‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 97 sur 325 · Les pachydermes à pieds fourchus, le cochon · texte numérisé non relu

Les pachydermes à pieds fourchus, le cochon

2. Les pachydermes solipèdes, qui n'ont qu'un doigt apparent et un seul sabot à chaque pied, le cheval, l'âne, et enfin le mulet, produit de ces 2 espèces.

D. Les ruminans, ou animaux qui jouissent de la singulière propriété de faire remonter les alimens dans la bouche pour les mâcher une seconde fois, forment 3 genres qui se distinguent ordinairement à l'état de nature par la direction des cornes frontales que portent les mâles et quelquefois les femelles : mais la domesticité a rendu ce caractère incertain et a fait varier cette direction ou même disparaître ces productions dans quelques races. Ces genres comprennent :

1. Les chèvres, dont les cornes sont dirigées en haut et en arrière, et qui ont le menton la plupart du temps garni d'une

AGRICUMUBB.

longue barbe et le chanfrein concave.

Tels sont le boucQowxmwn et la chtvre.

2. Les moulons, qui ont les cornes dirigées en arrière et revenant plus ou moms en avant en spirale, à chanfrein convexe et sans barbe. Tels sont le bélier, la brebis.

3. Les bœufs, qui ont les cornes dirigées de côté et revenant vers le haut ou en avant en forme de croissant, et qui comprennent le taureau, la vache.

2° Les oiseaux qu'on élève en domesticité dans les établissemens ruraux sont divisés en 2 ordres par les naturalistes; les gallinacés et les palmipèdes.

A. Les gallinacés sont les dindons, les coqs, les poules et les piseons.

B. \.es palmipèdes, dont les doigts sont réunis par des membranes, comprennent les oies et les canards.

Dans l'économie rurale, les animaux domestiques sont rangés, abstraction faite de la classe, de l'ordre, de la famille ou du genre dont ils font partie, suivant les besoins auxquels on les applique. Les uns prennent le nom de bêtes de travail ou de trait, et les autres celui de bêtes de rente ou de produit.

Les bêtes de travail ou de trait sont celles qu'on destine à faire tous les travaux de l'agriculture, comme le cheval, lane, le mulet, le bœuf, le taureau et la vache.

Les bêtes de rente ou de produit sont les animaux qu'on élevé seulement pour les profits que procure leur éducation; tels sont d'abord tous les précédens,qui, étant susceptibles de donner des profils, deviennent alors des bêtes de rente; puis les moutons, le cochon, la chèvre, le lapin et les oiseaux domestiques.

Le chien et le chat, qui ne rendent que des services, forment une classe à part.

Pai*mi les animaux domestiques, les chevaux, les bœufs et les moutons jouent le principal rôle dans l'économie rurale. On désigne souvent les premiers, ou le cheval, l'âne et le mulet, par le nom collectif de bêtes chevalines, les seconds par ceux de gros bétail, de bêtes ou bétail à cornes, de bétcs bovines, et les troisièmes par ceux de menu bétail,' de bêtes à laine ou ovines. Quant aux volatiles, les coqs, dindons, oies et canards forment les oiseaux de basse-cour, et les pigeons les oiseaux de colombier.

Le but général de l'éducation des animaux domestiques étant, ainsi que nous l'avons dit, de les appliquer aux besoins de la société, vX,

TOMP II. 21

1G2 AM.MAUX DOMESTIQUES : ANAl'OMIE

dans l'état actuel de la tivilisation, cette éducation formant un clos poiiits les plus intéressans de réconomie des nations, il importe qu'elle soit dirigée avec l'éleiidue, le soin et rinte-lligence que comporte un sujet aussi grave el aussi important.

Dans la distribution du travail parmi ks différentes classes qui forment la société, c'est l'industrie agricole qui est chargée de l'éducation des animaux domestiques. C'est elle aussi qui ayant le besoin le plus impérieux de leur concours, doit porter le plus haut intérêt à leur éducation, dont elle profite le plus immédiatement.

L'agriculture tire d'abord un parti avantageux de l'éducation des animaux domestiques, en faisant usage de la force et de l'énergie de plusieurs d'entre eux, pour les appliquer aux travaux pénibles que réclame la culture en grand des plantes utiles, et en profitant de leurs déjections imprégnées de matière animale pour entretenir la fécondité des terres. Les animaux consacrés à cet usage paient leur nourriture et leur entretien par des i,er- \ices ou des travaux et des engrais.

Elle profite en second lieu de leur éducation, par les denrées qu'elle parvient ai.»si à livrer à la consommation. Ces denrées sont les produits sans cesse renouvelés que procurent le corps des animaux vivans, tels que le lait, la laine, les œujs, le duvet ou des produits provenant de leurs dépouilles quand ils sont morts, tels que la c/îf^z^r musculaire qui sert a l'alimentation de l'homme, le su//', la graisse, les peaux, poils, cornes, onf^les, os, et de nombreux débris que les arts transforment en produiis industriels. Les avances qu'on a été obligé de faire pour élever et entretenir les animaux dans ce cas, sont remboursées avec profit par ces produits ou par la vente de l'animal lui-même.

Il n'y a pas de bon système d'agriculture sans animaux domestiques. Ce sont eux qui permettent de réparer la fécondité de la terre que des récoltes successives ne tarderaient

ET PHYSIOLOGIE DES ANIMAUX, liv. m.

pas h épuiser, qui exécutent des travaux pour lesquels les forces de l'homme seraient insuffisantes, qui ont permis de perfectionner les cultures et d'introduire la culture alterne en consomman t les plantes fourrageuses qu'on fait alterner avec les céréales, et en fournissant les engrais nécessaires: ce sont eux enfin qui transforment pour ainsi dire en viande, en graisse, en laine et en auti-es matières animales des produits agricoles qui deviendraient sans usage et sans valeur, ou qu'on ne pourrait même plus cultiver avec profit si on ne parvenait à leur donner cette nouvelle forme.

Envisagé sous un point de vue général, l'art d'élever des animaux domestiques comprend la connaissance de leur organisation et de leurs fonctions, de leurs formes extérieures, celle de leurs espèces et de leurs races, celle de leur éducation qui comprend leur mode de propagation, leur hygiène ou les principes qui doivent guider cians leur alimentation, dans la conservation de leur sauté, la prolongation de leur existence ou leur application à des travaux de force, etc.; celle des soins qu'ils réclament quand ils éprouvent un dérangement quelconque dans leurs organes ou leurs fonctions, enfin celle des mesures administratives de sûreté générale qui leur sont relatives, et des dispositions législatives applicables au commerce de ces animaux. Tel est l'ordre que nous nous proposons d'adopter dans les chapitres qui vont suivre.

Dans ce livre, nous traiterons d'une manière générale de l'éducation de tous les animaux domestiques, mais nos principes s'appliqueront plus spécialement aux mammifères les plus utiles a l'agriculture, tels que le cheval, l'âne, les bêtes à cornes et à laine et le cochon. Nous ajouterons seulement, à lafindu 1"^ titre, quelques particularités relatives à celle des autres animaux de cet ordre, et nous réunirons ensuite dans un second titre tout ce qu'il est utile de connaître pour élever les oiseaux de basse-cour et de colombier. F. M.

ÎÎI1^21I2 IPiaSïïlIÎISlia^ — DES MAMMIFERES. CHAPITRE I*"". — Anatomie et physiologie des animaux domestiques.

Article 1 *''. — Des tissus animaux.

Envisagés sous le double rapport de leur organisation et de leurs Jonctions, les animaux domestiques sont du domaine de Y anatomie et de \s. physiologie. La première de ces sciences s'occupe de toutes les conditions matérielles des différentes parties qui entrent dans leur composition; la seconde nous montre agissantes ces mêmes parties dont l'anatomie nous a révélé la structure.

Le corps de ces animaux comme celui de tous les êtres organisés, est composé dejltddes et de solides dont la proportion respective n'est pas égale, et varie suivant l'âge, le sexe et la constitution. Ces parties hétérogènes qui ont pour élémens anatomiques primitifs des globules microscopiques et une autre substance sans forme bien déterminée, liquide

dans les uns, concrète dans les autres, sont dans une dépendance mutuelle, et se changent continuellement les uns en les autres, par le double mouvement de composition et de décomposition. Examinés chimiquement, les fluides et les solides offrent enin comme derniers élémens., de l'oxygène, de l'hydrogène, du carbone, de l'azote et différentes substances terreuses, alcalines ou métalliques.

Les fluides ou humeurs dont la quantité prédomine sur celle des solides à toutes les époques de la vie, et qui ont l'eau pour base essentielle de leur composition, seront étudiés avec les appareils d'organes auxquels ils appartiennent.

Formés, comme les fluides, de globules microscopiques, les solides offrent encore comme élément anatomique une substance d'apparence spongieuse qui, en s'associant aux glo-

cuxp. l•^ riSSU CELLULAIRE

bules, forme des fibres (JîJ>res élémentaires:^ de la réunion des fibres, résultent des tissus {tissus générateurs^ ou systèmes) que Ton peut réduire aux suivans : tissus cellulaire, adipeux, séreux, fibreux, cartilagineux, osseux, vasculaire, nerveux, musculaire et tégiimentaire. De l'association de ces élémens déjà composés, résultent enfin d'autres parties

f>lus composées encore, que l'on désigne sous e nom d'organes, et que nous étudierons après avoir jeté un coup d'œil rapide sur les tissus précédemment énumérés.

Section i"^*. — Tissu cellulaire.

Ce tissu, que l'on a encore désigné, suivant la manière dont on l'a envisagé, par les dénominations de système, corps ou membrane cellulaire, de tissu Inmineux, criblcux, muqueux et gluiineux, est le principal élément de l'organisation. Répandu dans tout le corps et partout continu à lui-même, le tissu cellulaire se présente sous l'aspect d'une substance molle, blanchâtre, demi-transparente, qui entoure les organes, les unit et les sépare tout à la fois, et pénètre ensuite dans leur épaisseur pour envelopper etunir jusqu'aux dernières particules dont ces organes sont formés. Ce tissu a, dit Beclard, l'étendue et la forme générale du corps, et il formerait, si l'on supposait que tous les organes fussent enlevés et qu'il pût se soutenir de lui-même, un tout conservant la figure du corps et offrant une multitude de loges pour les différens organes. Abondant et lâche autour de tous les organes susceptibles d'acquérir de l'ampliation ou d'éprouver des changemens de position, ce tissu est, au contraire, peu abondant et serré autour des parties dont le volume et les rapports sont invariables. Les os, les cartilages, les tissus fibreux et les centres nerveux sont les parties du corps animal qui en contiennent le moins, il n'en existe aucun vestige dans les productions cornées et épidermiques.

Le tissu cellulaire est formé de lam.es, de lamelles et de filamens, formant par leur superposition et leur entrecroisement, une innombrable quantité de cellules ou aréoles de forme irrégulière, qui communiquent toutes entre elles. Ces cellules peuvent éëre facilement vues et étudiées, lorsqu'on les a dilatées par un fluide gazeux, comme le font les bouchers dans le but de parer la viande des animaux destinés à la nourriture de l'homme. Habituellement humecté d'une sérosité analogue au sérum du sang, le tissu cellulaire se laisse non-seulement traverser avec facilité par les fluides gazeux, mais encore par les fluides liquides, soit qu'on les y introduise artificiellement, ou qu'ils apparaissent sous l'influence d'une cause morbide. Indépendamment de la sérosité qui humecte ses aréoles, le tissu cellulaire peut accidentellement contenir de la graisse, mais dans certaines parties seulem.ent; car il est des portions de ce tissu qui n'en renferment jamais, quel que soit le degré d'embonpoint auquel les animaux soient parvenus; ce n'est point dans les cellules de ce tissu qu'est déposée la substance adipeuse, mais bien dans l'épaisseur des lames et des filamens qui composent leurs parois. La graisse et la sérosité, toujours en

proportion inverse, sont déposées par exhalation dans ce tissu, qui est aussi le siège d'une absorption très-active. Il réunit les organes, en forme la trame, et facilite leurs mouvemens.

Tels sont les caractères généraux du tissu cellulaire, considéré dans un cheval adulte. A mesurequel'animal avance en âge, ce tissu devient sec et rigide. Cette sorte d'atrophie senile qu'il semble éprouver doit contre-indiquer le choix de vieux animaux pour l'engraissement. L'accumulation de la graisse dans ce tissu semble lui faire perdre de sa vitalité, surtout dans les animaux de lespèceovine; c'estau moinsce que semblent démontrer la difficulté que l'on éprouve quelquefois, etl'impossibiité dans laquelle on se trouve même souvent de pouvoir engraisser ces animaux une seconde et surtout une troisième fois.

Dans les chei'uux d'un tempérament mou et paresseux, ceux qui ont la peau épaisse et les poils grossiers, le tissu cellulaire est habituellement abreu\é d'une plus grande quantité de sérosité que dans les chevaux doués de beaucoup d'énergie; circonstance qui contribue pour beaucoup à rendre les formes empâtées dans les premier.*!.

Dans les animaux de Vespèce bovine, ce tissu parait plus abondant et moins vivant que dans le cheval.

\,(i chien est celui de tous les animaux domestiques dans lequel le tissu lamineux est le plus vivant; il est sec et rigide dans le mulet, l'âne et la chèvre, aussi ces animaux prennent-ils difficilement un haut degré d'embonpoint,

Sectio.-v II. — Tissu adipeux.

Indépendamment du tissu cellulaire qui peut accidentellement contenir de la graisse, une partie de cette substance est encore habituellement tenue en réserve dans un autre tissu qui, quoique très-analogue au premier, mérite cependant, sous plusieurs rapports, d'en être distingué; nous le nommerons tissu adipeux proprement dit.

Beaucoup moins répandu que le tissu cellulaire, on le trouve cantonné dans certaines régions bien déterminées du corps. Il contient de la graisse lors même que celte substance a complètement et déjà depuis longtemps disparu dans les autres parties du corps, et si, comme on l'observe quelquefois dans le marasme porté au dernier degré, la graisse a cessé tout à fait éCy exister, elle y est toujours remplacée par une substance jaunâtre qui donne à ce tissu l'aspect d'une gelée, lempêche de s'affaisser et le rend par conséquent toujours distinct et bien circonscrit; rien d'aualogue ne se fait remarquer dans le tissu cellulaire d'un animal qui a maigri.

Le tissu adipeux, rempli de graisse ou privé de cette substance, se présente constamment how^ forme de masses lobulées au voisinage de certaines parties à l'égard desquelles 'I remplit des fonctions entièrement mécaniques: c'est avec ces caractères qu'on le rencontre autour duglobe oculaire, danslecanal '.ertébral, au voisinage des articulations, ainsi qu'à la partie du

pied que Ton désigne sous les noms àttjourrh-'ltc's de chair.

Quelle que soit, au reste, la forme sous laquelle se présente ce tissu, les masses qu'il i'orme sont toujours divisibles en lobes, en lobules, en granulations et enfin en vésicules microsco/>igues , dont le volume ne paraît pas être le même tlans tous les animaux suivant Wolff, qui les a constamment trouvées plus petites dans le bœuf que dans le porc.

La graisse est une substance animale non nzotée, qui a les propriétés des huiles fixes; elle est jaunâtre ou blanche suivant l'espèce (l'animai, inodore, d'une saveur fade, et fluide à la tempéi-ature du corps; elle est insoluble dans l'eau, et peu soluble dans l'alcool froid. Par la distillation elle fournit les acides car- Iionique, acétique et sébacique. Traitée par les alcalis, elle se transforme en principe doux, ainsi qu'en acides margarique et oléique. La graisse est formée de deux principes nommés oléine et stéarine, dont la proportion respective détermine son degré de fusibilité. C'est la prédominance de l'un ou de l'autre de ces principes, qui a fait distinguer dans un même animal plusieurs espèces de graisse connues sous les noms de sui/, lard, axonge, saindoux, etc.

Section m. — Tissu séreux.

Cet élément organique, qui n'est qu'une modification de forme du tissu cellulaire , compose les membranes séreuses que l'on distingue en splanc/iniques et s/noviales. Les premières tapissent les cavités du corps qui contiennent les organes les plus essentiels à la vie.

Toute membrane séreuse représente un sac sans ouverture, semblable à ces bonnets repliés sur eux-mêmes dont la tête est enveloppée pendant la nuit; ainsi, après avoir tapissé les parois des cavités auxquelles elles appartiennent, ces membranes se replient sur ellesmêmes pour recouvrir les organes et les envelopper plus ou moins complètement. Leur surface interne, toujours libre et contiguè à elle-même, est lisse et humectée par une séi-osité tout à fait identique à celle du tissu cellulaire. Les membranes séreuses sont minces, blanchâtres, demi-transparentes, homogènes, et beaucoup moins extensibles que le tissu cellulaire dont elles ne paraissent différer que par leur disposition et une condensation plus grande dans leur trame : car la nature de leur tissu est la même, le produit qui est exhalé à leur surface a exactement la même composition. Comme le tissu cellulaire , elles sont destinées à faciliter le glissement des organes qu'elles recouvrent et à favoriser leur ampliation ; enfin les maladies de ces deux tissus donnent naissance à des produits tout à fait analogues , et ils peuvent se transformer l'un en l'autre.

Les membranes synoviales diffèrent des autres séreuses principalement par la nature du liquide qui les humecte, et que l'on nomme synovie, liqueur visqueuse, plus pesante que l'eau, incolore dans les jeunes sujets, et de couleur citronnée dans les vieux animaux. Elle contient de l'eau, beaucoup d'altmmine

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à laquelle elle doit sa viscocité et la propriété de mousser par l'agitation, une matière coagulable très-analogue au mucus et dilférents sels, exhalée sans cesse à la surface libre des membranes synoviales, cette liqueur y forme un enduit visqueux qui facilite, le glissement des parties les unes sur les autres.

C''est l'accumulation de la synovie dans les petits sacs formés par ces membranes, jointe a leur dilatation ou à leur déchirement, qui constituent les affections connues sous les noms de molettes et vessigons; affections beaucoup plus graves dans un animal adulte que dans un jeune animal , chez lequel on les voit ordinairement disparaître avec l'âge et un peu de repos.

Section iv. — Tissus fibreux.

Les tissus auxquels cette qualification , quoique très-générale, s'applique exclusivement , sont au nombre de deux dans l'économie animale. L'un est le tissu fibreux blanc, et l'autre le tissu fibreux jaune.

\° Le tissu fibreux blanc ou albuginé se rencontre dans le corps animal sous la forme de cordon et de membrane; sa couleur est blanche et son aspect le plus ordinairement resplendissant, satiné ou métallique.

Les fibi'es de ce tissu, toujours excessivement déliées, sont disposées en faisceaux parallèles ou entre-croisés, et toujours si étroitement unies , qu'elles semblent souvent au premier aspect former un tout homogène.

Elles sont très tenaces et fort peu extensibles.

Insensible aux agens qui le divisent , ce tissu devient très-sensible à ceux qui le distendent au delà de son degré normal; c'est à ce mode de sensibilité que l'on doit attribuer les douleurs extrêmement vives qui accompagnent les tiraillemens opérés sur les parties ligamenteuses dans les luxations, les entorses, les écarts, etc.

Privé de la grande quantité d'eau qu'il contient, le tissu fibreux blanc devient jaunâtre et cassant.

L'eau bouillante le crispe d'abord, puis le réduit complétementen gélatine. Les acides le dissolvent, les alcalis le gonflent et le ramollissent.

Les usages de ce tissu sont entièrement mécaniques, et relatifs à sa ténacité. Disposé en corde , il forme : 1" les ligamens qui maintiennent les os dans 'eurs rapports mutuels; 2° les tendons dont l'ofiice est de transmettre la contraction musculaire aux parties qui doivent être mises en mouvement.

Tissu en large surface, le tissu fibreux forme ici des enveloppes à certains organes d'une structure délicate, tels que l'œil , le cerveau, le cœur, etc., là des appareils de contension; exemple les aponévi-oses.

2" Le tissu fibreux jaune, que caractérise essentiellement sa nature fibrineuse et l'élasticité dont il jouit à un très-haut degré, se présente dans le corps sous la forme de corde, de tube , et de membrane Pour prendre ces différentes formes, les fibres de ce tissu sont ramassées en Jaisceaux , le plus ordinairement parallèles entre eux. Soumis à l'action de l'eau bouillante, le tissu fibreux jaune conser\e tousses caractères: c'est lui qui compose eu

cn^p. r^ TISSU CARTILAGINEUX,

totalité le ligament susépineux cervical , la lunique abdominale , et la membrane moyenne des vaisseaux artériels. Enfin , on le rencontre partout oii une résistance continuelle était nécessaire.

Le peu de vitalité de ce tissu donne la raison de la lenteur avec laquelle marchent ses différentes affections.

Comparé dans les différents animaux domestiques, le tissu fibreux jaune ne présente de différences que dans la configuration des parties qu'il forme.

Section v. — Tissu cartilagineux.

Ce tissu homogène en apparence forme un genre d'organes nommés cariilages, indépendans les uns des autres, et le plus ordinairement annexés aux os.

Le tissu cariilagineux est élastique, d'un blanc terne ou nacré; coupé en lames minces , il offre la semi-transparence de la corne; l'eau bouillante le réduit presque complètement en gélatine. Il est formé, d'après Davy, d'eau, d'albumine et de sels terreux , dont la proportion varie dans les différens animaux et dans le même individu suivant l'âge, et la partie que l'on a choisie pour étudier cette composition.

Parmi les cartilages, les uns revêtent les surfaces osseuses dans les articulations douées de mouvemens étendus et variés. On les nomme cartilages articulaires ou diarthrodiaitx.Ws ont pour usage d'amortir les chocs par leur élasticité, de prévenir l'usure des surfaces articulaires, d'en déterminer une coaption plus exacte , et de favoriser leur glissement.

D'autres cartilages, àonlY ossification s'effectue presque toujours plus ou moins complètement avec l'âge, concourent à former la charpente du corps , en prolongeant les os auxquels ils sont annexés; exemple les cartilages des côtes.

Le tissu cartilagineux offre les mêmes caractères essentiels dans tous les animaux domestiques.

De l'association des élémens cartilagineux et fibreux blanc, résulte le tissu fibro-cartilagineux, qui compose des organes destinés les uns à unir certaines parties entre elles, tels sont les disques intervertébraux, les autres à favoriser des glissemens, comme on le remarque dans les différentes sortes de coulisses.

Section vi. — Tissu osseux.

Ce tissu, différent de tous ceux examinés précédemment par la grande quantité de substance terreuse qu'il contient, compose un système d'organes d'une dureté pierreuse, mais néanmoms organisés et vivans , ce sont les es.

Le tissu osseux , comme pourrait tout d'abord le faire supposer sa grande densité, n'est point un élément inorganique et sans vie. Une substance spongieuse, analogue au cartilage, en forme la trame, et contient, dans des aréoles micros-'opiques, les parties terreuses qui donnent à ce tissu la solidité qui le caractérise.

Pour obtenir Tune ou l'autre de ces parties constituantes, deux procédés sont mis en usage. Si l'on vient, par exemple, à exposer

OSSEUX ET V ASCULAIUE. IGf,

pendant queUrue tem[)s un os à l'aclion de l'acide hydrocnlorique étendu d'eau, on ne tarde pas à s'apercevoir que presque toute la substance terreuse a disparu , et qu'il ne reste plus dans le véhicule acide qu'une substance analogue à du cartilage, ayant le volume et la forme de l'os soumis à l'expérience, mais ayant perdu une partie de son poids. Cette partie organique que l'eau bouillante réduit complètement en gélatine peut être divisée en lames et celles-ci en fibres.

En soumettant les os à V action du Jeu nu, le résultat est tout différent ; car dans ce cas la partie organique est brûlée, et il ne reste plus après son entière combustion que la partie terreuse, conservant encore la forme et le volume des os moins une gi"ande partie de leur poids. Cette substance ainsi obtenue est blanche, poreuse et très-légère. Soumise à l'analyse cliimique, on la trouve composée de phosphate de chaux et de magnésie, de carbonate de chaux, de silice, de ter et d'alurnine.

Les résultats obtenus par l'action des acides et du feu prouvent donc de la manière la plus évidente que la fibre osseuse résulte de l'association de deux substances très-différentes , l'une cartilaginiforme contenante, et l'autre terreuse contenue, dont la proportion respective n'est point égale dans tous les os, et varie encore dans le même individu suivant l'âge, et une foule d'autres circonstances, soit hygides, soit morbides.

Les dénominations à^ substances compacte^ spongieuse et réticulée , appliquées a cei'taines parties des os, n'indiquent que des modifications de texture de la fibre osseuse , et non des différences dans la coniposition intime de cette fibre.

Section vu. — Tissu vasculaire.

Ce système se compose de l'ensemble d'une multitude de canaux ramifiés, que l'on nomme vaisseaux et qui sont préposés au transport des humeurs nutritives. Toutes les parties du corps, les productions cornées et épidermiques exceptées, en sont plus ou moins abondamment pourvues. Ces canaux, que l'on distingue en artères, veines et lyinpathiques., composent avec le cœur l'appareil circulatoire.

Le sang, fluide que charrient les artères et les veines, nommées à cause à^c^XdiVaisseaux sanguins , et la liqueur appelée lymphe, qui parcourt le troisième ordre des canaux vasculaires, seront étudiés immédiatement après les vaisseaux qui les transportent.

§ I*^ — Artères et veines.

1 ■ Des artères. — On donne le nom d'a/Yé/e^aux vaisseaux qui transportent le sang des ventricules du cœur dans toutes les parties du corps. Elles composent deux systèmes dont ki différence essentielle réside dans celle du liquide qui les parcourt; l'un est nommé système artériel pulmonaire, et l'autre système artériel aortique. Le premier, qui a son origine au ventricule droit du cœur, transporte du sang noir etnon nutritif dans le poumon, oii ce fluide est î revivifié par l'acte de la respiration: le second,

ICC AMAIAUX DOMFiSTIQlîES : ANATOMIK

qui prend naissance au ventricule gauche du même organe , est parcouru par du sang rouge, qui porte dans toutes les parties du corps les matériaux de nutrition et de sécrétion.

J)ans ces deux systèmes les vacsseaux artériels forment une succession non interrompue de tuùes, d'un calibre incessamment décroissant, dont l'ensemble peut être comparé à un arbre tenant au cœur par son tronc. Les derniers de ces canaux, nommés capillaires^ à cause de leur ténuité, se continuent sans interi'uption avec les radicules veineuses dans la trame des organes, ainsi que le démontrent de la manière la plus évidente les observations microscopiques, qui nous font apercevoir sur les animaux vivans le fluide nourricier passant des premiers de ces vaisseaux dans ceux du second ordre.

Trois tuniques superposées, l'une externe celluîeuse, une moyenne constituée par l'élément fibreux jaune, enfin, une interne analogue aux membranes séreuses, compostnt les parois de ces vaisseaux, dont la fonction est de conduire et d'étaler le sang, molécule à molécule, dans toutes les parties du corps en lui imprimant par leur élasticité une partie du mouvement saccadé dont il est animé et qui constitue le pouls.

A mesure que les animaux avancent en âge, les parois des artères acquièrent une rigidité

3U1, en diminuant l'activité de la circulation ans ces vaisseaux nourriciers, doit être considérée comme une des principales causes de ce changement organique connu sous le nom d'atrophie semle.

2° Desveines.— Plus nombreuses, beaucoup moins élastiques, et d'une capacité plusgrande que les artères qu'elles accompagnent ordinairement et avec lesquelles elles se continuent , les veines sont les vaisseaux qui rapportent le sang de toutes les parties du corps au cœur. Ainsi que les artères, les veines forment deux systèmes. L'un est le système pulmonaire, l'autre est celui des veines caves.

Le système veineux pulmonaire prend naissance à l'extrémité du système artériel du même nom, et conduit le sang revivifié dans le poumon par l'acte de la respiration, dans l'oreillette gauche du cœur.

ï^e système des veines caves, qui, dans l'ordre de la circulation, correspond au système artériel aortique, à l'extrémité duquel il prend naissance, vient aboutir par deux troncs principaux à l'oreillette droite du cœur, dans laquelle il verse un sang noir, résidu de la nutrition et des sécrétions qui se sont opérées au sein des organes.

Les veines sont, comme les artères, composées de trois tuniques superposées : l'externe est celluîeuse, la moyenneoffre dans quelquesuns de ces vaisseaux les caractères des membranes fibreuses, tandis que dans d'autres , dont la situation est superficielle, !a tunique moyenne a quelque analogie avec les parties charnues de la vie organique. La membrane interne des veines, mince comme celle des artères, se replie à l'intérieiir de ces vaisseaux pour former des espèces de soupapes, dont le jeu favorise le cours du sang.

Un grand développement dans toutes les parties qui composent le système artériel

ET PHYSIOLOGIE DES ANIMAUX, liv. m.

aortique, et dans l'organe essentiel de la respiration, tel qu'on l'observe dans le cheval, est toujours le cachet d'un tempérament sanguin et d'une constitution très- énergique.

Un grand développement dans le système veineux, ainsi qu'on le remarque dans les animaux de l'espèce bovine, est bien aussi l'indice d'un tempérament sanguin, mais avec beaucoup moins d'énergie.

3^ Du sang. — Le sang est un fluide rouge d'un toucher visqueux, d'une saveur salée, d'une température égale à celle du corps, et dune pesanteur spécifique un peu supérieure à celle de l'eau; il est contenu dans le cœur et dans les vaisseaux connus sous le nom d'artères et de veines.

Examiné au microscope dans les canaux où il se meut, le sang apparaît formé d'un fluide séreux dans lequel roulent des globules composés eux-mêmes d'une partie centrale blanchâtre, fibrineuse et d'une enveloppe rougeâlre à laquelle ce fluide paraît devoir sa couleur.

Sorti des vaisseaux, le sang perd peu à peu sa chaleur, se coagule et se divise bientôt en deux parties, dont la proportion respective varie suivant une foule de circonstances: l'une, solide, est le ca///of, et l'autre fluide, est le sérum. Si l'on agite le sang à mesure qu'il sort des vaisseaux, on empêche jusqu'à un certain point la séparation de ces deux parties composantes.

Le caillot est formé Ae Jihrine ^ substance animale, globuleuse, blanchâtre, filamenteuse, très-élastique, et d'une matière colorante rouge. Pour séparer ces deux principes l'un de l'autre, il suffit de laver le caillot sous un petit filet d'eau en le malaxant dans la main. La matière colorante qui reste en dissolution dans l'eau paraît être un composé quartenaire, dans lequel il entre du fer à l'état d'oxyde.

La partie fluide du sang ou le sérum est composée d'eau, d'albumine, de soude et de sels de soude. Le sang n'a ni les mêmes propriétés physiquesni lesmèmes propriétés vitales dans les deux divisions de l'appareil vasculaire sanguin. Le sang artériel est d'un rouge vif et plus chaud que le sang veineux^ qui a une couleur brunâtre; le premier apporte dans les organes les matériaux de nutrition et de sécrétion, le second en charrie le résidu, avec de nouveaux matériaux réparateurs, parmi lesquels se trouve en première ligne le chyle.

La quantité de sang varie non-seulement dans les animaux d'espèces différentes, mais encore dans les individus d'une même espèce, suivant leur stature, leur constitution, leur état d'embonpoint, etc. Le tableau ci-joint, que nous extrayons de l'anatomie vétérinaire, donnera un aperçu de la moyenne en quantité du sang dans les différens animaux domestiques.

DÉ8IGi\ATIUi>i

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