‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 94 sur 325 · INDUSTRIELLES : DES VEGETAUX NON ENCORE CULTIVES · texte numérisé non relu

INDUSTRIELLES : DES VEGETAUX NON ENCORE CULTIVES

ï58 CULT la bitlbctle l'année précédente est presque en tièromt-nt flétrie. On doit procéder à la préparation aussitôt après Tarracliage; elle consiste à séparer avec soin les bulbes des petites racines et du s*''''"^;, à les jeter à mesure dans de l'eau fraiclie, les laver, les enfiler pour en former des chapelets, puis les jeter dans de l'eau bouillante et les y laisser bouillir pendant 20 à ao minutes, afin de faire disparaître uueodeurvireuselrès-forte ; il ne reste plus ensuite qu'à retirer les clia- |)elets de l'eau et les nieltre sécher au soleil ou mieux à l'éluve.

Parti qu 'onpeut tirer du colchique d'automne. ■ — Le Colchique clnulomue {Colc/ncurn aulumnnle), vulgairement appelé tue-loup, safran bâtard, ad de pré, est cette plante si abondamment répandue dans nos prairies, dont les gi'andes feuilles infestent l'herbe à l'épo^iue de la fenaison, et dont la fleur tardive, d'un beau rose tendre, émaille les prés lors de la chute des feuilles. Dans certaines contrées, pour purger le foin tles liges et des feuilles de cette plante qui altère sa qualité etdiniinue sa valeur, on la lait arracher, vers le temps de la coupe des foins; moyen dispendieux, (pii l'ail souvent gâter une assez grande |)orlion de bonne herbe, et peu eliicace, puisqu'il ne détruit pas les bulbes ou racines qui servent à la reproduction de ce végétal. — M. Serva a trouvé ces considérations d'un intérêt éeonomi(|ue assez puissant pour l'engager à rechercher si laquantiti'; tle fécule contenue dans la bulbe du colchique serait suiïisaule pour indemniser le cultivateur des frais d'extracliou à la l)èche, unique n'.oyen de destruction ciM'tain et possible sans retourner la terre et changer le genre de culture. Le mois d'octobre, pendant lequel le colchique, seul en possession d'orner les champs, déploie sa jolie corolle, doit être choisi pour eiitre[)ro!ulre les travaux d'extirpation; on peut alors, sans inconvénient, parc(Uirir les prés; les fleurs indiquent d'une manière cerlaine la place qu'occupent les bulbes: enfin les coupures faites au gazon par le fer de la bêche ont le temps de se cicatriser jusqu'au piinleu)[)S. — Voici les résultats de l'essai tenté: un ouvrier, muni d'utse bêche, a altaqué indistinctement chaque touffe de colchique; il entamait le terrain à 3 ou 4 pouces de la fleur ou du groupe, et enfonçait la bêche de 8 à 10 pouces; 2 ou 3 co'Jips de bêche suffisaient pour soulever la moite et les racines ordinairement enterré'is de 5 à 6 pouces. La motte était renversée, et l'ouvrier passait à un autre pied de colchique. Il était suivi d'une femme munie d'un panier, qui délachîùt les bulbes des molles, et replaçait celles-ci dans leurs trous, en ayant soinde les fouler avec les pieds. On a calculé qu'un ouvrier et une femme extrairaient, par journée, 74 kilos de bulbes représentant 11,02.5 kil. d'amidon, qui, à 12 sous le blanc et 4 sous le gris, donneraient un produit de 12 fr. 26 cent. Si l'on porte à .3 fr. 40 cent, les frais de journées des ouvrieis, et à l Ir. 80 cent, ceux de conversion en fécule, ce qui faits fr. 20 cent., on voit que le bénéfice serait de 7 fr. 6 cent. — Il nous reste à faire observer que le colchique, contenant une quantité notable de gluten et un

principe alcalin vénéneux (la vératrine), la fécule ne peut être obtenue immédiatement comme celle de la pomme de terre: il faut avoir recours aux procédés de l'amidonnier qui sont décrits dans la div. des Arts agricoles (Tome III). C. Bailly de Meulieux.

Section m. — Plantes utiles dans divers arts.

Y^Hypophœ rhamnoïdes ^ arbuste trèscommun en Suisse, dans le Dauphiné et autres contrées de la France, peut d'abord être utilisé pour contenir les eaux des ruisseauxet lorrens, à cause de la propriété traçante de ses racines; ensuite les fruits fournissent une substance colorante jaune-oi ange , qui parait solide et qui pourra être employée avec avantage dans la teinture.

Le Houx commun {Jlcx aqnifolium., L.), ai'buste toujours vert, à feuilles piquantes, si commun dans les grands bois, se recommande par l'emploi qu'on peut faire de soti écorce pour le tannage, par l'utilité de sou bois (jue sa dui'eté fait particulièrement rechercher pour certains usages spéciaux, enfin par l'excellence des haies qu'il compose. Mais l'emploi que nous devons indiquer ici, c'est a. fournir la glu employée pour la chasse aux petits oiseaux; c'est avec la 2*" écorce du houx qu'on la fabrique. Pour cela, on la fait à deuu pourrir dans un vase enterré dans du fumier; on la pile et on la lave à grande eau. Du reste, cette préparation est décrite dans le livre des Jrts ag/icoles. — On a projjosé les baies du houx comme succédanées du café. — En 1831, M. Rousseau découvrit que ses feuilles jouissaient an propriétés J'eùrijuges; M. Delesciiami'S parvint à en extraire le principe amer, fébrifuge, qu'il nomma dicine; il fut constaté par M. Magendie que les feuilles de houx macérées ou en infusion dans l'eau ou dans le vin, sont un bon ft^brifuge; que si elles n'ont pas l'activité de la quinine ou de la salicine, leur effet, pour être moins promi)t, n'en est pas moins certain ; qu'elles peuvent enfin être d'un utile secours dans nos campagnes, où la feuille du houx est commune et sans valeur.

Le Pistar/iiemtérébinthe {Pistacia terehintlius., L.) ne se trouve que dans quelijues contrées méridionales de la France; il est originaire de l'ile de Chio. C'est cet arbuste qui produit la maie térébenthine. — Deux auti'es espèces de t^istachier, le P. lentisque [Pistacia lentiscus., L.) et le P. atlantique {P. atlan- ?/c«, Desf ), qui croissent dans les mêmes régions, fournissent par incision un suc résineux nomnié Mastic dans le commerce, et qu'on emploie comme mastic dans les Etats barbaresques.

\,Q F rêne (i manne {Fraxinus rolundifoUa, 'Laxn.), Frrne de la Calabre, Frêne d\4lcp, est encore un arbre des parties les plus méridionales de la France; car, s'il résiste aux hivers du climat de Paris, il n'y donne point le produit qui nous engage à le mentionner ici, la manne., drogue si employée en médecine, et dont on distingue dans le comujei-ce plusieurs sortes. C'est principalement dans la Calabi-e et en Sicile qu'on recueille cette substance ; elle coule d'elle-même pendant les chaleurs de l'été, du milieu de juin à la fin de juillet, des branches et dxi tronc de ce

ciiAr. 14'. PLANTES UTILES

frêne ; elle commence à couler vers midi, et continue jusqu'au soir sous Ibruie dune liqueur très-olojire; niais elle s'épaissit peu-àpeu, el se forme en grumeaux qui dui-cissent et deviennent blatics. On ne les ramasse que Je lendemain matin, en les détachant avec des couteaux de bois. Ytrs la fin de juillet, lorsque la liqueur cesse découler nalurellenient, on fait des incisions dans l'écurce du frêne, et on en obtient une manne moins bor<ne, mais bien i)lus abondante. Enfin il se foi-me encore sur les pétioles et les nervures des feuilles, des |)etites goultes d'une liqueur que la chaleur Iranstornie en petits grains Rlancs de la grosseur des grains du miilel: celle sorte est rare à cause de la {lii'ficullé de la ramasser. — Le Frêne à fleur {Fraxinus or- JIU.S-) fournit aussi de la manne, et s'il en produisait dans nos climats, il jjrésenterail l'avanl.'ige J'étre plus vigoureux, plus robuste, et de mieux suj)porter les rigueurs de nos hivers

\] Astragalus hœtlcus est une plante léguminense, (\w\ atteint une grande taille, el dont les liges se chargent d'une quantité considérable de cosses renfermant une dizaine de pois. Indigène de la Sicile et de l'Espagne, cette niante est cnllivéeavec succès en Suètie, et esJ recommandée comme succédanée du café. L'ensemencement a lieu en avril, dans un sol bien préparé, et après avoir humecté les semences jusqu'à germination, en lignes espacées de 2 pieds et à la profondeur d'enviion 1 pouce. Il faut arroser, si le temps est sec, une ou deux fois, jusqu'à ce que les pousses commencent à paraître, ce (pii a lieu , d'ordinaire, après une huitaine de jours. On donne ensuite des sarclages, quand le plant a G ou 8 pouces. C'est en juillet ou au commencement d'août quecommence la récolle, et elle continue jusqu'en octobre ; deux fois la semaine, on enlève les cosses mûres, et on les met sécher à l'air. On conserve les plus belles entières jus(|u'aux |)rochaines semailles: celles dont on destme les pois à la vente sont écossées pendant 1 hiverou tout de suile, opération qu'on facilite en les faisant tremi)er pendant (pielqne temps dans l'eau chaude. Un arpent de terre produit jusqu'à IGOO livres de graines. La mesure ot dinau'e pour l'emploi des grains de l'astragale est de les mélanger dans la proportion de 2/3 avec 1/3 de calé en fèves; on fait brûler, et l'on moud ensuite le tout ensemble.

On a proposé également comme succédanées du calé les graines du Graiteroii ordinaire {Vaiilantia aparine), planle grimpante de la famille des Rubiacées, 1res commune dans les haies. C. B.de M.

iM. Ducuc, de Rouen, cherchant des végétaux moins narcotiques el moins irritansque le tabac, a obtenu des résultats salisfaisans des larges feuilles des betteraves et de la poirée,et sui'tout de celles du Phyiolacca decandra; celte [)lante,moin.hépuisanle que le tabac, croît facilement dans des sols très-variés.

Stipa peiinala, L. Plante de la famille des graminées, à feuilles roulées, paraissant toula-fail cvlindriques, longues de 1 à 2 pieds au plus; tiges de même hauteur; fleurs en panicules, peu nombreuses, ayant l'arête d'un pied à 15 pouces de long el garnie de soies

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