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supplément au pâturage, 24 livres de ramée de peuplier de Virginie, elles consommaient chacune en moyenne 11 livres tant bois que feuilles; donnaient autant de lait, et étaient aussi bien entretenues que lorsqu'on les al fourrageait de 15 à 18 livres de
trèfle! — De tels résultats, quelle que
soit la manière de les envisager, doivent, ce me semble, engager à étudier, plus qu'on ne l'a encore fait, l'utilité des feuilles d'arbres comme fourrages et conduiront trèsprobablement à étendre leur emploi au-delà de ses limites actuelles.
O. Leclerc-Thouin.
CHAPITRE XIX. — DES maladies et des attaques auxquelles les végétaux cultivés SONT SUJETS, ET DES MOYENS D'Y REMÉDIER.
Les chapitres précédens, qui développent d'une manière aussi complète et aussi claire qu'il nous a été possible de le faire, les principes théoriques et pi'atiques de la culture des plantes qui font l'objet principal de l'agriculture européenne, ne suffisent pas encore pour assurer au cultivateur la récompense de ses travaux : les végétaux cultivés sont sujets aux attaques de maladies organiques et (Vagens extérieurs qui comprouiettent plus ou moins gravement leur développement ou leur existence; un grand nombre de plantes parasites^ souvent presque imperceptibles, des végétaux plus ou moins inutiles ou nuisibles, non seulement absorbent, au détriment des bonnes plantes, les sucs nourriciers du sol, mais encore développent chez celles-ci des affections maladives fort redoutables; enfin, une foule d'animaux de toutes les classes vivent aux dépens des diverses parties du végétal, et menacent continuellement de détruire nos récoltes, de-
fuiis l'instant où le laboureur les a confiées à a terre et même encore après qu'il les a rentrées dans ses greniers. Il faut donc indiquer aux cultivateurs les moyens sanctionnés par l'expérience, que l'étal actuel de nos connaissances nous offre, pour nous mettre à l'abri de ces divers agens destructeurs, ou du moins diminuer leurs ravages.
Section i*^* — Des maladies organiques et
agens externes.
Les plantes, a}\ss\ bien que les animaux, sont sujettes à des désordres et à des infirmités qui peuvent altérer leur santé, les empêcher de remplir le but qu'on se proposait en les cultivant, et même amener leur fin prochaine. Mais, il fnut l'avouer, si la médecine appliquée à l'espèce humaine est encore un art empirique, bien souvent trompé par la variété infinie des maladies, la pathologie végétale est encore tout-à-fait dans l'enfance, aussi bien pour la connaissance des afl'ections maladives que pour celle des moyens curatifs.Les cultivateurs ont recueilli quelques faits isolés, incomplets, ont proposé quelques remèdes empiriques; un petit nombre de physiologistes ont cherché à en
former un corps de doctrine : M. Tessier dans son Traité des maladies des grains, Bosc, dans le Cours d'agriculture , M. De Candolle, dans sa Physiologie végétale, d'une part; Duhamel, Plenck, WildExNOW, Smith, Ré, M. de Mihbel, M. Tubpin, de l'autre, se sont plus ou moins occupés de ce sujet difficile, mais il laisse encore beaucoup à désirer. Réduits à ne point en former un ensemble satisfaisant, nous ne pourrons ici donner que quelques généralités sur les lésions accidentelles, internes et externes des végétaux, et indiquer quelques pratiques suivies de succès dans olusieurs maladies spéciales.
Des lésions accidentelles.
Les cultivateurs savent combien la succession favorable ou défavorable du temps concourt au succès ou aux mauvaises chances de l'agriculture. A vrai dire, chez la plante, d'une organisation infiniment plus simple que l'animal, attachée d'ailleurs au sol qui l'a vue naître, et privée ainsi des moyens de fuir les agens nuisibles, l'histoire des maladies n'est presque qu'unesimple conséquence de l'influence des agens extérieurs, tels que le sol, l'eau, l'air, la chaleur, la lumière, î'électricilé ( /o/rle chap. I de ce livre); et de plus, sous le point de vue pratique, c'est particulièrement sur cette influence qu'il est utile d'appeler l'attention du cultivateur.
Les effets de la température sont les plus importans, parce que les conséquences en sont plus graves. Chacun connaît les fâcheux accidens de plusieurs genres qui résultent à^'i, gelées, non seulement pour les végétaux exotiques ou imparfaitement acclimatés, mais encore pour les plantes indigènes ou cultivées de temps immémorial. Il existe quelques moyens généraux de diminuer les fâcheux effets de lagelée sur les plantes : 1" On peut, au moyen de paillassons, de toiles, de treillis, de simples canevas, de paillis grossiers en litières ou en fougères, abriter les végétaux du rayonnement nocturne, et par suite du dépôt de la rosée qui, lorsque la température de l'air n'est que de peu de degrés supérieure à 0% se transforme en gelée
blanclie el cause quelquefois la perte des bourgeons et presque toujours la coulure déifie urs ; cette pratique est susceptible d'un grand nombre d'applications aussi bien dans l'agriculture quedanslejardina^e.— On peut avoir recours, dans le niènie cas, à des arroseniens superficiels avec une eau à la température des sources ou des puits, el qu'il l'aut avoir soin de répandre avant le lever du soleil : cette eau, en fondant la gelée blanche, empêche la transition subite de létal glacé à une température élevée, qui parait être cause de la désorganisation des tissus délicats qu'il s'agit de préserver.— On a aussi recommandé, dans le même but, de secouer la rosée, et, pour les blés, de promener une corde assez forte qui courbe les tiges et parait enlever les petits glaçons : deux ou un plus grand nombre de |)eVsoiines .s'alignent dans le champ, de distance en dislance, et marchent en portant la corde assez bas pour que les liges soient fortement abaissées : il est indispensable que cette opération ail lieu avant que les rayons du soleil vienne ni frapper le champ. — Un antre moyen dont on obtient aussi de bons résultats dans diverses circonstances, c'est de brûler devant les espaliers, les arbres, les champs , les coteaux qu'on suppose frappés de la gelée blanche, du fumier ou de la paille monillée dont la fumée intercepte les premiers rayons du soleil, et, ea réchauffant l'air, fond les petits glaçon.^. — 2" Pour les végétaux vivaces ou ligneux qui passent l'hiver en plein air, et redoutent les gelées de nos climats, on peut les en abriter, soit eu les empaillant avant l'époque des froids, c'est-à-dire en enveloppant de paille ou de fougère les tiges et les branches ou bien les rameaux seulement, suivant la délicatesse de l'individu; soit en couvrant de litière, de feuilles, etc., ou même simplement de terre, les basses tiges, les racines ou les tubercules qui restent dans le sol durant l'hiver et pourraient y être détruits })ar les gelées.— 3 linlin, pour les arbres et arbustes qui n'ont [)as été protégés contre les froids, ou pour lesquels la protection donnée n'a pas suffi, on peut au printemps, quand l'apparition des l)Ourgeons indique bien les parties qui ont souffert, rabattre les rameaux gelés sur les parties saines. — Une dernière lésion, résultat de la lâcheuse inlluence des gelées, consiste dans la «lésarticulation des parties, d'où résulte ia chute des feuilles, des fruits, et même des jeunes rameaux chez plusieurs végétaux, comme la vigne. On a donné à cette affection le nom de champlure.
L'action de la chaleur occasionc aussi des affections dangereuses et communes : on en a désigné sous le nom de brûlure on hrouixsure , |)lnsieurs de caractères très-différens. On nomme plus particulièrement /'/7/7«/f, la lésion qu'éprouve un arbre exposé contre un mur à toute l'ardeur du soleil, ou transporté d'un lieu abrité, tel qu'un bois, une pépinière épaisse, etc., à une vive lumière, et dont l écorce se fend, s'écaille, se sépare du tronc, se dessèche et noircit ; les branches frappées de la sorte ne se nourrissent plus qu'imparfaitement et quelquefois périssent, les gelées, en soulevant l'écorce, produisent le
AGRlCVLTUaE.
MALA.D1ES DES PLANTES. i,29
même effet. Pour garantir les arbres de ces inconvéuiens , on enveloppe souvent les
troncs et les grosses branches de paille ou de toiles grossières; mais il vaut beaucoup mieux les abriter avec des planches qui préservent des rayons du soleil sans entretenir l'humidité; lécorce se rétablit alors plus ou moins promplement. — On appelle encore brûlure le dèpcrissenient des racines^ causé par la sécheresse extrême du sol; ce mal atteint les céréales principalement dans les terrains sablonneux ou graveleux, qui ont peu de profondeur, el aux expositions chaudes; on le voit quelquefois s'étendre presque soudainement, se développer sur de grandes étendues, et ruiner les récolles. Lorsque cela arrive au commencement de l'été, la récolte est jierdue entièrement, l'épi se desséchant complètement : quand c'est plus tard, le grain est ce qu'on appelle reirait; dans tous les cas, la ()aille perd beauccuip de sa qualité. On reconnyil le froment brillé à la blancheur de sa tige et de son é[)i.
On désigne plutôt sous le nom de brouissure, resj)èce de brûlure quépnuivent les jeunes bourgeons des arbres ou des plantes, par l'elfet d'un soleil ardent, d'un vent sec ou des hàles: les bourgeons encore tendres deviennent subitement noirs; les extrémités des branches se dessèchent et périssent. On peut attribuer celte affection à révaj)oration qui se fait par les rameaux à l'élat de bourgeons et non consolidés; évapora lion qui est très- considérable, et qui n'étant plus remplacée par la même quantité de sève, permet a l'ardeur du soleil de les dessécher, et par conséquent de les fra|)per dtî mort, comme l'écorce dans le cas dont nous venons de parler. Les nnoseinens, tout ce qui peut activer la végétation, tels sont les remèdes les plus convenables ii administrer. — Enfin, on désigne encore sous le nom de brûlure, l'effet produit par l'eau des rosées et par les gelées olanches, sur les feuilles et les fleurs, et dont nous avons parlé tout-à-l'heure.
Chez les céréales et beaucoup d'autres végétaux cultivés, si, lorsque les jeunes tiges sont tendres el vertes, il survient tout-à-coup de grandes chaleurs et de la sécheresse, au lieu de grossir, elles se dessèchent, les graines mûrissent trop iiromptement, et jiar conséquent n'acquièrent ni leur grosseur, ni leurs qualités.
On ne sait que trop bien que, si pendant la floraison, il tombe des pluies a/>onilarites, continuelles^ surtout accompagnées de vent ou d'une température froide, les poussières des étamines sont délayées, dissoutes, en sorte que les Heurs avortent et coulent. Cet accident fait trop souvent dis[iaraltre pour la vigne l'espoir de la plus belle récolte; mais les céréales et beaucoup d'autres plantes n'en sont pas à l'abri, et, malheureusement, on ne peut offrir aucun moyen au cultivateur pour remédier à cette es|)èce île coulure. On connaît également bien d'autres effets des mêmes agens exleiieurs: unc/dutej'roide, persistante, qui pénètre j-.ixjue dans la texture du grain en lait, lui donne un grand volume, mais il n'acquiert ni [)oids, ni qualité, à cause de l'abondance de son écorce et de la petite quautilé de farine qui n'est pas
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A.GRICULTURE : MA^LAUIES DES PLANTES.
de garde. — Si celle pluie se prolonge jusqu'au raoraeut de la nioissou, le grain, au lieu de se perfectionner et d'achever sa maliirité, germe et se gâte au milieu des champs.
Les vents impétueux, accompagnés déferles pluies, les orages, occasionent aussi un tort considérable en faisant verser les récoltes ; les tigfes, daus ce cas, plus ou moins ployées, subissent une espèce d'étranglement; la sève,iiiterrompue dans son cours, ue monte plus jusqu'aux épis et aux graines ; les mauvaises herbes prennent le dessus et étouffent les bonnes plantes; celles-ci, enlassé's et mouillées, s'échauffent et finissent souvent par fermenter, noircir et pourrir. Il n'est aucun moyen direct d'apporter remède au versement des récoltes ; mais on peut le prévenir, d'abord en multipliant les haies et les plantations d'arbres, ou en plaçant de distance eu dislance, dans le champ <ju'on suppose en danger de verser, des perches transversales attachées à des piquets ; eu second lieu, comme ce sont ordinairement les récoltes trop fortes qui courent le danger de cet accident, on y obvie en semant deux années de suite des récoltes épui.'-antes, en ne mettant pas de fumier, en semant clair, ce qui fait obtenir des tiges moins nombreuses mais plus résistantes, en coupant les feuilles au printemps, enfin, pour les céréales, en donnant la préférence aux variétés à pelils épis. Lorsque ces précautions n'ont point été prises, et que le versement a lieu, si c'est peu avant la maturité complète, il est ordinairement avantageux de moissonner sans retard; mais, si cela arrive environ un mois avant cette époque, comme les herbes s'élèveraient au-dessus des tiges, et que la perle pourrait éire complète par suite de la pourriture, il n'y a souvent pas d'autre moyen de salut que de couper immédiatement pour en faire un fourrage abondant et d'excellente qualité.
La gréie cause des ravages semblables et souvent bien plus considérables, puisqu'elle hache les récoltes, meurtrit les tiges et les rameaux, et répand dans le champ un froid glacial qui suspend la végétation pendant un temps plus ou moins long. Pour les plantes annuelles ainsi maltraitées par la grêle, il n'y a souvent rien de mieux à faire que de les retourner et de les enterrer en semant le champ envesce d'hiver, en navett<N en haricots, en navels, etc. — Les moyens proposés pour prévenir les ravages de la grêle sont illusoires, à l'exception des assurances dont nous avons parlé précédemment {page 303 de ce volume).
Les grains qui ont subi les altérations causées par les accidens doiit nous venons de parler, sont menus, chétifs, ridés, et portent des signes oui les font désigner dans le commerce par les noms de blés échaudés, blés maigres, blés coulés, blés stériles^ blés versés^ etc.
§ II. — Des lésions internes.
Les affections produites par le dérangement des Jonctions de la vie végétale sont les moins connues : les unes paraissent avoir pour cause la faiblesse, d'autres l'excès de la végétation.
V abondance des sucs séveux cause |)ai!ois des déraogemens plus ou moins graves, prinrip-dement chez les végétaux ligneux. Pour toutes les plantes, nous voyons généralement la j7e/77ir<^, c'est-à-dire lavortemeul des fleurs et des fruits, être la suite d'une trop grande vigueur. L'abondance excessive des engrais ou leur mauvaise qualité altèrent la marche des sucs végétatifs, et par suite les fonctions ori;aniques jusque dans leur essence ; les organes deviennent difformes, changent de couleur, exhalent une odeur insolite qui nuit à la qualité des produits; les plantes poussent trop en feuilles et pas assez enfruils; enfin, dans certains cas, il se dévelo()pe de véi ilabies maladies. C'est ainsi que les mûriers blancs, placés près des fumiers ou dans des sols trop engraissés, sont sujets à la gangrène humide, sorte d'ulcères d'où découle une sanie acre et noirâtre qui accélère souvent leur mort. — Dans les années très-pluvit^uses, beaucoup de végétaux éprouvent une sorte depléthore ou d'hydropisie : l'eau ne s'élabore plus dans les vaisseaux ; les huiles, les résines ue peuvent se former; les fruits sont sans saveur: les graines ne mûrissent pas, et sont sans fécule; les feuilles tombent; les racines se couvrent de moisissures et pourrissent.
— Lorsque cette humidité coïncide avec une température élevée, elle détermine 1er» plantes à pousser trop en feuilles ou en pousses hei'bacées, état considéré comme heureux lorsqu'il s'agit de la culture des prairies, et corameune maladie lorsque ce sont les fleurs ou les fruits qui étaient l'objet principal des soins du cultivateur. — On conçoit que, pour ces affections, écarter leur cause, lorsque cela est au pouvoir de l'homme, voilà le seul moyen d'y porter remède.
Dans les arbres, les ^«a; des sucs séveux sont parfois considérables et donnent naissance à des affections très-dangereuses. Un mauvais élagage, lorsqu'on coupe de grosses branches latérales, notamment aux ormes, aux marronniers, et en général aux arbres de«: routes et promenades, cause, au printemps, un écoulement de sè^'e ascendante ; elle coule surlécorce, y dépose des matières terreuses ordinairement blanchâtres, qui obslruenl l'action superficielle de l'écorce, et tendeut aussi à désorganiser celleciens'inliltrant entre elle el le bois; elle détermine, par suite, des ulcères plus ou moins graves dans les parties inférieures. — L'écoulement appelé pleurs de la vigne est du même genre, mais ne parait pas altérer gravement la santé de ce végétal. — Ces flux paraissent avoir pour cause la succion trop forte des racines, alors que les feuilles ne sont pas assez développées pour en absorber ou exhaler les produits.
— On observe aussi chez plusieurs végétaux des extravas allons de sucs propres : telle est la gomme des cerisiers, pruniers, etc., rarement nuisible a leur santé, si ce n'est en causant des obstructions, lorsqu'elle s'insinue dans les vaisseaux de la plante. Cette affection est ordinairement le résultat d'un sol, d'une exposition, ou d'un climat mal appropriés aux végétaux : le meilleur moyen d'y remédier serait de choisir une meilleure situation; on peut aussi couper la partie at-
, taquéei et y apposer un emplâtre. — Quaud