FAÇONS POUR L'AMEIJBLISSEMENT DU SOL
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de plantes, si cell<;s-ci par la verdure de leurs
feuilles ne tranclient pas avec la couleur du
sol; et c'est ordinairement le cas des premiers
binages.
Mais passé cette époque la houe à cheval peut toujours fonctionner. Celle qui est le
f>lus généralement usitée aujourd'hui pour es plantes semées en lignes espacées d'au moins 18 pouces, est assez simple dans sa construction {,fig. 337). Le soc a est placé à rig. 337.
l'extrémité antérieure de la branche médiane. A celle-ci sont attachées deux ailes ou brandies latérales bx, qui reçoivent les couteaux ou lames recourbées deq. Les deux, ailes s'éloiiînent ou se rapprochent à volonté, selon que l'exige l'espace qui existe entre les lignes. Elles ont un mouvement de va-et-vient sur leur pivot à la partie antérieure, et se fixent immobiles à la partie postérieure par le inoven de la traverse horizontale en fer //", qui est percée de trous correspondant à ceux pratiqués dans les branches latérales, et destinés les uns et les autres à recevoir une cheville pour maintenir l'assemblage. Cet instrument est, chez M. Rosé, du prix de 55 fr.^
Le soc affecte différentes formes, selon la nature du sol et le but que l'on se propose. « Les socx ronds, dit Borgms, ou a angles oblus, coupent mieux les mauvaises herbes. I,es soca pointus offrent moins de résistance, et on les emploie lorsque le but est seulement de remuer la terre. Les socs triangulaires sont propres à travailler un champ sans herbes. On les emploie aussi quand on vent diminuer la résistance que la machine doit vaincre. »
Lorsque, parla négligencedu cultivateur, ou par l'erfetae cirroiistances qu'il n'a,pas été le maître d'éloigner, la terre s'est tellement durcie que le soc antérieur ne peut plus entamer la superficie, quelques habiles cultivateurs de l'Allemagne et du midi de la France font précéder la boue à cheval A'wm herse aman cherons (Jîg. 338) dont les dents très-pointues Fig. 338
I,orsque les lignes des plantes sont peu espacées, on rapproche les baiTes latérales de la houe à cheval, de sorte que b'S lames de (voy. /?'j;^.337)et leurs correspondantes se '•roisent. Alors les herbes coupées se logent entre les deux tranchans et mettent bientôt l'instrument hors de service. Pour éviter cet inconvénient, M. DE DoMBASLE a remplacé la lame d et sa correspondante 7, par deux Ibrtes dents en fer; et pour empêcher la lamee de s'entrecroiser avec celle qui lui est opposée, il a fait percer un trou x pour y placer cette lame; hormis le cas dont nous venons de parler, ce trou est absolument inutile.
Si, au moyen de cette modification, l'instrument ne pouvait encore fonctionner, en raison du peu d'espace qui existerait entre les rangées, on emploierait avec un avantage marque le hinot du lord Rocki.-vgham Uig. 339), qui ne se compose que d'un seul pied.
Fig. 339.
On s'en servait avec succès à la ferme de la Meilleraye. Il faut avouer néanmoins qiie l'emploi'd'un homme et d'un cheval pour biner une si petite superficie ne doit être guère moins dispendieux que le bina.ge à la main. La houe à cheval écossaise ijig. 340 ) est un Fig. 340.
et un peu inclinées en avant, déchirent la surface du sol. Cette première façon rend le binage plus facile et plus parfait; die pernul en outre d'opérer, quelle qu'ait été la yécher«sse antérieure.
excellent instrument qu'un seul ciieval jicut conduire : on peut régler et conserver la profondeur voulue au moyen de la i-oulette qu'on élève ou qu'on abaisse à volonté. Dans les terrains difficiles, on |)eut enlever un ou plusieurs des socs, et leur substituer, ainsi qu'à la roulette, un ou plusieurs contres , comme dans les extirpateurs ou cultivateurs. La conduite de ces divers instruniens ne |)résente aucune difficulté réelle, pourvu que l'opération s'exécute en temps propice. "Je pourrais, dit M. de Dombasie, réduire à une seule les précautions nécessaires pour qu'on obtienne eonstamnieiit un plein succès dans l'emploi de la houe à cheval, lorsqu'on pos-
sède un instrument bien construit et dirigé avec quelque altenlion. Cette précaution consiste a saisir avec diligence l'instant favorable à l'emploi de l'instrument , relativement à l'étal du sol, des plantes qui composent la récolte, et surtout des plantes dont il s'agit d'opérer la destruction. Il est certain que si l'on a laissé passer cet instant, si la croûte delà terre s'est durcie, si les mauvaises herbes sont assez avancées dans leur végétation pour avoir développé des racines fortes et nombreuses, la houe à cheval fonctionnera <le manière à donner à l'observateur l'idée d'un fort mauvais instrument, et elh; ne sera presque d'aucun service dans de telles circonstances. Mais, si l'on surveille avec attention l'état du sol et des plantes nuisibles dès l'instant de leur germination, il n'arrivera presque jamais que l'on ne trouve un instant propice pour donner entre les lignes une culture parfaite , c'est-à-dire pour remuer et ameublir la surface du terrain , et opérer la destruction des mauvaises herbes, sans
3ue celles-ci puissent embarrasser les pieds e la houe à cheval par leurs liges et leurs racines. »
« Il ne faut pas se persuader, dit encore le même agriculteur, que l'emploi de la houe à cheval dispense dans tous les cas de tout travail de main-d'oeuvre ; et les inconvéniens qu'on a cru reconnaître à cet instrument ont été quelquefois le résultat de l'opinion exagérée que l'on s'était formée sur ce sujet. Dans beaucoup de cas la houe à cheval dispense presque complètement de l'emploi du travail à la main , mais cela aura rarement lieu les premières fois que l'on emploiera cet instrument, d'abord parce qu'où manque alors d'expérience sur la manière d'en tirer le meilleur parti possible, et ensuite parce que ordinairement le sol est encore fort infesté alors de plantes nuisibles, et ce n'est communément qu'après quelques années d'une bonne culture que le terrain se nettoie assez pour que la houe à cheval suffise seule pour tenir les récoltes sarclées dans un état complet de propreté. Dans des circonstances moins favorables, la houe à cheval diminue toujours beaucoup le travail à la maiu, poui'vu qu'on l'emploie avec quelque intelligence. Mais, lorsqu'on commence à adopter l'usage de cet instrument, on doit prendre la détermination de suppléer, par le travail des ouvriers , à tout ce que la houe à cheval pourrait laisser de défectueux dans les cultures; autrement, on pourra avoir de misérables récoltes, ce qui fera condamner trop précipitamment l'usage d'un instrument mal employé. Mais tout ce travail supplémentaire n'équivaut pas au dixième du binage de la récolte exécuté en plein à la main sur toute la surface du terrain. r>
C'est surtout du binage à la houe à cheval qu'on peut dire avec raison que celui qui met la main à la charrue ne doit pas regarder derrière lui. Lorsque, par la faute du conducteur ou par un accident auquel il est étranger, l'instrument a mal fonctionné, celui qui le dirige n'a rien de plus pressé que de regarder der"ière l'étendue du dégât. Ce-
f)cndant l'instrument marche toujours, et orsque l'ouvrier reporte son attention su»'
ENTRETIEN DES TERRES. liv. i".
sa besogne , il est tout étonné souvent d'apercevoir un désastre plus grand que le premier, et occasioné par sa seule curiosité. Quelle que soit la faute qui ait été commise il ne faut pas s'en inquiéter, parce que le trouble où l'on se met empêche d'être présent à sa besogne. En passant dans la raie suivante, on apercevra aisément ce qu'il y a eu de défectueux dans l'opération, et cela sans détourner ses regards. On avisera seulement alors aux moyens de réparer le dommage commis, si toutefois cela est possible.
On n'attelé qu''un cheval à la houe. Dans les commencemens, lorsque l'auimal n'est pas iamiliarisé avec cette opération par l'habitude et l'exercice , il faut un enfant pour le guider. Mais bientôt il comprend la manœuvre, et un seul homme sufiit alors pour conduire l'instrunicnl et diriger le cheval. Si l'on travaille sur un terrain plat, le crochetqui reçoit l'anneau du palonnier se met au milieu de la crémaillère horizontale qui forme une partie du régulateur. Il est encore peut-être plus essentiel ici qu'ailleurs que les traits du cheval soient parfaitement égaux en longueur. Si, pour remédier à un vice dans la manière d'atteler, on dérangeait le point où le palonnier doit s'attacher naturellement, il y aurait une grande perle de force, et l'instrument ne conserverait jamais son aplomb.
Cette recommandation s'adresse principalement aux cultivateurs qui commencent à faire usage de la houe à cheval , et dont les valets ont besoin d'être surveillés sous ce rapport. — Si on travaille sur un terrain incliné ou en pente, comme l'instrument tend sans cesse à descendre, il est indispensable, pour le ramener à sa position normale, de mettre le crochet un degré ou deux plus à gauche ou à droite, mais toujours dans le sens de la pente, et il est nécessaire, par conséquent, d'en changer la position chaque fois qu'on a terminé une rangée.
On aura soin de régler la profondeur de l'instrument de manière qu'il ait une légère tendance à pénétrer dans le sol. Il serait même à désirer que le soc antérieur fût placé dans un plan inférieur d'un pouce au moins aux tranchans postérieurs.
Pour la houe à cheval ordinaire, comme pour la plupart des instruinens dont le train antérieur ne repose sur aucun soutien, le laboureur, accoutumé à la conduite des charrues complexes, devra bien se persuader qi'c des mouvemens brusques et un grand déploiement de forces musculaires entraveront la marche au lieu de la régulariser. Il n'en est pas ici comme d'une chai'rue ou d'un araire : tout laboureur un peu habile répare facilement au tour suivant la manque faite parla charrue; mais, avec la houe a cheval, le tort causé par le moindre écart n'est plus réparable, puisqu'il a pour résultat définitif la destruction des plantes rencontrées par l'instrument. Il s'agit donc surtout de prévenir ces écarts, et je ne saurais trop répéter qu'il ne faut pour cela qu'un vouloir ferme et une attention soutenue.
Si quelquefois l'instrument est entravé dans sa marche par l'accumulation des herbages qui se sont allachés aux pieds qui la composent, le conducteur enl''^ve le train a n