‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 114 sur 304 · CHAP. 6^ DES LABOURS A L'AIDE DES RATISSOIRES ET SCARIFICATEURS · texte numérisé non relu

CHAP. 6^ DES LABOURS A L'AIDE DES RATISSOIRES ET SCARIFICATEURS

chaque extrémité, ce qui réduit le nombre des autres à 7, on donne, en des terres précédemment remuées à la charrue, de légers labours qp.i peuvent toutefois augmenter progressivement de profondeur assez pour atteindre le fond de la raie.

De ces divers extirpateurs, le plus parfait, celui qui peut se prêter le mieux à tous les travaux qu'on est eu droit d'attendre de ces sortes d'instruîviens, est évidemment celui de M. DE Valcoubt; mais sa con)plication le rend dispendieux. Celui de Roville, tel que je l'ai décrit, avec la tige antérieure du pied du soc qu'il serait facile de transformer en un véritable contre, me parait, à cause de sa simplicité même, devoir être généralement préféré dans la pratique.

Art. h. — Des labours à la ntissoire.

Quoique les ratissoires soient plutôt des instrumens de jardinage que de grande culture, cependant on a pu parfois les introduire avec avantage dans cette dernière. En Allemagne, il n'est pas sans exemple qu'on se serve de ratissoires à cheval, de préférence à la charrue, pour déchaunier les champs de blé et pour donner les labours de jachère. On les emploie aussi pour aplanir ou régaler le terrain dans lequel se trouvaient précédemment des plantes butées. — Dans le comté de Kent, au dire d'YouNG, on s'en sert habituellement pour donner, après la récolte des fèves, une culture destinée à empêcher les mauvaises herbes d'envahir le sol jusqu'au moment où il peut être labouré et ensemencé en froment ; — pour préparer les semailles de spergule, de raves, de sarrazin , maïs, etc., etc. —Ce travail, sur les terrains légers ou encore ameublis profondément, donne oes résultats satisfaisans, et se fait avec promptitude sans exiger une trèsgrande force de tirage.

Il est évident que plus la lame des ratissoires a de longueur, plus la quantité de terre labourée à la fois est considérable, mais aussi plus le tirage augmente et plus les inconvéniensqui résultent ou peuvent résulter de la di^position et de la nature du terrain, sont sensibles. — Ces lames ordinairement sont ajustées plus ou moins obliquement sur une monture , selon qu'elles doivent pénétrer plus ou moins en terre. — Deux manches servent, conjointement avec un âge portant sur un avant-train ou sur une simple roue, à maintenir la direction et à régler la profondeur du labour.

Dans la ratissoire à cheval {fig. 265), la

Fig. 265.

roue A est emmanchée comme la poulie d'un puils. Elle p'Tte une lige mobile dans l'age,

au moyen de laquelle on peut modifier l'entrure de la lame; — celle-ci B est maintenue fixement par deux montans emmortaisés dans une traverse qui sert de point d'appui aux mancherons. — A l'extrémité antérieure del'age ou de la flèche C,se trouve un anneau destiné à recevoir les traits d'un cheval ou d'un âne.

La drague a claie, dont il a été parlé ailleurs, est un nouvel exemple du parti qu'on peut tirer des ratissoires dans la grande culture.

Art. III. — Des labours au scarificateur.

Les Jf«r//î'<:a?e«rj diffèrent des extirpateurs et se rapprochent des herses par l'absence des socs qui caractérisent les premiers et la présence de contres qui agissent à la manière des dents des dernières. Aussi, on les confond parfois avec elles. — On les emploie en des circonstances assez différentes : parfois ils précèdent la charrue dans les délrichemens pour faciliter son action ; — le plus souvent ils remplacent avantageusement la herse pour les façons qui suivent les labours. — Au printemps, on les emploie, comme les extirpateurs, sur les champs qui ont perdu leur guéret,et qui commencent à se couvrir de mauvaises herbes. — La même chose a lieu avant les semailles d'automne. — Sur des terrains profondément an.eublis par d'anciens labours, tels, par exemple, que ceux qui ont donné l'année précédente une récolte de racines, et qui n'ont pas été travaillés depuis, les scarificateurs peuvent remplacer avec économie la charrue. — Ils le peuvent encore avec un avantage bien

Elus grand sur les jachères dont le principal ut est la destruction des mauvaises herbes. Les machines aratoires auxquelles on devrait réserver le nom de scarificateurs, sont tantôt à un seul support, comme certaines araires, ou à plusieurs roues fixées aux angles de leurs châssis; tantôt à avant-train. — Elles ont des contres tranchans, fixés de diverses manières sur un bâtis muni de mancherons, et portant un âge à l'aide duquel on peut modifier leur entrure.

Le scarificateur Guillaume ( fig. 266 ) est

Fig. 266.

formé d'un plateau solide M, destiné à fixer les 5 coutres, dans chacun desquels on a pratiqué 3 trous propres a recevoir une double clavette qui sert h le maintenir, et, selon la place ^qu'elle occupe, à iui donner

plus ou moins de longueur en terre. — Le sabot N empêche le plateau de poser sur le sol. — Ce scarificateur est construit de manière à être adapté à un avant-train de charrue Guillaume ou de toute autre charrue, avec la seule précaution de tenir la haye bien dioite en la fixant sur la sellette. La bride O maintient une chaîne qui doit être attachée au crochet des armons.

Dans les ateliers de M. Guillaume cet instrument coûtait 100 fr.

Le scarificateur de Coke {fig. 267), décrit et

Fig. 267.

figuré dans l'ouvrage de F. E. Molard, se dislingue surtout des autres scarificateurs connus, par l'arc de cercle en fer F qui sert à mainteoir, au moyen de chevilles en même métal, les côtés latéraux Dà l'écartement voulu.— Ces mêmes côiésD sontfixés à charnière en E sur la pièce du milieu qui reçoit ellemême la bride de tirage à son extrémité antérieure et les mancherons à son extrémité postérieure. — Le nombre des contres, auxquels on peut substituer des socs, est de 8. Le scarificateur Bataille {fig. 268} est

Fig. 268.

une modification de l'extirpateur Beatson. Comme il est destiné à être traîné par 2 et 3 chevaux, on a pu lui donner un plus grand nombre de pieds ou plutôt de coutres, car il ne porte pas de socs. Au châssis en bois, sur lequel sont boulonnés les coutres, on a joint une sorte d'avant-train élevé sur 3 roues, dont celle de devant peut tourner en tous sens pour faciliter le travail du conducteur et des animaux à chaque changement de direction.

Depuis quelque temps l'usage de cette machine, vulgairement connue sous le nom de herse, s'est répandue chez plusieurs propriétaires qui en font un cas mérité. Son action réunit à l'énergie la promptitude d'exécution.

Le scarificateur Geffroy {fig. 269) se rap-

f roche encore davantage dans sa forme de extirpateur Bealsoa lien diffère cependant essentiellement, non seulement par l'absence 1

Page 1