‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 78 sur 325 · CHAP. 11'. DU ML · texte numérisé non relu

CHAP. 11'. DU ML

tielles, plutôl humides que sèclies. Le grand avanlag'î qu'il présente, c'est de pouvoir être multiplié de boutures avec la plus grande facilité. Lorsqu'il était encore assez rare, en 1827, j'en ai fait des boutures à un seul œil, qui m'ont parfaitement réussi, et quoique cette année 1835 ait été très-sèche, j'ai nu, dans deux localit('s différentes, un très-grand nombre de ces boutures, faites au printemps, qui ont bien repris sans avoir jamais été arrosées, et dont il n'a pas r.:anqué plus d'un sixième, malgré l'extrt'me sécheresse qui a duré pendant près de 6 mois.

Le mûrier multicaule n'est pas propre à former des arbres de plein vent, mais il convient admirablement bien pour des basses tiges. Ces dernièrei doivent être plantées en quinconce, à 6 pieds de distance les unes des autres. Ainsi disposés, ces arbres peuvent être ravalés tous les ans après la cueillette des feuilles, à 1 ou 2 pieds de terre, et donner ensuite^ jusqu'à la fin de la belle saison, de nouvellespoussesde ôà 6 pieds de hauleur. — On pourrait, à ce que je crois, en former, non pas précisément des prairies à faucher, mais des espèces de taillis serrés qui donneraient une quantité énorme de feuilles, étant recépés tous les ans à 2 ou 3 pouces de terr*', après avoir été dépouillés de leurs feuilles. Ainsi, une pépinière d'envii-on 60,000 individus que j"ai vue dernièrement chez MM. de Grimaxtdet et Latour, à Villeniomble, à 3 lieues de Paris, dont tous les individusélaient plantés à 7 ou 8 pouces les uns des autres, m'a paru susceptible de fournir, au printemps prochain, au moins 120 quintaux de feuilles, (E'est-à-dire de quoi nourrir les vers de 6 on- 2es de graine. Tous les individus de cette pépinière avaient été plantés de boutures au mois de mars, et, quoiqu'ils n'eussent jamais été arrosés, un tiers de ces plants avait, au l*' novembre, 3 à 4 pieds de haut, et tout le reste 1 à 2 pieds.

Probablement que le mûrier multicaule, planté aussi serré, épuiserait promptement le sol dans lequel il serait; mais en supposant qu'il pût seulement y rester 3 ans, ne donnerait-il pas encore un produit considérable ? Il est probable qu'on pourrait prolonger jusqu'à 5 ou 6 ans. et peut-être davantage, l'existence de ces arbres nains, en les plantant moins serrés, à 12 ou 1.5 pouces, par exemple, eten leur fournissant régulièrement des engrais. Une plantation de ce genre aurait be>oiu d'être labourée à la fin de l'hiver et binée deux fuis pendant la belle saison : la première fuis en juin, lorsque les liges, après la cueillette, auraient été recépées, et la seconde fois au mois d'août; peut-être même que ce dernier binage ne serait pas nécessaire, parce que, les liges étant très-pressées et donnant beaucoup de feuilles, il serait possible que les mauvaises herbes ne pussent pas croître au-dessoas.

Déjà plusieurs éducateurs de vers-à-soie ont emphjyé les feuilles du mûrier multicaule pour en nourrir ces insecies. et jusqu'à présent ce qu'ils ont lait connaître de leurs expétiences a été à l'avantage de ce nouveau mûrier. La santé des vers a été bonne, avec ce nouvel aliment; les cocons produits ont égalé en poids ceux des meilleures éducations,

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