CHAP. 17», DR LA CAROTTE
et par conséquent plus de valeur quand on les destine à la vente.
La racine de la carotte étant fusiforme, et pénétrantgénéralement à unegrande profondeur, le sol au(|uel on la confie doit avoir une couche arable assez profonde pour ne point l'arrêter dans son développement longitudinal. On connaît depuis peu d'années quelques variétés dont les racines se rapprochent beaucoup dans leur configuration de celles de certaines espèces de navets et de raves, et qui par cela même n'exigent pas un sol aussi profond. On peut encore cultiver dans ces mêmes terrains la variété dite blanche à collet vert, dont les racines croissent en partie hors de terre.
§ IH. — Place dana la rotation.
Soûs le rapport des assolemens , les carottes laissent au cultivateur bien moins de latitude que la plupart des autres piaules sarclées. En effet, elles aiment à être semées de bonne heure ; dans bien des cas, lorsqu'on en veut étendre la culture sur une grande surface, la terre doit être déjà préparée avant l'hiver, et il n'est pas rare que l'automne empêche le laboureur de faire les dispositions préliminaires qui assurent la réussite de la semaiile de laquelle néanmoins dépend tout le succès.
D'un autre côté, peu de plantes agricoles, autant que \^% c^vo\.\.<t%, souffrent de la présence des herbes parasites. 11 est donc indispensable de les placer à la suite d'une récolte qui elle-même ait nécessité celte destruction, ou du moins qui ait été enlevée d'assez bonne heure pour qu'on puisse provoquer la geriiiination des semences que recèle le sol, et pour les détruire ensuite. C'est pourquoi la j)lace qui leur convient le mieux , est à la suite d'une récolie de pommes-de-lerre, de betteraves, etc. Il est vmi que, par l'adoption de celte combinaison, on ne peut guère regarder les carottes comme une récolte jachère, mais je n'en suis pas moins convaincu que c'est dans une telle succession de culture que cette plante donne le plus haut produit, et demande le moins de déboursés.
Lorsqu'une pièce de terre, soumise à l'assolement alterne depuis longues années, se trouveamenée à un état suffisant de propreté, on peut y cultiver des carottes a//rês une récolte céréale. Mais il serait imprudent, dans l'état actuel des choses, de conseiller aux cultivateurs triennaux de semer des caix>ltes sur une jachère précédée elle-même de deux récoltes céréales; les frais de culture se portent, en pareil cas, à une somme si élevée, que celte circoiialance seule suffirait pour éteindre chez des hommes naturellement et justement circonspects, tout désird'amélioration agricole.
Si la carotte est exigeante sous le rapport des plantes qui la précèdent dans une rotation, elle est en revanche très-accommodante pour les véffétaux qiii la suivent. Elle est pour tous une excellente préparation. Si l'on en excepte le colza et l'orge d'hiver, tous les vé-
t[etîux aiment à venir à sa suite. On avait cru ongtemps que la carotte est atitipathique «vec e lie-même, c'est une erreur. M. Bertier père, bien connu pour les excellentes éludes