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lières, la saison des pluies est toujours celle où le soleil parcourt la portion du zodiaque qui est du même côté qu'eux de la ligne. — Dans les zones tempérées, on ne trouve plus cette régularité propre aux contrées intertropicales ; mais la moyenne de plusieurs années présente quelque chose d'analogue.
— Dans les pays situés en plaines et loin du voisinage des hautes sommités, la saison des
Pluies et celle des sécheresses se partagent année par deux séries continues plus ou moins égales, comme sous la zone torride, mais limitées avec moins de précision par les influences solaires; le voisinage de grandes chaînes et d'autres causes locales viennent troubler cet ordre et introduire parfois quatre séries au lieu de deux ; de sorle qu'il est vrai de dire alors avec M. de Gasparin , à qui je dois en partie ce qui suit, que sous le rapport des pluies on a quatre saisons. Ces anomalies peuvent s'observer même en France.
Sf nous divisions notre continent en deux portions par une ligne qui passât par les Pyrénées, dontelle se détacherait vers le milieu de la chaîne pour passer à l'ouest de Toulouse, qui suivrait ensuite la chaîne des Cevennes, irait se rattacher aux Alpes, en Dauphiné, en se prolongeant ensuite avec cette chaîne vers l'orient, nous aurions deux climats, l'un septentrional et l'autre méridional. Dans le premier, les étés sont pluvieux ; ils sont secs dans le second,el c'est l'automne qui est la saison des grandes pluies; et. comme si cette ligne faisait en Europe le même effet que la chaîne de montagnes qui sépare la côte de M^alabar de celle de Coromandel, les saisons de pluie et de sécheresse se succèdent au nord et au midi de cette ligne. Yoilà le fait capital qui établit la principale diifé« rence entre les deux climats que nous avons le plus intérêt à connaître et à étudier ici dans leur rapport particulier avec la théorie des assolemens.— M. de Gasparin fait connaître les exemples suivaos : 1° Paris, climat à pluies estivales, à deux saisons régulières ; — 2° Genève, climat à pluies estivales, à deux saisons irrégulières, le voisinage de plusieurs grandes chaînes y introduisant de nombreuses causes d'anomalie ; — 3' Montpellier, climat à pluies automnales, à deux saisons régulières; — 4° Toulouse, climat à pluies automnales, à quatre saisons ; — 5" Joyeuse, climat à pluies automnales, à quatre saisons;
— 6° Padoue, climat à pluies automnales, à
3uatre saisons, le voisinage des montagnes ans ces trois derniers exemples agissant pour introduire les saisons intermédiaires ;
— 1° Marseille, c'imat à pluies automnales, à deux saisons irrégulières, la saison de la sécheresse l'emportant autant sur l'autre par sa durée que celle des pluies dans le climat de Genève.
Dans les climats à pluies d'autopine il y a un très-petit nombre de jours pluvieux en été, et par conséquent la sécheresse est d'autant plus grande que les pluies de cette saison tombent par orages en laissant de longs intervalles entre elles. — Dans le climat de Paris, les pluies sont encore fféquentes jusqu'en juillet inclusivement; on conçoit de quel avantage peut êt'.'f pour plusieurs cul-
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THEORIE DES ASSOLEAIENS.
tures économiques, et notamment pour la culture si importante des diverses plantes fourragères, une semblable disposition. — A. la vérité, on sait que les rosées sont plus abondantes dans les pays chauds que dans le nord, mais il est démontré par des fails positifs que dans aucun cas elles ne peuvent suppléer aux pluies, du moins dans nos régions; d'ailleurs, il est de fait qu'elles deviennent moins fortes en juillet et août, mois pendant lesquels on en aurait le plus besoin dans le midi de la France.
J'ai déjà eu occasion de dire ailleurs ( voy. l'art. Labours) combien ces circonstances réunies apportent de difficultés dans les travaux de préparation des terres. — Dans les climats à pluies d'automne, le printemps est ime saison sèche ou à pluies fort irrégulières ; les semis de mars y étant d'un succès on ne peut plus incertain, les blés trémois y sont a peu près inconnus. — Les blés d'automne ^ croissent au contraire fort bien. Si leur végétation est quelquefois contrariée par le défaut de pluie au printemps, elle est rarement entravée par des brouillards lors de la floraison; par l'effet des vents et du soleil, la paille acquiert une force qui la rend peu sujette à verser; aussi voit-on assez fréquemment des exemples de fécondité bien rares dans les pays à pluies d'été, parce que la tige ne pourrait y soutenir des épis aussi chargés sans se coucher entièrement. Cependant, dans l'état actuel de cette culture qui deviendrait bien plus avantageuse si, à l'aide de récoltes jachères, on pouvait augmenter la masse des engrais et entretenir le sol dans un état d'ameublissement plus parfait, on ne peut se dissimuler que le midi serait pauvre si elle y existait seule. Aussi dans beaucoup de lieux n'occupe-t-elle qu'un rang en quelque sorte secondaire à côté de l'olivier, de la vigne et même du mûrier. — Le premier de ces végétaux offre une des manières les plus avantageuses d'utiliser les terrains d'une nature médiocre; — le second, qui ne couvrait d'abord que les coteaux les plus favorables à la production du vin, s'est peu-à-peu étendu à la plaine, surtr>ut depuis que l'art de la distillation a fait de nouveaux progrès. Les vins de table sont récoltés en grande partie sur les terrains pierreux et caillouteux; ceux à eau-de-vie, aans les fonds gras et fertiles où l'abondance supplée à la qualité. « C'est ainsi, dit M. de Gasparin, que la vigne s'est étendue sur une grande surface, destinée auparavant à la culture des grains qu'elle a remplacés avec avantage. La quantité d'engrais s'est trouvée réduite, les vignes pouvant même s'en passer tout-à-fait ; la sécheresse n'a plus été regardée comme un fléau avec ce robuste végétal, qui va puiser si profondément les sucs et l'humidité de la terre ; les cultures d'hiver de la vigne se sont bien associées avec celles des terrains à blé environnans. et ont offert un utile emploi de temps aux ouvriers des pays qui ne cultivaient que le blé, et qui étaient oisifs dans cette saison. La récolte qui tombe également avant les semailles, a donné les mêmes avan-
tages.... La sécheresse de nos étés favorise la maturité et ne nuit pas à la quantité; les pluies ne surviennent guère qu'après les vendanges, et elles ne sont jamais assez continues pour qu'on ne trouve toujours le temps de les faire; les produits, surtout ceux des vignes à eau-de-vie, s'écoulent facilement et sont payés comptant au moment de la livraison, ce qui permet de réaliser sur-le-champ la rente de l'année; enfin, il n'y a plus de jachère, beaucoup moins de cultures, et le produit net des vignes, dont l'exploitation est aidée par tous les progrès des sciences physiques appliquées à l'art de la distillation, est plus considérable que celui des terres à blé, soumises encore à l'ancienne routine. Dans les régions à pluies d'été, une culture aussi simple serait impraticable (Ij.... » — Le mûrier s'est aussi emparé, depuis une quinzaine d'années surtout, de l'intérieur des champs dont naguère il ne formait que la bordure (2); ses produits sont, selon la réussite habituelle des vers -à- soie dans les différons cantons, ou supérieurs ou égaux à ceux de la vigne, et sa multiplication paraît cependantàpeine proportionnée aux besoins croissans de la consommation.
Parmi les plantes herbacées la garance est une de celles dont la culture se lie le mieux à toutes les convenances agricoles du midi. Elle s'associe très-bien au blé, remplit l'intervalle de repos qui est nécessaire à la terre pour devenir susceptible d'en porter avanta geusement de nouvelles récoltes, et donne ainsi les moyens d'établir un assolement régulier. Malheureusement, si elle réussit parfaitement dans les terrains légers et profonds du bassin central de Vaucluse, grâce aux infiltrations naturelles de laSorgues; sur les bords de la Durance, et dans quelques autres lieux dont la position particulière combat et détruit les effets du climat, il ne peut en être partout ainsi. — Le safran n'occupe qu'une faible étendue de terrain. C'est plutôt un produit de petite que de grande culture. — On peut en dire autant du chardon à bonnetier, quoique cette plante, très-lucrative et qui résiste bien à la sécheresse, ait gagné du terrain depuis quelques années. — Le chanvre est d'une certaine importance pour plusieurs parties des départemens de la Haute-Garonne, du Tarn, du Gers, etc. Mais autant au moins que la garance, il exige des terrains de choix. — Enfin, il est encore un petit nombre de végétaux propres aux arts, dont on peut obtenir des récoltes avantageuses dans quelques localités privilégiées, sans qu'aucun présente une ressource générale pour les assolemeus du midi. Les uns ne peuvent résister aux chaleurs printanières et estivales; les autres exigent plus d'engrais qu'on ne peut leur en donner dans des contrées où les herbages naturels offrent la principale, presque la seule ressource pour la nourriture des bestiaux.
Le grand problème serait donc de trouver des plantes fourragères qui pussent s'accommoder au climat. Partout où l'on a pu le résoudre à l'aide des irrigations ou de tonte
(1) Ce que dit ici M de Gasparin s'applique surtout au Bas^Languedoc.
(2) Priucipalemcut en Dauphioé et eu Lauguedoc.
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autre niauiôvo, il est devenu l'acilc d'i'lahlir do bons assolemeus. Depuis fort l()ni;temi)s, on cultive de la luzerne, du saiiilDÏn el surtout <les vesces et des ortçes coupées en vert, dans nos ch'parleniens méridionaux. Toutefois, le premier de ces lourrages, semé sur une petite «•tendue de terrain, plutôt comme une nécessité, pour avoir quelque peu de bonne lujurrilure à donner aux brebis nourrices <ui aux bètes de travail dans les ternies de travaux, que pour arriver à un système (Passolement général, ne donne pas la moitié des produits qu'on en retire dans le nord et le centre; — le sainfoin, cultivé sui'tout dans 1» vallée du Gardon où l'on prolonu,e sa durée autant que possible, et jusqu'à ce qu'il soit remplacé en grande partie parles graminées vivaces, parcourt peu-à-peu les différentes parties du domaine dont il occupe à l)eine le huitième ou le dixième de la surface, ]>arce que les sécheresses du printemps rendent la récolte presque nulle un an sur trois au moins; plusieurs années se succèdent même trop souvent sans qu'on en obtienne aucun produit, et dans tous les cas le maximum de ce produit se fait attendre jusqu'à Il troisième année. — Le trèfle réussit assez ordinairement quand on parvient à le faire bien lever; mais là se trouve la difficulté. Semé au printemps sur le blé, on ne peut espérer, de le voir germer que dans les années particulièrement humides; semé en automne, les froids de l'hiver le détruisent dans ces climats sans neige plus souvent encore que dans les contrées du centre; — le trèfle incarnat semble admirablement constitué pour le midi, mais, outre qu'il exige un terrain assez riche pour prospérer, au lieu de lui donner de la fertilité il l'épuisé au point d'être suivi d'un blé très-médiocre. Enfin, dans beaucoup de lieux il est entièrement dévoré par les limaces. — Les raves ne peuvent être cultivées en seconde récolle à cause des sécheresses estivales et des ravages des insectes; semées au printemps, elles n'ont pas le temps de grossir; — la pommede-terre donne rarement une pleine récolte, parce que la fraîcheur lui manque pendant sa croissance. — linfin, on peut dite d'une manière presque absolue que toutes les plantes à végétation printanière ne réussissent en quelque sorte complètement que dans des cas d'exception. Or, si l'agriculteur doit nécessairement s'attendre à être frustré tpielquefois de ses espérances par des saisons extraordinaires, peut-on espérer qu'il luttera sans cesse contre l'ordre naturel de son climat, quand il n'aura que ces mêmes saisons extraordinaires pour chance de réussite ?-- Dans le midi, pour changer la face de l'agriculture, il faudrait donc trouver des plantes dont la végétation eût lieu en automne, |)endant la saison pluvieuse. — Nous verrons que les carottes et surtout les b(îtteraves, qui remi)lissent au besoin cette importante condition, ont déjà rendu et sont, je crois, appelées à rendre d'importans services.
Bans les climats à pluies printanières, les ressources du cultivateur sont incontestablement beaucoup plus grandes. Si l'olivier, la vigne et même le mûrier ne lui pi-ésentent plus les moyens de supprimer sans labour