‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 47 sur 325 · TOME IL- g · texte numérisé non relu

TOME IL- g

CULTURES INDUSTRIELLES . DES PLANTES AROMATIQUES. liv.ii.

rain tleslim; à la transplanlion doit être protonciéiiient, labour, bien amendé par des engrais, et les jeunes plants sont mis en terre au j)lantoir à 5 ou 6 pieds les uns des autres; plus pressés, ils se nuiraient; plus éloignés, ils ne conserveraient pas assez de iVaîeheur. Les plantations faites à l'automne, favorisées par les pluies de cette saison et de l'hiver, reprennent sans autre soin que de les drbarrasscr des herbes étrangères ; celles faites au printemps exigent des anosemens fréquens lorsque cette saison et Tété sont secs. Lorsque tous les [lieds d'angélique sont bien repris, la plantation est dès-lors assurée et elle peut durer dix h douze ans et même plus, avec les soins convenables, qui consistent à répandre Ions les ans sur le tcriain des engrais abondans avant que la plante cou)mence à faire de nouvelles pousses, et à pratiquer quatre labours ou binages. I.e premier labour, qu'on fait à la fourche, se pratique au printemps, lorsque les pieds d'angélique commencent à montrer leurs premières feuilles; les autres peuvent être plus superficiels ; ils se font par intervalles à peu près égaux dans le courant de la belle saison.

La première année de la plantation la récolte d'angélique est peu de chose; il faut attendre la seconde pour que les tiges aient acquis un degié convenable de perfection, et les années suivantes la récolte est encore plus abondante. Les tiges sont bonnes à cueillir au moment où les premières ombelles commencent à défleurir; on les coupe rez-lerre. On cultive principalement Pangélique aux environs de Paris, de Niort et de Nantes.

Section iv

De la Lavande.

La Lavande {Lavandula spica, L.; angl., Las'cnder common ; ail., Lavendel) {fig. 39 )

est lin arbuste de la famille des Labiées, formant ime touffe rameuse, qui s'élève à la hauteur de 2 pieds ou en\iron; ses feuilles sont sessiles, étroites, opposées, disposées dans la partie inférieure des rameaux, dont îa partie supérieure porte de petites fleurs bleues disposées 6 à 12 ensemble par verticilles et formant un épi terminal. Cette

plante croît dans le midi de la France et de l'Europe, sur les collines exposées au soleil; elle lleuril en juin etjuillet.

Toutes les parties de la Lavande ont une odeur aromatique, agréable, très- pénétrante. On prépare avec ses sommités fleuries une eau spiritueuse connue sous le nom d'eaude-vie de Lavande, et on en retire par la distillation une huile volatile qui est employée dans les arts ; c'est Y huile d'aspic du commerce.

Cette plante n'est pas difficile sur la nature du terrain; elle vient bien dans les lieux secs, pierreux, arides, et c'est alors qu'elle est plus odorante. On la multiplie rarement par ses graines, parce que ce moyen est plus long; on préière employer les plants enracinés ou des marcottes qu'on obtient en buttant les vieux pieds de manière que la base de la plupart des rameaux soit couverte de terre. On plante en général la lavande dans les jardins pour faire des bordures; mais on en fait peu de culture en plein champ. Dans les pays où se prépare l'huile d'aspic, on se contente, dans le temps de la floraison, de taire recueillir les sommités fleuries de la plante sur les collines où elle croit spontanément-

Section v. — De l'OEillet.

Y^OEillel commun {Dianthus caryophyllus, L.: angl. Pinl-clove, Carnation ; ital., Garofano, ail. iVt'//<?, Gartennelke) appartient à la famille des Caryophyllées; c'est une plante vivace, dont les liges sont glauques, ainsi que toute la plante, plusou moins rameuses dans leur partie supérieure, garnies à chaque nœud de feuilles opposées, étroites. Sesfleurs sont solitaires à l'extrémité de chaque rameau, de diverses couleurs selon les variétés, mais d'un poupre foncé dans celle qu'on cultive pour les usages qu'en font les pharmaciens et des distillateurs. Cette plante fleurit en juin et juillet. Ses pétales servent à taire un sirop usité en médecine; et ils sont aussi employés par les distillateurs à la composition d'un ratafia (\u\ est d'un usage assez fréquent.

La culture deV œillet dans les jardins comme plante d'ornement, exige des soins particuliers; ce n'est pas le lieu de l'exposer ici en détail; il nous suffira de dire que celle de la \ariété presque sauvage, dite OEillet grenadin, qu'emploient les liquoristes et les pharmaciens,exige beaucoup moins de soins et de peines. On plante en plein champ les pieds de cet œille» à 20 ou 24 pouces d'intervalle et par rangées espacées à la même distance; on donne un labour par an, au printemps, et deux ou trois binages pendant la belle saison. Lorsque les tiges montent pour fleurir, on les fixe à des échalas, et lorsque les fleurs paraissent, on les cueillequand elles sont complètement épanouies, une à une avec des ciseaux, et on les porte au marché pour les vendre.

Une plantation d'oeillets dure 4à S ans; au bout de ce temps on la détruit pour la changer de terrain. Les pieds peuvent se renouveler par les semis qu'il faut faire en pépinière au printemps , et repiquer en place a l'au-

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