DES TRAVAUX NECESSAIRES POUR L'IRRIGATION
établi sur son cours immédiatement au-dessous de la prise d'eau de ce canal.
Lorsque plusieurs communes ou particuliers ont des droits sur un cours d eau, ou <jue le canal principal de dérivation est.destiné à l'irrigation de plusieurs propriétés, il faut procéder au partage des eaux. On peut le faire au moyen d'écluses de partage, dans le genre de celle représenléc {Jtg. 355). Dans
Fig. 365.
les pays chauds où les eaux forment la riche^se du cultivateur, on s'est appliqué à en fa re un partage combiné de manière que cliacuu peut en recevoir avec précision et si'ii'eté la portion à laquelle il a droit. Les Maures, habiles en ce genre, ont fait, particulièreuicnt dans le royaume de Valence, des travaux dont les Espagnols profilent encore et dont on doit la connaissance à MM. DE Lasteykie et Jaudeut de Passa.
§ Ht. — Des vannes d'irrigation.
Les vannes cF irrigation sont des barrages temporaires établis sur le canal de dérivation pour en élever les eaux et les forcer à s'écouler dans la prairie que l'on veut arroser. Ils ne doivent exister que le temps nécessaire à l'irrigation. Pour n'être pas obligé de les détruire et de les rétablir continuellement, ce qui serait fort dispendieux, on les construit a demeure sur le canal, mais, suivant sa largeur, avec un ou deux empelleiiiens qu'on lève ou baisse selon le besoin. Alors ces barrages prennent le nom de vannes d'iirigalion.
§ IV. — Des rigoles principales d'irrigation.
Ce sont celles qui prennent l'eau dans le canal de dérivation, et qui, d'api-ès l'exhaussement opéré par les pelles des vannes d'irrigation, les conduisent sur les points les plus élevés de la partie du terrain que l'on veut arroser.
Ces rigoles principales ne .sont pas toujours une partie essentielle d'un système complet d'irrigation. Lorscpie les pentes sont très rapides et qu'il serait dangereux d'arroser à grande eau, le canal de dérivation sert en inènie temps de rigole principale et même de 1 i:;-.)les secondaires. E;;aleine!it, lorscjue lu pciilo du tei'iaiu c:il ia:;cubiblc.uij i;out se
passer de rigole principale d'irrigation, parce qu'on peut arroser le terrain à grande eau, sans craindre de le raviner, en pratit(uant des ouvertures temporaires chaque fois, pour l'irrigation, à travers le relevé des terres du canal de dérivation.
Ainsi, ce n'est que dans les pentes intermédiaires {.\v\v. l'établissement des rigoh s principales d'irrigation devient indispensable pour se garantir de la surabondance des eaux et régler le volume suivant la saison.
Le trace de ces rigoles est indiqué par la pente générale et celle particulière du terrain à inonder, et subordonné à la vitesse convenable <|u'il faut procurer aux eaux d'irrigation; on peut suivre les limites données pour le canal de dérivation.
Quelle que soit' la forme que l'on donne à ces rigoles, il est nécessaire d'en diminuer la largeur à mesure qu'elles s'éloignent de la prise d'eau, afin que k's eaux, en diminuant |)rogressivemenl de volume, puissent y conserver la même vitesse.
§ V. — Des rigoles secondaires d'irrigation.
Ces rigoles servent à distribuer les eaux des rigoles principales sur tous les points qu'on veut arroser, au moyen d'ouvertures que l'on pratique de dislance en distance, ou de petits barrages qu'on forme le plus souvent avec dts gazons.
Dans le Valais, ou se sert pour cet usage d'une petite vanneletle en loie [,fg. o5G) fort Fig. 356.
commode, qu'on place et transporte' facilement partout où l'on veut.
Les rigoles secondaires sont embranchées sur les rigoles principales dont elles forment les ramifications, et fout avec elles des angles plus ou moins ouverts, suivant la pente particulière du terrain. On les multiplie autant qu'il est nécessaire pour arroser complètement les diliérens p(jints de chaque di\ision {fig. 367 ). Ces rigoles ne doivent pas être trop longues, afin que l'eau parvienne à leurs extrémités.
1-our le tracé dts rigoles secondaires on suivra les mcuies règles que pour celui des l'ii-'.oles principales, c'est-à-dire qu'il est subordonné à la pente qu'il convient de donner aux eaux qui doivent y être introduites, afin que dans les irrigations d'eaux troubles, leur vitesse ne soit pas assez grande pour retenir les engiais donl elles sont chargées et qu'elles les déposent sur les dilïéreutes parties de la prairie qu'elles parcourent, et que dans ies irrigations d'eaux claires elles ne puissent les raviner. La pente convenable est celle iiKiitluce piur ies rigolos principales d'irritiaiiou.
AGRICULTURE i DES ARROSEMENS ET IRRIGATIONS--
Tii.vEu nous apprend que ces rigoles se loiit très-promptemeot avec une espèce de boi.lie légèrement recourbée que l'oa nomme pclie à ri^o/e, et une espèce d'oulil destiné "" trancher la terre
des deux côtés, qu'on appelle tranchoir pour les rigoles ( fig. 358 ), ou bien encore avec une charrue adaptée à cet usage.
§ VI. — Des canans d'écoulement.
T-es canaux ou rigoles d'écoulement sont destinés à conduire l'eau dans le lit naturel du cours d'eau; ils doivent être proportionnés à ceux d'arrosement. Il n'est aucune partie, du terrain arrosé dont l'eau ne doive être recueillie par une rigole d'écoulement. C'est la promptitude de cet écoulement qui distingue un terrain arrosé d'un terrain marécageux; et c'est une condition absolue du liaut produit qu'on peut espérer d'une enireprise d'arrosement.
§ VII. — Des vannes de décharge.
Si les travaux d'art que nous avons décrits suffisent pour donner aux cultivateurs les moyens d'arroser leurs prairies, ils sont insuffisans pour les garantir des dommages et des pertes que des crues d'eau extraordinaires peuvent leur causer. Le déversoir, en arrêtant le cours des eaux de la riyière, les accumule au-dessus de lui, et malgré sa largeur, ne pouvant contenir les eaux, celles-ci débordent, leur surabondance dégrade sa relevée, comble les rigoles d'irrigation, «t si ce malheur arrive pendant la végélaliou des herbes, leur rouille sera inévitable.Pour prévenir ce désastre, il faut construire sur le cours du canal, de dislance en distance, et de préférence vis-à-vis des coudes de la rivière qui s'en approchent davantage, des vannes de décharge garnies d'empellemens, dont on lève toutes les pelles pendant les grandes inondations, ou lorsqu'il faut mettre
le canal à sec pour y faire les réparations nécessaires.
Dans les eaux moyennes^ ces vannes servent aussi à maintenir celles du canal au même niveau, et dans les crues ordinaires elles empêchent les eaux de s'élever dans le canal à une hauteur plus grande qu'on ne le désire, le trop plein se divisant par-dessus les pelles de la vanne, retombant dans le canal de décharge, et s'écoulant dans le lit naturel de la rivière.
Celles que nous représentons ont divers avantages et plusieurs destinations : Tune {fig. 359 ) est un conduit en bois qu'une bonde ouvre ou ferme à volonté; cette disposition est nécessaire dans les cas où doux cours d'eau doivent se croiser sans mêler leurs eaux, la disposition et les usages des autres ai, nés (fig. 360, 3G1, 362 et 363 ) n'ont pas Fig. 361.
va
Fig. 362,
Fig. 863.
besoin de description ni d'explication.
§ VIII. — Des digues latérales au lit des rivières.
Les vannes de décharge garantissent bien les prairies de l'inondation du canal d'irrigation ; mais, par l'écoulement rapide des eaux et leur volume réuni à celui de la rivière, elles peuvent en occasioner les débordemens. Si l'inondation arrive en saison convenable et que les eaux soient de bonne qualité, la prairie en sera bonifiée ; mais, si elle arrive en été, lej herbes seront rouillées, et si les eaux sont de mauvaise nature, dans
auelque saison que ce soit, la prairie en sera étériorée.
Pour obviera ces inconvéniens, on peut élever avec le sol même des digues latérales au lit de In rivière. On les établit à une distance de ses bords qui ne doit jamais être moindre que la largeur du lit du cours d'eau, et toujours suffisante pour que ce lit supplémentaire puisse contenir les eaux des plus grandes inondations. Avec des terres de consistance moyenne, il suffira de donner aux sommets de ces digues une épaisseur égale
CHAP. ô"