TOME I. 4l
ait cherché d'auti es niovens de cousorvalion des blés.
On trouvera ci-après les indications rehitives à la conservation en si/os.
Nous terminerons cet article en cherchant à donner une idée d'un grenier dit perpendiculaire, de l'invention de sir John Sinck.vir , qui parait avoir élë emplové avec succès en Angleterre, et qui est maintenant en essai dans le domaine de M. le comte d'Auberville, à Fontenay en Brie (Seine-et-Marne).
Ce grenier, comme on le voit par les élévation, coupe et plan {Jïg. 456 et 457), est
Fig. 450.
Fig.457
un bâtiment de forme carrée, ouvert, à sa partie supérieure, par une espèce de lucarne avec balcon saillant et poulie pour le montage des sacs, et à sa partie inférieure par une porte destinée à retirer les grains. Dans la partie intermédiaire, les murs sont percés, à des intervalles convenables, pardes ouvertures en losange de 11 à 13 centim. (4 à 5 po. de côté), qui se correspondent exactement pour les 2 murs opposés. De chacune de ces ouvertures à celle qui y correspond, règne intérieurement nn conduit ou rigole renversée, formée par 2 planches. Enhn, audessus du rea-de-chaussée est un plancher lorme par plusieurs trémies débouchant dans une plus grande, laquelle se ferme ou s'ouvre à volonté auifïMoyeu d'une trappe à coulisse.
ATION DES RÉCOLTES. lîv. i".
I Mainlcnanl, si, celte trappe élant fermée, j on em{>lil le grenier de blé par sa partie supérieure, il restera sous chacune des rigoles renversées un vide par lequel l'air extérieur circulera et rafraîchira conslanjni^nt la masse du blé. Remarquons, à ce sujet, que les ou\erlures qui y correspondent dans les nuirs sont: 1" en pente, de l'intérieur à l'extérieur, de façon à ne pas donner accès à la pluie, à la neige, etc.; 2" et fermées de treillis en toile métallique, pour empêcher l'introduction des oiseaux et même des insectes.
De plus, si, pour retirer une quantité plus ou moins considérable de grains, on ouvre la trappe de !a trémie inférieure, toute la masse du blé sera mise en mouvement, et d'autres parties que celles qui précédemment étaient en contact avec l'air, an moyen des rigoles, ariivercnt à leur tour à ce contact, ce qui permet de nettoyer en tres-peu de temps la masse entière du blé, et de le remuer dans toutes ses parties sansbeaucoupdedifficultés. On ne peut méconnaître ce que cet appareil a d'ingénieux et en môme temps de simple, au moins eu apparence. Il ne parait pas non plus que Texécution et la manutention doivent avoir rien de difficile ni de fort coûteux. C'est à l'expérience à prononcer sur les avantages ou les inconvéuiens qui peuvent en résulter; et c'est pour mettre les agriculteurs, curieux de t;es sortes d'expériences, à même de s'en rendre compte, que nous avons consigné ici les indications qui précédent
Tout ce que nous avons dit précédemment relativement aux greniers à blé s'applique également aux Greniers à avoine^ si ce n'est que cette dernière espèce de grain étant proportionnellement moins pesante, il est possible de donner un peu plus de hauteur aux
couches. GOCRLIEB.
§ II. — Des fosses de réserves ou silos.
Lorsqu'on réfléchit aux conséquences désastreuses des disettes et aux incouvéniens des brusques variations dans les prix des grains qui servent à la nourriture de l'homme, on reconnaît qu'il n'est pas, pour l'économie sociale et la prospérité d'une nation, d'objet plus intéressant qu'un moyen de conservation des céréales, propre à rendre, en quelque sorte, unitorme et indépendant des accidens des saisons, le cours de cette denrée de première nécessité. On ne saurait donc s'étonner des recherches nombreuses qui ont été faites sur les silos, pour guider avec sûreté les propriétaires et les cousmerçans qui veulent conserver leurs récoltes pendant un certain nombre d'années, ou se livrer à des spéculations sur le commerce des grains.
L'usage d'enfouir les grains dans des fosses de différentes formes pour les conserver, remonte aune antiquité très-reculée, et a été mise en pratique dans beaucoup de contrées diverses. Ou peut citer comme modèles eu ce genre les silos égyptiens et romains, qui sont bien connus; ceux en usage dans l'Afri(|ue, l'Asie, en Chine ; enfin, les silos hongrois, les caisses hollandaises, les magasins suisse^, etc. M. de Lasteyrie, qui, dans ses voyages, avait reconnu l'utilité de ces sortes
cnAP. 121 DES FOSSES DE RESERVES OU SILOS. 323
de greniers d'abondariciî et leur économie / couverts d'une toile imperméable, étaient à
■ ■ . . I l'abri des injures du temps, sans êtic privés
d'air; bientôt, desséchés par une clialeur
douce cl uniforme, on pouvait sans crainte
les enfermer dans les silos.
Les Chinois emploient à cet usage leurs éluves ou hari^s : ces appareils se composent d'un fourneau placé dans une cave, d'un conduit de chaleur qui se rend dans l'éluve, et de conduits pour la fumée ; la chaleur produite dans le fourneau, poussée par l'air extérieur et attirée par la raréfaction de celui de l'éluve, s'engouffre avec rapidité dans reconduit de chaleur, se répand dans l'éluve, échauffe toute la chambre el le blé qui y est renfermé; celui-ci y sèche parfaitement; les insectes (ju'il renferme sont détruits, et il devient incapable de germer, de fermenter ou d'être altéré dans les silos.
En Hollande^ à Haarlem, par exemple, oa emploie à cet usage une tourelle construite en briques, au milieu d'un pavillon attenant au magasin général des vivres; sa hauteur est de 5 m., son diamètre de 2 m. 20. Au bas
pour la conservation des grains pendant (h iongrics années, s'est beaucoup occupé de ce sujet en 1819. M. Decazes a favorisé, pendant son ministère, des essais qui eurent lieu, en divers endroits, à la même époque; M. Tekinaux, de son côté, a fait d'autres tentatives très-nombreuses et fort en grand, dans son parc de Saint-Ouen, depuis 1820, et tout Paris a pu assister à ses expériences et aux procès-verbaux qui en ont été annuellement dressés par la Société royale el centrale d'agriculture.
Depuis cette époque, l'enthousiasme qui s'était emparé des esprits a semblé se refroidir; les ravages causés par l'alucite, et constatés à l'ouverture de l'un des derniers silos de Sainl-Ouen,ont pu y contribuer. Cela doit donner à penser que, pour obtenir des silos, comme les Anciens, un mode de conservation des grains sûr et pour un temps indéfini, il convient de commencer préalablement par l'épuration du grain et la destruction de sa propriété germinative. C'est dans ce sens, el en nous aidant des travaux oe la tour est un fourneau, doù partent des
de M. DE Lasteyuie, de Ternaux et d'une îJolice très-complète publiée par M. Perrot dans CArchitectb de 1832, que nous allons indiquer les procédés d'épuration qu'on
f>eut employer, et tracer un aperçuxies silos es plus recommandables.