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les stériles jachères, et de retirer du sol, à peu de Irais, de précieuses récoltes; d'un antre côté, il peut étendre à son gré les prairies ou les pâturages naturels: sauf le cas oîi la nature du sol s'y oppose il peut multipliera sou gré les prairies arliliciiîlles et varier leur succession de la manière la plus avantageuse pour ajouter à leur produit et augmenter celui des cultures suivantes; enfin, il peut les intercaler non seulement aux céréales, mais à la plu[)arl des végétaux les plus rechei'chés par leurs qualités nutritives ou leurs propriétés dans les arts.
§ VI. — Influence de la consommation locale.
J'ai dit qu'après la connaissance du sol et du climat dont je crois avoir assez fait sentir l'importance par les exemples précédens, on devait aussi prendre en considération les besoins de la consommation locale. Cette proposition n'a guère besoin de développemens. Il est tout simple en effet de calculer la valeur des produits d'après la facilité plus ou moins grande des débouchés, et de choisir, entre toutes les productions, celles dont la vente est le plus assurée et doit entraîner le moins de frais. Une telle question se rattache à deux autres : la proximité des populations agglomérées ou des fabriques industrielles; — l'état d'entretien des routes et des chemins de communication. — Au nombre des frais les plus fâcheux dans une ferme bien organisée, il faut sans contredit mettre ceux de transport lorsqu'on est dans la nécessité de les trop multi})lier. Si l'on considère d'une part combien le temps est précieux pour le cultivateur qui le sait employer, et combien de l'autre il est important dans diverses saisons de ménager la force et la santé des animaux de trait; — si l'on songe que dans un pays comme celui que j'habite (Maine-et-Loire), où les journées d'iiommes ne sont estimées, selon l'époque de l'année, que 20, 25 et 30 sous, les métayers, lorsqu'ils viennent faire à prix d'argent les labours des terres de la vallée, demandent au moins 12 francs pour le travail d'un jour de charrue, on comprendra combien la dislance, et les moyens plus ou moins faciles de la parcourir, peuvent influer sur le genre de production qu'on doit demander au sol, quelle différence il doit exister entre un pays coupé de canaux ou de routes, de toutes parts accessible au commerce et couvert de fabriques diverses, et celui qui ne jouit d'aucun de ces avantages. — La construction d'une sucrerie de betteraves, d'une distillerie, de moulins à huile, la seule proximité d'un roiitoir vaste et commode pour les chanvres ou les lins, et bien d'autres circonstances analogues, peuvent changer entièrement l'aspect de l'agriculture de Ionienne contrée; et déjà, depuis que l'emploi des prestations en nature a permis aux communes les plus pauvres de réparer les chemins vicinaux, on peut juger de l'avenir que préparent aux départemens arriérés de la France la facilité croissante des transports et des communications.
Dans le voisinage des grandes villes où les engrais abondent, on peut se livrer avec beaucoup plus d'avantage que partout ail-