CHAF. G'. DES JASMINS, DE LA TUBEREUSE, DES ROSIERS
tomne, on seulement à la fin de l'hiver sui- Fiy:. -iO.
vant; mais le plus souvent on fait la nouvelle plantation par le déchirement ou le marcot- -tage des vieux pieds.
Section vi.
Des Jasmins.
■ Les Jasmins sont des arbrisseaux sarmenteux qui ont donné leur nom à la famille des Jasminées, et dont on cultive deux espèces dans le midi de la France, à cause de leurs fleurs qui ont une odeur Irès-agréable, et que leur arôme est un de ceux dont les parfumeurs font diverses préparations.
La première espèce est le Jasmin commun ( Jasminum officinale, L .; angl. , Jasmine cornmon white ; ital., Gelsomino ; ail., Jasmin ), dont les feuilles sont opposées, pinnées, composées de folioles lancéolées, acuminées, et dont les fleurs sont toutes blanches, disposées en un petit bouquet terminal. Ce jasmin est originaire des contrées chaudes de l'Asie, mais depuis long-temps acclimaté dans les parties méridionales de l'Europe; il fleurit pendant tout l'été.
La seconde espèce, le Jasmin à grandes fleurs ou d'Espagne {Jasminum grandi florum., L. ; angl. Jasmine catalonian) ., diffère du précédent par les folioles de ses feuilles qui sont ovales-obtuses, et parce que ses fleurs sont plusgrandes, plus odorantes, rougeàtres ou purpurines en dehors; il croît naturellement dans rinde et le Malabar, et fleurit aussi pendant tout l'été et même pendant une partie de l'automne.
La culture de ces deux jasmins n'a quelque importance que danscertaines parties du midi, comme autour des villes d'Antibes, de Grasse, de Vence, de Nice ou dans la rivière de Gênes, où elle se fait en pleine terre, en espaçant chaque planta 3 ou 4 pieds l'un de l'autre, et entaillant les rameaux très-courts, après que la floraison est passée. Le reste de la cullure consiste en un bon labour d'hiver, après avoir bien fumé, et dans 2 à 3 binages qu'on donne dans la belle saison pour faire périr les mauvaises herbes. On récolte les fleurs à mesure qu'elles paraissent, et on les emploie le plus tôt possible afin qu'elles ne perdent rien de leur parfum.
Section vu.
De la Tubéreuse.
La Tubéreuse ( Polyanthes tuberosa, L- ; angl., Tuberose ; en ital , Tuberoso ; en ail., Tuberose) (fig. 40) est une plante de la famille des Asphodélées, dont la racine est un tubercule ovale-arrondi, produisant des feuilles longues, étroites, canaliculées, toutes radicales, du milieu desquelles s'élève une hampe cylindrique, haute de 3 à 4 pieds, terminée par un épi de fleurs monopétales, blanches, a six divisions, et ayant une odeur très-agréable. Celte espèce est originaire des Indes; on la cultive dans le nord, pour l'ornement des jardins, et dans le midi de la France et de l'Europe, à cause de Vemploi qu'on /ait de ses /leurs dans la parfumerie.
A Grasse, Nice, Antibes, Toulon, etc., oîi la tubéreuse est cultivée en pleine terre, sa culture se réduit à peu de chose. On plante chaque année au printemps ses tubercules
dans une terre légère, bien préparée, en les espaçant à 8 pouces les uns des autres ou environ, et on leur donne deux à trois binages dans le courant de la belle saison. La tubéreuse fleurit en été, c'est alors qu'on cueille ses fleurs pour les vendre aux pai-fumeurs. Au commencement de l'automne on arrache les tubéreuses de terre et on en sépare les cayeux, qui servent à la multiplication de l'espèce, car on n'emploie pas la voie des semis, qui est beaucoup plus longue. Les cayeux ne fleurissent eux-mêmes que la seconde ou la troisième année après qu'ils ont été plantés.
Section VIII. — Des Rosiers.
Les Rosiers ont donné leur nom à la nombreuse famille des Rosacées ; on en cultive aujourd'hui un nombre considérable d'espèces et de variétés, parmi lesquelles deux doivent trouver place ici à cause de Vemploi qu'on fait de leurs fleurs dans la pharmacie et la parfumerie.
Le Rosier de France ou de Provins ( Rosa gallica,!,.; eu angl., Rose officinal ; en ail., Provinser Rose) (fig. 41 ) est un arbrisseau Fig. 4t.
68 flULTURES IN'DL'STRIELLES :
rameux, haut du doux à trois j)ieds, armé «raigiiilloiis pod iionibi'odx ; ses leuilles sont iiUcfiies, pétioléi^s, composées de cinq folioles ovales, dentées; ses fleurs sont solitaires, ou au plus deux à trois eiis(?mble à l'extrcmilé des i-ameaux, dun rouge plus ou moins foncé cl peu odorantes. Celle espèce croît naturellement dans le midi de la France et de rEuro|)e; elle fleurit en mai, juin et juillet.
IjC Rosier de tous les mois ou eles quatre saiso/iK ( Jiosa hifera; en angl., Rose red daw<7v/) diffère du précédent par ses tiges plus vigoureuses, ai'mées d'aiguillons plus forts et plus nombreux; par ses feuilles souvent à sept folioles, et j)ar ses fleurs l'oses d'une odeur intense et fort agréable. On ne connaît pas la patrie de cette espèce ; elle fleurit à la (in du printemps et, pour la seconde fois, en automne.
Les pétales du Rosier de Provins sont employés en médecine comme astringens, et on en fait une conserve qui a les mêmes propriétés ; celle qu'on prépare dans la ville de Pi|Ovins a beaucoup de réputation, ce qui lait que cette espèce de rosier est très-cultivée aux environs de celte ville. — C'estavec \e^ pétales des roses de tous les mois (ju'on fait l'eau de rose, dont l'usage est très-réjiandu, et qui s'obtient par leur distillation dans l'eau; leur culture est assez étendue à Nanterre et Surénes, près Paris.
La culture des rosiers est très-fdicile; ils sont peu difficiles sur la naluie du terrain, à moius qu'il ne soit trop sec et trop aride. On les plante en quinconce à 4 pieds de distance si c'est la première espèce, cl à G pieds si c'est la seconde; on les laboure tous les ans dans le courant de l'hiver, et on leur donne deux binages pendant la belle saison. On ne les multiplie que de plant enraciné fourni j)ar les rejets qui croissent autour des vieux pieds, et on peut les laisser dix à quinze ans dans le même sol, en les fumant seulement tous les trois à quatre ans.
Loi'sque c'est le temps de lajloraison, on coupe tous les jours ou tous les deux jours, avec des ciseaux, les fleurs à mesure qu'eiks commencent à s'épanouir, on les met dans de grands sacs de toile, et on les porte au marché, où elles sont achetées par les pharmaciens et les pai-fumeuis.Lorsque les pieds de rosiers ne donnent plus de fleurs, on taille tous les rameaux qui ont fleuri et ou pratique un dernier binage.
Section IX. — Des Orangers.
esOrangers OXlCitronniers {Citrus;en angl., Orange-tree ; en ail., Pomeranze on Fomeranzenbaum) sont le tjpe de la famille naturelle des Aurantiacées ; ce sont des arbres d'une haulenr médiocre, à feuilles alternes, ovales, jiersistanles; à ileurs axillaii-es ou terminales, d'un parfum ti'ès-agréable; leurs fruits sont des baies charnues, plus ou moins grosses, remplies d'un suc doux ou acide, contenant plusieurs graines, et connues sous les noms d'oranges, de bigarades, de citrons, de limons, etc. Toutes les espèces d'orangers sont originaires des climats chauds de l'Asie, cl ne peuvent être plantées pu pleine
DES PI AIN TES AROMATIQUES. nv. ii.
terre que dans les parties méridionales de l'Europe ; il n'y a en France qu'un petit nombre de cantons où il soit possible de les cultiver de celle manière : tels sont ceux de Grasse, Anlibes, llières, etc.
Tontes les jjarties des citronniers contiennent un arôme particulier^ qui offre des différences selon les espèces ; c'est dans le bois et dans son écorce qu'il est le moins sensible, il est déjà assez abondant dans les feuilles, qui le renferment dans les vésicules nombreuses dont elles sont parsemées; mais il est surtout Irès-développé dans les pétales des fleurs et dans l'écorce des fruits. Les fleurs de l'Oranger et du Rigaradier ayanl plus de parfum que celles des autres espèces, ce sont elles que les distillateurs et les ))harmaciens emploient de préférence pour en retirer par la distillation au bain-marie Veau de fleur d'orange, qui est employée en médecine comme tonique et antispasmodique, et qui serldans les cuisines et les offices pour donner un parfum agréable à beaucoup de mets et de friandises. Les écorces des cédrats, des citrons et des hergamottes donnent des huiles essentielles qui sont en usage comme parfums, ou qui servent à composer des liqueurs de table et autres. Tout le monde connaît la boisson préj)arée avec la pulpe des citrons et de l'eau, c'est la limonade.
Dans les provinces du midi de l'Europe, où les produits qu'on retire des plantations de Citronniers et d'Orangers tiennent le second ou le troisième rang dans l'échelle des richesses territoriales, celle branche d'industrie agricole est très-soignée; mais nous ne pourrons entrer ici dans tous les détails: il nous suffira de dire qu'o« multiplie ces arbres de trois manières, par les semis, les boutures et lis marcottes. La multiplication par les semis produit des arbres plus vigoureux et d'une plus longue durée, mais ils ont besoin d'élie greffés et croissent moins rapidement dans les premières années. Comme en général on désire jouir promplement, on donne dans beaucoup d'endroits la préférence à la multiplication par boutures, qui fournil beaucoup plus tôt des sujets propres à cire greffés , et qui même n'onl pas besoin de l'être quand les boutures ont été faites avec des ranu^aux de variétés choisies. On ne greffe les orangers qui onl besoin de l'être, que d'une seule manière; c'est en écusson, et cette opération se pratique à la fin d'avril ou au commencement de mai. Les marcottes n'ont ])as besoin d'être greffées, mais ce moyen de mullij)lication est peu usité.
C'est ordinairement un an ou deux après qu'ils ont été greffés, qu'on transplante ii demeure les Oi'angers et les Citionniers. Dans la plupart des plantations en plein vent, on dispose les arbres en quinconce, dans la direction du nord au midi, et à 12 ou 15 pieds les uns des autres. Quand on les plante en espalier, on leur laisse moins d'espace ; 9 à 10 pieds suffisent. L'époque la plus favorable pour la platitation est la fin de février ou les premiers jours de mars, dans les bons fonds; mais dans les terres sèches et graveleuses il est préférable de faire 1» Iransplantalion en automne-
CUAl'. 7".
On laboure les plantations aoranger.t une fois chaque année, en décembre, janvier et février; et c'est alors qu'o/î les Jitme. Les uns leur donnent des engrais tous les ans, les autres seulement tous les deux ans. Après le labour d"hiver, on pratique un binage par saison, afin de détruire les mauvaises herbes. A la fin de mai ou dans les premiers jours de juin, selon que la tenipérature est plus ou moins sèche et chaude, on commence les ano^emcns pour les con-