DES LABOURS A L'AIDE DES EXTIRPATEURS
cxtirpateiir est à une seule roue, ainsi que l'indiquent \ch Jîf(. A et B. On le dirige à l'aide de deux mancherons eniniortaisés à tlroile et à gauche dans un châssis disposé de manière à recevoir la double chaîne du tirage. — Attelé d'un seul cheval, soit qu'on l'emploie à arracher le chaume, à pidvériser la (erre, ou à houer entre les rayons du blé, il parcourt, terme moyen, trois acres anglais par jour (l'acre est à rar()ciit de 48,400 pi. de France comme 1000 à 12G2).
yl l'aide de ce Léger instrument, M. Beatsûn arrive, dit-il, depuis plusieurs années, à de fort bons résultats sur ses propriétés. Toutefois, sans vouloir attaquer en rien sa théorie, bien qu'elle semble pécher à son point de départ, aumoins par exagération; sans révoquer en doute le succès obtenu dans une localité particulière, il resterait à savoir si, partout, les mêmes expériences seraient suivies des mêmes résultats, et c'est ce dont il est permis de douter quandon songe, d'une part, que le labour de l'extirpateur ne peut ouvrir la terre aux influences atmosphériques, ni aussi complètement, ni, en général, aussi profondément que celui de la charrue, et, de l'autre, comme l'ont déjà prévu la plupart de ceux qui ont fait un usage suivi d'un tel instrument, que son emploi est assez souvent ou très-difficile ou à peu près impossible sans labour préalable; — difficile, par exemple, lorsqu'un sol qui offre une certaine ténacité est seulement uu peu sec ou un peu humide, parce que, dans le premier cas, les socs, même les plus étroits, ne peuvent bien pénétrer dans la masse, et, dans le second, parce que l'instrument s'engorge à chaque instant ; — impossible lorsque le terrain contient en quantités appréciables des pierres ou des cailloux de quelque grosseur.
11 serait donc déraisonnable de prétendre remplacer la charrue par l'extirpateur, ou même de vouloir établir une lutte d'importance entre elle et lui; mais il n'en est pas moins vrai que la part d'importance de ce dernier, ainsi que j'ai cherché à le faire voir peut être en trop peu de mots, est encore assez belle pour attirer l'attention des laboureurs, comme elle a attiré, depuis une vingtaine d'années surtout, celle des agronomes les plusdistingués de l'Angleterre, de l'Allemagne et de la France.
Les extirpateurs diffèrent des scarificateurs et des herses, parce qu'ils portent des espèces de socs horizontaux comme ceux des charriu's, à la place des contres verticaux ou des dents qui caractérisent ces deux dei'nières sortes d'instrumens.
ÏjH nombre et lajorme des socs varient en raison de la nature du sol. — Dans un terrain facile et uni, il est évident qu'on peut, afin d'obtenir un travail plus rapide, dotmer à l'extirpateur des dimensions plus grandes et multiplier davantage le nombre de ses pieds ; mais si le terrain est inégal, le contraire arrive, et il faut alors, sous peine de voir l'instrument ne pénétrer que partiellement dans la couche labourable, le réduire à de moindres dimensions.
Plus le sol est tenace, plus les socs doivent être pointus et étroits. Cependant on ne doit pas perdre de vue que cette disposition exige
aussi qu'ils soient plus rapprochés, puisque la première condilioii est que la terre soit remuée sur tous les points, et, dès-lors, l'instrument est plus disposé à s'engorger.— Il ne faut donc pas outrer le principe.
Quelquelois on donne aux socs de devant, c'est-à-dire à ceux qui doivent pénétrer les premiers dans le sol et commencer à l'ouvrir, une forn)e plus aiguë et une longueur de tige un peu plus grande qu'aux autres, afin de faciliter leur action et d'empêcher que, durant le labour, le soulèvement plus ou moins fréquent de l'âge ne les empêche de pénétrera la même profondeur que ceux de derrière.
On a cherché dans quelques circonstances à joindre aux socs des extirpateurs de petits versoirs pour approcher le plus possible des effets produits par la charrue; mais on a ainsi rendu le travail beaucoup plus difficile, sans atteindre convenablement le but désiré.
— On a en conséquence renoncé partout à cette disposition.
U'addition de contres dirigés obliquement, du point de jonction de la tige de support jusqu'à l'extrémité antérieure de chaque soc, de manière à fendre la couche arable ave( plus de facilité, est au contraire une innovation fort heureuse, puisquelle diminue incontestablement la résistance. Aussi, quoiqu'elle ait l'inconvénient de compliquer la construction et par conséquent d'augmenter la valeur pécuniaire de la machine, a-t-elle été adoptée en divers lieux.
Ainsi que les charrues et les araires, les extirpateurs marchent avec ou sans avant-train.
— Tantôt ils portent sur trois roues fixées à chacun de leurs angles; — tantôt sur une seule roue adaptée sous l'âge. Celte dernière méthode est aujourd'hui la plus fréquente.
JJextirpateur à socs mobiles de Roville {fig. 261 , 1, 2 et 3) est fort simple. Son châs- Fig. 261.
sis est armé de cinq socs ou pieds, 3 sur la traverse de derrière et deux sur celle de devant.— Les tiges c c n° 1 qui les supportent, se ramifient, comme on le voit, de manière à s'assembler sur le soc par deux rivures. — Ces mêmes tiges sont fixées sur les traverses au moyen de brides en (ér n" 3 serrées par des vis et des écrous, de sorte qu'on peut faire varier à volonté la distance des pieds entre eux. Sur la traverse postérieure, sont boulonnés deux mancherons qui , en se prolongeant jusqu'à
celle de devant , ajoutent encore à la force de riiislruiiieul. L'âge E est également maintenu sur les deux traverses. Il est percé eu F n° 2 pour recevoirle support à roulette G n^liCt terminésur le devant par un régulateur vertical H n° 1 et horizontal n" 2.
Dans ces derniers temps, M. de Dom- BASLE ayant reconnu qii en pratique les extirpateurs à pieds mobiles présentaient l'incou^énie^t d'être assez difficiles à ajuster de manière à fonctiouneravec une régularité parfaite, bien qu'ils eussent d'ailleurs de véritables avantages, il crut devoir en construire de nouveaux à pieds fixes, assemblés dans les traverses au moyen d'écrous, comme cela se pratique généralement eu Angleterre. — Cette construction présente moins d'inconvéniens depuis que l'on construit les socs entièrement en acier, parce qu'ils s'usent beaucoup moins prompttment, de sorte que, par le fait, on n'éprouve presque jamais le besoin de les rapprocher.
L'extirpateur à cinq pieds mobiles et à socs en fer, à établir sur un avant-train ordinaire de charrue, coûtait lOô fr. — Le même, avec roue sous l'âge pour remplacer l'avant-train, 120 fr. — A pieds fixes el à socs entièrement en acier, il ne coûte dans le premier cas que 87 fr. ; — dans le second que 10.5 fr. — Chaque pied de rechange est du prix de 11 tt. Vexiirpateur de M. de Valcoukt ( ^ff. 262 ),
Fig. 262.
FAÇONS GÉNÉRALES A DONNER AU SOL. liv. i".
isolément et leurs ailes;— PR, coutre-scarificateur;— Q, scarificateur.
Deux des extirpateurs anglais les plus estimés, sont ceux de Wii.kie et de Hayward. Le 1" {fig. 263 ), dont le bâtis est entière-
Fig. 263.
qui a été adopté à Grignon, où on le fabri-
3ue, est à cinq socs. Il pourrait en avoir deux e plus dans les terres légères. — Dans l'origine il était sans support sous l'âge, mais, depuis quelques années, on lui a ajusté une roulette qui facilite sa marche sans augmenter le tirage; car elle ne sert, à proprement parler, de point d'appui lorsqu'elle est bien réglée, que pour tourner la machine quand il en est besoin, et pour la rétablir dans sa position première si elle venait à en dévier, cas assez rare, puisque, une fois rntrée en raie, elle peut marcher à peu près seule.
A, âge ou haye; — B, régulateur; — C, roulette;— JJ coutresscarificateurs droits placés devan t les pieds el remplacés, dans les terrains pierreux, par des contres courbes, P,R; — H H, pieds des socs; — OO, clavettes quelquefois remplacées par des brides; — K, pointe des contres-scarificateurs emboîtant l'extrémité du soc; — L, ailes du soc; — N, mancherons; — M, point d'attache de la volée}— G, socs vus
ment en fer. est à trois roues et à un seul manche. Il porte en tout neuf socs solidement boulonnés, de manièixj qu'il soit néanmoins facile de les enlever lorsqu'ils ont besoin de réparation, et de les remettre en place. Il parait qu'à ces socs on substitue parfois des roues coupantes pour préparer les labours des terrains engazonnés, ou des contres auxquels l'inventeur a donné l'une des formes indiquées dans les détails de la figure, afin d'ajouter \aJorcede tension à celle de la simple résistance. En effet, on doit considérer un pied d'extirpaleurou de scarificateur comme un levier dont le point d'appui est en A, la puissance en B et la résistance en C. Dès-lors on comprend combien sa position plus ou moins inclinée à l'horizon, peut et doit modifier son action dans le sol.
L'extirpateur deîLxYWXVii}{/îg;.2G4) se com-
Fig. 264.
pose d'un châssis en bois A, sur lequel sont fixés, à laide d'écrous, onze socs à pied, six sur le derrière et cinq sur le devant; — de deux mancherons BB; — d'un âge C adapté à un avant-train D, sur lequel on peut, à vo lonté, l'élever ou l'abaisser pour régler l'entrure des socs ; — de deux petites roues à jantes très-larges CC, dont les pivots tournent dans les deux branches d'un bras en fer qui peut glisser verticalement dans la traverse postérieure du châssis, également dans le but de permettre de modifier la profondeur du labour;— enfin, de deux chaînes FF servant à tirer le cadre carrément, bien qu'elles lui permettent néanmoins de s'incliner un peu plus d'un côté que de l'autre, selon que l'exige l'inégalité du terrain. Les roues de l'avanttrain sont portées sur des bouts d'essieux eu fer fixés par des boulons aux extrémités de l'essieu en bois.
A l'aide de cette machine disposée de manière qu'on puisse enlever, pour la conduire dans les terrains argileux, d<:ux des socs de