santé des poules, leur aiguise l'appétit et accélère la ponte.

§ IV. — Conservation des œufs et des plumes.

Les œufs doivent être placés dans des endroits 8ecs, sans que la température y soit trop élevée. L'air extérieur, communiquant par les pores de la coquille avec l'air (|iii se trouve à I intérieur, déterminerait bientôt la décomposition et l'évaporation {graduelle de l'œuf, si on ne l'interceptait en couvrant la coquille d'un enduit, la trempant dans l'huile ou la couvrant d'eau de chaux, de grain bien sec, de sable pur ou de sciure de bois.

Les plumes doivent être arrachées aussitôt après la mort de l'oiseau et pendant qu'il est encore chaud, autrement elles manqueraient de cette âasticité qui fait leur valeur et pourraient se eàter. Il faut se hâter de les faire sécher au four de peur qu'elles ne s'échauffent et s'attaclient ensemble. On plumait quelquefois les poules vivantes avant le moment de la mue, mais cette pratique cruelle est généralement abandonnée aujourd'hui.

§ V. — Du chapon et des poulardes.

La castration des coqs s'opère dans le but de rendre leur chair plus grasse et plus délicate; on la pratique ordinairement au printemps ou en automne, car les chapons qu'on coupe en été sont souvent attaqués de la gangrène. C'est à l'âge de quatre mois, ou environ, qu'il convient de cliâtrer les coqs. Pour faire cette opération, on se munit d un instrument bien tranchant et d'une aiguille enfilée d'un fil bien ciré, et on procède ainsi ;

Un aide assujettit l'animal sur le dos, la tête en bas, pour que l'intestin, refoulé vers la poitrine, ne soit pas aussi exposé à être blessé par l'instrument avec lequel on ouvre le ventre ; le croupion tourné vers l'opérateur, la cuisse droite teuue le long du corps, et la cuisse gauchf portée en arrièrc^fm de decouvru- le flanc gauche sur lequel sera faite 1 incision. C'est en bas'de cette région que l'opérateur, après avoir arraché les plumes, fait une incision qui pénètre dans le ventre et doit être assez grande pour qu'on puisse y introduire Je doi'ft. Il est prudent, au moment où on fait cette incision de soulever un peu les parois du ventre qu'on incise, pour les écarter des intestins, et être plus sûr de ne pas atteindre ces viscères avec l'instrument

DES OISEIUX DE BASSE-COUR. liv. ui.

Si quelques portions intestinales tendent à s'échapper par la plaie, l'opérateur les retient ; puis introduisant le doigt indicateur dans l'abdomen, il le dirige vers la région des reins, un peu sur le côté gauche de la ligne médiane : là il sent un corps à surface lisse, du volume d'un petit haricot, et peu adhérent; il l'arrache, et l'attire jnsqu'à l'ouverture par laquelle il le fait sortir'. Ce corps échappe quelquefois avant d'être extrait, et ne peut se retrouver; mais il ne faut pas s'en inquiéter, car s'il a été bien détaché, il peut rester dans le ventre sans inconvcniens.On procède de la même manière pour le second testicule, qui se trouve à côté du premier à droite de la ligne médiane; puis on rapproche les lèvres de la plaie, qu'on maintient en contact par quelques points de suture, et l'opération est terminée. Les soins à donner à l'animal ajjiès la castration consistent à le placer pendant quelques jours dans un lieu à température douce, où il ne puisse faire d'efforts pour se percher, et à le nourrir avec de la farine et du son délayés dans de l'eau. On châtre les poules dans le même but. On leur arrache les plumes qui se trouvent entre le croupion et la queue; on trouve précisément sous le croupion une petite élévation formée par un petit corps rond qui se trouve dessous ; on y pratique une incision en travers et assez large seulement pour pouvoir y introduire le doigt et faire sortir cette grosseur qui ressemble à une glande, c'est l'ovaire. On la détache, on coud ensuite la plaie, on la frotte avec de l'huile et on la saupoudre de cendre.

§ VI. — Engraissement des chapons et des poules.

Quand on veut engraisser un chapon ou une poularde, on les met dans une cpinette ou mue, espèce de cage composée de plusieurs loges assex étroites pour que la volaille ne puisse pas s'y remuer, et disposée de manière que la tête de l'animal sorte par un trou. Le plancher de cette cage est à claire-voie, et donne passage aux excrémens. Au-dessous du trou dont nous avons parlé, se trouve une petite auge qui règne tout le long des cellules et contient la nourriture. On place ces mues dans un endroit chaud et obscur, Au Mans on fait avaler deux ou trois fois par jour à la volaille 7 à 8 boulettes de farine de millet, mais, sarrasin, orge et avoine trempées dans de l'eau ou du lait, sans leur donner à boiie.Au bout de quinze joujs elles sont chargées de graisse.

§ VII. — Maladies des poules.

Les maladies des volailles sont généralement le résultat d'une mauvaise nourriture, de la disette ou de la malpropreté de l'eau, et de l'infection des poulaillers ; aussi une bonne alimentation, une eau. souvent renouvelée et des soins de propreté sont les remèdes les plus convenables. — Outre les signes particuliers de chaque maladie, on reconnaît qu'une poule est malade aux caractères suivans : sa crête pâlit, ses plumes se ternissent, se hérissent, sa démarche devient lente et triste.

)° De la pépie. — Cette maladie, <iui attaque fréquemment la jeune volaille, a presque toujours pour cause la disette ou la malpropreté de l'eau. La poule cesse de manger et de boire, a l'air triste et se tient à l'écart ; sa voix devient rauque et frêle, elle ouvre souvent le bec comme si sa respiration était gênée, et remue la tête comme pour éternuer ; sa langue prend une teinte jaunâtre, et on voit bientôt se développe! à son extrémité une pellicule cornée d'un blanc mat qu'il faut enlever doucement avec une aiguille ou un canif; on lave ensuite la plaie avec du vinaigre, et on l'enduit de beurre frais ; on tient l'animal enfermé quelques jours, et on le nourrit de son mouillé.

2" Maladie du croupion. — Elle est produite par la malpropreté et l'infection du poulailler ; elle s'annonce par. la constipation. La poule devient triste, sa démarche est lente, sa tête penchée ; elle ne gratte plus, son sommeil est pénible, sa queue traînante et ses plumes hérissées; il se forme audessus du croupion nne tumeur que l'on incise

CUAP. 20. DU DINDON.

avec uu couteau bien tranclwnt; on (lonnc issue au pus en la pressant avec les doi'jls, et on lave la plaie avec du vinaigre, de l'eau ou du vin sale. Pendant la convalescence, il faut soumettre la poule à un régime rafraîchissant, lui donner de la laitue, du son d'orge ou du seigle bouilli.

3" Diarrhée. — Cette maladie est occasionnée par une trop grande quantité de nourriture humide; on nourrit les poules qui en sont attaquées avec des pois cuits, de l'orge ou du pain trempé dans du vin; lorsqu'elle persiste, on leur fait prendre une infusion de camomille dans du vin chaud.

4" Constipittinn. — Elle est due en général à une trop grande quaiititéde nourriture sècheet échauffante, comme l'avoine et le chènevis. On reconnaît qu'une poule en est atteinte lorsqu'elle s'arrête souvent comme pour fienter sans résultat ; on lui fait prendre alors une ou deux cuillerées d'huile d'olive, et si le mal s'opiniàtre, ou qu'elle se refuse à ce remède, on lui donne un peu de oanne délayée dans de l'eau avec de la farine de seigle et un peu de laitue hachée bien menu.

5° La goutte. — On reconnaît cette maladie à la roideur et quelquefois au gonflement des jambes, et à l'impossibilité où les poules se trouvent de se tenir sur les perches du poulailler. Elle est causée par l'humidité. 11 suffit détenir les poules dans un endroit sec et chaud pour la faire disparaître.

C' La toux est une des maladies les plus fatales aux poules. Celles qui en sont attaquées font entendre une toux sourde, elles sont haletantes et souvent même menacées de suffocation par l'accumulation dans les voies respiratoires d'un grand nombre de petits vers rouges dont on parvient à les débarrasser par des dé-coctions amères.

7° La roupie est une maladie qui se manifeste par un écoulement d'humeur par les narines. Les yeux de la poule sont éteints, on la voit trembler, se plaindre et bientôt mourir. Cette maladie est contagieuse; on doit mettre à part les poules (jui en sont atteintes, les tenir dans un endroit trèschaud et leur donner une bonne nourriture.

8° Fustule. — On remarque souveiit sur le corps des volailles de petites pustules qui les font languir. Cette affection est aussi contagieuse; on sé- ([uestre l'animal qui en est atteint, et on lui fait prendre de la laitue hachée et de l'eau dans laquelle on a jeté des cendres de bois : on peut hâter la guérison en frottant les pustules avec de la crème ou du beurre frais-

9" Fracture. — Quand une poule s'est cassée la patte, la cuisse ou un ergot, il faut l'enfermer avec une bonne nourriture et de l'eau fraîche dans une chambre où elle ne puisse rien trouver pour se percher ; il faut se garder de lier la partie i;lessée, le repos suffit pour la guérir.

10° Pluies. — Les plaies qui résultent d'un combat ou d'un accident doivent être lavées tour à tour avec de l'eau-de-vie laudanisée et du beurre frais ; celles des yeux, avec de l'eau et de lait.

11° Vermine. — Est due à la malpropreté. Des soins de propreté sufQ<5ent en général pour la détruire. On emploie avec succès les lotions avec la décoction de cumin ou d'absinthe poivrée et l'eau de savon.

12° La mue est une maladie périodique commune à tous les oiseaux. Ils sont alors tristes et mornes, leurs plumes se hérissent, ils les secouent souvent pour les faire tomber ou les tirent avec leur bec; ils mangeât peu ; quelques-uns succombent, surtout les poulets tardifs qui ne muent que dans le temps des vents froids d'octobre. Pour garantir la Tolaille des dangers de la mue, il faut la tenir chaudement, la faire rentrer de bonne heure, ne point la laisser sortir trop matin, à cause du froid et de l'humidité, et la nourrir de millet et de chènevis.

Section m. — Du dindon.

Le dindon {fig. 325) est originaire d'Amérique. Il a été apporté en France sous François 1'='". Sa couleur varie du noir au blanc; sa tête et son cou, presque entièrement dégarnis de plumes, sont recouverts des caroncules charnues q\ii passent rapide-

ment du blanc au rouge et au bleu, selon l'état paisible ou animé de l'oiseau. Le mâle se distingue principalement de la femelle dans l'âge adulte par le développement de ces caroncules, qu'il peut allonger ou rétracter à volonté. Le milieu de son poitrail est garni d'une touffe de poils roides,ses pattes sont armées par derrière d'un éperon qui manr que à la femelle, et sa queue se développe en forme de roue, comme celle du paon.

Le coq d'Inde est le maître des basses-cours; il tyrannise toutes les autres volailles, se livre facilement à de violentes colères, même contre les hommes, lorsqu'on le tourmente, lorsqu'on l'excite par des sifflemens ou par la vue d'étoffes rouges. Son éducation « st plus difiicile, mais plus profitable que celle d'aucun autre oiseau domestique.

La poule d'Inde ne commence guère à pondre qu'à un an ; elle aime à établirson nid dans des lieux ca. chés, dans des buissons, dans de hautes herbes, autour des fermes. Quand elle va à l'endroit qu'elle a choisi pour déposer ses œufs, elle examine attentivement si l'on suit ses pas ; elle fait mille détours, elle emploie mille ruses pour échapper aux regards : la plupart du temps, elle parvient en effet à s'y dérober. 11 en résulte presque toujours que ses œufg sont perdus pour la fermière et deviennent la proie des chiens, des renards, des belettes ou des rats. Il n'y a qu'un seul moyen d'éviter les pertes résultant de ce pernicieux instinct; c'est de palper la poule tous les matins pour reconnaître si elle doit pondre dans la journée, et de la tenir enfermée jusqu'à ce qu'elle ait donné son œuf. Ordinairement elle ne pond que tous les deux jours, à moins que la saison ne soit très-chaude.

On lui met ordinairement 20 œufs dans son panier. Pendant l'incubation elle n'a pas besoin d'être entourée d'autant de précautions que les poules. Rarement on l'enferme dans un panier, on se contente d'établir son nid sur de la paille douce; on met devant elle à boire et à manger pour qu'elle puisse se satisfaire quand elle se sent pressée par la soif ou par la taim. Sa constance est bien plus grande que chez la poule, elle se prête volontiers à faire deux ou trois couvées de suite, mais alors ses forces s'affaiblissent tellement qu'il devient nécessaire de la lever et de lui faire prendre l'air chaque jour: il ne faut point abuser de cette précieuse faculté qui pourrait lui devenir fatale.

Les petits dindons naissent ordinairement avec un petit bouton jaunâtre sur la pointe supérieure du bec ; on le leur retire avec une épingle. Comme ils sont très-sensibles au froid, on doit faire en sorte qu'ils éclosent en mai, et que l'endroit où on les laisse aller et venir soit chaud. A leur naissance, on les nourrit comme les jeunes poulets ; on doit souvent les forcer à manger, parce que leur stupidité naturelle est si grande, qu'ilsnégligcnt quelquefois de prendre leur nécessaire. Après 8 jours on diminue leur nourriture et on les laisse aller brouter l'herbe dans les environs. Alors on leur donne encore un mélange de salades cuites et hachées, d'orties, de pois, du gruau cuit dans d u lait, par exemple, de l'avoine, du petit blé, etc. Quand ils sont â^és de I8 à 20 jours, on leur donne aussi ^ un peu d absinthe et du lait caillé dans leur salade,

ss^

ANIMAUX DOBÏESTIQITES : DES OISEAUX DE BASSE-COUR. mv. m.

et on U*s nourritaïQSl troi? fois par jour.On les laisse en plein air tous les jours le matin quand le temps est beau ; l'après-niidi on les met à l'ombre.

Si l'on s'aperçoit qu'ils sont languissans ou malades, on leur fait prendre un peu de vin. Viennent-ils i\ être pénétrés d'une pluie froide sans qu'on s'en soit aperçu d'abord, ilss'cngourdisscnt et meurent si on ne les enveloppe d'une toile chaude, et si on ne les place au feu ou au soleil.

Il faut avoir pour les dindons unçgardeuse qui les conduise dans les vergers, dans les champs où ils trouvent des limaçons, des vers et de l'herbe, qui les pourvoie régulièrement d'eau fraîche, et qui les mène promptement 3ous un abri aux approches de l'orage et du mauvais temps Après la moisson on les fait pâturer dans les chaumes et dans les prés fauchés où ils trouvent toujours des graines, des chenilles et des insectes; on ne doit les mener aux champs qu'après que la rosée est ressuyée, et les ramener à la maison avant que la rosée recommence à toniber. Au reste, toutes ces précautions sont rendues plus faciles par les vieilles dindes qui accompagnent les petits, les réchauffent et les défendent avec courage , observent le vol des oiseaux de proieavec attention, et, quand elles en aperçoivent, jettent un cri d'anxiété qui répand la terreur parmi les petits ; ceux-ci s'envolent au même instant, se réfugient dans les broussailles, dans les hautes herbes, et y demeurent cachés jusqu'à ce que le péril soit passé, ce que la mère leur fait connaître par un appel qui bientôt les rassemble de nouveau autour d'elle.

Les dindonneaux sont exposés à une crise trèsdangereuse, au moment où leurs caroncules commencent à se développer; on dit alors qu'ils prennent le ronge. 11 faut les réchauffer au soleil et près du feu, leur faire prendre des boissons fortiflantcs, leur donner du chèncvis, du fenouil, du persil,enfiu combattre leur faiblesse par tous les toniques.

Ils sont exposés comme les poussins à la pépie, à la goutte, aux indigestions et à la diarrhée ; mais la maladie la plus dangereuse est le bouton, qui se développe dans le bec'et le gosier, et à l'extérieur sur coûtes les parties non garnies de plumes. On le croit contagieux, il faut séquestrer l'animal malade, lui donner du vin et des alimens échauffans.

Le dindon est très-voracc, on le nourrit et on l'engraisse de pommes de terre, de glands, de châtaignes, de noix, et de quelques farines de peu de valeur ; l'engraissement se termine presque toujours en faisant avaler à l'animal la nourriture qu'il ne prendrait pas de lui-même en quantité nécessaire: ce sont surtout les châtaignes et les noix qu'on lui administre de cette façon: oa lui en fait d'abord avaler une vingtaine par jour en deux ou trois fois, on augmente rapidement la dose, qui peut aller jusqu'à 160 noix par jour, et sa force de di;;esti()n est telle, qu'au bout de 12 heures les noix et leurs coquilles sont parfaitement digérées.

Bosc, qui avait observé et étudié cet oiscaudans les forêts de la Louisiane, à l'état sauvage, engage à mélanger sa nourriture de substances ani maies et végétales, et prétend qu'ainsi l'on obtiendra delà chair d'un goût beaucoup plus relevé- Il est fort rare que le dindon soit châtré ; sa voracité est telle qu'on peut toujours l'engraisser avec facilité.

§ 1". — De la pintade.

La pintade (/?5^. 320), originaire de l'Afrique, est

tachetée de noir et de blanc ; sa grosseur est celle

de nos poules ordinaires ; son front est couvert d'une espèce d'excroissance conique, charnue, courbée en arrière, de couleur bleuâtre ; elle a aussi des caroncules charnues d'un très-beau rouge qui pendent à côté de l'ouverture du bec : les joues sont bleuâtres dans le mâle et rouges dans la femelle, la partie supérieure du cou estcouvertede plumes noires semblables à des poils, la queue est recourbée, le bec est rouge à son origine et de couleur de corne à son extrémité. C'est un fort bel oiseau, mais désagréable par ses cris aigus, par sa turbulence et son caractère sauvage; sa ponte ne commence jamais avant que la saison soit devenue chaude ; elle pond environ 1 50 œufs par an ; les œufs sont petits et de forme un peu conique, mais d'une grande délicatesse. Il est nécessaire de la forcer à pondre dans le poulailler, et de faire couver ses œufs par d'autres poules, car elle abandonne facilement sa couvée.

Les jeunes pintades ressemblent à des perdreaux, elles sont d'une délicatesse extrême, et veulent être surveillées avec grand soin. La meilleure nourriture qu'on puisse leur offrir, serait des œufs de fourmis si l'on pouvait s'en procurer assez, On nourrit les pintades comme les dindons.

§ II. — Le paon.

Le paon est originaire de l'Inde. On connaît son admirable plumage, la belle queue du mâle et l'aigrette élégante qui orne sa tête. Depuis la destruction des châteaux, on s'adonne fort peu à l'éducation de ce bel oiseau dont les jeunes sont cependant un mets fort délicat. C'est à trois ans que les mâles sont dans toute leur force prolifique, les femelles sont plus précoces d'un an. La paonne pond très-peu d'œufs, elle les laisse tomber partout où elle se trouve, et on les perdrait si on ne la forçait à pondre au poulailler. Les règles de l'incubation et de ".'éclosion que nous avons tracées pour le dindes'aispliquent parfaitement au paon. C'est à l'âge d'un mois ou de 5 semaines que l'aigrette des paon.icaux commence à pousser; ils subissent alors une crise semblable à celle du rouge chez le dindonneau. Dès que les petits sont éclos, la mère les conduit avec elJe hors de la maison et cherche à les faire coucher dehors, sur les arbres; maislespaonneaux étant alors trop faibles pour voler, elle les prend sur son dos et les place l'un après l'autre sur les branches où elle veut les faire jucher; quelques soins qu'elle ait de ses petits, il est prudent delà surveiller les premiers jours, mais dès qu'ils ont passé le premier âge, ils n'ont plus rien à redouter. C'est à l'âge de 4 ou 5 mois qu'on les met à la graisse, quand on veut jouir de toute la délicatesse de leur chair. Leur nourriture et leurs maladies sont semblables à ceux du coq d'Inde.

§ III. — Le faisan.

Le faisan est un fort bel oiseau renommé par la délicatesse de sa chair. On ne l'a jamais complètement réduit à l'état de domesticité, son éducation a toujours été faite dans le but de le livrer ensuite à la liberté, pour servir aux plaisirs de la chasse.

On connaît trois espèces de faisan : le faisan commun, le faisan argenté et le faisan doré. L'éducation du faisan commun, quoique la plus facile, présente encore des difQcuités, à cause de sa sauvagerie. Les règles de l'incubation sont les mêmes que pour les autres gallinacées. On trouve en général préférable de faire couver les œufs de faisan par de petites poules communes, telles que la poule anglaise, parce que, lorsque les jeunes sont éclos, elle les éloigne moins de la maison que ne ferait une faisanne. La première nourriture des jeunes doit se composer d'œufs hachés menu; il est presque indispensable de leur distribuer de tenaps à autre des œufs de fourmi ; dès le second mois on peut leur distribuer une nourriture moins choisie, telle que "des criblures de blé ou des grenailles fines ; vers le troisième mois ils éprouvent une mue de la queue qui est accompagnée d'une crise maladive très-souvent fatale ; c'est à ce moment que les substances animales leur sont le plus néces-

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saires pour soutenir leurs forces. Quand les jeunes faisans ont acquis assez de vigueur pour commencer à voler, il est nécessaire de les enfermer dans des cours grillées de tous côtés, ou, si l'on ne veut pas faire cette dépense, de leur casser le fouet de l'aile pour les empéclier de prendre leur vol dans les buis, d'où jamais ils ne reviendraient.

Ou a tenté récemment avec succès d accoupler le faisan avec la poule commune.

§ IV. — L'oie.

L'oie {fig. 327) est un des plus utiles de nos

oiseaux domestiques, elle fournit un duvet prét;ieux,des plume* à écrire, et en outre une graisse abondante et une chair de bonne qualité. C'est bien à tort qu'on la regarde comme le type de la stupidité, car elle sait fort bien prévoir tout danger et se défendre avec courage.

Les oies vivent eu paix avec tous les autres oiseaux de basse-cour et ne causent parmi eux ni désordres ni querelles; mais si on les attaque et les effraie, ou si un étranger s'en approche, surtout lorsqu'elles ont des petits, on les voit s'avancer hardiment vers leur ennemi, le cou tendu et le bec menaçant. Elles sont naturellement propres, évitent autant que possible le fumier et la boue, recherchent l'eau fraîche et font souvent la toilette à leur plumage; mais elles ont généralement un penchant contre lequel il faut être en garde, c'est de se réunir aux oies sauvages, lorsqu'il s'en trouve dans le voisinage; aussi dans ce cas faut-il avoir soin de leur casser le fouet de l'aile.

Il y a 2 races d'oies domestiques, la grande et la petite, qui n'est qu'une variété de la première ; mais on ne s'occupe guère que de la grande, parce qu'elle est d'un meilleur rapport. En Espagne on a obtenu de l'accouplement de luAles sauvages avec des oies domestiques des métis à chair très-flne.

Les oies sont blanches, noires eu grises;les blanches sontplus recherchées à cause de leur duvet.

Un mâle suffit à 5 ou 6 femelles. L'accouplement a lieu en février, ou même plus tôt si la température est douce, ou si l'on a nourri les oies de graines échauffantes.

On reconnaît que le moment de la ponte est venu lorsqu'on voit l'oie apporter de la paille à son bec pour construire son nid et rester longtemps posée sur sas oeufs; il faut alors répandre de la paille sèche et brisée près de l'endroit qu'elle a choisi; si cet endroit n'est pas chaud et éloigné du bruit, il faut l'attirer dans un lieu convenable eu y plaçant de la paille et des orties, dont elle aime l'odeur, et en y commençant un nid qui doit être plat pour que tous les œufs soient également couverts. L'oie va y déposer successivement ses œufs, surtout si l'on a soin de mettre de la nourriture à sa portée, et un grand vase plein d'eau où elle puisse boire et même seiiaigner pendant l'incubation. On peut laisser couver à chaque femelle 14 à 15 œufs. Le mâle reste presque toujours auprès de la femelle pendant qu'elle couve, la protège avec vigilance et plus tard l'accoujpagne aux champs lorsqu'elle y conduit ses petits. L'incubation dure de 27 à 30 jours.

11 arrive souvent que des œufsécloseat quelques jours avant les autres; il faut alors sortir promptement les oisons du nid, autrement la mère croit sa tâche teruiiucc et abandonne sa couvée; un les

DE L'OIE. r,.^.f)

tient chaudement et on ne les rend à leur mère que lorsque tous les œufs sontcclos.

On commence à leur donner des œufs cuits et hachés très- menu, mélangés de jeunes orties, de pain ou de farine d'orge, blé ou sarrasin ; au bout de 5 ou 6 jours on remplace cette nourriture par de la bouillie de mais et de pommes de terre cuites. Pendant les premiers temps, il faut les tenir chaudement, parce <jue le léger duvet qui les couvre ne suffit pas pour les garantir du froid; il faut alors ne les laisser pâturer que par un beau soleil et leur distribuer la nourriture 3 fois le jour; au bout d'un mois on leur donne des feuilles de chicoiée et de laitue hachée, toutes sortes de légumes cuits et détrempés avec du son dans l'eau tiède ; ou les laisse barboter dans l'eau tout le temps qu'il leur plaît et on les conduit dans les chaumes.

On a renoncé à les envoyer pâturer dans les praiiies parce qu'on a remarqué qu'elles y détruisaient les bonne.-^ herbes et multipliaient à l'infini les plantes nuisibles, surtout la camomille à fleur simple; mais on leur livre les terrains vagues.

Dans les pays où on les fait pâturer, toutes les oies du village se rassemblent le matin au son de la cornemuse de leur gardien, et le suivent aux champs sans qu'aucune s'écarte delà trouiie: le soir chaque oie retourne chez son maître, sans qu'une seule s'égare. 11 faut toujours leur distribuer au retour quelque nourriture pour les maintenir en bon étal et les accoutumer à rentrer au logis avec plus d'empressement.

Pour eni;raisser les oies, on a soin de les plumer sous le ventre, de leur donner une nourriture abondante, et de les renfermer dans un lien obscur, étroit et tranquille.

C'est au mois de novembre qu'on commence l'opération, plus tard elles entreraient en rut, s'occuperaient de la ponte , et on les nourrirait en pure perte. Il y a 2 modes d'engraissement: le premier, plus lent, mais plus économique, consiste à leur présenter une |)âtce de pois, de pommes de terre, de farine d'orge, d'avoine et de maïs détrempés dans de l'eau ou du lait qu'on leur laisse manger à discrétion.

Le second procédé est plus prompt ; on prend l'oie trois fois par jour, on la place entre ses jambes, on lui ouvre le bec de la main gauche et on lui fait avaler, de la main droite, 7 à 8 boulettes de 2 pouces de long sur un pouce d'épaisseur; on lui fait ensuite boire du lait ou de l'eau de son. Ctt engraissement dure 15 à 20 jours.

En Pologne, on engraisse les oies en les plaçant dans un pot de terre défoncé, d'une capacité telle qu'il ne permet pas à l'animal de s'y reumer d'aucun côté. Le pot est disposé dans la cage, de manière à ce que les excrémens de l'oie n'y restent pas; on les nourrit avec de la farine de maïs mélangée de raves bouillies. Les oies y ont à peine séjourné 15 jours que leur volume est tel, qu'on est forcé de briser les pots pour les en tirer.

Les mutilations employées jadis pour hâter l'engraissement sont abandonnées aujourd'hui comme cruelles et inutiles

Il y a deux sortes de plumes d'oie : les grandes, qui se tirent des ailes et servent à écrire (x'ojez, page 77, tome 3); 2° les petites, qui s'emploient à faire des oreillers et suppléent à l'édrcdon. Pour les avoir, on plume les vieilles oies tr 's fois l'an, à la fin de mai, à la mi-juin et à la tin de septembre; mais pas plus tard, parce qu'alors le froid les incommoderait. Les mères ne doivent être plumées que six semaines ou deux mois après qu'elles ont couvé, et les oisons pas avant l'âge de deux mois. On reconnaît que le duvet est mûr lorsqu'il se détache de lui-même : si on l'enlève trop tôt, il se conserve mal et les vers s'y mettent; on plume l'oie sous le ventre, autour du cou et sous les ailes. Les plumes qu'on arrache aux oies quelque temps après leur mort ont une mauvaise odeur et se pelotonnent.

On fait sécher les plumes au four une demi-heure après qu'on eu a retiré le pain, et on les conserve

dans des tonneaux ou dans des sacs placés en lieu sec; lorsqu'elles ont pris de l'humidité, elles contractent une mauvaise odeur et se gâtent; si elles sont trop sèches, elles se brisent.

Les oies, comme les poules, sont sujettes à la pépie, à la diarrhée, à la vermine et à la constipation ; on les en };uerit par les mêmes moyens.

Elles sont fort sujettes à l'apoplexie : cette maladie se manifeste par un touinoiemcnt continu sur elles-mêmes, et elles périraient bienlôtsi on ne les saignait, eu leur ouvrant avec une forte aiguille, ou un canif, une veine assez apparente placée sous la membrane qui sépare les ongles.

La ciguë,dont les oisons sont très-avides, et la jusquianie,sont pour eux des poisons violens : à peine en ont-ils avalé une feuille, qu'ils tombent les ailes étendues, et périssent dans les convulsions, si on ne leur administre dulaitfrais avec de la rhubarbe.

11 faut choisir et éplucher avec soin les jeunes orties qu'on fait entrer dans la nourriture des oisons; car cette plante devient un poison violent pour l'animal lorsqu'elle est attaquée de la nielle ou des pucerons. On fait cesser les accidens qui en résultent en donnant de l'eau tiède dans laquelle ou a fait dissoudre 4 à 5 grains de chaux.

Section iv. — Du canard.

Le canard {fig. 328) est le plus facile à élever de tous

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