‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 215 sur 304 · DES HAIES ET DES FOSSES PLANTÉS · texte numérisé non relu

DES HAIES ET DES FOSSES PLANTÉS

cet usage, qui peut quelquefois accroître sans dommage les produits à obtenir en fruits ou en b^is, d'autant plus qu'on a cru observer que ces arbres étaient presque toujours très-productifs, nous ferons remarquer qu'ils font souvent périr les individus de la haie placés très-piès deux, ou en éprouvent euxmêmes un dommage qui leur nuit beaucoup.

On conçoit qu'il est fo^'t difiicile de fixer la dépense de la formation des haies, laquelle varie à l'infini non seulement en raison des localités, du prix oe la main-d'œuvre, de celui du plant, mais encore d'après les soins qu'on apporte à l'établissement de la clôture et le genre qu'en adopte. Nous citons comme «exemple la récapitulation suivante de la dépense de formation d'une haie en Ecosse, lorsqu'on ne néglige rien pour sa periéelion, etd'après plusieurs Mémoires couronnés, en 1834, par la Société de la haute- Ecosse : ce relevé offrira en même temps le tableau de tous les travaux à exécuter ;

Tranchée de 800 pieds de longueur sur 4 pie.is de large et 1 pied 1/2 de fr. c. profondeur 3

Fossé de 3 pieds 1/2 d'ouverture, 1 pied 1/2 de profondeur et 1 pied 1/2 de largeur au fond 10

1 charge 1/2 d'engrais, à 3 tV. la charge. 4

1000 plants, si l'on fait la haie double, en les jdaçant à 7 pouces de distai\ce; 800 placés de 4 à â pouces, ^i lu liaic est sim|)le, environ. ... 25

./ rcoorter. 43

Report. . .

Dressage au cordeau, plantation, etc

Houage et sarclage pendant les deux premières années.

GO

Taille de la 3'' année.

Une charge d'engrais. .

Nettoyage et herbage. .

Relevagc du fossé. . .

Taille de la 4'- année. .

Nettoyage

Taille de la 5' année. . .

Relevage du fossé et culture de la haie. .... 1

Dé|)ense totale d'une double haie de 300 mètres de longueur, laquelle

sera suffisamment défensive au bout

de 5 années 62 20

Les palissades, clôtures ou haies d'agrément sont celles qui n'ont pas pour objet la défense du terrain qu'elles enclosent, mais dont le feuillage, les fruits et les fleurs offrent un aspect plus ou moins agréable, et qui sont particulièrement placées dar)s les jardins pour y foimer des abris, ou y établir diverses divisions utiles ou agréables; nous ne devons pas nous eu occuper ici.

IL Clôtures en haies vit^es, avec fossé planté ou muraille.

Fossés plantés. — L'une des meilleures clôtures de défense, ce sont \es Jossés yjlantés ; quelquefois ces plantations consistent en une haie de bois épineux, placée sur le bord du fossé du côté de Tenclos {fig- 515); quelquefois on donne au glacis et à la berge, du côté des terres à défendre, une inclinaison de 40 à 45 degrés, tandis que le côté opposé reste à peu près vertical (/^'o-. 516); on plante

Fig. 51. S. Fig. 516.

à partir du fond du fossé, plusieurs lignes de bois épineux, sur une largeur de 1 mètre 32 centim. (4 pieds) : on donne même à cette |)lantation jusqu'à 2 mètres (6 pieds) de largeur i^fîg. 517) : alors le cultnaleur exploite cette haie par moitié tous les six ans , de manière qu'il reste toujours une portion de haie suffisante pour délendrejW''* l'enclos Souvent on/ place au m lieu d'un glacis du fossé, et ^ quelcjnefois des deux {fg. 518), U! e haie

tondue des cô;cs et par le haut; on place I encore une haie au mi'ieu du fossé(/%'. 5l9i,

Fig. 518.

AGRICULTURE : DES Fig. 519.

On voit des fossés dont le fond est garni entiè- , rement de ronces {Rubnsvulgnris)., et autres bois épineux qui remplissent toute la capacité de ce fossé. Enfin, les haies et les fossés se combinent, pour la défense, d'un grand nombre de manières, suivant les lieux et les circonstances, ou plutôt, souvent, selon le caprice du propriétaire.

Quelquefois la propriété étant défendue par un double fossé, ou plante entièrement le terrain qui se trouve entre ces fossés en bois feuillus de diverse nature ; cette haie est or dinairement destinée à l'exploitation. Dans le pays de Caiix et dans plusieurs départemens où celte clôture est souvent employée, au milieu du terrain planté on voit presque toujours une ligne d'arbres à haute tige, tels que chênes, frênes, etc., quelquefois réservés avec soin comme destinés à fournir du bois de charpente, et quelquefois ététés à la hauteur de 5 à 6 mètres, pour être élagués périodiquement lors de l'exploitation de la haie, dont ils augmentent le produit.

Outre la défense à laquelle elles contribuent, ces plantations ont encore l'avantage d'abriter les vergers contre la fureur des vents, ce qui leur a fait donner dans quelques lieux la dénomination de brise-vents.

Clôtures composées en haie vive et muraille. — On jjlace souvent au haut d'un mur de terrasse., en dedans de la propriété dontcemur forme la clôture, une haieviveque l'onmainlient à la hauteur de I mètre, afin que tout en augmentant la défense, elle ne porte point obstacle à la vue de la campagne.'

Enfin, on place quelquefois en dehors d'un mur de clôture une liaie de bois épineux pour en défendre l'approche et augmenter ainsi la difficulté qu'on aurait à le franchir.

Il arrive encore que l'on plante en manière de palissade une haie vive contre le mur, en dedans de l'enclos, pour en changer l'aspect' et le rendre plus agréable.

Section iv. — Des barrières et passages.

Une clôture ne serait pas complète si l'espace réservé pour y entrer et y introduire les instrumens aratoires, le bétail ou les animaux nécessaires à l'expk/itation, ne devait aussi être fermé. Cette fermeture a lieu ordinairement au moyen de grilles enfer., de portes ou de barrières en bois. Nous ne parlerons pas des premières et des secondes, qui neconviennent pas aux simples constructions rurales, ou qui appartiennent à l'architecture dont il sera traité ailleurs.

Les h arrière s -porte s y ou susceptibles de ^'ouvrir etdese fermer, sont appenducsàdes

CLOTURES RURALES. liv. i"

poteaux en bois {fig. 520) ou à une sorte dp pilastre élevé à cet effet en maçonnerie d'un seul côté {fig. 521 ), ou de chaque côté du chemin {fig. 522 et 523 ).

pjg. 520.

Fig. 521.

Pour toutes les clôtures les plus ordinaires, ces fermetures se Ibnt quelquefois au moyen debarricres à 2 vanteaux{fig.b^2e\bT6),^\i. plus vent au moyen de constructions rustiques en forme de claies, ou consistant en un cadre de bois sur lequel on attache des planches ou des lattes en manière de palis. Ces portes ou barrières sont suspendues par des gonds fixés dans des poteaux, et quelquefois même à 2 baliveaux plantés exprès {fig. 524 et^^g-. 526).

Fig. 524.

Fig. 525.

Dans ces barrières il est essentiel, pour la commodité du passage, de combiner la pose des gonds et la fermeture, de façon qu'on puisse entrer ou sortir, toujours en p.-^ussant la barrière devant soi, comme dans celles représentées {fig. 526 eifig. S>'27).

Fig. 526. Fig. 527.

On se sert encore souvent, aans les domaines ruraux, de barrières fixes, susceptibles de se déplacer, mais non pas de s'ouvrir ou de se fermer comme des portes: telles sont celles représentées {fig. 528 etfig. 529 . Il est essentiel que les piquets qui les soutiennent soient bien poinlusetcharbonnés, pour qu'on

ClIAP. iS^

1)U FROME?sT.

Fig. 529.

puisse les placer et déplacer facilement, selon le besoin.

Enfin, lorsqu'il ne s'agit que à^ empêcher le passage des animaux, deux poteaux placés de chaque côté du passage reçoivent une ou plusieurs traverses dans des ouvertures pratiquées à cet effet, et dans lesquelles on fait glisser la traverse en avant ou en arrière , suivant qu'il s'agit d'ouvrir ou de fermer la baie; cette dernière construction se nomme aussi barrière ; il serait inutile de la figurer.

Lorsqu'on veut laisser le pas sa^ gens à pied et l'interdire aux animaux, on peut placer un tourniquet {fig. 530) ou adopter quelques dispositions analogues à celles représentées (/v^53Iel/4^532 ).

Fig. 531.

Labiié.

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