DES POMMES-DE-TERRE
talioD se répand très-rapidenîent dans plusieurs cantons de la France septentrionale, et menace de délrôner l'avoine. Il en résultera nécessairement des modifications très-importantes dans la combinaison des assolemens.
Les pommes-de-lerre cuites et distribuées à lavoiaillc la font engraisser promptement et déterminent chez les femelles une ponte abondante et précoce.
Les Allemands sont bien connus pour la consommation qu'ils font des pomme-.-deterre diversement préparées. Sans vouloir introduire dans nos mœurs de nouvelles habitudes, nons ne négligerons pas cependant de faire connaître quelques économies domt-sliques en honneur chez nos voisins. On lait avec le mélange de la pomrne-de-terre cuite avec le caillé, des fromages excellens et d'une digestion facile. Après avoir fait cuire et épluché les tubercules, on les écrase de manière à en faire une pâte homogène, sans grumeaux, on la malaxe avec une partie égale de caillé, et on laisse reposer deux jours : on péirit la masse une seconde fois, et on la soumet ensuite aux manipulaiionsordinaires.
— On fait un mélamse semblable pour le beurre destiné à être mangé sur le pain, et on s'en trouve bien.
Cadet de Vaux a donné un mojen de faire avec la pomme-de-terre df s peintures d'intérieur qui offrent économie et propreté. On prépare deux bouillies, l'une avec des pommes-de-terre cuites, épluchées et écrasées, l'autre avec du blanc d'Espagne. On mélange et ou brasse les deux bouillies en ayant soin de mettre deux parties et demie de la seconde, pour une de la première. Cette peinture s'étend au pinceau : elle st che promptement. Appliquée sur le bois, sur la pierre, sur le plùtre, elle ne s'éciille pas. On peut la colorer avec diverses espèces d'ocrés, de noir de fumée, du vert de f;ris, etc.
La colle de /;<7fe qu'on prépare avec la pomme-de-terre peut être livrée à meilleur marché que celle du fiomeut. Un boisseau produit environ 150 livres de bonne colle, qui peut se conserver dix ou douze jours ; on la pré|)are en délayant une partie de puipe râ|)ée dans 2 parties et demie d'eau, portant le mélange à l'ébullition, et ajoutant par livre de pulpe une demi-once d'alun, bien pulvérisé;
— En y ajoutant de l'hydrochlorate ou nmriate dechaux au lieu d'alun, on rendra cette colle très-propre à servir de parement ou paron pow les tisserands.
Quant -Awxjanes de la pomme-de-terre ^ on a essayé de les donner en vert aux bestiaux; mais divers accidcns ont démontré que(|uand on y a recours, il faut au moins les exposer quelques jours au soleil avant de lis faire consommer, et y ajouter du sel. — D'ailleurs ou sait que la coupe prématurée des fanes diminue très-sensibleuicnl la production et la croissance des tubercules.
M. DuRic, de Rouen, el M. Daolmi, de Sorèze, ont pu retirer <le ces fanes, comme de celles de beaucoup d'autres végétaux, du salpêtre ou de la potasse ; mais la dimiiuilion t|u'en éprouve la récolte de tubt renies icnd assez rares les circonstances où il y aurait profil à se livrera celle e\iraclion d'ailleurs très-variable suivant les sols.
§ II. — Espèces et Tarietes.
Depuis qu'on a eu recours à la voie des semis pour renouveler et multiplier les pommes-de terr'-, le nombre des variélt's s'est accru à un tel point, qu'une classification complète est désorma s illusoire. Les caractères qui distinguent chaque variété sont tellement fugaces et insaisissables, qu'il serait impossible au botaniste el au phyt( graphe le plus exercé de donner pour chacune un signalement reposant sur des bases que la culture ou le climat ne pussent désormais modifier. Cette ditficulté ne doit pas cependant nous empêcher d'indiquer les principales variétés ou races cultivées aujourd'hui en France.
1. La trujfe d'août de la halle de Paris, et du Catalogue de la Société d'agriculture, 11. 37 ijig. 616). C'est une des plus recom-
mandables sous le rapport de la précocité et de ses qualités comestibles. Les tubercules sont ronds, et les yeux logés dans des cavités profondes, sans cependant qu'il y ait de protubérances à la surface. En la cultivant dans des lieux abrités, on peut, sous le climat de Paris, en obtenir déjà à la fin de mai des tubercules mangeables, quoique non complètement mûrs.
2. La schaiv ou chave, n. 129 du Catalogue précité {/ig. 617 ). Jaune, ronde, excellente.
Fis. 617.
plus productive que la précédente, et plus hâtive d'environ 15 jours.
3. La f^rosse grise, nommée en Lorraine paubre. Hàliveet Irès-procluctive ; excellente en août et septembre; elle pi end une saveur fade en hiver, pour re^levcnir sucrée en mars et avril.
4. La grosse bltini /le, n. 63 du Catal.; patrnque hlnmhc de la halle de Paris ( fig 618). Tubercule blanchâtre maculé de rose, très-
f;n)s cl bosselé.Elle est cultivée généralement
pour les bcsliaux.
Fig. 618