‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 214 sur 304 · LIV. l · texte numérisé non relu

LIV. l

511 et 509.

Fig. 513.

qu'on opère la taille des haies; cette opération s'exécute très-promptemenl, et l'on peut presque toujours en utiliser les produits pour la nourriture des bestiaux, ou au moins pour former de la litière.

S'il est incontestable que les meilleures haies de défense se font avec des bois épineux et surtout avec l'aubépine, il est également certain qu'on peut construire de trèsbonnes haies avec d'autres arbres ou arbustes: on emploie à cet effet le Charme, le Chêne, le Hêtre, Y Orme., l'Erable {Acer sylvestris)., le Merisier {Prunus padus)., le Bois de Sainte- Lucie {Prunus mahaleb ;, le Buis {Buxus sempen'irens), VI/ (Taxus baccata), le Houx {ILex aquifolium); et dans les terres très-hurai<ies, le '"sureau {Sambucus nigra), plusieurs Saules et Osiers. Ces haies se contieiment et se dirigent plus ou moins facilement au moyen de la tonte, et c'est une chose digue de remarque, qu'un chêne âgé de 20 ans n'occupe qu'un mètre carré dans une haie, tandis qu'à cet âge, lorsqu'il croît en pleine liberté, sa taille majestueuse atteint souvent une hauteur de 8 à 9 mètres; « c'est ainsi que l'esc'avage rapetisse et dénature tous les é'.res. »

Mais, lorsqu'il s'agira d'enclore une prairie, un pâturage, on ne doit pas perdre de vue qu'on doit éviter l'emploi des arbres dont les troupeaux aiment à brouter le feuillage, parce qu'à force d'écourter les pousses, ils finiraient par détruire entièrement la haie.

Quelquefois, au contraire, ou construit des haies, on fait des plantations, avec Tint ntion d'en employer les jeuillages et les jeunes branches à la nourriture des animaux de- la ferme ; les arbres et arbustes les plus favorables, lorsqu'on a cette destination en vue, sont : X Acacia {Robinia pseudo- acacia), si l'emplacement ne donne pas lieu de craindre l'influence de ses racines traçantes; le Mûrier blanc {Morus alba)., ou le M. multicaule {M. multicaulis)., dont le feuillage pourra aussi servir à la nourriture des versà-soie; V Ajonc {Ulex europœui)., le Genêt d'Espagne {Spartium junceum), le Baguenaudier {Colutea arborescens), la Luzerne en arbre (Medicago arborea), le L'rêne, VOrme, le Bouleau, le Saule, et tous les arbres et arbustes enfin dont le feuillage plaît aux animaux

domestiques et peut conlribuer à l'augmentation de leur fourrage.

Il est d'autres haies qu'on nomme haies fruitières^ à cause de la nature des arbres qui les composent, et qui sont susceptibles de donner un produit par leurs fleurs ou leurs fruits; ce sont [)rincipalement, plusieurs espèces de Pommiers^ de Poiriers, A^ Alisiers ou Cormiers [Crutœgus) ^ le Sorbier [Sorbus m>ium), VEpine -vinette {Berberis rulgaris)^ le NoisetierlCorylus aveltana), le NéJlier{Mespiliis gerrnanica), le Cognassier {Pyrus cydonia)y le Fram.buisier{Rubus idœiis), plusieurs espèces de Rosiers (Jiosa), les Groseilliers à grappes et à maquereau [Ribes ruhrum et uva crispa), le Prunier de mirabelle, le Pommier d'apis, les Mûriers, la Vigne, et, dans le Midi, \e Figuier, l'Olivier, etc. On reviendra sur les haies fruitières et fourragères dans les articles qui- traitent des fourrages et des vergers agrestes, et nous y renvoyons.

11 arrive assez souvent que pour rendre les haies plus productives, on y place, de distance en distance, des baliveaux ou arbres fruitiers et forestiers (^^.514). Sans proscrire

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