DANS DIVERS ARTS. I
longues, d'un blanc jaunâtre et nombreuses. Il fleurit en mai et juin. On pourrait en faii-e de Irès-joliesaigrelies, qui prennent fort bien la teintuie et qui donneraient certainement lieu à une industrie très-lucrative si celle plante, très-rare dans la forêt de Fontainebleau, oîi elle est indigène, était mullipliée. On fait aussi avec la base des arêtes, qui sont loulées en spirale, wn appareil à ressort qui, par l'influence atmosphérique, fait mouvoir une aiguille el strt d'iivgromè- Ire. Celte plante croît dans les terrains sablonneux et monlueux. Dans les jardins, il lui faut une terre sabh)nno-si!iceuse,el quel- (pies arrosemens pendant les chaleurs (h; l'été. Ses graines seront semées peu de temps après leui- maluiité, et la multiplication par éclat de sa toulfe se fera en août ou septembre au plus lard, de manière à obtenir pendant l'automne cpielques jeunes racines (ou chevelus) ([ui l'empêcheront de fondreoude se décomposer pendant l'hiver.
"V A ritndo donax, ou Roseau a quenouilles, originaire du midi de la France, donne, même sous le climat de Paris, des tiges de S ;i 12 pieds, mais il n'y fleurit pas. Dans le Midi on en fornie des haies vives qui atteignent de 18 à 20 pieds; on coupe ces tiges en novembre ou décembre, el on les lie par bottes serrées après avoir enlevé les feuilles. Ces liges servent à faire des palissages ou li'eillages fort éiégans et qui sont d'une longue durée : il en existe un au .lardin-des- Flantes {|ui date de 1825, et qui esl encoie fort solide. On peut aussi en faire des soutiens d'espaliers el de conli-e-espaliers. Au centre de la France, les racines seules supportant les froids, il faut couper les liges rez terre à l'approche des gelées ; on ne peut donc en former que des baies estivales vives. Sur le bord des fossés, X Arundo donax retient les terres par ses nombreuses raciiies; son port gracieux, et les massifs é|)ais qu'il forme, le recommandent pour la décoration des lieux voisins des eaux. On le multiplie par l'éclat des pieds el j)ar la bouture des liges qu'on coupe à cet ellet pendant la végétation, à l'insertion des nœuds, et en leur donnant une longueur de 2 ou 3 pieds.
Maclura auranliaca^ dit aussi Mûrier des Osai(es, arbre originaire de l'Amérique seplenlrionaie, très-propre à former des haies offensives par ses branches armées d'aiguillons très-acérés; ses feuilles peuvent en oulre servir à la nourriture des vers-à-soie, dans le cas de gelées printanières auxquelles il est moins sensible que le mûrier, ainsi que l'a fait connaître tout récemment M. Bo- NAFOus; on peut le planter dans tous les lerrains.
Catilier découpé ( Vitex incisa, Lam.), arbuste originaire tle la Chine, qui ne dépasse pas 4 ou G pieds, Irès-éle^anl, et qui mérite surtout d'être cultivé par les peisonnes qui s'oc(;upent de l'éducation des abeilles; ses fleurs, qui se n)ontrenf de bonne heure, offrent à ces utiles insectes une pâture trèsrecherchee. La culture de cet arbuste est tiès-facile ; on le multiplie de graines qu'il donne chaque année, de boutures ou du marcottes: lorsqu'il a ac(|uis assez de force il ne craint pas nos hivers, el ce ne sont que
160 CULT. INDUSTRIELLES les jeunes pieds qui oi)t besoin, pendant les lorles gelées, d'être garantis par quelques pouces de feuilles.
Prunier d'Agen ou robe de serpent {Prunus duc t)lijera)\ l'excellence des IVuits de cet arbre lui donne une grande iuiportance d;uis le midi; mais il par ail qu'un pourrait étendre sa culture partout où prospère la vigne; c'est un des arbres huiliers qui nui^senl le moins aux récolles, à cause de son leuillage léger et de>es racines peu nombreuses ; sa cullureesl facile, puisque c'est un arbre de plein vent; il n'est pas exigeant sur le sol ni lexposition ; ou doii le multiplier au mojen de rejetons francs de pied.
Porn/nicr de Sibérie [Malus sibérien) ei P. à feuilles de prunier {M. prunifolia ou bar.cata). s'élevant à (ô ou *.'0 pieds, à fruits Irès-nombreux,ayanl,l()rsqu'ilssont mûrs, l'apparence de cerises. Ces arbres ne sont pas délicats sur le choix du terrain, ni exigeans pour les soins de culture; on ks multiplie de graines qui reproduisent exactement leur espèce, ou mieux par la grelTe en fente ou en écussoii. Les fruits sont emjjloyés en Angleterre par les bonnes ménagères à faire des conserves, des compotes ou une gelée d'un goût trèsfin et qui plaisent généralement ; on peut aussi les confire à l'eau-de-vie comme Us cerises. M. UESLO^GC^AMPS eu a fait du cidre si mousseux qu'il a cassé toutes les bouteilles.
Pépin, chef de l'Ecole de botanique au Jardin-des-Plantes de Paris.
Section iv. — Des cressonnières artificielles.
Dans l'hiver de 1809 à 1810, M. Caudon, aujourd'hui maire de Saint-Léonard, près Senlis (Oi<.e), se trouvait à Erfurt (Frusse). En se promenant aux environs de celte ville, et la terre étant couverte de neige, il fut étonné de voir de longs fossés, de 3 à 4 met. environ de long, présentant la plus brillante verdure ; ces fossés étaient une immense culture decressonde fontaine. Il apprit que cette culture était établie depuis plusieurs années sur des sources d'eau jai Hissantes, que le fonds appartenait à la ville d'Erfurt qui le louait alors plus de 60,000 francs. M. Caidon sentit dès-lors de quelle importance serait, aux environs de Paris, l'inlroduction dune telle branche d'industrie horticole; c'est ce qu'il a réalisé dans la vallée de la Nonelte, à Saint-Léonard, sur 12 arpensoù existent des sources jaillissantes. Il lit venir 2 chefs ouvriers d Erfurt pour diriger ses travaux; mais ces étrangers le quittèrent bientôt pour établir d'autres cressonnièies rivales de la sienne. C'est en 1811 que M. Cardon se livra aux travaux préparatoires pour rétablissement de sa cressonnière: il sépara son terrain par une îongue et large digue, afin d'éviter le mélange des eaux sauvages que les grandes crues auraient pu amener dans sa cressonnière. Il divisa ensuite sou terrain en fossés de 12 pieds de largeur sur 2ô0 de longueur, puis il dirigea les eaux de ses sources dans ces fossés, qui offraient une surface de plus de 2,000 pieds carrés ; mais ses sources, quelque abondantes qu'elles soient, ne pouvant suffire à alimenter tant de canaux, et
DES VEGETAUX NON ENCORE CULTIVES, uv. i
perdant en hiver, <lans un aussi grand parcours, la chaleur nécessaire à la belle végétation du cresson, I\I. Cardon fui obligé de réduire ses fossés de plus de moiiié. Aujourd'hui son élablissemenl se compose de 3 cressonnières, offrant ensemble une superficie de 92,000 pieds carrés.
La culture du cresson exige beaucoup de soins et d'altention, surtout en hiver, oii une forte gelée peut détruire toute une cressonnière trop éloignée des sources d'eau vive pour qu'elles puissent 3 maintenir une douce température. Le terrain est divisé en grands fossés paiallèles, séparés par des plaiesbandes élevées, destinées à divers genres d'horticulture maraîchère. Le fond des fossés est recouvert de terre végétale sableuse, bien nivelée. Le cresson est planté par œilletons ou petites touffes, en quinconce, à 8 ou 10 pouces de distance, en mars et août. Il est essentiel de prendre du plant très-piopre et d'éviter surtout \diLenticulao\\Lenma, plante très-préjudiciable au cresson qui est en j lein rapport dès la 1'"" ou la 2' année, suivant la nature du fond, la température des eaux et l'état de l'atmosphère. Des sarclages de loin en loin sont utiles; après cela il faut prévenir les eflels des gelées pendant les hivers rigou- I eux et éviter les eaux sauvages, bourbeuses dans les déi;els elles orages.Les grandes chaleurs sont aussi nuisibles. La coupe se fait au moven d'une |)lanche mise en travers sur le fossé. Le cressonnier, couché sur celte planche,en soulevant les touffes, coupe le cresson avec une serpette. Si la saison est favorable, on coupe en élé de 3 en 3 semaines; m;us si la saison est froide, il faut quelquefois jusqu'à deux mois. Après la coupe, il faut refouler et reinpiéler le cresson dans toute l'étendue de la planche. On se sert pour cela d'un instrument appelé schùel, qui- est une planche de 4 à 5 pi. portant un long manche; avec cet inslriunent, 2 ouvriers marchent chacun sur les bords de la plaie-bande, refoulent ensemble chaque pied de cresson et font rentrer les racines soulevées par la coupe, puis ils roulent toute l'étendue du fossé |iour égaliser la cressonnière. On doit faire la coupe un peu a vaut la tloraison.U ne bonne cressonnière peut durer long lemps, mais il faut la renouveler aussitôt qu'elle dépérit; on arrache alors le cresson avec toutes ses racines; on laboure le fond, on le ralisse, et on y apporte de la terre végétale, si besoin est ; on nivelle et on replante comme ou l'a déjà fait. Si le fond du fossé est trop maigre, ou le fume avec du terreau bien décompo.sé. Pour prévenir la gelée du cresson, on letient et on fait monter l'eau au-dessus; mais on doit se hâter de baisser les eaux aussitôt que le temps se radoucit. • — Anciennement la vente du cresson, à Paris, se montait, en été, à 4 ou 500 francs par jour, et moitié en hiver; aujourd'hui la consommation journalière, tant pour les ménages que pour les pharmaciens et les hôpitaux, s'élève à 6,000 francs. On peut calculer que le commerce du cresson donne lieu aujourd'hui à un mouvement de 1,-^00,000 francs, pour une industrie créée par M. Cardon depuis 25 ans seulement.
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