‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 278 sur 304 · TOME I. - Ca · texte numérisé non relu

TOME I. - Ca

AGRICULTURE : DES PLANTES FOURRAGERES

un emplacement où il sera facile d'élendre la litière et d'affourager comme à l'étable, à toutes les époques où l'on est dans l'usage de laisservaguer les animaux. — En second lieu, pour ceux de travail, le repos est bien plus souvent nécessaire que l'exercice, de sorte que l'objection tombe encore d'elle-même en cequi lesconcerne. — Restent donc les jeunes animaux, les vaches laitières et les moulons. A leur égard, les avis sont partagés, et, pour ma part, j'avoue que je ne crois pas qu'on doive les tenir constamment renfermés en de trop étroites limites. Il m'est démontré que les jeunes élèves se développent mieux lorsqu'on les abandonne entièrement à eux-mêmes au pâturage pendant une partie de la journée. Je dirai aussi, tout en reconnaissant combien il est avantageux de donner du fourrage vert aux vaches, au moins au milieu du jour, pendant les fortes chaleurs et à l'époque ou la plupart des herbagesont perdu leur Iraicheur, que l'exercice qu'on leur permet de prendre le soir et le matin est éminemment favorable à leur santé comme à la sécrétion et àla bonnequalilé deleur lait.— Enfin, conformément aux opinions assez généralement répandues parmi les bergers, je croisencore que le système de nourriture à rélable,pour les moutons, doits'allierà celui du pâturage, autant dans l'intérêt des animaux que par suite de l'impossibilité de faire autrement dans beaucoup d'exploitations agricoles.

La casualité des récoltes que donnent les prairies artificielles n'est guère plus grande

aue celle de tout autre herbage. A la vérité, ans les domaines dont le sol est varié, si l'on s'obstinait à cultiver partout du trèfle ou de la luzerne, il pourrait bien arriver que ces plantes ne donnassent pas les produits qu'on croyait devoir en attendre, ou qu'elles manquassent même tout-à-l'ait,de sorte que, faute de prairies permanentes ou de pâturages, on se trouverait fort embarrassé de pourvoir à la nourriture des herbivores; mais un cas semblable ne peut être prévu dans une exploitation bien dirigée et bien assolée. Si les légumineuses y manquent, ce ne sera ni parce qu'on les aura placées sur une sole qui ne leur convient pas, ni parce qu'on n'aura pas pris les soins nécessaires à leur culture; la saison seule aura été un obstacle à leur succès, et la saison aurait tout aussi bien arrêté le développement d'autres herbes. Le meilleur moyen d'échapper à la disette accidentelle des fourrages, c'est de varier les produits fourragers; et, à ce sujet, il faudrait parler longuement des racines, si cette tâche n'était déjà remplie. Je rappellerai seulement qu'elles offrent cela d'avanla- ^cuXfdans leurs rapports avec l'alimentation a l'étable ou au parc, (lue, lorsqu'elles surabondent, elles permettent d'augmenter le nombre de bœufs à l'engrais; —qu'elles sont d'ailleurs susceptibles d'être utilisées pour la nourriture de l'homme, et qu'elles se prêtent en outre, dans l'état industriel de la France, à divers usages qui leur assurent, dans beaucoup de localités du moins, un débit assuré.

L' augmentation des frais est une objection

lus fondée, quoique souvent on s'en exagère

importance. Il est certain que la nourriture ^ l'accroissement de valeur des produits du sel.

Page 1