‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 234 sur 304 · La Féverolle proprement dite {fg. 576jest · texte numérisé non relu

La Féverolle proprement dite {fg. 576jest

Fig. 67;

se distingue particulièrement de la denfc pitr ses moindres dimensions, l'ahonnance plus grande de ses produits, et qui parait se rapprocher davantage du type priuiiljl'.

Fig. 577.

de toutes la plus cultivée en g'aiid. Kile est petite, assez tardive, donne des graines presque cylindriques, âpres et à robe coiiace, qui ne sont gu' re |)ro-

f)res qu'à la nourriture des chevaux et autres bestiaux. On la sème après l'époque des grands froids.

2. La Féverolle d'hiver n'offre d'autre particularité notable que sa plus grande rusticité. C'est elle que, dans le midi, on préfère pour les semis d'automne.

3. La Féverolle d'Héligoland, que IM. Vilmorin a rapportée d'Angleterre, est trop peu connue encore dans nos campagnes. Elledoit être considérée comme une des meilleures sous le rapport de ses produits.

4. La Fève julienne {fig. 576) est plus grosse qu'aucune des varié- Fig. 576.

tés précédentes, mais moins grosse que les suivantes, quoiqu'elle appartienne aux fèves proprement dites. — On la cultive dans les jardins, et assez souvent, à cause de sa précocité, au,x alentours des grandes villes, pour la nourriture des hommes.

.5. La grosse Fève ordinaire, ou Fève de marais {fg. bll), est cependant plus généralement coimue encore, et plus recherchée dans beaucoup de lieux, à cause de son plus gros volume.

6. La Fève de /i^7«f/- ^o/- est la plus grosse de toutes, mais non la plus productive. On la cultivepeu en grand.— Diverses autres variétés,

telles que la verte, la violette, la Fève à Ion. i^ue cosse, etc., ne sont recherchées que dans les jardins.

§ II. — Choix et préparation du terrain.

Les fèves, à l'aide d'une culture convenable, réussissent fort bien sur les terre< argileuses rendues par leur trop grande lenacilé impropres à la végétation de la plupart des autres plantes qu'd est possible d'intercaler aux récoltes de blé. Sous ce seul point de vue, leur importam-e est fort grande, cai- elles facilitent singulièrement l'admission d'mx bon assolement, dans les localités où le trèfle vient mal, en préparant la terre, au moins aussi bien que lui, à recevoir un froment. A la vérité, le trèfle, pour féconder le sol, n'exige presque aucuns frais de niain-d'œu- \re, tandis que la féverolle nécessite des façons d'autant plus dispendieuses pour nos exploitations agricoles qu'on n'y possède encore ni les semoirs, ni les houes ou les cbarrues [.erfectionnées qui abrègent et simplifient d'une manière si remarquable les semis et les cultures en ligne. A la vérité encore, le trèfle laisse plus à la terre qu'il nelui enlève,

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tandis que les fèves, quoiqu'on ait remarqué qu'elles épuisent beaucoup moins le sol que toute autre récolte portant graine, enlèvent cependant plus qu'ellesne rendent d'engrais. Mais, d'une part, la première de ces plantes ne vient pas partout assez bien pour remplir le but qu'on se propose en la semant ; — de l'autre, les cultures sarclées sont indispensables dans tout bon assolement, — et enfin, des diverses récolles auxquelles on est dans l'usagede donner une fumure, celle des féverolles laisse probablement le plus d'engrais après elles, ainsi que l'atteste, à côté de bien d'autres preuves, la beauté des céréales qui lui succèdent.

A ne considérer que la. culture, indépendamment de l'emploi des produits des fèves, ces diverses considérations devraient leur assurer une place dans presque tous les assolemens des terres fortes; mais leur utilité ne se borne pas 1:». — Elles viennent fort bien, sous notre climat, aux latitudes les plus méridionales et les plus septentrionales, et on peut dire qu'elles s'accommodent de presque tous les terrains, pour peu qu'ils ne soient pas trop légers, par conséquent trop arides dans le midi, trop humides dans le nord; car, quoique ces plantes, en général, aiment la fraîcheur, en dépit de leur vieille qualification (fèves de marais), elles redoutent beaucoup une humidité stagnante.

Les Jèves suivent ordinairement et précèdent une récolte céréale. — Dans l'assolement quadriennal, elles commencent le plus souvent la rotation. Après elle vient un froment suivi d'un trèfle, ou, si l'état de ténacité du sol l'exige, d'une nouvelle culture sarclée, à laquelle succède un second froment ou ime auire céréale. — Malgré le retour continuel des deux mêmes espèces, il est des lieux où l'on suit depuis fort longtemps avec succès l'assolement biennal : fèves fumées et froment sans engrais. Toutefois, cette pratique ne peut être recommandée que comme exception, car elle pèche à la fois contre les théories physiologiques et' contre les préceptes d'une sage économie, qui veut qu'on évite l'application trop fréquente des fumiers.

Depuis un certain nombre d'années, il parait que la culture des féverolles {horse beans) a pris en Angleterre une étendue jusque là insolite, et qu'elle est passée des glaises riches et fraîches, qu'on avait cru lui convenir exclusivement, sur toutes les variétés du sol. Elle s'est aussi perfectionnée en raison de l'importance qu'elle acquérait aux yeux d'un plus grand nombre de cultivateurs. Là, on donne jusqu'à 3 labours de préjiaration : le

f>remier, aussi profond que possible, avant es gelées, dans le sens de la pente du terrain, afin de mettre le sol à même d'être plutôt sec au printemps; — le second, entravers, dès que la terre est accessible après les pluies ou les froids de l'hiver;— enfin, le troisième, immédiatement avant le semis-. Après le deuxième labour, on exécute les hersages nécessaires pour bien niveler le terrain, de sorte qu'il est ensuite facile de donner la troisième façon à la charrue à double versoir et de former des rayons qui, d'après Robert BnowN, doivent être généralement espacés dei'7 pouces(0"73t).«Dans les sillons ouverts,

ajoute le même praticien, déposez votre semence avec le semoir à brouettes, puis refendez vos raies pour recouvrir les graines, et votre opération est achevée pour le moment. 10 ou 12 jours après, suivant l'état du sol, hersez vos raies en travers, afin de niveler pour le binage; tracez ensuite proprement vos sillons d'écoulement, et curez à la pelle et à la bêche toutes vos rigoles, ce qui termine la préparation du sol.»

Cette méthode, regardée comme la meilleure de toutes chez les Anglais, n'est cependant pas la seule à laquelle ils recourent de préférence. Souvent, au labour d'hiver, ne succède qu'un seul labour de printemps, sur lequel on fait passer le semoir à brouette dans chaque troisième sillon, puis on herse avant la levée des jeunes plantes.

En France, on donne assez rarement p/«.y de deux labours, et l'on trouve souvent profitable de remplacer le second par 2 ou 3 traits d'extirpateur.

Il est de bonne pratique de fumer les fèves. Tantôt cette opération se fait avant le premier labour, tantôt seulement avant le dernier, sans qu'on puisse approuver ou blâmer d'une manière absolue l'une ou l'autre méthode; car, avant de se prononcer, il faudrait connaître l'état de décomposition plus ou moins avancée du fumier, et les propriétés physiques de chaque sol sur lequel on opère. En enterrant les fumiers de pi'ime-abord, on les mélange mieux dans la couche labourable ; mais, d'un autre côté, si les dernières façons sont moins profondes que les premières, on court risque de les enfouir trop avant, et d'ailleurs on ne doit pas perdre de vue que la fumure donnée aux fèves a aussi pour but de profiter aux récoltes suivantes. Je ne suis donc pas éloigné de croire que, malgré l'emploi des fumiers longs, le retard qu'on met à les répandre offre généralement plus d'avantages qued'inconvéniens, au commencement d'une rotation de 3 ou de 4 ars. — S'il ne s'agissait que d'obtenir des fèves le plus de produits possible, on pourrait calculer autrement. — J'ai acquis la certitude que les engrais pulvcrulens,elnotamnjent le noir animalisé, profitent d'une manière toute particulière à la plante utile qui nous occupe, et que je voudrais voir plus généralement appréciée.

§ III. — Des semis.

On croit généralement, et je pense que c'est avec raison, partout oii le climat n'y met pas empêchement, que, pour les ièves, l'ensemencement le plus hdtif est le meilleur, parce que, conformément à un principe déjà plusieurs fois rappelé dans le cours de cet ouvrage, sauf un bien petit nombre d'exceptions, la production des plantes annuelles est en rapport direct avec le teiTips plus ou moins long qu'elles occupent le sol. En conséquence, j'ai vu souvent commencer, dans le midi de la France, les semis de féverolles immédiatement après les semailles d'automne, c'est-àdire de la fin d'octobre à celle de novembre. En pareil cas on répand l'engrais sur les chaumes, et on donne un seul labour.

Thaer rapporte qu'en Allemagne on Ie$

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sème en décembre, sans s'inquiéter beaucoup [ du froid, parce ((u'on croit cjue, si une celée les atteint, les feuilles jaunissent à la vérité, mais qu'il en pousse d'autres, de sorte qu'on s'aperçoit à peine que les plantes aient souffert. Toutefois il ajoute que les fèves semées lard lui ont particulièrement réussi.

En Angleterre, on attend que les plus grands froids soient passés. Selon la disposition des saisons et l'état des terres, on commence vers la fin de janvier, et on ne finit jamais plus tard que la fin de mars. Communément on saisit la première occasion favorable après la Chandeleur. — Dans le centre et le nord de la France on suit la même coutume. Il faudrait un concours assez rare de circonstances atmosphériques favorables, pour que les semis d'avril donnassent d'aussi abondans produits que ceux d'hiver. — Si on voulait semer en automne, il faudrait choisir les variétés que j'ai fait connaître comme les plus rustiques; encore succomberaient-elles à des hivers un peu rigoureux.

La quantité de semente change selon les lieux et l'espacement qu'on croit devoir donner aux lignes, cet espacement étant plus considérable dans les localités naturellement humides ou sur les terrains très-fertiles; la proportion de semence doit être moindre dans ces deux cas que dans les circonstances contraires. En général, cette proportion varie entre deux et trois cents litres.

Il y a deux manières principales de semer les fèves : le semis à la volée, dont on fait rarement usage autrement que pour les cultures fourragères qui nous occuperont ailleurs; — les semis en lignes, de beaucoup préférables aux autres, et qui se pratiquent de diverses façons.

Quelquefois If. semeur suit la charrue et laisse tomber les graines une à une au fond de chaque sillon, ou de chaque deuxième ou troisième sillon, ce qui porte l'éoartement des lignes de 9 ou 10 pouces (O*" 244 ou 0™ 271) à 28 ou 30 pouces (0 "" 659 ou 0 "663).

D'autres fois, comme l'indique Robert Brovvn, on dépose la semence avec le semoir dans les sillons, et on refend les raies pour les recouvrir; puis on herse quelques jours après.

Avec le semoir de M. Hugues, la terre étant préalablement ameublie et nivelée, en une seule oytérdiiion on répand la semence ., on la sème et on la recouvre parfaitement, à la distance et à la profondeur les plus convenables, eu égard à la nature du sol.

§ IV. — Soins d'entretien.

Que] que soit le mode de semis qu'on aura adopté, des binages d' autant plus J réquens que le sol contient davantage de semences de mauvaiies herbes, seront plus tard indispensables. Souvent la première de ces opérations se fait à la herse, peu de jours avant la levée des fèves, de manière à faci'iter leur sortie et à détruire à leur naissance les plantes adventices qui se montrent dès-lors sur le terrain. Lin pareil travail est d'une très-grand.; utilité sur les sols argileux, surtout lorsque les pluies en ont tassé la surface avant le mo- Wjent de la germination.

FËVK.S. 413

Les binages qui se J ont uUcncurrment à la levée des jeunes fèves., commencent, dans beaucoup de lieux, douze à quinze jours aprts qu'elles se sont montrées. Lorsque les ra} uns sont suliisamment espacés, c'est-à-dire lorsqu'il se trouve entre chacun d'eux au moins 18 pouces (0 "" 338), on se sert avantageusement de la houe à cheval; — s'ils n'étaient distans que de 9 à 10 pouces ( 0 " 244 à 271 ), il faudrait recourir à la houe à main. — Les deux méthodes présentent leurs avantages. — La première, comme plus expéditive, est mieux appropriée aux habitudes de la grande culture; on peut la préférer dans les localités où les bras manquent. La seconde, en ne la considérant que dans ses rapports avec la plante qui nous occupe actuellement, est à lavérilé plus dispendieuse, et pourtant, dans presque tous les cas, plus lucrative, non que la perfection soit plus grande, mais parce que, en augmentant le nombre des lignes, on augmente sensiblement les produits de la récolte. — Si, dans les localités humides et froides ou d'une fécondité plus qu'ordinaire, on trouve utile d'adopter le plus grand espacement, je pense que plus généralement 12 à 1.5 pouces (0 " 325 à 0 ■" 334) suffisent pour les plus grosses espèces. — Ajoutons que, de même que le semoir Hugues permet de modifier à volonté l'écartemen t des rayons, le sarcloir ingénieux inventé par le même agronome {,voy. pag. 225 fig. 326) permet aussi, avec une économie notable sur le temps ordinaire employé aux binages à la main, de labourer entre les lignes peu espacées, même des cultures céréales.

On doit biner et sarcler les Jèves au moins deux fois pendant le cours de leur végétation. Il est des localités où, après le dernier binage, on sème des navets, soit pour les récolter, sou pour les enterrer à la charrue comme engrais; mais il ne faut pas perdre de vuequ'undes grands avantages de la culture des lèves est d'en préparer une de froment. Acet effet, on les enlève dès qu'elles sont suffisamment mûres, pour donner tout de suite un premier labour.

En beaucoupde lieux, on est dans l'usage </<? pincer la sommité des fèves au moment de la floraison. Cette opération a pour but, soit de détruire les pucerons qui endommagent gravement ces sortes de cultures lorsque la saison favorise leur rapide propagation; — soit de faire mieux nouer les fruits. Dans le premier cas, le pincement est incontestablement nécessaire, mais il est douteux qu'il le soit également dans le second. Je manque d'expériences comparatives pour mieux asseoir un jugement à cet égard.

Quant nu butage, fort bon dans les terrains légers pour maintenir la fraîcheur au pied des touffes, je ne me suis jamais aperçu qu'il fût, sauf celle circonstance, aussi avantageux sur les cultures de lèves que sur celles de maïs, de millet, etc.; cependant je dois dire qu'il est généralement utile et jamais nuisible, à moins qu'on ne veuille plus tard faucher la récolte, ce qui devient plus difficile, à cause des inégalités du terrain.

§ V. — De la récolte et des produits. Les fèves semées à l'automne, daiislo midi.

414 AGRICULTURE DES LÉGUMINEUSES A SEMENCES FARINEUSES, lîv. l«.

se récoltent fort souvent avant la moisson de l'élé suivant. — Celles que l'on sème dans le courant de l'hiver ou du printemps occupent le sol jusqu'en septembre eu octobre. Dans quelques pays, ou les coupe à la faucille ou à la taulx, on les lie en petites gerbes après lesavoirlaissées quelques jours en javelles, la graine en haut, et on les dispose en meules.

— Dansd'autres, on les arrache par poignées.

— Presque partout on les baX au fléau, soit en plein champ aussitôt après leur maturité, soit en grange pendant l'hiver.

Le produit en grain des fèves est tout aussi variaole que celui de la plupart des autres plantes cultivées. — Dans le Midi, où l'on détruit à la vérilé une quantité considérable de gousses vertes pour la consommation des pauvres et des riches, vers le mois de juin, le battage des gousses sèches donne rarement au-delà de quatre fois la semence. — Ailleurs, avec une culture en ligne soignée, il n'est pas rare de voir doubler ce produit. — Robert Brovvn regarde 32 hectolitres par hectare, comme le produit moyen de ses récolles sur un loam de bonne qualité. Ce résultat me semble un des plus heureux qu'on puisse atteindre dans la grande culture.

Section h. — Des Haricots.

De toutes les semences farineuses, après les blés et souvent à côté des blés, les haricots sont sans nul doute une des plus généralement utiles et dont les usages économiques ont le moins besoin d'être rappelés. Aussi sont-ils devenus, partout où le climat favorise leur production, soit dans les champs, soit dans les jardins, l'objet de cultures fort importantes.

§ l" — Espèces et variétés.

Dans le genre Haricot (Pkaseolus); en angl., Kidneyhean; en aWemanà, Schminkbohne, et en italien, Fagiuolo [fi^. 578), on remarque

Fig. 678.

quelques espèces reconnues comme telles par les botanistes, et un tiès-grand nombre de variétés et de sous-variétés plus ou moins fixes, dont je crois ne devoir indiquer ici que celles qui ont ou peuvent avoir quelque mérite dans la grande culture.

Les caractères du genre sont, d'après M. De Ca.\dolle, un calice à 2 lèvres, dont la supérieure échancrée et l'inférieure a 3 dents; — une carène et des organes sexuels contournés en spirale; — des gousses oblongues, à plusieurs grains.

Les cultivateurs divisent les haricots en haricots à rames et haricots nains : les premiers ne pouvant soutenir leurs longues tiges sans appui ou sans ramper à la surface du sol; — les autres qui supportent plus ou moins bien leurs tiges par eux-mêmes.

Toutes les variétés qui composent ces deux groupes semblent appartenir à l'espèce commune. A côté de celle-ci il en existe quelques autres dont deux seulement me semblent devoir trouver place dans ce traité: le haricot de Lima et celui a bouquets.

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