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pratiaue. Nous laissons parler M. Bella , dont le nom se rattache si honorablement à la ci'éation d'un des plus utiles établissemens d'instruction agricole de la France. « La charrue double que M. L. de Valcourt a fait exécuter à Gngnon a parfaitement rempli l'objet que l'auteur avait en vue; elle remplace très-bien la charrue tourne-oreille et opère plus efficacement; elle a aussi l'avantage et la force de défoncer le terrain le plus dur à une profondeur de 10 pouces. Deux forts chevaux la traînent bien dans les labours ordinaires, quatre bœufs suffisent pour les défoncemens les plus difficiles. Cet
instrument a été très-utile pour labourer dans les pentes où il n'est pas possible de faire des billons, pour niveler la terre et la pousser dans les fonds ; il a l'avantage de pouvoir suivre les sinuosités, et opère avec promptitude et facilité. Il faut moins de temps pour décrocher la volée , faire tourner les chevaux et replacer la volée, que pour tourner la charrue et les chevaux ensemble, etc. »
La seule vue du dessin {fig. 253), ajoute M. de Valcourt, montre qu'on ne retournû jamais la charrue , elle marche comme la navette d'un tisserand. Arrivé au bout du sillon, on arrête les chevaux, on tire la cla-
vetle , aiors la volée I abanaonne le régulaleiirH; on lait retourner les chevaux et on fixe la \olée lau second régulateur H'.
Si on ôte les quatre mancherons E, on verra que cette charrue est exactement l'avant de deux charrues Dombasle ( mais dont l'une jette la terre à droite et l'autre à gauche), qui sont mises dos-à-dos sur une ligne XY. — Leversoir, en fonte, n'est pas aussi long que dans la charrue Dombasle; il ressemble davantage au versoir américain ou à celui de l'araire du Brahani (yo}'. page 183, /î"^. 235, et page \MyJig. 236). On lui avait primitivement donné 15 po. de hauteur (0 "" 400); mais M. Bella a labouré si profondément, quelquefois à plus d'un pied, que la terre passait pardessus les versoirs et retombait entre les deux socs. Il a fait alors clouer sur les deux versoirs une plaque triangulaire en tôle qui a obvié à cet inconvénient. — On aurait pu également ajouter une rehausse.— La haje A a 2 po. (0™ 054) de moins que celle de la charrue de Pioville; on lui a donné 8 pi. 6 po. (2"" 7G0) de Inngui'ur, et 4 sur 3 po. (0 "^ 108 sur 0" 081) d'équarrissagc. — Le sep B a 4 po. 3/4 de largeur sur 3 1/2 de haut (0 "" 128 sur 0 " 095). — Les socs CC ont 10 po. (0 *" 271) de leur origine à leur pointe. D'une pointe d'un soc à l'autre on trouve 4 pi. 10 po. (1 *" 570). — Du côté de terre on a mis une planche S qui remplit tout l'intervalle entre la haye A, le sep B et les deux gendarmes FF. — Les élançons DD, de 4 sur 3 po, (0 ■" 108 sur 0 '" 081 )° sont fixés à 10 po. (0 " 271 ) d'intervalle. — Les 4 mancherons EE ont 2 pi. (0"" 650) d'ouverture; à 2 pi. 8 po. (0 •" 866) de terre, ils dépassent la haye de 15 po. (0'" 406). — Les régulateurs HH sont à la Dombasle.
Charrue Plaideux à double soc horizontal. Ce ne sont, à proprement parler, que deux charrues de Brie réunies sur un seul âge coudé et porté sur un avant-train. — A la place du aouble manche on a substitué deux mentonnets ou bras latéraux, l'un sur la queue et l'autre dans la tête de l'étançon. Ces deux mentonnets portent chacun un etrier ou collet de fer à vis et écrous ; c'est dans ces étriers que passe l'âge du soc; enfin, ces deux étriers ont chficun une vis de pression pour serrer l'âge et le fixer solidement sur les deux mentonnets. On voit combien est simple un pareil assemblage.
Fig. 254
DES CHARRUES. lô?
La charrue Plaideux, adoptée dès 1800 par divers cultivateurs de l'Oise, et perfectionnée depuis par son inventeur, s'est répandue assez rapidement dans les départemens voisins. — En 1821, d'après l'attestation d'un grand nombre de cultivateurs qui en faisaient un usage particulier, et sur le rapport de M.Héricart de Thury, la Société centrale d'agi'iculture accorda une médaille à M. Plaideux. Nous laissons parler noire confrère. « Les expériences réitérées que nous avons fait faire devant nous, entièrement d'accord avec la correspondance de M. le sous-préfet de Senlis et des cultivateurs de son arrondissement qui se servent de la charrue à deux socs, nous ont prouvé : 1° qu'avec la même puissance on doit généralementcompter,dans les longues raies , le double d'ouvrage qu'avec la chaiTue de Brie pour les petits labours, tels que les binages, les découennages, les enfouissages de parc et de grains, dans les terres légères, et le tiers dans les terres fortes et compactes pour lesquelles il convient d'ajouter un troisième cheval au têtard, si on veut des labours profonds, tels que les défonçages et lesgrosretaillages; — 2° que les deux l'aies qu'elle ouvre, lorsqu'elle est bien conduite., sont parallèles, bien suivies et parfaitement égales en largeur comme en profondeur; — 3° qu'on peut donner aux raies telle dimension qu'on veut, attendu que la charrue se braque et se (^i"èra<7«(? à volonté ; — 4° qu'elle se maintient très-bien en raie; — 5° que la manœuvre est simple et facile une fois qu'on est parvenu au clegré d'entrure que l'on veut donner; — enfin, que tout charron de village peut la monter, démonter et réparer facilement. »
D'un autre côlé, il faut reconnaître que dans les labours profonds elle est sujette à s'engorger; — elle présente quelque embarras pour l'enfouissement des fumiers longs , et elle demande beaucoup d'appHcation de la part du conducteur, attendu qu'elle pourrait ouvrir une raie plus haute que l'autre, si on n'avait l'attention de bien fixer à sa place la haye du second soc, de manière à lui faire prendre autant de terre qu'à celui de devant; — elle éprouve plus de difficultés qu'une autre dans les terrains qui contiennent des blocs de pierre.
La charrue à double soc et h pied ( fig. 254), ainsi nommée à cause du piea M qui sert à
Fig. 255.
A.THrclAUkT. X.
régler l'entrure du soc , a été introduite en Flandre, il y a une douzaine d'années, par
M. le baron Dewal de Barouville. — Ellfi se distingue particulièrement de la charrue
AGRICULTURE : FAÇONS GÉNÉRALES A DONNER AU SOL
belge ou brabançonne ordinaire par un second coutre L et Un second soc I.— A, mancheron ; — BB, queue de la charrue emmortaisée dans le sep et dans la haye; — C, haye ou flèche; —D, montant emmortaisë par le haut dans la haye et par le bas dans le sep;
— E, sep à semelle de fer; — F, grand contre; — G, grand versoir; — H, soc en fer, forgé comme le versoir, dans lequel entre le sep, où il est retenu par une cheville implantée de bas en haut devant une traverse qui réunit ces deux parties au-dessous dudit sep;
— I, second soc ayant en petit la même courbure que le grand et dont la partie postérieure est courbée en forme de versoir et est portée par une branche de fer qui traverse la hâve; - L, petit coutre ; — M, pied en fer, courbé à sa partie inférieure pour glisser sur la terre, et élargi dans le sens du travers de la haye d'environ 9 centimètres, pour porter sur' plus de terrain et ne pas enfoncer; — N, crémaillère; — O, anneau de fer sur lequel tirent les chevaux et qui sert a régler la profondeur; — P, boulon fait , à sa partie supérieure, en forme de marteau pour pouvoir s'en servir au besoin : en le changeant de trou ( voy./g". 255 ), on fait prendre à la charrue des raies plus ou moins larges ; — Q, lien de fer qui ne peut se voir que dans la fis. 255 : il est rivé solidemeut par deux -^ " Fig,