‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 195 sur 304 · LIV. l · texte numérisé non relu

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elles du couloir. Il sera facile de faire à ces d<sposilions les modifications nécessitées par la disposition desbâtimens.

§ m. — Conservation dans les silos.

Les procédés de conservation que nous venons de décrire ne conviennent guère qu'à la petite culture. Quand on récolle une grande quantité de racines, il n'est pas possible, ou du moins économique, de construire des caves ou des celliers d'une dimension suffisante. Aussi, dès qu'il a été prouvé que V enfouissement dans la terre est un moyen de conservation aussi sûr que facile, tous les agronomes se sont-ils empressés de l'adopter. Il est résulté de l'introduction des silos un autre avantage auquel on n'avait pas songé; c'est qu'on peut, parce moyen, utiliser les forces des animaux dans un moment où ils sont ordinairement peu occupés. En effet, l'époque où l'on transporte les racines dans les caves ou dans les celliers est également cidle oii s'exécutent les ensemencemens d'hiver, opérations qui sont encore aujourd'hui les plus importantes de l'agriculture européenne. Par le moyen des siios, établis dans le champ même, on u'a pas besoin des attelages, qui alors se i-eporteut tout entiers aux travaux des semailles. Lorsqu'arrive la saison rigoureuse, les animaux de travail sont occupés utilement au transport des racines nécessaires à la consommation ou aux opérations industrielles.

Le silo^ dans le sens le plus étendu de ce mot, est un monceau de racines recouvert d'une couche de terre suffisante pour empêcher l'introduction de la pluie qui les ferait pourrir, — de l'air qui provoquerait la germination, — et de la gelée qui en désorganiserait le tissru.

Dans les commencemens, et ceci a lieu encore dans certaines parties de la Belgique, on pratiquait dans le sol une excavation circulaire ou quadrangulaire dans laquelle on empilait les racines jusque près de la superficie, et on refermait l'ouverture avec de la terre amoncelée en forme de cône {fig. 465).

Fig. 465.

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Mais on ne tarda pas à s'apercevoir, surtout dans les terrains légers et sablonneux, que l'eau pénétrait jusqu'aux racines et en déterminait la putréfaction. Il y a d'ailleurs un inconvénient inhérent à ces sortes de silos, c'est qu'on ne peut les visiter souvent et facilement, en sorte que, si la décomposition des plantes commence à la partie inférieure, l'on ne s'aperçoit du dégât que lorsque la •otalité est détruite, et lorsqu'il n'est plus temps d'y porter remède. Il fallait d'ailleurs une assez forte dépense en main-d'œuvre

pour déplacer une aussi grande masse de terre.

Ce furent les Anglais qui les premiers songèrent à construire les silos en partie hors de terre, et en partie dans le sol même- On commence par ouvrir dans le sol une tranchée {fig. 466) sur une largeur de 4 pi.

et à une profondeur de 2 pi. ; on la prolonge aussi loin que l'on veut. Au fond et sur les côtés on met une légère couche de paille, indiquée par une ligne spéciale qui la représente. On met alors les racines dans l'excavation; une fois arrivé au niveau du sol, on élève le monceau en talus. Il faut que ce talus soit naturel, c'est-à-dire formé sous un angle de 45" : plus aigu, les racines s'ébouleraient; la terre dont on les couvrirait se soutiendrait mal, et finirait par tomber lorsqu'elle aurait été travaillée par les gelées: plus obtus, les pluies, n'ayant pas assez de pente pour s'écouler rapidement, pénétreraient dans le silo, le dégraderaient et feraient pourrir les racines. Lorsque le talus a été ainsi formé, on couvre le tout d'une légère couche de paille, et on creuse les fossés sur une largeur de 15 pou. en jetant Ja terre qui en provient sur la paille, ce qui forme la couverture de terre BB, laquelle aura au moins 18 pouces d'épJisseur. Les fossés seront creusé.s à quelques pouces plu5 bas que le fond inférieur de la tranchée où sont les racines. Ainsi l'humidilé, de quelque manière qu'elle arrive, ne peut séjourner longtemps dans le silo, parce que l'eau cherche toujours à descendre au point le plus bas qu'elle puisse atleindre.

On a soin de battre fortement à la pelle la le/rt? rappoi'lée contre le talus, afin que les premières pluies ne puissent l'entraîner. Pour prévenir cet inconvénient, lorsque la terre a trop peu de consistance, on plante de distance en distance des ramilles qui la retiennent. Ces ramilles sont encore d'un grand secours pour empêcher la neige d'être balayée par les vents. La neige empêche tellement les grands froids de pénétrer dans la terre, que souvent on a vu des racines qui en étaient abritées, lever et croître pendant les fi'oids les plus rudes. Les silos anglais se construisent ordinairement près des cours et des habitations : le plus souvent on les fait à demeure, c'est-à-dire toujours à la même place. Ainsi, les frais d'établissement n'ont lieu qu'une fois.

Cependant il est des circonstances où la culture des racines, entreprise sur une trèsgrande échelle, ne permet pas de construire ainsidessilospermanens, parce qu'il faudrait faire le sacrifice d'une trop grande étendue de terrain, et qu'ils ont l'inconvénient, signalé loul-à-rheure, d'exiger un transport

caAf . i2«. CONSERVATION DES RACINES.

immédiat. C'est particulièrement le cas où se trouvent les cullivateiirs qui ont annexé à leur exploitation une fabrique de sucre de betteraves. Ainsi, il n'est pas rare de trouver des cultures où un hectare suffirait à peine pour l'emplacement des silos; on comprend qu'il faudrait, pour ce seul objet, perdre anmiellement la valeur d'un hectare ou davantase.

Dans ce cas, on fait le silo dans le champ même, au bord des chemins les mieux entretenus; et, au lieu de creuser dans le sol une excavation, on dispose simplement les racines sur la terre {fig. 467 ) : on couvre le ta-

gelées ne déterminent pas .a décomposition des autres.

§ IV. — Autres moyens de conservation.

lus de paille ou de toute autre substance sèche et de terre, comme dans le précédent ; la terre employée à la couverture se prend très-près du tas, ce qui forme tout autour uneri^ole qui empêche la stagnation de Thumidilé dans le tas. La terre dont on s'est servi ainsi pour couvrir les silos forme un assez bon engrais qu'on a soin de disperser sur les parties environnantes.

On s'est aperçu que les racines amoncelées dans les silos fermentent quelque temps après la mise en tas, et que souvent le résult;it de cette fermenlaliou, c'est la décomposition d'une plus r,u moins grande partie des produits. Pour empêcher cette fermentation^ J ou du moins pour en prévenir les suites désastreuses, on pratique dans la partie supérieure des silos, des soupiraux ou cheminées Fig. 468. A (Jig. 468 ). On pren d

deux tuiles creuses, l'M tronc d'arbre percé que l'on fait reposer sur l'arête formée par la partie supérieure du silo; parce moyen, l'air est continuellement en contact avec les racines : à l'approche des grands froids, on ferme l'entrée avec de la paille ou d'autres substances.

Lorsqu'il arrive des gelées longues et opiniâtres, on ne doit pas manquer de visiter souvent les silos, afin que, si quelque partie était attaquée, on put immédiatement l'utiliser. Lorsqu'on redoute les suites d'un froid rigoureux, on fera bien de répandre sur les silos une légère couche de paille ou de fumier long. Lorsque les gelées sont passées, si elles ont occasioné quelques dégâts, on s'en aperçoit immédiatement : les racines attaquées perdent leur eau de végétation, diminuent de -volume, et au-dessus d'elles la couverture de terre s'afiaisse. Il ne faut pas balancer; on démonte le silo, on trie les l'acines qu'il contient, afin que celles qui sont

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On a remarque que toutes les plantes du genre Chou et du genre Navet sont moins sensibles au froid que la plupart des autres racines. Ainsi, il est rare de voir geler des rutabagas, et, après l'hiver, on trouve souvent des navets qui n'ont pas été attaqués par ta gelée. On a fait à ce sujet une remarque importante, c'est que les plantes qui n'ont point parcouru tout le cercle de leur végétation résistent mieux au froid que celles qui seraient complètement mûres, lorsqu'on les laisse sur le sol sans les arracher; et on a remarqué, au contraire, que les plantes récoltées avant maturité, et mises en silos, contractent plus facilement la pourriture. Cette vérité a paru dans tout son jour à l'automne 1834, Une foule de fabricans de sucre, qui avaient commencé leurs récolles de racines en septembre avant la maturité, ont perdu beaucoup de ces produits serrés avant l'époque convenable, tandis que les autres se conservent fort bien.

Ainsi, pourles crucifères qui produisent des racines charnues et qui ne sont pas avancées dans leur végétation, on peut se dispenser de les récolter avant l'hiver. Ce cas se présente fréquemment dans les récoltes dérobées, telles que navets semés dans du sarrasin et des féverolles, ou, après du seigle, du froment, etc. On les laisse à eux-mêmes jusqu'au printemps; alors, quand la végétation commence à se réveiller et les tiges à monter, on arrache le tout pour en affourrager les animaux.

Si l'on avait besoin de ces plantes pendant le courant de l'hiver, on pourrait les arracher, les entasser modérément sur le sol, en ayant soin de les couvrir avec leurs feuilles après les avoir décolletées, ou mieux de les amonceler sans les dépouiller de leur feuillage, pourvu que celui-ci soit étalé de manière a servir de couverture.

On pourrait encore rentrer les racines cruci/ères dans des granges, des hangars, ou même dans des cours. Elles se conserveront très-bien, pourvu qu'on ne fasse pas de gros monceaux, et qu'à rap|)roche des grandes gelées, on les couvre d'une légère couche de paille; dans le Limousin, où l'on consomme une grande quantité de raves, onse contente de les rentrer dans les granges et de couvrir la superficie des tas avec de la menue paille de sarrasin. Les cultivateurs qui en usent ainsi assurent n'avoir jamais eu à regretter la perte d'une seule racine.

§ V.— Couservation des racines destinées à la nourriture de l'homme.

Tout ce que nous avons dit jusqu'alors ne peut guère convenir qu'aux produits employés à la nourriture des auiraaux domestiques; les racines que l'on réserve pour la consommation de la ferme, ou pour être conduites au marché, seront serrées dans un local où l'on puisse en prendre journellement la provision nécessaire sans beaucoup de travail, et sur-

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AGRICULTURE : CONSERVATION DES RECOLTES

tout sans dérauger les autres racines. On a ordinairement, pour cet objet, une serre obscure, dilGjard/n d'hiver. Les racines de chaque espèce sont stratifiées par lits allernalils avec (lu sable sec. Elles conservent ainsi toute leur fraîcheur, et les qualités qui les distinguent ou les font estimer ne sont nullement altérées par le contact d'autres objets.

Le meilleur moyen de conservation, c'est certainement la dessiccation, puisqu'elle a pour résultat l'évaporation de l'eau de végétation, laquelle est un agent puissant de désorganisation. Mais on ne peut employer ce moyen que dans des cas très-rares, et sur de petites quantités. C'est ainsi que, dans certains cantons, on dessèche les oignons et les carottes, que l'on expédie sur la capitale pour les apprêts culinaires. On se sert, pour cela, d'une étuve ou d'une touraille à drèche.

La dessiccation est encore le seul moyen de conservation employé pour certaines plantes commerciales, telles que lagarance et la rhubarbe ; nous en parlerons a la culture spéciale de ces plantes.

A?iT0i2VE, de Roville.

Art. IV. — De la conservation des fruits.

Il appartient à rHORxicuLTCRE et à l'Éco- NOuiE DOMESTIQUE d'indiqucr les moyens de conserver, pendant plus ou moins longtemps , les fruits qui parent nos desserts à diverses époques de l'année. Ici, nous devons nous borner à quelques préceptes généraux applicables aux fruits que les agriculteurs peuvent avoir occasion de récolter en grandes masses, tels que les pommes, les poires, les châtaignes, les noix, les olives et quelques autres. Les moyens spéciaux de conservation comme de récolte, de quelques-uns de ces fruits, li-ouveront place dans les articles qui traiteront des détails de leur culture.

Il est généralement reconnu qu'on doit laisser sur les arbres le plus tard possible, jusqu'en novembre si les froids le permeltent, les fruits dont l'usage doit se continuer pendant longtemps. Quand ils ont été cueillis, on les laisse en tas pendant quelques jours, pour les laisser suer et se ressuyer ; ou les place ensuite dans divers lieux pour les conserver.

La plupart des moyens de conservation reposent sur le principe qu'on évite la fermentation et la pourriture en interdisant le ^^nouvellement de l'air et l'accès de l'humidité. Il n'est pas moins indispensable de mettre les fruits à cidre ou à couteau à l'abri des gelées. En général, dans les fermes, on se borne àp/ater les fruits dans les greniers, par couches peu épaisses, sur de la paille, et on les recouvre encore de paille lorsque les froids se font sentir; dans quelques etablissemens bien ordonnés, il existe àesfruitiers proprement dits, où les fruits sont rangés par espèces sur des étagères, ou entassés dans des compartimens, des boites, des tonneaux, par couches alternatives, avec du son, des cendres, du sable desséché au four, des balles d'avoine, de la mousse, etc.

Ce moyen de conservation nous conduit à citer, comme l'une des meilleures pratiques

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