‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 118 sur 304 · DES LABOTIRS A L'AIDE DES HERSES ET ROULEAUX · texte numérisé non relu

DES LABOTIRS A L'AIDE DES HERSES ET ROULEAUX

trouve In description et la fip^iMv; dans le Dictionnaire d'Agriculture de Deterviile, est entièrementen fer.

Elle est formée, dit le rédacteur, d'un palonier garni en arrière de quatre boulons de fer, percés d'un trou à leur extrémité, et de dix morceaux de barre de fer de 8 à 9 p<>. (0" 217 à 0^ 244) de longueur, percés également de trous à leurs extrémités et armés d'une forte dent recourbée dans leur milieu. Ces morceaux de barre de fer sont assemblés en quatre rangées; savoir : de trois, de deux, de trois et de deux, au moyen de verges de fer qui passent par les trous indiqués. 11 est évident, ajoute-t-on, que toutes les parties de cette herse étant mobiles en tous sens, elle embrassera mieux le terrain chargé de pierres, de taupinières, démettes, elc, etc., et, par conséquent, arrachera mieux la mousse des prairies, les mauvaises herbes des champs, et brisera mieux les mottes sur lesquelles ses dents passeront successivement.

Sous quelques-uns de ces points de vue, il n'est pas douteux que la mobilité des diverses parties de la herse ne soit un avantage; mais, quant à la propriété qu'on lui suppose, et qui serait en définitive une des plus importantes, de mieux briser les mottes, on aura sans doute quelque peine à y croire, si on fait attention que, dans une herse assemblée fixement, chaque dent reçoit quelque chose du poids de la machine entière, tandis que dans celle-ci il doit arriver, par suite de la mobilité des verges d'assemblage, que ce poids est disséminé de manière à produire un moindre effet.

La herse courbe {fig. 275) est employée

Fig. 275. Fig. 276.

dans le département d'Indre-et-Loire sur les labours en billons. Elle se compose de deux pièces de bois parallèles de 6 po. (0"" 135) de courbure et dune longueur proportionnée à la largeur du billonage. — Son manche est percé pour recevoir l'attache d'un palonier.

La herse à double courbure {Jîg. 276 ) est utilisée dans les mêmes lieux que la précédente pour herser deux billons à La fois. Sa

construction serait, du reste, à peu prés la même, si, à cause de sa plus grande étendue en largeur, il n'était nécessaire de la consolider par deux traverses.

La herse double cou.be {fig. 277) est

encore destinée au hersage des billons.-^ On voit que ses deux parties sont réunies par deux a-jineaux en fer, l'un un peu plus grand que l'autre. Le nombre des dents varie sur chaque traverse de deux à quatre. — Les traits de tirage s'accrochent à dfenx anneaux, et, à la partie postérieure de l'instrument, sont deux cordes venant aboutir à un bâton servant de manche pour diriger les herses et les soulever, s'il y a lieu, afin de les débarrasser des herbes qu'elles entraînent

Art. V. — De l'émottage au rouleau.

Dans les pays de bonne culture, lerouleau vient souvent à l'aide de la herse pour briser les mottes qui ont résisté à l'action de cette dernière, ou du moins pour les enfoncer dans le sol et les soumettre ainsi à l'effet d'un second hersage; aussi voit-on souvent ces deux insirumens se succéder sur le même champ.

Dans les localités argileuses, d'une culture difficile, les rouleaux p» uvent donc être considérés comme inslrumens de labour, puisqu'ils servent à diviser la terre. Dans les contrées sablonneuses, au contraire, leur principal but est d'affermir le sol, de le plomber et d'unir sa surface, afin de diminuer les effets de l'évaporation et de faire en sorte que les semences puissent être réparties plus également.— De même que l'on herse avant et après les semailles, on doit donc rouler aussi, en des circonstances bien plus fréquentes qu'on ne le croit généralement, non seulement pour préparer la terre à recevoir les graines, mais encore pour la disposer favorablement après qu'elle les a découvertes.

Les rouleaux destinés à effectuer les plombages ont une surface unie. — On les construit tantôt en bois, tantôt en pierre, et tan tôt en fonte. Leur poids doit augmenter proportionnellement à la légèreté ou à la porosité du sol.

Les rouleaux destinés à briser les mottes sont, au contraire, tantôt profondémentcannelés, armés de pointes nombreuses ou de disques coupans; et tantôt formés de liteaux métalliques angulaires, placés à (luelque distance les uns des autres, parallèlement ou perpendiculairement à l'axecylindrique dont ils forment la circonférence.'

A poids égal, il est évident que plus un rouleau est court, plus son action est énergique, puisqu'il porte sur un moins grand nombre de points de. la surface i\u soi. On commettrait donc une faute si. pourabréger la durée du travail, on augmentait la Ion-

AGRICULTURE : FAÇONS GÉNÉRALES A DONNER AU SOL

giieur d'un tel instrument aux dépens de son diamètre.

La plupart des rouleaux sont mis en mouvement à l'aide d'un châssis de bois ou de métal dans lequel les deux extrémités de leur axe sont emboîtées. — La forme de ce châssis, dont les figures suivantes donneront une idée, varie au j^ré du constructeur, sans que les modifications qu'on lui fait éprouver puissent exercer une influence notable sur l'action du cylindre. — 11 est aussi des rouleaux qui ne porti-nt aux deux bouts saillans de leuraxeque deuxauneauxtouruansmunis de crochets, auxquels on fixe les traits de til'age.

Les^^. 278 et 279 représentent deux de

Fig. 279. Fig. 278.

ces rouleaux; le premier est en bois dur et pesant, le second est en fonte.

Le rouleau à demi-chnssis {fig. 280), tel qu'on l'emploie dans Fig. 280. plusieurs de nos dé-

partemens du nord , ■y est le plus souvent en bois, quelquefois en pierre ou en fonte , ainsi que le suivant {fig- 281) qui est compris dans un châssis complet. — Lorsque ces

Fig. 281.

rouleaux ont été fabriqués en bois, on leur donne des châssis en bois ; lorsqu'ils sont en pierre ou en fonte, on les monte en fer.

Les rouleaux unis, très-pesaos, peuvent servir, comme les antres, à briser les mottes. Ce[)endant, on a remarqué, particulièrement sur des terres fortes qui contenaient encore un peu d'humidité, que la pression qu'ils exercent uniformément peut être excessive, puisqu'on s'est vu parfois contraint de les faire suivre par l'extirpateur, la herse étant insuffisante pour rendre au sol la légèreté suffisante. Les rouleaux à pointe ou à surface cannelée n'ont pas le même inconvénient.

Le rouleau dit brise-mottes de Guillaume {fig. 282 ), porte un grand nombre de dents en bois, carrées, ioniques de 5 po. ( 0™ 135 ) environ, et de 2 po. (0™ 054) d'équarrissage. Il se compose, du reste, de deux tirans A A, unis par deux traversp^; ?, , sur lesquelles est boulonnée la limonière D U dont l'écar-

tement est maintenu par la barre E. — Ce rouleau est du prix de 100 fr.

Fig. 282.

Le rouleau à disques coupans {fig. 283) est Fig. 283.

formé d'un cylindre en bois, sur lequel se trouvent enfilés et fixés de diverses manières des anneaux lamellaires, tranchons à leur circonférence. — On l'emploie dans quelqnt's localités de préférence au scarificateur pour faciliter un premier labour dans les friches ou les terres enherbées. — Ce rouleau a sur les scarificateurs l'avantage de moins fatiguer l'attelage et d'agir par sa propre pesanteur. Aussi, non seulement doit-on l'exécuter en bois très-lourd, mais a-t-on jugé nécessaire de le surmonter d'une boite, susceptible de recevoir divers objets d'un poids considérable, ainsi que l'indique \aifig. 284. Le rouleau à pointes

en fer ( fig. 285 ) peut être employé non seulement pour briser énergiquement les mottes après un labour

Fig. 285.

récent, mais encore pour ameublir des terres anciennement labourées, et les préparer à recevoir la semence, soit qu'elles aient été accidentellement plombées outre mesure par les pluies, soit'que le temps les ait durcies. Comme dans l'exemple précédent, les dents doivent avoir de 4 à 5 po.(0'^ 108 à 0"' 1 35) de longueur. Elles sont rangées par lignes parallèles équidislantes et disposées de manière à se trouver en quinconces. Le nombre des lignes varie nécessairement avec Je diamètre du cylindre.

M. MoLARD, de l'Institut, a reçu autrefois de Suède, et perfectionné avec un grand succès, un rouleau auquel il a conservé le nom

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DES ENSEMENCEMENS ET PLAJVTATIONS

de son pays. Le rouleau suédois, dont on peut voir un modèle au Conservatoire, est armé deliteaux de fer qui sont fixés parallèlement entre eux et à l'axe du cylindre, de manière a pouvoir être déplacés et changés au besom avec une grande facilité. Le châssis est surmonté d'un siège propre à recevoir le conducteur. — Cette machine excellente, considérée sous le seul point de vue des résultats qu'on peut en obtenir, est malheureusement trop ciière pour se répandre dans la pratique ; elle vaudrait environ 400 fr.

Enfin, M. de Dombasle a aussi inventé un rouleau dit squelette {fig. 286), d'un prix bien moins élevé, quoique d'une grande puissance ; celui-là coûte 160 fr. et pesé 250 kilog. Il est entièrement en fonte, sauf le châssis en bois sur lequel sont fixés les coussinets de l'arbre du rouleau; — la limonière est fixée sur le châssis au moyen île boulons; — l'ar-

bre sur lequel sont assemblés les disqu.-s composant l<'S rouleaux est on fer; parmi ces disques les uns sont en fonte et terminés à leur circonférence en forme de coin, et les antres plus petits servent à consolider l'assemblage et à maintenir les premiers à une distance convenable; des boulons, traversant le rouleau dans toute sa longueur, servent encore à consolider le tout.

Fig. 286.

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