‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 25 sur 304 · I.IV · texte numérisé non relu

I.IV

La position soit maritime , soit irUrrieure , intlue beaucoup sur le climat d'uu pays : la

fjiemière procure unetornpérat lire pi us cj;ale; a chaleur y est modértie, parce qu'une moins grande étendue de terre est exposée aux rayons du soleil; le froid y est moins intense, parce que la mer conscive toujoui's à peu près la même température et ne gèle que dans les régions polaires. I,es îles et les côtes jnuisscnt donc d'nn climat plus égal , plus tempéré et plus humide que les parties intérieures des continens.

§ m. — Du sol et de la constitution géologique.

Que la nature du .vo/, celle du sous-sol, et même la constitution géologique du pays , observées à une certaine profondeur, influent puissamment snr l'agriculture, c'est ce que personne ne met en doute. Le voisinage des voirans, l'existence des sources minérales chaudes peuvent élever la température intérieure au point de réagir sensiblement à la surface. Les flancs du Vésuve nourrissent aujourd'hui le vin dit Lachr^ma-Christi , qui a succédé au Falerne.

Les productions de l'agriculture ne seront pas les mêmes sur un fond ayant au-dessous de lui de grands bancs d'argile, retenant des eaux profondes qui s'échapperont au dehors en sources multipliées, et dans un sol reposant sur d'épaisses masses de craie.

Le sol est la terre considérée comme base de la végélation. Ce sujet est si vaste etsiimportantenagriculturequ'il fera l'objet du c/e^pitre suivant. >'ous dirons seulement ici que les plaines sablonneuses et sèches, les montagnes schisteuses sont plus précoces, toutes choses égales d'ailleurs, que les plaines argileuses et humides, que les montagnes granitiques.

§ IV. — De l'exposition.

Si les montagne s \o\x>i\\\. un grand rôle dans la géologie, elles influent prodigieusement sur l'agriculture même des pays qui en sont éloignés.C'est d'elles que sortent toutes les ri\ières; elles déterminent ladiri ction des vents, et par conséquent la chute des pluies fécondantes; elles forment de puissans abris qui font varier singulièrement la températui-edes climats, et elles protègent d'une manière efficace les essais de naturalisation.

C'est à la chaîne des Alpes et à ses prolongeniens que la plus grande partie de la France, Paris surtout, doit la pluie que lui amène le vent du sud-ouest, et la sécheresse dont le vent du nord la frappe. Dans le bas Languedoc,c'est le vent nord-ouestqui donne les beaux jours.

Plus les montagnes sont élevées et les

filuies abondantes , plus la superficie de eurs pentes rapides est exposée à être entraînée par les eaux dans le fond des vallons ;de là le danger des défrichemens qu'on y a si inconsidérément pratiqués, et l'urgente nécessité de s'occuper de leur reboisement, seul moyen de parvenir à leur reconsolidation.

n La terre dépouillée dans une très-grande partie delà Francedes forêts qui la couvraient autrefois, ne présente plus qu'une surface nue

d'obstacles qui les arrêtent et les résolvent en pluies. Le sol, exposé aux rayons d'un soleil inûlant, eii est pénétré à une grande profondeur; les sources tarissent et les fleuves remplissent à peine le tiers de leur lit pendant l'été. — Enfin les vents n'ayant plus à parcourir ces immenses forêts, sous l'ombrage desquels ils étaient rafraîchis, et où ils s'imprégnaient pendant la belle saison d'une hu nudité chaude qu'ils répandaient sur les campagnes, n'y portent plus la fraîcheur et la vi- ; forcés au contraire de se diriger sur de grandes étendues de terrains brûlés par le soleil, ils s'échauffent et amènent avec eux le hâle et la stérilité. — Considérons ce qu'était l'Amérique septentrionale à l'arrivée des Européens. La terre, couverte d'épaisses forêts dans la plus grande partie de son étendue , n'oifrait à ses halitans qu'un séjour de frimas et de glaces pendani la moitié de l'année; mais les Européens changèrent cet état de choses; l'écoulement procuré aux eaux stagnantes, et plus encore les grands abattis de bois qu'ils firent près de leurs élablissemens, ne tardèrent pas à dimiiuu-r l'abondance des pluies, et par conséquent à dessécher le sol et à le rendre moins froid. Maintenant les Américains jouissent des avantages que leur ont procurés leur travail et leur industrie; mais qu'ils se gardent de passer la ligne de démarcation qui règle la masse de bois qu'il convient de conserver pour avoir toujours la quantité d'eau nécessaire à la fertilité des terres, qu'ils se gardent surtout de toucher à ces giandes forêts qui, par leur position, se tiouvent à portée d'arrêter les nuages. — Le mal qui menace la France de stérilité n'est cependant pas sans remède: des lois sages et réfléchies, dont l'exécution serait surveillée avec vij;ilance , pourraient prévenir ce malheur; il faudrait qu'elles réglassent l'exploitation des forêts placées sur les montagnes; qu'elles empêchassent leur dégradation et qu'elles fixassent les plantations à faire dans les lieux oii elles sont nécessaires pour arrêter les nuages. La théorie de l'établissement de ces masses de plantations serait aisée à servir: la nature nous lindique. Presque toute la France est composée de vastes bassins environnés de collines et de montagnes assez hautes; ces lieux élevés semblent destinés par la nalureàsecouronnerd'arbres, couime les collines à se tapisser de vignes et d'oliviers, et les plaines à se couvrir de moissons. — Ménager ces masses de forêts dans les lieux élevés où il s'en trouve déjà, les augmenter dans ceuxoù l'on atropdmiinué leur étendue, et en former de nouvelles sur les points où elles manquent, c'est à quoi doit se réduire le plan d'amélioration de cette partie importante de l'agriculture. Dans les pays de plaines trop étendues et tiop découvertes, il serait avantageux d'employer tous les mauvais terrains et même une partie des médiocres à la plantation des forêts. Mais ces grandesaméliorations, auxquelles doit présider un esprit d'ensemble sagement combiné , ne peuvent avoir lieu que par une volonté constante des gouvernemens et d'après des élablissemens proportionnés à ces impor-

que les nuages parcourent sans trouver tans objets. » (^. JAcw/n.)

(Hxr. I*'^ INFIX'LTSCE DKS ABRtS

Les inégalilf^s et les variations de soi on (ïaspert qui existent à chaque pas dans les

motilagnes, rendent nécessairenn-nl le mode de leur culture dilférent de celui des plaines. L'agiicuilure des plus élevées est généralenientchétive,et bornée au pâturage des troupeaux durant une partie de l'année. Leurs nabitans sont ordinairement pauvres, et émigrent périodiquement ou pour un certain nombre d'années, dans des contrées plus riches, pour y gagner ce que refuse leur sol natal. Le défaut d'instruction, qui engendre et entrelient la misère, fait aussi que les pays granitiques sont loin d'être cultivés comme ils pourraient l'être.

C'est dans les vallées, c'est-à-dire dans les grands intervalles de deux chaînes de montagnes à peu près parallèles, que la petite agriculture, c'est-à-dire celle qui se pratique par les propriétaires eux-mêmes, et le plus souvent à bras, montre tous ses avantages; mais il faut d'abord considérer leur position géographique. Une vallée qui est tournée au midi acquiert un degré de chaleur très-supérieur à celui des j)laines et des montagnes du même climat qui ne jouissent pas de cette exposition, en général très-avantageuse dans nos climats tempérés. Ces vallées se remarquent surtout dans les Cévennes et dans les Alpes maritimes, sur la limite de la culture de l'olivier et du figuier. Les vallées qui ont leur ouverture au nord présentent l'effet contraire; onne peut pas y cultiver fructueusement la vigne dans le climat de Paris, et même plus au midi. Les vallées exposées au levant jouissent d'une partie de la chaleur 1 du jour; celles au couchant n'en recevant |

Fig

presque pas, ne seront guère plus chaudes que celles exposées au nord; mais, comme dans la plus grande partie de la France les vents du levant sont très-froids, et ceux de l'ouest passablement chauds, ces deux dernières sortes d'expositions seront entre elles, sauf quelques modifications, à peu près d'une égale température.

§ VI. — De rinclinaisnn et des abris.

Les inclinaisons plus ou moins rapides de la surface des sols cultivés, ainsi que 'm^s abris naturels ou artificiels qui entrecoupent cette surface, tels que les massifs de bois, le rideau des plantations en li.L^ne, et même 1 obstacle, léger en apparence, que de simples haies opposent au cours des vents bas et à la circulation des agens météoriques, produisent aussi des modifications dont le résultat assure le succès de diverses réc(<ltes.

Nous avons vu précédemment que l'effet des inclinaisons ainsi que celui desaspects, se fait fortement remarquer dans les coteaux consacrés à la culture de la vigne; et, quant aux bois, leur destruction par grandes masses peut forcer à changer toute l'agriculture d'une contrée. Soula>ge Bodi.n.

Les plus puissans des abris naturels, ce sont les montagnes : Rozier cite, dans le climat de la France, un exemple bien frappant de cette influence sur la culture. Si l'on tire une ligne de Nice en Piémont jusqu'à Saint-Sébastien en Espagne, en traversant les provinces les plus méridionales de la France, on y trouve quatre climats bien caractérisés.

( Voir la carte, fg. 16. ) — Le premier est

le pays des orangers, des oliviers et d^* vignes; il a au sud la Méditerranée et les climats brûlans de l'Afrique, et immédiatement derrière lui les Alpes coupées presque à pic, qui l'abritent du nord. — Le second, depuis Toulon, le pays des oliviers et des vignes, sans orangers ; il a encore an sud la mer; mais les montagnes qui lui servent d'abri sont éloignées de la côte.— Le troisième, depuis Carcassonne, est le pays des vignes sans orangers ni oliviers : il a en effet au sud les Pyrénées. — Le quatrième, à partir de Rayonne, le pays sans vignes, a au sud les Pyrénées, et elles sont si voisines qu'elles l'abritent entièrement de tous les Vents du midi; les pommiers y sont cultivés comme en Normandie, en Bretagne; et cette contrée est cependant plus méridionale que Grasse et Nice. — En étudiant de cette manière, dans tout le reste du royaume, l'influence des abris naturels, on y tvouveia très-souvent la cause physique déterniinante

bordonnée aussi à la nature du sol. On se mettra donc en garde contre les systèmes de culture qui embrassent le royaume entier, et, avant d'introduire de nouvelles cultures dans son exploitation, le cultivateur consultera les influences analogues qui agissent sur la localité qu'il habite. Parfeclionnez les méthodes et les cultures de votre canton, mais ne les changez jamais complètement, quant au fond, sans avoir auparavant fait bien des expériences.

On reconnaît encore, dans la même contrée, l'influence des abris sous un autre point de vue. Le midi de la France est en général privé de pluies; mais à Toulouse il pleut beaucoup : ce cas particulier provient de ce que celte ville est couverte au sud par les Pyrénées, et au nord, à peu près à égale dislance, par les montagnes du R<niergue; de S(M'le que les nuages, attirés d'niu' part ou d'une autre, se dé^or^eut dans l'espace qu'ils ont à parcourir, |)arce que la longueur du

de la culture de chaque pays, cependant su- [ trajet d'une chaîne de montagne à l'autre^

excède la force de leur direction. On. peut appliquer cet exemple à toutes les contrées du royaume, et cela fera concevoir pourquoi un canton est pluvieux plus <iu'un autrt;; pourquoi tel ou tel terroir e^t, pour ainsi dire, chaque année abinié par la i;réle, tandis que le terroir liuiilroplie en est exempt. C'est surtout dans les réi,'i(Mis froides que l'effet des abris artificiels es\ le plus efficace: sir J. SixcLAin (Toi^/c of As;ric.) assure que, dans les seules iles Hébrides, on a, par des clôtures bien en tendues, augmenté infiniment le rapport de S00,()00 acres de terre. Les Anglais ont depuis lou„'- temps senti les a\antages de garantir les terres des vents du nord et de Test par la plantation de petits bois ou de haies, parc<' (pie le froid ralentit ia végétation et nuit à la fertilité: de même que le bétail se tient plus volontiers sur le coté niéridiouiil des haies et des bosquets, ainsi les plantes poussent mieux à cette exposition. Les vents arrivant au sol sous un angle trèsai";u.on peut admettre qu'un bouquet de bois {fiu- 1') garantit les terres adjacentes à une Fig. U.

Fig. 18.

dislance décuple de sa hauteur, ou même davantage, s'il est sur une éminencc; si l'on y ajoute des haies vives de manière à enceindre tout le champ, l'abri sera bien plus f fficace. parce (pi'il conservera mieux le calorique accumuléà la partie méridionale du bosquet. Non seulement ces haies augmentenL la lemj)érature, mais encore (>lles em[)êchent le dessèchement du sol et TevaporaMon des^az fecondans. — C'est d'après ce> considérations qiie>L Nebbif,\ {Einriihlung;^ur.s* dcr Lnndg'Jtcr) conseille de diviser chaque domaine ' fig- 18) en une certaine quantité d enclos dont les angles seront arrondis; il les enceint chacun d'une lisière d'arbres plantés très-serrés, et de 20 à 50 pieds d'élévation, qui, tout en abritant le sol, produisent du Dois que l'on ne doit cependant exploiter que partiellement pour ne pas dégarnir les terrains enfermés. Entre ces pièces, il laisse une bande de 96 pieds de largeur environ , qui seri^ de pâturage et d'abri au bétail, et qu'on laboure et ensemence de temps en temps. Dans l'intérieur de ces clos on plante des rangées d'arbres fruitiers, que l'élévation de la tem

rx^rature fait pro-.pcrer parfaitement. Les beaux produits quOn obtient par une culture analogue dans le riche pays de Waes en Be'-

gique, et dans la fameuse vallée d'Auge dans la Normandie, démontrent les avantages de ce système.

Dans les situations basses et plates, on doit, au contraire, écarter tout ce qui gênerait la libre circulation de l'air, en agrandissant les enclos, diminuant la hauteur des haies, et élaguant judicieusement les arbres; car lorsqu'un canton est couvert de bois, il est plus humide. On peut donc améliorer le climat d'un pays qui est dans ces conditions, en abattant nue partie de ses bois. L'accumulation des terres marécageuses et de tourbes inertes et spongieuses rend aussi le climat plus froid ; les desséchemens ont donc le double avantage de livrei- à la cultui'e des terrains presque sans valeur, et de rendre plus favorables les influences atmos[)hi'riques. C. B. de M.

Section vr, — Moyens de juger du clirnut par les végétaux.

Nous avons vu combien est grande l'influence du climat sur les diverses cultures, et par conséquent de quelle importance il est pour le cultivateur (le la connaître. A cet égard, il est difficile de suppléer aux notions (pie fournit une longue observation et une habitation prolongée dans un canton. Le propriétaire qui achète un domaine dans un pays nouveau pour lui, le fermier qui va y prendre une exploitation , ne sauraient donc se dispenser de consulter, sur cet important sujet, les habitudes et les pratiques des habit tans du lieu, tout en les éclairant de leurs propres lumières. Ils peuvent aussi puiser quelques renseignemens dans l'étude des plantes qui croissent naturellement sur le sol, et qui, influencées aussi bien que les végétaux cultivés par le climat, peuvent le leur indiquer jusqu'à un certain point.

Nous n'essaierons pas de donner les caractères généraux delavéï^étalion des tropiques, ni de celle des régions septentrionales, ce

?|ui serait sans application pour le cultivateu rançais ; nousciteroDsseulemeut ce qui peu

tVAv. r' PRONOSTICS FOURNIS

contribuer à indiquer la nature du climat local.

Dans les lieux et les situations où le vent est ffëquent et violent, les arbres ont une forme trapue et peu d'élévation; ils sont Irèsraineux, et indiquent, par une inclinaison générale et par le plus grand alongement dos branches du (;ôté opposé, le j)oint de l'horizon d'oii le vent soufih; d'une manière prédominante. Dans les valléf's et les lieux tranquilles, on voit, au contraire, des arbres bien filés élanc(,'r vers le ciel une lig(,' grêle, peu rameuse, et couverte de feuilles énormes.

Le caractère génér-al de la végétation d'un territoire indique aussi très-bien si l'humidité ou la sécheresse y domine. Les arbres y affectent, dans le premier cas, une gi-aiide vigueur; dans le deuxième, au cotiti'aire, les pousses atmuelies sont très-faibles. On y voit aussi dominerlesarbreset les plantesdes sols secs et humides, qui seront indiquées dans le chapitre suivant.

Les localités qui sont à la fois humides et mal exposées relativement au soleil, sont indiquées par des végétaux en quelque sorte étiolés. Les pousses sont alongéss, mais faibles, d'une consistance aqueuse, jaunes ou d'un vert pâle; les rameaux sont peu nombreux et espacés; les fleurs, également peu nombreuses, avortent ou coulent souvent; les boutons à fleurs tombent au moment de la floraison ou peu après avoir noué ; le tissu intérieur de ces végétaux est lâche; leur épiderme est sans poils, quoique souvent il en présente dans leur état naturel.

Les lieux qui se rapprochent de la condition des montagnes offrent connue elles des plantes basses, ramifiées dès les racines, d'une nalure sèche et dure; leurs fleurs et en général tout l'appareil de la fructification est fort développé, comparé au reste de l'individu; les graines sont grosses, bien mûres , et avortent rarement ; la surface des feuilles et des tiges est souvent couverte de poils, plus nombreux sur les sommités que sur le reste de la plante.

La couleur et les odeurs des plantes peuvent même servir à indiquer le climat. Dans les lieux bien exposés, dans ceux dont le ciel est généralement serein, peu couvert de nuages et oii les brouillards sont rares, là où l'air est fréquemment renouvelé, les odeurs des plantes sont plus pi-ononcées et plus pénétrantes , et leuis couleurs plus foncées que dans les contrées où le climat est dans des conditions opposées. Chez plusieurs plantes, ou voit même les fleurs, blanches ordinairement , prendre une teinte plus ou moins foncée: les ombellifères particulièrement présentent ce phénomène ; plusieurs se teignent en rose sur les sommités, comme le cerfeuil, etc. Le vert des plantes alpines est généralement foncé ; celui des Elanles de tourbières pâle et tirant sur le leu ; Celui des plantes de bois ou qui croissent dans les pays ombragés, d'un vert pâle tirant sur le jaune.

Section vu. — Des moyens de prévoir le temps.

Les instrumens de météorologie mdiqués

ACiilClf. lUUK,

PAR l.KS INSTRL.MI'NS.

dans les 1"" sections de ce chnpitre font apprécier plus exactement les influences atmosphériques et l'état actuel du temps; niais ils ne contribuent qu'accessoirement à faire prévoir cet état à l'avance. Or, nul n'est plus intéressé ii ce résultat que le cultivateur, le vigneron, le jardinier, qui poui*raient alors modifier leurs cultures, hâter oti retarder leurs travaux, prendre des mesures pour se prései'vcr ou liier parti des météores dont ils auraient prévu l'arrivée prochaine. On peut dire sans exagération qu'une telle connaissance augmenterait de plus (Vm\ quart les produits du sol : et s'il est vrai (pie la plupart des habitans des campagnes acquièrent par leur ex[)érience personnelle l'art de pi-évoir le temps dans leur localité, on ne saurait douter de l'importance qu'il y a pour eux à profiter de toutes les observations faites sur ce sujet , et à pouvoir éclairer à cet égard leur expérience, en quelque sorte instinctive, par la connaissance des signes qui sont de véritables indicateurs ou pronostics des divers change mens du temps. Dans un climat aussi variable que le nôtre, cet art est fort difficile et demandi* toujours la connaissance des localités, en outre de celle du résultat des (jbservalions générales que Jious allons r. produire.

§ I"". — Pronostics fournis par les instrumens.

I. Tirés du baromètre. — Le baromètre monte ordinairement plus ou moins le matin jusqu'à 9 ou 10 heures, et descend jusqu'à 2 ou 4 , pour remonter ensuite. Les mouven/ens contraires à cette mar'che sont un indice probable de changement de temps. — Ces changemens s'annoncent presque toujours la veille au moins Lorsque le baromètre, étant déjà au variable ou au-dessous, descend, il annonce ordinairement la pluie. Le mercure monte quand le temps tourne au hcau — Les vents du nord ou du nord-ouest tiennent ordinairement le baromètre au-dessus de la hauteur moyenne; ceux du sud-est et du sud-ouest le tien nent au-dessous. — Quand le temps est à l'orage, les agitations du baromètre sont plus marquées; il remonte précipitamment quand l'orage est près de finir. — Lors(|ue le mercure baisse par un temps chaud, c'est signe d'orag^e ; — en hiver, lorsqu'il monte, c'est signe de froid. — S'il bai>se pendant le froid, c'est signe de dégel. — \n gros temps accompagné de la baisse subite du baromètre lie sera pas de longue durée; il en sera de même du beau temps accompagné d'une hausse subite; de même si l'ascension a lieu par le mauvais temps et continue avec ce mauvais temps pendant deux ou trois jours, attendez un beau temps continu; mais, si par un beau temps le mercure tombe bas et continue de tomber durant 2 ou 3 jours, cela présage beaucoup de pluie et probablement de grands vents.

IL Tirés du thermomètre. — Le thermomètre n'indique rien autre chose que les variations de température; mais il les indicpic de la manier'' la plus exacte et la plus certaine.

AGRICUTTURE : CLIMAT

On ne peut donc s'en servir pour prt'-voir le temps i\uc <ra[)rès les ronsécpifures souvent très-coiicluaules que fournil le changement de température. En général, lorsqu'il fait très-chaud et que le temps fraîchit, ou qu'il fait froid et que l'air se radoucit, cela i/h/tque de la pluie ou de la nei^e , selon la saison.

III. Tirés des girouettes. — Les girouettes, en indiquant d'où vient le vent, sont des pronostics très-précieux à consulter. En parlant des vents, on a indiqué leurs caractères dominans et généraux pour la France. l'ersonne n'ignore, après avoir habité un pays pendant quelque temps , quel changement dans le temps est indiqué par celui du vent.

IV. Tiré de l'hygromètre. — Les variations les plus importantes provenant de l'état d'humidité ou de sécheresse de l'atmosphère, cet instrument est un des plus utiles à consulter. En donnant une mesure ou une indication de l'humidité, il dénote assez souvent à l'avance la pluie ou les brouillards.

§ II. — Pronostics fournis par le* astres.

L Tirés du soleil. — Indices de vent: Le soleil se lève pâle et reste rouge; son dis- <pie est très-grand; il paraît avec un ciel louge au nord ; il conserve une couleur de sang; il demeure pâle, avec un ou plusieurs cercles obscurs ou des raies rouges; il paraît concave ou creux. — Quand le soleil semble partigé ou quand il est accompagné d'une parhélie, c'est indice d'une grande tempête.

Signes de pluie : Le soleil est obscur et comme baigné d'eau; il se lève rouge «ît avec des bandes noires entremêlées avec ses rayons, ou devient noirâtre ; il est placé audessus d'un nuage épais ; il se montre entouré d'un ciel rouge à l'est. — Les pluies subites ne sont jamais de longuedurée; mais quand le ciel se charge petil-à-petit et que le soleil, la lune ou les étoiles s'obscurcissent peu-à-peu , il pleut généralement pendant six heures.

Signes de beau temps: Le soleil se lève clair elle ciel Ta été pendant la nuit; les nuages qui l'entourent à son lever se diri.iient vers l'ouest, ou bien il est environné d'un cercle, pourvu que ce cercle s'en écarle é.^alenienl de tous côtés : alors on peut attendre un temps constamment beau; il se couche au milieu de nuages rouges , d'où ce dicton populaire, que «■ rouge soirée et grise matinée sont signes certains d'une belle journée.-»

II. Tirés de la lune. — Indices de vent : La lune paraît fort grosse ; elle montre une couleur rougeâlre ; ses cornes sont pointues et noirâtres; elle est environnée d'un cercle clair et rougeâtre. Si le cercle est double ou parait brisé, c'est signe de tempête. K la nouvelle lune, il y a souvent changement de vent.

Signes de pluie : Son disque est pâle; les extrémités de son croissant sont èmoussées. Le cercle autour de la lune accompagné d'un veut du !i;idi, annonce la pluie pour le lendemain. Lorsque !e venl est sud et que la lune n'est visible que la 4* nuit, cela annonce beaucoup de pluie pow le mois.

Signes de beau temps : Les taches de la lune

sont bien visibles; un cercle brillant l'entoure lorsqu'elle est pleine. Ses cornes sontelles pointues le 4' jour, c'est du beau temps jusqu'à la pleine lune. Son disque bien brillant trois jours après le changement de lune et avant qu'elle soit pleine, dénote toujours le beau temps. Après chaque nouvelle et pliMue lune, il y a souvent de la pluie suivie d'un beau temps.

1 1 î. Tirés des étoiles. — Signes de pluie : Elles paraissent grossies et pâles ; leur scintillation est imperceptible, ou elles sont environnées d'un cercle. Dans l'été, quand le vent souffle de l'est et que les étoiles paraissent plus grandes que de coutume, alors attendez-vous à une pluie soudaine. \

Signes de beau temps et de froid : Les étoiles se montrent en grand nombre, sont brillantes et étlncellent du plus vif éclat.

§ III. — Pronostics fournis par l'atmosphère.

I. Tl.rés des nuages. — Signes de vent : Lorsque les nuages fiùent légèrement, qu'ils se montrent subitement au sud ou à l'ouest, qu'ils sont, ainsi que le ciel, rouges, notamment le malin. — Une giboulée après un grand vent est un indice certain que la tempête approche de sa fin., d'où ce dicton populaire : « Petite pluie abat grand vent. »

Indices de pluie: La source la plus féconde des pronostics météorologiques a toujours été l'apparence diverse et les changemens d'aspect des nuages ; cause prochaine de la pluie ou de la neige, on les a toujours regardés comme fournissant les signes les plus sûrs et les plus directs des changemens du temps. Malgré leurs changemens rapides et leurs formes fugaces, nous citerons les principaux renï.eignemens qu'onen peut tirer. — Par un temps nuageux, quand le vent souille, la pluie doit s'ensuivre. Les nuages sont encore indices de pluie quand ils s'amoncèlent et ressemblent à des rochers ou à des montagnes qui s'entassent les unes sur les autres quand ils viennent du sud ou changent souvent de direction. Quand ils sont nombreux au nord-est le soir, quand ils sont noirs et viennent de l'est, c'est de \a pluie pour la nuit; s'ils viennent de l'ouest, c est pour le lendemain; quand ils ressemblent à des flocons de laine , c'est de la pluie après deux ou trois jours.

Lorsqu'il a beaucoup plu dans un endroit voisin de celui où l'on se trouve, dans l'été particulièrement, il se forme plusieurs couches de nuages ; on doit donc attendre de la pluie, mais de peu de durée, parce que l'humidiié qui en avait été la cause était peu considérable, alors on ace qu'on nomme des pluies d'orages. — ha pluie est de peu de durée quand le ciel, couvert de nuages le matin, et l'air étant tranquille, les rayons du soleil viennent à percer les nuages; car la chaleur, en dilatant alors lair supérieur, le rend capable de contenir plus d'humidité, et le temps devient serein. Mais si plusieurs couches de nuages existent dans l'air et qu'il règne des vents humides, la pluie sera de longue durée. Il en sera de inèiue, maisy;c/r ondées -, si CCS couches se meuvent avec des

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