IV
^-Coiuliliona dépendant des travaux et de la dépense.
Ces conditions sont les plus importantes; la dépense est le seul obstacle absolu à l'irrigation d'un terrain. Avec les moyens que l'on possède aujourd'hui, il n'y a point de lieu, quelque élevé et éloigné de l'eau qu'il Boit, qui ne pourrait être arrosé,' si les travaux e*; la dépense que cefa nécessiterait n'étaient hors de proportion avec le profil qu'on pourrait en retirer.
Il faut donc calculer d'avance, aussi exactement que possible, les frais qu'entraînera l'irrigation, et les comparer avec l'augmentation probable de produit qui en résultera.
Mai heureusement la dépense, de même que les effets de l'irrigation, dépendent de tant de circonstances, qu'il est impossible de présenter aucun chiffre susceptible d'être considéré comme terme moyen, môme le plus vague.
Il y a telle prairie disposée naturellement pour l'irrigation, qui peut être mise en partait état d'arrosement avec une dépense de 10 à 20 fr. par hectare. Ce sont des prairies en pentes ayant une surface unie et pouvant être arrosée nav reprise d'eau ; ou des vallons si favorablement situés qu'avec un faible barrage et une petite digue on peut les submerger. D'autres terrains situés de même, mais présentant des iné{|alités à leur surface, exigent souvent une dépense décuple. Les terrains (jui manquent de pente, et qu'il faut par conséquent disposer en dosscs on billons, demandent des frais très-considérables. La grandeur et la force du barrage, les matériaux que l'on emploie pour le construire, réloigntmeut de la prise d'eau, les difficultés du chemin que parcourt le canal de conduite, sont autant de circonstances aui in-
fluent sur les frais, qui, dans certains cas, peuvent se monlei- jusqu'à SCO fr j)ar hecl., ou même plus haut, lorsqu'on est obligé de faire usage de machines hydrauliques.
Enfin, l'intelligence de l'entrepreneur et l'habileté des ouvriers influent peut-être tout autant que la situation sur cet objet.
Des considérations tout aussi mulliplie'es viennent faire varier le chiffre jusqu'auquel peuvent s'élever les frais, pour qu'il y ait encore avantage à établir une irrigation. Là où les fourrages ont un prix élevé, on peut consacrer une somme considérable à rétablissement d'une irrigation; il en est de même là où l'excellente qualité des eai^x fait espérer une augmentation notable dans le produit de la prairie. On est aussi plus disposé à faire des dépenses dans ce but, lorsque le terrain, par sa nature ou par sa position, serait très-peu productif sans l'irrigation, et lorsque la localité est en j'énéral dépourvue deprairies et peu propreàla production des fourrages artificiels. En résumé, la somme que l'on consacre à l'irrigation peut être d'autant plus forti', que le terrain acquiert par là une valeur plus considérable. L, Moi.L, prof, à Rovillc.
Section iiï. —
Des diverses espèces d'irn'.
galions.
On en distingue de deux sortes: 1° l'irrigation par inondation ou sulimcrsiou; 2° l'irrigation par infiltration. Thaer en compte une troisième, celle qu'on obtient au moyen des eaux que l'on fait refluer à la sui-face du sol.
§ ^^ — Irrigation par inondation
L'irrigation doit varier en raison du i)ul qu'on se propose, et de la saison. Si l'en veut ajouter à la fertilité du sol, il faut procéder par inondation, en employant les eaux vaseuses qui charrientde bonnes terres, etavcc elles toutes les substances fertilisantes qu'elles entraînent en ravinant les terres supérieures. L'irrigation par inondation exige que, nalurellemeiit ou par art, le sol soit entouré, au moins de trois côtés, d'une [)etite digm: qui retienne l'eau sur la place inondée. Elle doit avoir lieu plus généralement à la fin de l'automne et en hiver. Dès que dans celle saison on a retiré les bestiaux des prairies, il faut examiner soigneusement les digues, les canaux, les écluses, faire réparer les dépressions iDdiqu(;es par l'eau; les canaux et les raies d'écoulement demandent uncattenlion toute particulière, parce que le succès de l'opération dépend de la promptitude avec laquelle on peut ôtor l'eau et faire égoutler le sol, dès que l'on eu reconnaît l'urgence.
Aussitôt que ces trat-aux préparatoires sont terminés, il faut introduire l'eau dans la prairie, en aussi grande ([uantilé que possible; on la laisse s'élever le plus que l'on peut; on remarque avec atlentiou les parties défectueuses des différentes rigoles, afin de pouvoir les corriger, ou pendant l'irrigation, si cela est possible, ou après que l'eau sera écoulée. Cette eau doit séjourner le temps
né -essaire pour que le sol soit bien impréjïiîë, et pour qu'elle ait déposé le limon précieux entraîné par elle.
L'eau opère quolquelois le rcf^alemcnt du sol par le baltenieiil des vagues dans les grands venis, ce qui nivrlle les élévations (|ui sont à la surface. Elle consolide, ralTermit le terrain, cl le rend plus conipacle.
Loi-sque Teau coninience h s'éclaircir ou à se putréfier (ce qui est indiqué par nue écume Manche qui se manifeste à sa superficie), il faut Fccoulcr le plus promptemcnt pox.'iblc cl faire bien égoutler la prairie. Ce n'est que lorsqu'elle est complèlemenl ressuyée que l'on doit renouveler l'inondation. Il faul procurer aux prairies cet engrais d'alluvion autant de fois que l'occasion s'en présente j)endant l'hiver, observant toiUefois les pré- «.•aulions indiquées ci-dessus.
Les irrigalions par inondation sont employées avec beaucoup d'avantages pour fertiliser les terres en culture dans les pays méridionaux.
Au prinlemps, surtout lorsqu'il est sec et chaud, il fanl donner une forte inondation d'eau limpide. Suivant Thaer, on peut laisser séjourner l'eau huit, douze, et même jusqu'à quatorze jours, ayant soin toujours de prévenir la putréfaction; quand la prairie est bien ressuyée, donner une nouvelle inondation qui doit durer deux à trois jours, puis une troisième d^un jour à deux, et enfin une dernière d'un jour. Dès que l'herbe commence à s'élever, il faut cesser d'inonder la prairie.
Après la première coupe, si le temps est sec, on peut donner une inondation qui ne doit pas se prolonger au-delà de deux jours.
Le nombre de jours d'inondation indiqué par Thaer ne doit point être considéré comme un précepte absolu : la nature du sol et la température doivent régler le cultivateur; plus le terrain est perméable, plus long temps et plus fréquemment on peut l'inonder; plus il est argileux, moins on doit y laisser séjourner l'eau,
§ II. — Irrigation par Infiltration»
V irrigation par infiltration est très favorable, pendant les sécheresses de l'été, surtout dans les terrains légers et brûlans, et dans les pays méridionaux. L'eau, directement et par sa décomposition, secondée par la chaleur, contribue à la nutrition des plantes; la végétation des régions intertropicales nous manifeste la puissance de ces élémens. Celte espèce d'irrigation convient particulièrement aux marais nouvellement desséchés, dont le sol spongieux et inflammable réclame beaucoup d'eau pour suffire à la nutrition des plantes et à leur développement. Elle est aussi particulièrement adoptée pour les prairies situées sur les bords :'c rivières qui peuvent servir à leur irrigalion.
La fig. S53 donne un exemple de la manière dont on s'y prend pour distribuer les eaux de la rivière sur toute la surface de cette prairie.
Pour obtenirde cette espèce d'irrigation tout le succès désirable, il faut avoir à sa disposition un grand volume d'eau, pendant les cha-
DES ARROSEMENS ET IRRIGATIONS. uv. i".
leurs de l'été, parce qu'elle en consomme beaucoup, tant par l'imbibilion que par l'évaporatinn. D'après de Pertul'is, dans son Ménioiresur l'amélioration des prairies et sur les irrigalions, il faul maintenir les eaux, dans les canaux qui entourent la prairie, à 17 ceiilinièlres au-dessous du niveau du terrain que l'on veut arroser de cette manière.
Fig, 353.
-Irrifration qu'on obtient en faisant refluer les eaux à la surface du sol.
Celte troisième espèce d'irrigation n'est praliipiée que flans peu de localités; elle consiste à faire refluer l'eau dans les tranchées, ordinairement sans qu'elle se répande à la surface du sol. Elle a lieu principalement sur les terrains spongieux et marécageux, après qu'ils ont été desséchés. Cette nature de terre perd à sa superficie l'humidité à tel point que les plantes s'y fanent. Dans cet état, ces terrains tirent un grand avantage de l'eau que l'on fait refluer dans les canaux ou raies d'irrigation, en fermant le principal canal d'écoulement. Alors on laisse séjourner l'eau dans ces canaux ou raies, jusqu'à ce que les terres s}X)ngieuses en soient suffisamment imprégnées, et les plantes rafraîchies, après quoi on ferme le principal canal d'arrosement, et on ouvre les canaux d'écoulement pour que l'eau se retire le plus prompteijiant possible. Cette opération ne proauit d'effet sensible que dans les terrains spongieux et qui absorbent l'eau latéralement.
M, SiSMONDi, dans V Agriculture toscane, nous apprend que l'on répand avec la pelle, sur les champs de blé, l'eau qu'on a fait refluer dans les fossés. L'ouvrier se place au milieu du fossé et jette avec sa pelle, à droite et à gauche, l'eau à mesure qu'elle avance sur lui ; par ce moyen les billons voisins sont arrosés promplement et d'une manière égale.
Section iv. — Des travaux nécessaires pour Virrigation.
Après avoir fait connaître les avantages des irrigations, les conditions dans lesquelles on doit les entreprendre, et les différens modes d'irriguer, nous allons nous occuper des travaux préliminaires, et des
cHAP. 9«. DES TRAVAUX NÉCESSAIRES TOUR L'IRRIGATION.
moyens d'obtenir l'eau au plus bas prix possible en meltant à profit les heureux accidens des diverses localités. Heureuses les contrées où des sources suffisantes d'eau douce, coulant sur des terrains unis, ne laissent au laboureur d'autre soin que de les fixer dans de simples rigoles pour porter dans ses prairies, au moyen, d'une distribution bien entendue, le tribut journalier de leur fraîcheur et de leur fécondité ! — Hors ce cas bien rare, des travaux d'art quelconques sont nécessaires pour parvenir aux arrosemens. Le sage cultivateur ne doit cependant jamais ouolier de balancer les dé|)enses et les produits, les moyens d'amélioration avec les résultats. Si j'appelle la plus grande circonspection de la part des agriculteurs, avant l'entreprise des travaux d'art quelquefois très-dispendieux, n;ais toujours lucratifs quand ils s'appliquent à des irrigations bien entendues, je suis loin de vouloir les effrayer; il ne faut pas croire que dans toutes res circonstances ces travaux soient difficiles a concevoir et d'une exécution très -coûteuse. Il ne s'agit point ici de ces entreprises colossales exécutées en Italie, oui ne peuvent être dirigées que par les nommes de l'art les plus expérimentés, et entreprises par les gouvernemens ou de riches associations; mais des travaux isolés d'irrigation dont l'étendue, beaucoup plus circonscrite, peut être aisément saisie par l'homme simplement intelligent, que souvent le bon sens mdique, et dont la dépense de construction est quelquefois à la portée même des plus petits propriétaires. L'ensemble des travaux destinés à procurer l'irrigation s'appelle système complet d'irrigation. Ce système peut être ou !rès-simple, ou Irès-compliqué, suivant la proximité ou l'éloigoement de l'eau, la facilité ou la difficulté des circonstances locales. Les plus difficiles exigent un système complet d'irrigation qui se compose : 1° des travaux relatifs à la prise d'eau; 2" d'un canal de dérivation ou canal principal d'irrigation ; 3° d'un certain nombre de barrages ou vannes, ou écluses avec empellemens; 4° de maîtresses rigoles ou pi incipales rigoles d'irrigalion; .'>" de rigoles secondaires, garnies de leurs saignées; 6° de rigoles de dessèchement ; 1° de vannes de décharge; 8° de digues latérales.
§ I. — Des travaux relatifs à la prise d'eau.
Ces travaux doivent varier dans la forme et dans les dimensions relativement à la situation et au volume des eaux, et relativement encore au teri'ain que l'on a l'intention d'irriguer.
Ainsi, si le cours d'eau n'est qix'wn faible ruisseau favorablement [)lacc relativeinent au terrain, sa prise <ïea.\y pourra êlre effectuée par un simple barrage en fascines, un balardeau temporaire, que l'on détruit et que l'on rétablit selon le besoin. On ne devrait nulle part, mais surtout dans les montagnes, laisser un ruisseau inutile; au lieu do le laisser se précipiter suivant sa pente nalurelle, pourquoi ne pas le modérer par des (lignes et des dérivations, ot d'un ruisseau en faire èont pour servir à des irrigations
étenduesctmullipliées? pour y parvenir, les moyens sont ordinairement fort simples et presque toujours la dépense très-faible.
S'il s'agit de dériver les eaux ^" une petite rivière et qu'elle présente aussi une position et une pente favorables relativement au terrain, un simple barrage ne serait plus suffisant pour remplir le but; il faut alors employer des barrages ou réservoirs en maçonnerie. Enfin, si c'est wajleuve., les travaux de dérivation deviennent plus compliqués, plus dispendieux, et exigent plus de connaissances théoriques et pratiques.
Quelquefois, dans les prises d'eau sur les rivières, on profite de quelques cataractes naturelles; ordinairement c'est au moyen d« retenues artificielles qui élèvent les eaux. Dans certaines circonstances on peut traiter avec les propriétaires de partie des eaux retenues pour les besoins d'usines et de moulins ; dans d'autres on opère ces retenues au moyen de digues, barrages ou écluses auxquelles on donne diverses formes et pour lesquelles on rmploie <livers matt-rinux , selon les localilés, la largeur, la prolondeiir et la force du courant de la rivière. La /"s'. 354-
Fig. 354.
donnera une idée de l'un de ces barrages.
On peut encore établir un barrage simple et économique, de la manière suivante : On place sur une rive d« la rivière une ou plusieurs pierres appuyées sur le tuf, et aussi élevées que le IxhvI; cela forme un p.etit pilastre nu'on gbiise suffisamment pour empêcher le fuiemeul de l'eau; même chose se fait sur l'auîrc rive; on unit les deux pilastres par une ou plusieurs pierres placées en forme de seuil rez-terrc; au fond, dans la largeur de la rivière, une feuillure de <leux pouces règne uniformément sur les deux pilastres, et, sur le devant du seuil, elle sert d'appui à des planches épaisses de 2 à 3 pou., larges de 9 à 12 pou., qu'on place sur champ l'une sur l'autre, et en (piantité nécessaire pour élever l'eau à la hauteur qu'on désire; si la rivière est large, on enfonce une ou plusieiu's fiches dans le milieu, à l'alignement des pilastres, pour soutenir les planches ; de l'autre côté, elles sont suffisamment appuyées par l'eau ; c'est \n\ vannage couîmode, économique et peu dispendieux.
Lorsqu'on projette un établissement de ce genre, il faut s'assurer avant tout de la possession il/iruitce de l'eau et du sol qu'elle occupe ; car il faut être assuré que les voisin-s au-dessus et au-dessous de vous n'apporteront aucun empêchement à vos travaux projetés. Ces empêchemens sont souvent suscités par les meuniers, parce que ceux qui sont au-dessus de voire prise d'eau craignent qu'elle ne reflue vers leurs rouages; ceux au-dessou-j, (ju'on ne leur ôte l'eau, et d'être forcés de chômer. Ces plaintes ne sont pas toujours justes, mais elles donnent sou-
AGRICULTURE : DES ARROSEMENS ET IRRIGATIONS
\eut lien à des procès dans lesquels les propriétaires snccombent, parce que les apparences ne donnenl qne trop souvent gain de cause aux meuniers. Faisons des vœux pour qu'une législation prompte et précise, dégagée de ces vaines formalités de procédure, juste effroi des propriétaires, détermine d'une manière positive la jouissance des eaux, et concilie l'intérêt de la propriété et celui des usines; car souvent les chicanes que suggèrent l'égoïsme, Tenvieet lacu[)idité, sont plus difficiles à vaincre que les difficultés du terrain. L'ancien parlement de Douai avait successivement établi des réglemens de police très-remarquables sur l'usage des eaux.
On doit en second lieu s'appliquer à him connaître la quantité d'eau dont 0:1 peut disposer dans les diverses saisons de l'année, et prendre pour mesure celle que l'on conserve ou (jue l'on a à sa disposition dans la saison la plus sèche; calculer si elle est en rapport avec l'étendue de terrain que l'on se propose d'irriguer.
Enfin, lorsqu'on est assuré dn la jouissance paisible des eaux, il faut savoir >.\ l'on pourra les faire écouler aussi promplenieril qu'on les a introduites; car, si l'on ne pouvait les égtiutter complètement, on pourrait craindre de transformer sa prairie eu marais.
Le cultivateur qui projette des améliorations fondi'es sur les irrigations doit donc a;^ir avec beaucoup de circonspection avant (le mettre la main à l'œuvre; il doit prendre tous les niveaux dans les diverses directions et à différentes reprises, s'orienter de la manière la plus exacte sur toute la contrée, pour déterminer avec précision les quMutités d'eau que cette contrée peut et doit réunir, quelle en sera la direction la plus favorable, etc. C'est à la fimle des neiges surtout qu'il est important d'examiner les parties du terrain sur lesquelles se dirigent les cours d'eau; lorsqu'il est sablonneux, desétablisseuiensde ce genre donnenl la facililé de faire transporter par l'eau des terres dans les basfonds et de former ainsi une surface unie d'une incliriaison appropriée à l'irrigation.
Quelque sentiment de pratique que l'on ail acquis dans ce genre, par une longue ha blinde dans ces travaux, il ne faut jamais s'en reposer sur elle; il faut .au contraire, avant d'en venir à l'exécution du plan, vérifier chaque opération de nivellement, par sa contre-épreuve, c'est-à-dire en le recommençant là où l'on a lini la première fois. On se convaincra alors combien l'œil peut être induit en erreur, et l'on verra la possibilité deconduire l'eau sur des hauteurs qu'on avait jugées plus élevées qu'elle, et vice ■versa.
Il ne suffit pas de s'assurer de la liauteur des lieux où l'on se propose deconduire l'eau, il faut encore connaître celle des places où l'eau doit passer. Il faut éviter les places basses autant que possible, dût-on même faire des détours considérables. Quelquefois, pour conserver l'eau à hauteur, on n'a d'autres moj'ens que de la faire passer sur des conduits élevés, formés avec de la terre ou a\ec !c3 malériaux le plus à
canal de bois, d'argile, une arcade en maçonnerie avec un aqueduc, lorsque l'eau doit passer sur un terrain profond, un enfoncement, ou même par dessus un autre cours d'eau. Il faut toutefois comparer l'avantage à obtenir avec le prix de revient de l'eau.
Après s'être assuré des niveaux, la première chose qui doit attirer l'attention, c'est cT apprécier la quantité d'eau que l'on peut se procurer, afin de donner au canal principal les dimensions convenables. Quoique la quantité d'eau dont on peut disposer soit petite, on peut cependant en tirer un gran(' parti; pour cela il ne faut que lui donne, l'emploi le plus économique, et la reprendr* ou s'en rendre maître dès qu'elle a produit son effet, et la \erser sur une place inférieure, et ainsi de suite; mais celle pratique demande beaucoup d'attention poui- donner à chaque portion de terrain une pente suffisante pour que l'eau s'étende sur toutes les places où cela est praticable et perde le moins possible de sa hauteur. Il est difficile de dire quelle étendue de prairie peut être arrosée par une quantité déterminée d'eau, puisque les terres eu retiennent plus ou moins, et que les pentes varient à l'infini. Cependant on estime en moyenne que 70 à 90 mètres cubes d'eau, employés iournellement, peuvent arroser un demi-hectare.
Les fontaiuiers mesurent la quantité cCeau par pouces, c'est-à-dire, par ce que laisse écouler un trou cylindrique d un pouce de diamètre, lorsque l'eau se maintient à un niveau < onstaut d'une ligne audessus du bord supérieur de ce trou; celte quantité est égale à ^0 met. 584 cubes par 24 heures. Pour pr( filer de ces données et les appliquer à la mesure de l'eau, il suffit de l'arrêter avec une planche percée «l'une file de trous d'un pouce de diamètre qu'on bouchera et débouchera à volonté
§ II. — Du canal principal ou caual dodédvatioii.
he canal de dérivation est destiné à recevoir les eaux dérivées ou détournées d'un cours d'eau, et à les conduire f^ur les partie? les plus élevées de la prairie, pour Its répandre ensuite sur sa surface. Son tracé est naturellement jalonné ])ar les positions des points les plus élevés du terrain à inonder. Sa pente doit être Irès-ménagée; trop forte, les eaux y acquerraient trop de vitesse, elles ravineraient le canal; Itop faible, les eaux ne joueraient pas avec assez de facililé et pourraient y rester en stagnation. La peute la plus avantageuse paraît être dans les limites de 2 à 4 millimètres par mètre.
Les diverses dimensions du canal seront proportionnées au volume des eaux qu'il doit recevoir; ses bords seront établis en talcs d'autant moins rapides que le terrain aura moins de consistance; dans ceux d'une consistance moyenne, ces talus devront avoir au moins un mètre et demi d'évasement pour un mètre de profondeur. Le canal de déri-
. „ ,...„„^. vation étant construit, dans les cas les plus
te de la terre j ordinaires, on y fait écouler les eaux de la rià j;oitée, i:n ' vière ou iki ruisseau, au uioyeu d'un barrage
CIIAP. J^*.