CHAPITRE PREMIER. — du climat et de son infujence en ACRiciLTUnE
Dans ses rapports avec les lois cie la ve'p;*'lalion el les principes de la culture, l'étude du climat comprend celle de Vatmosphère considérée d'abord en elle-même, puis sous l'influence en quelque sorte accidentelle ou variable, d'un petit nombre de circonstances principales, telles que les altcrnath'es de sécheresse et d'humidité , les chanf^emens de température, et la rupture de l'équilibre élec- ▲GRlCCLTCn£.
triqiic ou , en d'autres Termes, l'action <le la foudre et des orages. Celte étude comprend encore la connaissance des intluencos de la situiition plus ou moins éloignée des piMes ou de l'équateur, et plus on nuMus élevée audessus du niveau de la mer, ainsi (jue celle de V exposition, c'est-à-dire de l'aspect au nord, au midi, à l'est, à l'ouest, etc. i'.a ch;»pilr-e sera complété par l'iiKlicatiou des moyens
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de jn^er du climat d*iii1 pays, par celle des signes et pronostics (jui permettent de prévoir le temps plus ou moins long- temps à l'avance, et de régler en conséquence les travaux agricoles; enfin, par un aperçu du clinial de la France.
Section r*. — De l'atmosphère et de son influence en agriculture.
Le milieu aériforme qui enveloppe de toutes larls le globe terrestre, et auquel on a donné e nom d atmosphèi-e, est formé à'air; il contient en outre <iivers autres corps gazeux , une quaiitilé toujours assez considérable A' eau, du calorique et i\\\ fluide électrique. L'air, qu'on aconsidéré long-temps comme un élément, est cependant composé de gaz ou vapeurs légères invisibles et impalpables comme lui, qui agissent différemment sur la végétation, et que nous devons par consé-
auenl étudier sé[)arément. — Dans son éial e pureté, il contient un peu moins d'un quart de gaz oxigène, et plus des trois quarts de gaz azote. Il est toujours mêlé à une certaine quantité de gaz acide carbonique. — Bien peu de lignes nous suffiront pour faire comprendre l'importance dé ces trois gaz à ceux de nos lecteurs qui ne sont pas familiers avec la chimie.
§ I". — Action chimique.
UaiT- se décompose facilement. Son oxigène se combine naturellement avec une foule de corps. En les pénétrant, il cause leur combustion : il donne naissance aux oxides ou terres qui font la masse du sol arable ; avec l'hydrogène il devient eau. Dans d'autres circonstances, il forme les oxacides, qui jouent dans la nature un rôle de première importance.
Voxigènc fait partie, sous mille formes, de la substance des animaux et des végétaux. Il alimente la respiration des uns , H préside à la germination et au développement des autres, et, même aj)rès la mort, en favorisant la décomposition et la transformation des produits du règne organique, il est un des agens les plus actifs de la vie. — Il se faitdonc continuellement une consommation considérable de ce gaz, et cependant ses proportions ne semblent pas diminuer dans l'atmosphère. C'est aux végétaux, ainsi que nous le verrons tout-à-l'heure, qu'il a été donné de le régénérer.
L'azote est un gaz simple comme l'oxigène, mais ses effets sur la végétation sont beaucoup moins appréciables. On a pu faire germer et vivre des plantes dans des milieux qui en étaient dépourvus. Aussi suppose-t-on généralement qu'il est plutôt destiné à tempérer par sa présence la trop grande énergie de l'oxigène, et probablement des autres gaz nutritifs, qu'a agir par lui-même. — Cependant il abonde dans tous les animaux , et l'on sait qu'il existe dans un grand nombre de substances végétales.
Le gaz acide carbonique est le résultat de la combinaison de l'oxigène avec le carbone, ou l'élément du charbon. Il se forme journellement dans l'atmosphère, non seulement par suite de la fermentation , de la putréfac-
tion , de la combustion et de la respiration , mais encore de la décomposition naturelle on artificielle de certaines substances minérales. — Ce gaz est impropre à la respiration des animaux. Lorsqu'il surabonde dans l'air, il cause rapidement l'asphixie. — Sa destination principale est évidemment de concourir à la nutrition des végétaux. — En présence de tant de causes de production , il serait en effet difficile de trouver celles de l'arbsorption continuelle du gaz acide carbonique qui se fait à la surface du globe, si l'on n'avait découvert que, sous l'influence de la lumière, il est inspiré et décomposé par les organes foliacés des plantes, qui retiennent son carbone et émettent en grande partie son oxig'^ne. Nous chercherons plus tard, en parlant de la nutrition des végétaux, à [lénétrer dans se-> détails ce phénomène, l'un des plus imporlans, je ne dirai pas seulenient de la végétation mais de la nature entière.
Quant aux autres gaz, produits de la décomposition successive des corps, et qu'on voit, comme le gaz acide carbonique, se former et se transformer sans cesse, tels que Vhydrogène à divers états de combinaison, y ammoniaque, etc., elc. , leur influence générale sur la végétation est encore trop peu connue pour que nous ayons à les signaler ici. — Disons cependant que, quoique les expériences des chimistes aient démont ré, d'une manière aussi précise que le permet l'état de la science, que les principes const.iluans de l'atmosphère sont sensiblement les mêmes à des hauteurs et dans des climats fort différens, on peut dans un assez grand nombre de cas trouver des exceptions à cette règle. — Sans parler de ces grottes dans lesquelles le gaz acide carbonique vicie l'air au point de le rendre mortel, de ces vallées dont le sol pestilentiel est en quelque sorte blanchi par les ossemens des animaux qui s'en sont approchés dans leur imprévoyance, personne n'ignore combien des contrées entières sont rendues malsaines par te voisinage de marais de quelque étendue.
A température égale, privés de l'air vif et léger des hautes régions, les végétaux des montagnes réussissent difficilement dans la |)laine, et ceux de la plaine, lorsqu'ils peuvent croître à de grandes élévations, y végètent toujours moins vigoureusement; souvent même ils y éprouvent des variations accidentelles, qui pourraient parfois faire douter de l'identité des espèces. — Les plantes des vallées profordes et abritées languiraient à une exposition découverte; celles des localités marécageuses viendraient mal sur les bords des eaux courantes, et celles de l'intérieur des terres périraient sur les côtes, tandis que le petit nombre des plantes propres aux dunes cesseraient de prospérer, si on les privait des émanations salines des vents de mer.
§ II. — Action physique et mécanique
Mais ces influences ne sont pas les seules que l'atmosphère exerce. — Comme on doit le conclure de la connaissance de sa composition, \air est pesant. Sa pression, pour n'être pas sentie, parce qu'elle se com*