I-IV. III
retirés, et à les couver où elle les a pondus; elle est meilleure couveuse que la canne ordinaire, mais elle n'aime point à être renfermée pendant l'incubation : il faut la laisser à la place qu'elle a choisie, ne point la visiter trop souvent, et se contenter d'éloigner d'elle les animaux qui pourraient la troubler et menacer sa couvée.
Les jeunes, au moment de l'éclosion, recherchent l'eau beaucoup plus que dans l'âge adulte, mais il est prudent de les en éloigner, surtout lorsque la température n'est pas très-chaude, parce qu'ils succcombent facilement au moindre froid-
Le canard de Barbarie s'allie assez volontiers à notre canne commune, et produit avec elle des métis fort gros et fort bons, mais en général inféconds. On l'engraisse par le même procédé (\ue les autres canards et sa chair est excellente, pourvu qu'aussitôt sa mort on lui tranche la tète qui conv muniquerait au reste du corps une odeur musquée.
Section v. — Du pigeon.
On distingue deux variétés : 1° le pigeon de pignon ou pigeon colombin ; 2" le pigeon de volière. Le pigeon colombin {fig. 323) est moins fécond.
Il ne fait que trois pontes par an, mais il demande beaucoup moins desoins, parce qu'il sait aller au loin chercher sa nourriture ; aussi l'élève-t-on en plus grande quantité que le pigeon de volière.
Lorsque l'on veut peupler un colombier, on va acheter loin de chez soi une certaine quantité de jeunes pigeons d'un an, on les met dans le colonie hier dcmt on ferme toutes les fenêtres ; deux fois par jour on leur apporte à manger dans le colombier même, et l'on y tient toujours de l'eau fraîche. Quand les pigeons se sont accouplés et qu'ils commencent à couver, on peut commen/^er à ouvrir les fenêtres et à les appeler au dehors en sifflant pour leur donnrr leur nourriture; peu à peu l'on diminue la distribution, que l'on supprime complètement quelques jours après l'éclosion des premiers petits; dès ce moment l'on peut être sûr que les pigeons n'abandonneront plusleurdemeure, pourvu ((u'on ne la leur rende pas insupportable en les troublant par des visites trop fréquentes, ou en négligeant de l'approprier. Cette espèce de pigeons pourvoira à sou entretien en allant ramasser sa nourriture dans les champs; mais si l'on veut en retirer quelques i)roduits,il est indispensable de leur donner à manger pendant l'hiver, parce qu'à cette é|)oque la terie ne leur offre plus une nourrituie suflisante. On emploie pour cet usage du sarrasin ou des vesces dont ces oiseaux sont trèsfriands; ce qui les attache complètement à leur demeure et contribue à rendre le pigeonnier beaucoup plus productif. C'est le seul soin que réclament les pigeons; toutefois, si l'on veut tirer pendant longtemps profit du colombier, il faut faire en soite d'employer toujours pour la consommation une partie des anciens pigeons, et d'en laisser assez de jeunes pour que la multiplication puisse avoir lieu convenablement.
Le pigeon de volière a donné naissance à une foule de sous-variétés. Sa fécondité est très-grande quand il est bien nourri ; il n'est pas rare de lui voir donner une couvée chaque mois, et s'il n'est pa.s prouvé que son éducation soit avantageuse, au moins cst-il certain qu'elle ne met pas en perte et qu'elle procure l'agrément de pouvoir varier de temps à autre les repas du fermier; du reste, aucune volaille ne demande moins de soins, il est sujet à peu de maladies et se reproduit fort bien, sans (fue l'on ait besoin de surveiller son incubation.