‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 156 sur 304 · CHAI'. 10'. ]JK LA PRATIQUE · texte numérisé non relu

CHAI'. 10'. ]JK LA PRATIQUE

temps de mûrir, cl afin de permettre de faire les labours pour semer les blés. On conserverait seulement quelques arpens pour graines, et on les remplacerait par fies choux auxquels on ferait succéder une partie des pommes-deterre de la première année de l'assolement, parce qu'ainsi on détruirait, parles façons nécessaires à ces racines, les plantes de fourrage qui pourraient renaître spontanément et nuire à la terre lors des récolles de céréales. — 4" année : Seigle ou méteil.

Dans ce système de culture, le sol serait labouré tous les ans, et fournirait alternaliveinent une récolle de céréale et une récolte fourragère, qui permettrait de donner les i'umures convenables. — Remarquons ici que, dans les assolemens quadriennaux, une seule luiiiure est le plus souvent sullisante; cependant, si le sol était maigre, on pourrait, comme dans l'assolement triennal, donner une fumure et une denii-fimiure à l'aide du parcage ou d'une récolte enfouie en vert.

Dans sa propriété des Barres, qui se com-

f)Ose de terres de nature fort différentes, es unes sablonneuses ou sablo-argileuses, les autres contenant plus de moitié de calcaire légèrement magnésien, <\\x sable et une faible quantité d'argile, M. Vilmorin a adopté un assolement de 4 ans, uniforme pour le temps, mais qui change pour les produits :

1'* année : Jachère avec ou sans récolle sarclée, selon la quantité de fumier dont on peut disposer. — 2" année : Froment, méteil ou seigle. — 3" année: Trèfle ou jarosse, pois gris, vesces d'hiver. — 4'" année : Graines de mars. Le froment et le méteil viennent sur le sol calcaire; le seigle se sème dans les parties sablonneuses. — Le trèfle est loin de réussir partout. Dans la plaine crayeuse il est remplacé avec avantage par des légumineuses d'hiver : la jarosse, le pois gris, les vesces. — Là oii les pommes-de-lerre ne réussissent que médiocrement, le topinambour, qui parait être la plante de prédilection des terrains calcaro-magnésiens , donne d'excellens produits pour les bestiaux. — M.Vilmorin cultive, autant qu'il peut les faire réussir, la luzerne et le sainfoin; mais c'est sur des terres qu'il sort de son assolement, parce que leur succès n'esl pas assuré sur d'assez grandes étendues, pour qu'il ait pu les faire entrer périodiquement dans un cours général de longue durée.

Autrefois les trois quarts du sol étaient en parcours, et comme notre confrère, loin de diminuer ses troupeaux, en a augmenté le nombre, il a fallu suppléer aux pâturages naturels par des pâtures vives, semées en graminées, qui conviennent à chaque portion de la ferme, et dont le produit est parfois décuple de celui des terres abandonnées à la suite de l'assolement. — Il résulte d'expériences répétées, que sur le sol calcaire les espèces qui réussissent le mieux pour la faulx, sont, dans l'ordre de leurs succès, la brome des prés, les féluques ovine et traçante, le dactyle gloméré, etc. etc., et, pour pâtures vives, lefétuque roiige, le poaà feuilles étroites et le raygi"ass. — Sur les sables le choix est njoins liniitérau pj-emier rang se placent le fromenlnl, la flouve odorante, et les deux espèces de IVuqiies ovine et tra^çante; au second le àac-

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tyle, le ray-grass, le poa â feuilles étroites ; en troisièirie \ avena Jlavcscens et !»• poa des prés; en quatrième la cretelle et le brome des prés.

2° En terres plus fortes que légères.

V année : Fèves fumées et binées. — 2' année : Blé, puis trèfle de printemps. — 3* année : Trèfle. — 4" année : Blé, colza d'hiver ou avoine.

1" année : Gesses fumées et coupées en verl. — 2* année : Avoine et trèfle. — 3* année : Trèfle. — 4' année : Blé.

1" année : Choux fumés et binés. — 2' année : Avoine. — 3' année : Trèfle. — 4* année : Blé.

1'^ année : Fèves fumées et binées. — 2' année : Blé d'automne ou de printemps, selon l'état (\u sol. — 3* année : Rutabagas pâturés sur place. — 4* année : Blé d'hiver.

r" année : Carottes, tabac ou choux fumés. — 2' année : Froment. — 3" année : Fèves binées ou colza fumé. — 4* année : Froment ou avoine.

B. Dans le midi.

Si l'on se rappelle ce qui a été dit précédemment en parlant du climat, ou sait combien il est difficile d'établir dans certaines parties du midi un assolement régulier, avec racines sarclées et prairies artificielles. M. A. de Gas- PARiN a cherché à lever cette difficulté. C'est encore à l'assolement quadriennal qu'il a eu recours.

1" année : Betteraves fumées et semées en place, puis binées. — 2" année: Froment ou seigle. — 3* année : Trèfle. — 4* année : Froment ou seigle.

La transplantation de la betterave, telle qu'on la pratique dans le nord, était ici impossible sans irrigation; — le semis en place, a la volée, était fort casuel, à cau«se des pluies battantes et des vents violens qui corroient souvent les terres un peu fortes, au point que les germes périssent sans se faire jour. ]\L de Gasparin évite ce double écueil en semant au plantoir, et en recouvrant de sable fin; par ce moyen les plantes, espacées d'un pied seulement, en tous sens, couvrent bientôl le sol de manière que leur succès est assuré. — Quant au blé qui succède aux betteraves, sa culture offre celle particularité, que, « toujours sous l'influence du climat, il doit être semé en ligne, afin de pouvoir lui donner les façons propres à établir les trèfles d'une manière certaine, quelle que soit la Unipéralure. La graine simplement répandue sortirait nuil, il faut qu'elle soit enterrée, et mise à l'abi'i du vent et du soleil... Un grand rouleau cannelé moule le terrain en sillons réguliers, et non déchirés, comme pourrait le faire la charrue : alors la semence, distribuée h la main par un semeur ordinaire, se j)récipite au fond dos sillons; uncoup declaie les unit, cl le blé est disposé régulièrement. Ce procédé offre de non)breux avantages : la machine est solide et peu coûteuse, les piaules sont aussi bien disposées que par le semoir; les tièflessont immanquables, les blés nettoyés, el une culture qui passe partout pour siilissanle., est de-

venue une cnlUire sarclée et amélioranle du sol.... » Annales de C Agriculture Jrançaise, octobre 1833.

Dans les contrées du même pays où la proximité des coufs d'eau et la disposition des terres permettent de recourir aux irrigations, toute difficulté disparaît, et la culture devient alors plus productive que partout ailleurs. Sous l'influence convenablement combinée de la chaleur et de Phumidilé, il est plus facile là que partouf ailleurs de multiplier le nombre des récoltes en un court espace de temps. La partie de la Toscane, déjà citée dans le § précédent, en offre un exemple surprenant :

1" année : Froment fumé, suivi de haricots entremêlés de maïs pour rames. — 2" année : Froment suivi de lupins enfouis comme engrais. — 3" année : Froment suivi de fourrages consommés sur place jusqu'en mai. — 4' année : Maïs, millet ou sorgho.

On obtient ainsi sept récoltes en quatre ans, et le binage des haricots et l'enfouissementdu lupin permettent de ramener 3 ans de suite le froment. — Peut-être dans quelques parties du département de Tarn-et-Garonne, de la plaine de Nîmes, etc., ne serait-il pas impossible d'approcher d'une si prodigieuse lécondiié.

Les assolemeus quadriennaux, bien préférables, en général, à tous ceux dont nous nous sommes jusqu'ici occupés, présentent cependant encore des inconvénieus même assez gi'aves dans les localités où le trèfle ne réussit que médiocrement, ou dans les terrains que l'on a fatigués de sa culture. En effet, lorsque ce fourrage est admis, il reparait nécessairement tous les quatre ans, et l'on a remarqué en beaucoup de lieux qu'un inter- \alled(; trois ans entre deux cultures de trèfle n'est pas toujours suffisant. — On doit en dire autant de diverses plantes propres aux arts, dont f;n trouve habituellement utile d'éloigner le plus possible les récoltes.

Dans la plupart des cas cependant, ces assolemeus ont, sous d'autres points de vue, non pas seulement en théorie, comme on s'est plu à le dire, mais en bonne pratique, des avantages si nombreux et si réels; — ils forment une transition si facile des rotations triennales avec jachère aux diverses aut res rotation-» sans jachère; — ils procurent une telle économie d'engrais et en utilisent si bien l'emploi : — que, pour mon compte, je ne suis nullement surpris de les avoir vu préconiser avec clialeur par presque tous les agronomes de notre é[)oque. et adopter, même sous le soleil de Languedoc, par les cultivateurs les plus éclairés.

§ iV. — Assolemens de 5 ans.

Les assolemens quinquennaux sont d'une apidication moins générale que les précedens. En les adoptant, il est impossible, sans s'écarter des bons principes, de faiie revenir les céréales plus de deux fois. — Saul quelques cas exceptionnels, un seul engrais ne oeut siiffir»', à moins qu'on ne reco ire au parcage, aux récoltes enfouies, ou qu'on évite toute culture épuisante: — dans les c.is l''.'- plus ordinaires, on trouve.si l on consacre

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trois soles aux plantes fourragères, que cette proportion est trop forte. Cependnnt il est telles circonstances où il serait difficile de trouver une rotation mieux appropriée aux besoins du moment. J'en citerai quelquesuns :

Sur un sol fatigué et sali par le retour trop fréquent ou trop prolongé des blés, et que l'on veut ramener, sans jachères, à sa fécondité première, un ou deux assolemens quinquennaux remplissent parfaitement le but; soit qu'on puisse couvrir deux soles de plantes fumées, binées ou butées, et une troisième de fourrages à faucher en vert; — soit qu'à une sole de plantes sarclées on joigne deux soles de f)rairies artificielles; — soit enfin qu'après avoir fauché une premiè-^e atmée la prairie artificielle, on la laisse une seconde année en pâture.

Dans les localités oii les fumiers sont abondans, où les cultures industrielles sont d'un débit ou d'un emploi facile, et où leur grand rapport dépasse ou balance celui des céréales, les rotations de 5 ans peuvent être aussi fort profitables. Elles se composent alors, tantôt dedeux soles de foui-rages racines et fauchables, ou simplement fauchables en vert; d'une sole de plante oléifère, filamenteuse ou toute autre exigeant des engrais, des binages et des sarclages, et de deux soles de céréales; — tantôt d'une seule scde de blé, et de quatre soles; deux de végétaux propres aux arts et deux de prairies arlific elles.

Enfin, sur déjriche de vieilles prairies ou de tout autre terrain fertile, de semblables rotations peuvent encore servir de transition à un nouvel herbage ou à un assolement différent. En pareil cas on peut, avec un seul et parfois sans engrais, demander au sol des récoltes plus ou moins épuisantes. — Voici quelques exemples :

\° En terres de diverses natures et de consistance moyenne.

V année : Céréale de printemps. — 2® année: Vesces, gesses ou autres plantes à faucher en vert. — 3* année : Culture racine fumée, betteraves, carottes, etc. — A'' année . Céréale d'automne — 5" année : Choux fumés et binés.

1" année : Céréale d'automne. — '1^ année: Fourrage suivi dune seconde récolte enfouie.

— Z" année : Racines sans engrais ei pâturées sur place. — 4" année : Céréale de printemps.

— .5* année : Culture fumée, sarclée, binée ou butée, arrachée de boaue heure en septembre.

r^ année : Culture fumée, sarclée, binée ou butée. — 2" année : Céréale avec graines de prairie artificielle. — 3" année : Pi-airie aitificielle fumée à la surface ou enfouie avant la dernière coupe. — 4* année : Céréale.— à^ année : Antre prairie artificielle sans engrais.

Je citerai de plus :

1"^*= année : Gesses, pour fourrage. — 2' année : Pommes-de-terre fumées. — 3" année : A\oine. — 4" année : Trèfle. — 5* année : Blé.

ï'^" année : Fèves, p;»nimes-de-tt;rre ou chiju.\, fumés. — 2" année : Blé d'automne ov de pi'inteiiips. — 3<^ année : TrèUe, re-

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