‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 144 sur 304 · I-iL · texte numérisé non relu

I-iL

Le baron d'Homobes Fibmas.

ART. !!■ — Dr. rarrnscment dans les Vosges.

La Société d'émulation du déparlement des Vosges et M. M.-N. Evon ont, tout récemment, publié des détails intéressans sur les irrigations dans ce pays; nous en citerons quelques pratiques intéressantes.

Relativement à la prise d'eau., lorsqu'on ne l'obtient que par un faible filet qui n'arriverait pas au bas de la prairie, on creuse uu bassin destiné à conserver l'eau de la source ; on le cimente d'argile et on lui donne une capacité telle, qu'en ouvrant l'écluse qui le ferme, le liquide puisse mouiller instantanément toute la prairie. Ce |)rocédéest usité vers le sommet des montagnes des Vosges. On conduit dans ce même réservoir, au moyen de rigoles, le purin provenant du fumier et des étables, ce qui ajoute à l'action de l'arrosement.

Dans la construction de digues, on apporte une attention i)articulière à la fondation de la queue, qu'on établit de la maniùre suivante : on dispose et on fixe au fond du lit de la rivière une couche de longues branches de sapin, dont l'extrémité la plus forte, dirigée en amont, est très-inclinée vers le fond du lit, de manière h faire relever l'extrémité opposée; on place ensuite en sens contraire une 2" couche de branches, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'on juge la queue de la digue assez épaisse pour prévenir les fouilles que, sans cela, la cuute de l'eau ferait dans le sol, ce qui entraînerait la destruction de la digue. On construit ensuite celte digue, soit en gros moellons maintenus par des poutres en chêne . soi t en fascinage de branches entrelacées,qu*on entasse entredes files de pieux plus ou moins nombreuses, et qui retiennent parfaitement les eaux, lorsque le sable et les graviers, chassés par le courant, sonl venus remplir les interstices.

On réserve souvent dans ces digues \Miper~ tuis pour le flottage, auquel ou donne une

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largeur et une profondeurvariables, ordinai- ] burder sur rospace de terrain qui les st'pare rement 10 pieds ( 3 mètres 24) d'ouverture, J de la 2" ligne transversale : une partie de sur 18 pouces (0 mètre 48) de profondeur. } l'excédant de l'eau se divise dans les rigoles

Deux poutres sont nécessaires pour former le canal de descente des flottes; ces perluis ont l'avantage de rendre flottables des rivières qui ne le sont pas, et de permettre, en outre, l'écoulement des galets et du sable qui s'amassent en amont dej> digues, et exposent les rives à des débordemens, |)ar suite de l'exhaussement progressif du lit de la rivière.

Deux systèmes de Jormation des prairies existent dans les vallées des Vosges. Suivant l'un, le terrain est disposé en bdions assez convexes, et en planches, suivant l'autre.

La crête de chaque 6///ort est sillonnée longiludinalement par une rigole, et les billons sont, comme ceux des terres arables, isolés par des raies dont la destination est la même et qu'on nomme égouttoirs. L'eau qui entre ''dans les rigoles est déversée en nappe sur les tlancs voùlés du billon,au moyen de tranches de gazon placées de distance en distance dans la rigole, etquine ferment pas son canal complètement. Les égoultoirs,à l'inverse desrigoîes, doivent augmenter de capacité progressivement delà tête à la queue, puisqu'ils servent à recueillir le liquide à mesure qu'il a servi à l'irrigation; souvent l'eau est reprise à ces égouttoirs pour l'irrigation d'un terrain inférieur qui s'en déchargea son tour pouren faire profiter un autre, et ainsi de suite, si le volume d'eau originel le permeta

Tiânsle système d'irrigation par planches, le terrain est divisé en compartimens, au moyen de rigoles longitudinales et transversales, celles-ci 4 fois plus rapprochées que les autres. Dans les rigoleslongitudinale«j, et au niveau du bord inférieur de chacune des rigoles transversales, on arrange un morceau de gazon, de manière qu'il remplisse bien la capacité du canal dans lequel il est placé. Lorsqu'on donne cours à l'eau, elle commence par envahir la tête des rigoles longitudinales, elle rencontre bientôt la ligne de petites digues de gazon qui la forcent à pénétrer dans la première ligne des rigoles transversales ; celles-ci ne tardent pas a dé-

le celte ligne, une autre tombe dans la 2" section du canal des rigoles longitudinales, s'accumule près du gazon qui forme le point de section et se rend dans la 2* ligne ae rigoles transversales qui a déjà reçu la 1"^' partie. L'opération se continue ainsi de rigole en rigole transversale et de section en section, jusqu'à l'extrémité des planches. Une condition pour la distribution de cette eau, c'est un niveau parfait, ce qui ne s'obtient pas toujours facilement, et au défaut duquel on remédie jusqu'à un certain point, au mojen de tampons de gazon. On remplace annuel lement les rigoles transversales par de nouvelles qu'on place un peu au-dessus, en sorte qu'après un certain nombre d'années, toute la surface du terrain a éprouvé cette amélioration, car ou distingue parfaitement à l'herbe haute et touffue la position des anciennes rigoles. C'est de cette manière que sont disposées les prairies qu'on fait sur les laisses de la Moselle .

Dans beaucoup d'endroits il existe des contrats d'association pour la distribution des eaux. Si la prise a eau est assez abondante pour abreuver simultanément l'ensemble des piés désignés dans le contrat, chaque sociétaire ouvre son écluse ou les écluses aboutissant au canal de dérivation, et veille à ce que l'eau se répande uniformément sur sa propriété. Mais souvent le volume d'eau est insuffisant; dès-lors les associés ne jouissent du cours d'eau que tour-àtoiir et pendant la période de temps limitée à chacun d'eux d'après la contenance respective de leur terrain; c'est tantôt un ou plusieurs jours par semaine, ou seulement tant d'heures par jour ; celles de la nuit sont aussi dispensées et employées avec une égale sollicitude. Celui qui n'a pas assez d'eau pour arroser à la fois toute sa prairie, est forcé d'en arroser alternativement les différentes parties.

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