‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 130 sur 304 · CHAP. 8«. FAÇONS POUR LE NI · texte numérisé non relu

CHAP. 8«. FAÇONS POUR LE NI

térieur en s'appuyant sur les mancherons, et le laisse retoinbt^r vivement : la secousse détache les mauvaises herbes qui se trouvent en avant; il soulève également le train postérieur au moyen des mancherons, et la même manœuvre débarrasse complètement l'instrument. Ces deux mouvemens n'exigent nullement que l'instrument s'arrête. Ils sont d'autant plus efficaces qu'ils sont plus instantanés.

II est rare qu'une seule dent de houe à cheval suffise j)our amener la terre à un état suffisant d'ameublissement ; on approfondit graduellement la culture en passant autant de fois que cela est nécessaire.

Au lieu de composer la houe à cheval de plusieurs lames tranchantes, on a proposé quelquefois de n'en employer qu'une seule. Les instrumens qui présentent cette modification sont fort connus en Angleterre sous le nom de shim, et nous leur avons appliqué la dénomination de ralixsoire.

La grande ratissoirc ( voy. fig. 265, p. 203), armée d'une lame, est d'environ 4 pieds de longueur (l"" 30). Elle ne convient pas évidemment aux binages des végétaux annuels, dont les rangées sont communément plus rapprochées ; mais on peut l'employer avec succès pour cultiver un sol occupé par des végétaux de longue durée et de grandes dimensions, comme certaines espèces de mûriers, le coton, le houblon, etc.

,Une autre ralissoire plus petite^ inventée par AuBUTHNOT {fig. 341), a remplacé long-

Fig. 841.

.TTOYAGE DU SOL.

temps le travail de la houe. Cet instrument est conduit par uu cheval et coupe bien l'herbe entre deux terres. Nous avons déjà parlé des inconvéniens qu'offrent les ratissoires à mains ; celles dont nous parions ici les possèdent au même degré ; elles enlèvent la terre par plaques et ne la pulvérisent point ; aussi ces instrumens sont assez généralement abandonnés.

Sectiomii. — Façons pour le nettoyage du sol.

Art. l*^'. — Delà destruction des mauvaises herbes.

Sans donner au sol aucune façon qui l'ameublisse, la destruction des herbes nuisibles se pratique, non seulement sur les céréales, mais encore sur toutes les récoltes qui ne comportent pas de binages, ou pour lesquelles cette opération n'est plus nécessaire. Ce serait pourtant s'abuser que d'espérer par là obtenir toujours leur destruction complète. C'est avant l'ensemencement, et non après, qu'on doit chercher les moyens de débarrasser la terre des plantes vivaces, bisannuelles ou annuelles qui l'infestent; dans bien des circon-

stances, pour obtenir ce résultat, il faut avoir recours a des cultures multipliées, souvent même à la jachère.

Il est question ailleurs de la jachère en général; nous indiquons ici seulement son emploi pour la destruction des mauvaises herbes. Une jachère d'été, ou, sur les sols légers, la culture en ligne des navels, des pommes-deterre, des vesces, en tenant ces récoltes parfaitement nettes, voilà le meilleur moyen d'obtenir la destruction des mauvaises herbes annuelles. Il faut avoir soin: 1° d'amener à plusieurs reprises leurs semences près de la surface du sol , afin de favoriser leur germination; 2° de détruire toutes celles qui végètent.

L'agronome deRoville a fait un grand usage de la jachère pour opérer la destruction du chiendent {Triticum repens). Cette plante, que tout le monde connaît, est une véritable calamité pour celui qui cultive des terrains légers et siliceux, quoiqu'on la rencontre aussi dans les marnes arénacées. Jusqu'à ces derniers temps on croyait que, pour s'en débarrasser, il était nécessaire de l'arracher brin-a-bria avec des instrumens à main , ou avec des herses et des extirpateurs. Ces moyens sont insuffisans lorsque le champ est infesté complètement, et sont utiles seulement lorsqu'on ne rencontre cette plante que de loin en loin.

Un des meilleurs iustrumenspour ce genre de travail, mais qui a l'inconvénient d'être fort cher, c'est celui nomme paroire {fig. 342).

Fig. 342.

On ne peut mettre en doute l'énergie avec laquelle une telle machine opère sur la terre et sur les racines traçantes qui s'y trouvent. Lorsque les places usurpées par le chiendent sont très-circonscrites, il sera plus économique et plus sûr de le faire arracher avec le béchoir ou bident (Jîg. 343).

Mais toutes ces me- Fig. 343.

sures sont impraticables ou illusoires lorsqu'une grande superficie a été envahie.Sui-

vant M. DE DOMBASLE,

une terre qui se trouve dans ce cas recèle un véritable trésor dont il ne s'agit que de savoir profiter. Avant lui on n'avait pas encore bien étudié les habitudes de celte plante : maintenant on sait qu'elle a besoin plus qu'une autre d'air et d'humidité, parce que sa végétation presque souterraine ne lui permet pas de puiser ces deux élémens dans ratinosphère. On sait également que la fréquente interruption du sol par bandes ou sillons lui est trèsnuisible. Il s'agit donc de la priver d'air ou d'huniidlté, ou de ces tleux agens à la fois. En donnant un labour à une profondeur plus grande (jue celle qu'oiîl atteinte les racines de l'cnneini, on conçoit que les stolones qui étaient à la surface s'en trouveront tellement

éloignes qu'ils manqueront d'air cl ne pourront végéler, et que la végétation do ceux qui sont dans des conditions tavorahlos sera très-limitée dans les bandes qui partagent le sol. Aussitôt que les liges de chiendent nui ont résisté à ce premier labour se hasarderont à poiisser leurs premières feuilles, on profitera d'un moment de sécheresse pour donner un hersage énergique, et, innnédiatement après, un labour. Le hersage a pour bu! de confondre les tranches du labour précédent, afin (jue ces tranches soient coupées par le second coup de charrue: c'est une des conditions du succès, et, ])Our être assuré de "ne pas manquer le but, on aura l'attention <<e ne prendre que des raies d'une très-petite largeur. On laisse ainsi de nouveau le sol sans le herser. Il est rare que ces deux labours suffisent pour détruire le chiendent ;quelquefois il en faut 5, 6 ou même davantage. La perfection consiste à mettre une partie des racines à l'air pour les priver d'humidité, et d'enfouir l'autre à une profondeur telle qu'elle ne puisse végéter. Quel que soit le nombre des cultures, il est indispensable de se rappeler qu'il faut herser avant chaque labour, et que celui-ci doit être fait par un l<'mps sec en coupant les tranches précédentes dans leur milieu et dans le sens de leur longueur. Cette jachère est coûteuse, mais la décomposition du chiendent, l'amélioration (Kl sol compenseront bien largement les frais d'une pareille culture.

ISA^'oine à chapelets ( Avenu precatoria ) est au sol argileux et schisteux, ce que le chiendent est aux terrains siliceux. Je me suis assuré à l'établissement de Coëtbo qu'on peut la détruire par le moyen suivant. On donneun labour aussi profond qu'il est nécessaire pour que toutes les souches de tubercules soient remuées et l'etournées; on donne un coup d'extirpateurpourramener tous les nids à la superficie. Si l'on en restait là, les tubercules reprendraient bientôt une nouvelle vie parce que la terre qui adhère à leur surface leur permettrait de végéter. C'est à enlever cette terre qu'il faut tourner toute son attention. Aussitôt que la sécheresse a rendu le sol meuble et friable, on fait passerplusieurs fois de suite le rouleau suivi d'une herse à dents rapprochées: la terre qui adhérait aux tubercules tombe à la suite des secousses multipliées que reçoivent ceux-ci, et on peut être assiiré de leur destruction si la sécheresse <lure encore quehiues jours après l'opération. ISajant pu faire cet essai qu'une seule fois, et pendant un espace de temps trop court,jen'oseraisgarantir lesuccès dans tous les cas; je rends compte des résultats que j'ai obtenus et des moyens qui les ont amenés.

On emploie encore la charrue ou la jachère pour détruire quelques autres herbes, telles que la Moutarde des champs ou Sap^'t- [Sinapis an'ensis), le Raifort sam<age ( Raphanus ruphanistrum) ; mais ces plantes peuvent être détruites par les menues cultures et par les sar-clages ordinaires.

Il y a dans les céréales venues en terres marneuses et argileuses des plantes qu'il n'est guère possible de détruire par des sarclages. Ce sont celles qui se pro|)agent au moyen de tubercules non pas agglomérés,

ENTRETIEN DES TERRES. liv. i".

comme dans l'Avoine à chapelets, mais isolés. C'est surtout la Terre-noix {Jluniuni bulhocastartum), VOrohe tuhéreux {Orohus tubcrosus), et, pour tous les sols , dans certaines iHîtations, les souches de Topinambour {Helianthus tuberosus). Lorsqu'on a ime pièce infestée de ces différentes plantes, on se trouvera bien d'y faire passer un troupeau de porcs à plusieurs reprises.

AnT. II. — De Vesseiglage.

L'opération qu'on nomme esseiglage a beaucoup de rapports avec le sujet qui nous occupe. Dans les pays où l'on fait beaucoup de méleil , il est rare que dans le blé qu'on veut avoir pur, il ne se trouve quelques épis de seigle. Quelque temps après la floraison, lorsqu'on peut bien distinguer les deux espèces de céréales, on retranche tous les épis de seigle, soit à la main, soit en abattant les têtes avec un bâton.

ART. m.

Du Siirclage proprement dit et de l'écliardonnage.

Le sarclage appliqué aux plantes binées peut être considéré sous deux points de vue : comme préparation du binage, et comme son complément.

Dans le premier cas, on l'emploie pour les récoltes qui se trouvent subitement envahies

fiar une foule de mauvaises herbes, avant que es bonnes plantes soient en état de supporter les secousses des cultures. Les sarcleurs prendront alors toutes les précautions pour ne point fouler les plantes avec les pieds, et pour ne point en déchausser ou mettre à nu les racines tendres et délicates. Comme la récolte est faible et que la moindre négligence lui est préjudiciable dans sa première enfance, il est important d'exiger que les sarcleuses ne jettent point les herbages sarclés sur la véritable récolte qui en serait étouffée; ces sortes de sarclages ont lieu surtout pour les pavois, les carottes et la gaude.

Quand le sarclage vient comme auxiliaire ou complément du binage, on ne doit plus craindre d'arracher les végétaux avec force, parce qu'on remue ainsi la terre, et que C3t ameublissement est utile à la récolte. Un objet sur lequel il faut veiller avec sévérité, c'est d'ari-acher les végétaux parasites avant qu'ils soient en fleurs, à plus forte raison en graines. Il est beaucoup de plantes qui sont encore vertes, même lorsque leurs semences sont mûres; telles sont les Jnsésines {Chenopodium) et les Mercuriales { Mercurialis)^ âoni les fleurs sont très-peu apparentes. Ces deux plantes sont le fléau des terrains riches en humus. On peut placer dans la même cntégorie le Mouron des oiseaux {Alsine média). Celte dernière plante pousse de si bonne heure, est quelquefois tellement abondante, qu'elle ôte tout espoir de succès si on ne l'arrache promptement,et si on n'en emporte les tiges loin du champ.

L' échardonnage des céréales est une opération indispensable. Le Chardon y est ordinairement assez abondant; il ne faut pas se contenter d'en couper la tige; cette plante a des racines très-vivaces et qui pénètrent sou-

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