‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 276 sur 304 · SG · texte numérisé non relu

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Ton apprëcie mieux les avantages des prairies arlificielles, ces sortes (i"herbages perclenl-ils considérablement de leur importance aux yeux des cultivateurs instruits, et sont-ils successivement défrichés partout où les bous assolemens gagnent du terrain. — Si l'on n'a eu qu'elles en vue, je conçois fort bien l'opinion récemment émise dans un journal, que les prés naturels sont une superfétalion et une dépense inutile, en ce sens «[u'ils occupent une place qui pourrait j)resque toujours rapporter davantage tout calcul lait du prix de ferme, de la somme des produits, et en définitive du bénéfice net.

On a quelquefois cherché à évaluer comparativcnient le produit des prairies permanentes et des terres arables. Un auteur justement célèbre les a divisées en 6 classes, dans l'ordre décroissant de leur fécondité; puis, mettant en regard les unes des autres chaque classe correspondante, il est arrivé à ce résultat moyen que la valeur d'un champ, dans l'assolement triennal, n'est à celle d'un pré que comme deux à trois, lorsque des circonstances de localité n'apportent pas quelque changement à cette proportion. — En prenant pour point de départ l'assolement quadriennal, d'autres écrivains ont trouvé au contraire que le champ rapportait plus que la prairie. Pour ma part, j'avoue que j'ai appris à me méfier beaucoup de ces calculs dont la précision séduit plus qu'elle n'éclaire, et que je n'attache pas grande importance à des moyennes qui ne peuvent guider utilement la pratique locale, ainsi que le prouve suffisamment le peu de concordance qu'elles présentent entre elles dans les livres. — La valeur d'une prairie à base de graminées, même médiocre, peut être considérable dans les lieux où les terres arables ne sont pas propres à produire avec sûreté les meilleures plantes à fourrage; — une bonne prairie peut au contraire être moins estimée dans les fermes où non seulement on récolte beaucoup de paille, maison la nature des terres favorise la culture de la luzerne, du trèfle, des choux et d'autres plantes propres à faciliter l'hivernage du gros bétail ou des troupeaux. — A celte considération principale se joint celle de la proximité ou de l'éloignemeiit de l'herbage du corps des bâlimens ; — les casualités d'inondations intempestives; — les travaux plus ou moins considérables d'entretien, etc., etc.

11" SUJET. — Des prairies à base de légumineuses.

L'introduction et la propagation rapide des prairies artificielles a été pi'esque partout le principal, parfois le seul élément des améliorations qu'on remarque depuis un demi-siècle dans notre économie rurale. Heureusement cette vérité est désormais assez sentie pour se propager, en quelque sorte, d'ellemême. — Parmi les terrains les moins propres aux cultures économiques, il en est que leur nature condanineà resteren pâturages; — d'autres que leur position basse ou marécageuse doit faire réserver en prurics permanentes. -- En dehors de ce double moyen

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