LIV. I
les chaumes, ou après l'arrachage des lins, de fort bons produits. Je conseille donc de l'essayer dans des circonstances analogues, partout où les pluies estivales promettent quelques chances de succès.
La PiMPRE\ELLE [Poterium san^uisorba.
Lin.), famille des rosacées C/f^.702).Le grand mérite de cette plante, dit M. Vilmorin, parfaitement d'accord en cela avec tous les essais que j'ai laits et vu faire, est de fournir d'excellentes pâtures sur les terres les plus pauvres et les plus sèches, soit sablonneuses, soit calcaires. Elle résiste aux extrêmes de la chaleur et du froid, et offre surtout une res-^ source très-précieuse^ en hiver pour la nourriture des troupeaux.
Quelques parties de la Champagne pouilleuse ont ciù à la pimprenelle une amélioration sensible dans leur situation agricole , amélioration dont bien des milliers d'hectares en France seraient susceptibles. Il paraît que son foin ne convient ni aux vaches ni aux chevaux, quoiqu'il soit excellent pour les moutons; mais son fourrage vert plaît à tous les herbivores, et elle repousse pendant la belle saison plus vite peut-être qu'aucune autre plante. On la sème en mars ou septembre, à raison de 30 kilog. environ par hectare.
La Sa.xgltsorbe ( Sanguisorba officinnlis Lin.) (fîg. 703), même fainillp, plus vulgaire ment connue sous le fig. 703.
nom de grande oim-
pretielTe , s'élève beaucoup plus que l'espèce précédente, et n'est guère plus difficile qu'elle sur le choix des terrains.
J'en ai vu de belles sur des terres tuifacées, et j'en ai possédé de magnifiques sur des sols argilosableux maigres et arides. Je la crois préférable à la pimprenel le comme plus fourrageuse.
Les Courges ou
ClTROlILLES {Cucur-
bita), famille des Cu-
curbilacées , dans plusieurs parties de la France méridionale et occidentale , sont cultivées sur de
petites étendues pour concourir à la nourriture des riiniinaiis, et surtout des cochons, pendant une
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partie de la mauvaise saison. Celte nourriture, nu peu aqueuse, a besoin d'être mitigée par d'autres alimens. L'espèce que j'ai vue le pllis habituellement recherchée est verle, oblongue, de la grosseur de la tête ou davantage, et rayée de blanc ; quelquefois simplement tachetée de cetle dernière couleur et uresque ronde.
On la sème sans grande précaution lorsque les dernières gelées ne sont plus à craindre, tantôt en des augels, au fond desquels on a déposé quelques engrais, tantôt sans celle précaution, sur des fonds naturellement fertiles, au plantoir ou à la main, à des distances à peu près égales entre chaque pied. D'après le premier procédé, qui est préférable, on répand 4 à 5 graines dans chaque auget, quoique plus tard on ne doive laisser subsister que deux pieds. A mesure que les courges mûrissent, ce qu'on reconnaît à leur changement de couleur, et surtout à la dureté complète de leur écorce, on les cueille; on les laisse se ressuyer quelque temps en plein air, et on les rentre toutes avant les gelées dans un lieu sec et abrité.
La culture des courges est assez étendue dans les départemens de l'Ain, de Saône-el- Loire, de la Sarthe, de Maine-et-Loire, etc. Là, les cullivaleurs en font grand cas pour les localités dont le fond est léger, quoique fertile. Au-delà du 49'= degré vers le nord , elle ne présenterait plus les mêmes avantages.
§ IV. — Des arbres et arbrisseaux fourragers.
Les végétaux sous-l'gneux et même ligneux offrent dans quelques localités, et pourraient offrir dans beaucoup d'antres, des ressources assez importantes pour la nourriture des bestiaux. Comme les plantes herbacées, il y a deux manières principales de les faire consommer : en vert, soit au pacage, soit à l'étable; — à l'état sec, à l'aide de divers modes de conservation.
LesBRiiYÊnEs(^r/<r-fle) elles-mêmes, dans les terrair)squi ne conviennent qu'à leur végétation, sont quelquefois broutées par les moutons. M. DE MoROGUEs en cite des exemples pour la Sologne. D'après les essais qu'il rapporte,cesont \esEnca cinerea e{.vul^a?-is dont les mérinos s'accommodent le mieux. Quand lesbruyères croissent mêlées à A^s genévriers^ ce dernier arbrisseau rend leur pacage meilleur, parce que les moutons le broutent avec plaisir <;t profit pour leur santé. On pourrait donc semer le genévrier comme le genêt, s'il ne croissait pas avec une si grande lenteur.
Les Genêts [Gcnista eiSpartium, Lin.), famille des légumineuses, croissent spontanément dans beaucoup de localités sur les terrains qu'on abandonne sans culture pendant un certain nombre d'années. Dans d'autres onlessème, commel'un desmeilleurs niovens d'amélioration des co'eaux à pente rapide et <les sables arides. C'est le Genrtà balai [Spartium scoparium^lÀn.)(\\.\\. est le plus répandu en France. Je ne me suis jamais aperçu chez moi que le gros bétail y touchât dans les pâturages, mais il procure une bonne uourrilure verle aux moutons. L'agronome dislin-
gué que je citais toul-à-l'heure en a tiré un fort grand parti dans ses propriétés du Loi ret : « Les genêts, dil-il, sont peu coiiU-ux à mullipliiir; on en fait ramasser la graine par des patres; le litre revient à 50 ou 60 c, et il en faut 2 à 3 litres par arpent de 20 pieds pour perche'. Afin d'éviter les labours, on les sème dans les terres usées et arides avec le seigle et le sarrasin ; au bout de 3 ans la genetière peut être pacagée avec avantage. Heureusement on commence, depuis plus de 20 ans, à se servir de ce moyen pour améliorer les pâturages de la Sologne, et cela seul a déjà produit un bien réel que la généralisation de celle pratique ne fera qu'accroître. » Le Genêt velu ( Genistapilosa^ Lin.), d'après SrRENGEL, est celui qui tient le l'^"' rang parmi toutes les espèces de genêts les plus propres à garnir les pâturages des moutons. Voici les raisons qu'il en donne : 1° Il vient fort bien dans les terrains sablonneux et même dans ceux qui, à cause de leur grande aridité, ne produisent que la canche blanchâtre, l'épervière piloselleetquelquesautres plantes, partage des terres les plus stériles; 2° ses tiges et ses feuilles ne gèlent jamais, de manière que, même pendant l'hiver, il procure aux moutons une nourriture abondante; 3° les rameaux sont mangés en entier; 4° de toutes les espèces de genêts, c'est celle que les moutons préfèrent, ce dont il est facile de se convaincre dans un pâturage où il se trouve plusieurs autres espèces de ce genre; 5° ses racines s'étendent à des profondeurs telles que la plante est insensible aux excès de la sécheresse et du froid, et qu'elle lire du soussol une grande partie de ses principes nourriciers; 6° elle ne souffre nullement d'un pâturage continuel; 7° sa présence non seulement ne nuit aucunement au trèfle, aux graminées, mais elle procure à ces piaules une végétation plus vigoureuse, parce que le genêt velu améliore la couche supérieure du sol ; aussi ne devrait-il manciuer dans aucun pâturage à moulons, en sol sablonneux et sec. La Genestrolle{Genistatinct(irla, Lin.) partage une partie de ces avantages. L'analyse nous la montre comme plus nourrissante encore; elle dure longtemps, est d'une cullure facile, parce que la semence, qui est fort grosse, lève aisément, et soulfre peu du voisinage des autres plantes. Si*renc.el recommande de semer ce genêt avec d'autres plantes fourragères en automne ou au printemps, par-dessus une céréale d'hiver.
L'AjoNc(67e.r <v/ro/><'M.v,Lin.),niê;ne famille, croit aussi nalurellemenl dans iliverses localités sur les terres abandonnées pendant un certain nombre d'années sans culture, après quelques récoltes économic|ues. — Ailleurs on juge convenable de le semer, dans la persuasion qu'il améliore le sol pour les céréales. On répand aloi's à la volée nue ipiinzaine de kilog. de semence par hectare. L'ajon*; aime les terrains consislans. Il vient de prélérence dans les schistes argilo-sableux, sur la crête des fossés oii il forme d'assez épaisses clôtures, pendant ses premières années, et sur les friches, où, comme en Hretagne et ime partie de la Ventlee, on peut en retirer un combustible abondant et de bonne qualité.
AGRICULTURE: DES PLANTES FOURRAGERES. uv. 1 ^
Beaucoup d'arbres cvdvau.v .sont l/c.s //;(iprcs à donner des fenillards qui conviennent également à tous les herbivores. A. Tiioii\ a consacré une partie de l'école pratique du Muséum d'hisloire naturelle, et uii paragraphe desonCoursdeculture,àla formation et à la description de /i«/t'.>- à Jourrages. JLilheureusenient les espèces qui conviennent le mieux au béiail ne s(mt pas généralement celles qui procurent les clôtures les plus défensives, attendu qu'elles doivent être privées d'épines. Cet inconvénient est assez grave; ntaumoins il est telles positions ou l'on pourrait atteindre suffisamment le second but, sans manquer le premier ; or, selon moi, cette question est plus importante qu'on ne parait le croire. Ce n'est pas seulement au Jardin des Plantes de Paris qu'on peut voir de superbes haies qu'une tonture rigide ne fait que rendre plus touffues dans leur mince épaisseur. Tous ceux qui ont parcouru la Belgique en ont pu remarquer de semblables en plein champ, et certes l'abondance des ramées obtenues une ou deux fois dans le cours de la belle saison, lorsqu'elles sont de nature à affourrager les animaux, sont d'autant moins à dédaigner, qu'on peut choisir,pour les abattre, le moment où les prairies offrent le moins de ressources.
Une première condition à rechercher dans les végétaux qu'on destine à former des haies fourragères, c'est : l°qu'ils plaisent aux bestiaux ;2''que leur végétation soit le plus active possible,etquede fréquentes tontures ne leur soient pas nuisibles. Vorme, les érabùes, le charme et divers autres végétaux ligneux remplissent fort bien ce double but.
Quant aux arbres ou arbrisseaux qui oe pourraient former de bonnes clôtures, parce que leurs liges sont ou trop faibles ou trop disposées à se dégarnir du pied, ou enfin parce qu'ils auraient à souffrir des effets de la tonture, on peut encore les utiliser à la nourriture des bestiaux, en les plantant, comme on l'a conseillé, en taillis, en quelque sorte fauchables chaque année ; — en lesarrêtant sur souches très-basses; —ou en les élevant en têtards, destinés à être coupés tous les 3 ou 4 ans, et dépouillés seulement de leurs feuilles chaque année aux approches de l'automne. Sous les deux premières formes, quelques-unes des espèces qui paraîtraient présenter le plus d'avantage sont les suivantes :
La Luzerne en arbre {Medicago arbore a, Lix.), famille des légumineuses, qui est considérée parla plupart des naturalistes comme le vrai cytise, tant vanté des anciens, dont (pielques essais avantageux ont été faits, je crois, aux environs de Montpellier, et qui parait très-propre à fournir à la fois dans Ic's régions méridionales un excellent fourrage aux bestiaux et une nourriture de prédilection pour les abeilles. On sait que l'excellent miel du mont Hvbla, célébré par Virgile, était recueilli sur les fleurs de ce végétai.
Le Cytise des Alpes [Cytisus laburnum^ Lin.), même famille, qui prospère sur les terres sèches, rocailleuses, et dont il est probable qu'on obtiendrait des feuillards aboadans et fort du ^oùL des bestiaux.
Lorsqu'on cultive l'ajonc pour lourrage, on le tond ordinairement deux fois, une au commencement et la seconde vers la fin de l'hiver, en ayant soin de prévenir l'entier épanouissement des fleurs , pai'ce que dèslors ses nombreuses épines seraient plus difficiles à briser, et jiarce (|ue surtout les tiges acquerraient une rigidité telle que la faiilx ne pourrait plus les renverser. Lors(|ue les champs d'ajoncs arrivent à un certain âge, on d.iit recourir à la serpe. Dans tous les cas, on ♦Vappe les branchages au maillet sur un billot, ou on les fait passer sous les meules à cidre pour émousser les piquans qui repousseraient les animaux. En cet étal, tous les man.^ent avec grand plaisir, et ce peut être, à défaut d'autres fourrages, une ressource souvent importante.
Les Pins (Pini) sont aussi, dans les assolemens où l'on juge utile de les introduire pour quelques années, employés à la nourriture des troupeaux. Je ne reviendrai point ici sur le mode de culture applicable à de tels assolemens {f'oy. le chap. X); mais il est utile d'appeler l'attention des cultivateurs sur le parti qu'on peut tirer des espèces les plus abondamment cultivées, et notamment du Pin maritime{Pinus maritima^ Lin.), dont l'usage sous ce rapportest trop peu connu. Je ne puis nùeux faire que de laisser parler M. DE MoROGiiES : « N'omettons pas ici le parti qu'on peuttirerdes branchages de cette dernière espèce. Malheureusement les mérinos ers font p.eu de cas; mais les bêtes à laine indigènes qui ne les appèlent point en été, les mangent eu hiver. Depuis deux ans, M. le comte deTrist.4\ aaffourragé de cette manière pendant tout l'hiver deux troupeaux de brebis, race de Sologne, et il s'en est applaudi. — M. de G.i^uviLLiERs, président de la Société d'agriculture du département de Loir-et-Cher, a aussi employé avec succès, dans sa terre près de Blois, ces branches pour nourrir les moutons; et moi-même j'ai fait, de mon côté, plusieurs expériences à ce sujet qui toutes m'ont paru concluantes. — Il ne faut couper les branches de pins qu'au fureta mesure du besoin, parce que quand elles sont sèches, les moutons p iraissent ne s'en pas soucier, tandis qu'ils se jettent dessus avec avidité quand elles sont fraîches et qu'ils y ont été accoutumés. Si par hasard ils y répugnaient, on pourrai*; vaincre ce dégoût en trempant d'abord dans de l'eau salée les branches qu'on leur donnerait. Cet expédient, dont on use avec succès pour faire manger (les premières fois, aurait dùajouterrauteur)des marronsd'Inde concassés aux brebis mérinos qui allaitent leurs agneaux, réussirait sans doute dans le cas que nous venons de mentionner. » {Essai sur les moyens d'améliorer l'agriculture en France. )
Certes, on ne cultivera jamais des pins comme fourrage dans les lieux où l'on pourra entreprendre des cultures herbagères; mais on ne doit pas perdre de vue que M. de More gués, en les recommandant, parlait aux babitaus de la Sologne, et que les circonstances fâcheuses qu'il avait en vue peuvent se présenter malheureusement en bien d'autres lieux, (^'o/. l'art. Assolement.)
Le Baguenaudier ordinaire {Colutea arborescens, Lin.), même Camille. Arbrisseau à croissance rapide qui se plaît aussi dans les terrains sablonneux ou calcaires de peu de valeur, et que toutes les bêtes fauves rongent jusqu'au bois. J'en ai vu des haies tondues depuis long-temps 2 et 3 fois chaque année, sans en soulfrir.
Le Caragana ou Arbre aux pois {Robinia caragana. Lin.) ; le Robinier Jaux-acucia {Robinia pseudo-acacia^ Wild.) ; le Robinier sans épines {Robinia inermis)^ même famille. Tous les 3 très-propres à être conduits en têtards de 2 à 3 pieds de haut, et à doimer à la fin de l'été des branchages abondans et feuillus dont les herbivores de toutes sortes sont avides.
La variété du Robinier connue s,o\.\^ le nom lie spectahilis^ dont les feuilles un peu glaunues sont plus grandes que celles de l'espèce commune, et dont les branches sont entièrement dépourvues d'épines, a , dans ces derniers temps, attiré d'autant plus l'attention des cultivateurs, qu'on est parvenu à l'obtenir franche de pied. M. Michaux, notre confrère, qui s'est tout parliculièremenl occupé de l'étude des arbres sous le point de vue économique, tout en recommandant d'une manière spéciale la multiplication (le cette intéressante variété, ne laisse cependant pas ignorer que si on permettait aux bestiaux de manger Técorce d'acacia, le principe irritant qu'elle contient en proportions telles que les Indiens de l'Amérique du Nord en emploient les décoctions pour se faire vomir, pourrait produire des accidens fâcheux.
Quant au Robinier sans épines ou Acacia boule, dont j'ai déjà parlé ci-dessus, comme il ne fructifie pas, il est plus dilficile de le multiplier en grand. Cependant son feuillage délicat et Irès-abondant est recherché avec unempressement remarquable par les vaches, les moutons et les chèvres; — M. Michaux a éprouvé qu'on pouvait le couper au moins deux fois dans le cours de l'été; qu'il peut être très-utilement conservé en sec pour l'hiver, et il conseille en conséquence de greffer cet arbre en fente sur la racine même ou sur le collet des racines de l'acacia ordinaire, afin de le cultiver en rangées parallèles ou d'en placer les pieds isolés aux endroits qu'on ne pourrait utiliser d'une manière plus profitable.
L'Orme {Vlntus campes tris, lÀn.) , famille des anienlacées, est depuis long-temps et dans beaucoup de lieux utilisé pour la noui'rilure des bestiaux. Il se conserve parfaitement en massifs plantés sur les terrains d'une pente rapide et tondus chaque année. Il vient bien aussi en haies dans les lieux où l'on peut se défendre contre la disposition traçante de ses racines; enfin, il forme des têtards d'un grand produit en branches et en feuilles. — VOrnie "C Holiande, lioiii les feuilles sont plus grandes et plus épaisses que celles de l'espèce ordinaire, devrait être généralement préféré.
« Le feuillage des divers Erables, famille des acérinées, en exceptant toutefois celui du negundo {Acer negundo , Lin.), donne frais, ou encore conservé sec pour l'hiver,
DES PRAIRIES
un aliment
très-nourrissant aux bestiaux.
V Erable jaspé est de tontes les espères de ce genre celle dont la sève est la plus sucrée. Dans le nord des Etats-Unis, au Canada et à la Nouvelle-Er osse, les cerfs et les élans se nourrissent presque exclusivement de ses branches de deux années d'existence, ainsi que de ses bourgeons qui se développent de très-bonne heure au printemps, ce qui lui a fait donner le nom de moosewood {bois d'élan ). L'érable jaspé se trouve particulièrement aux endroits élevés, humides et ombragés. Introduit dans les montagnes de la Suisse, des Vosges, de l'Auvergne, etc., il s'y reproduirait naturellement et il ajouterait utilement à la nourriture des chèvres qui seules peuvent gravir les pentes rapides et escarpées de ces montagnes. — Ou peut encore donner aux bestiaux des ramées du Peuplier suisse, du Peuplier franchi du Peuplier de Canada. Les Indiens de la haute Louisiane nourrissent leurs chevaux, une partie de Ihiver, a\ec les jeunes branches conservées de cette dernière espèce. » Michaux. iVbre communiquée.
Le Frêne {Fraxinus excelsior. Lin.) , famille des jasminées, est un des arbres les plus utiles sous le point de vue qui nous occupe ici. Je n'ai pas vu couper ses jeunes branches pour atfourrager les ruminans à retable; mais dans plusieurs déparlemens, comme dans celuideMaine-et-Loire, on l'effeuille chaque année en automne avec un soin minutieux pour en nourrir les vaches laitières. Ce sont ordinairement des femmes et des enfans qui sont chargés de monter sur les têtards, toujours peu élevés, pour faire cette cueillette. Ils la font également sur les ormeaux, parfois sur les peupliers, et ces produits, malgré leur grande utilité, au moins en certaines années, ne coûtent cependant qu'un peu de temps, et ne peuvent nuire sensiblement aux arbres à l'époque où on les obtient. Il n'en est pas touiours de même de rébranchage.
Lors(|ue l'on veut conserver des ramées ou feuillards pour l'hiver, on en Ibrnie de petits lagots qu'on superpose, après quelque temps de séjour à l'air libre, dans un endroit abrité des grandes pluies, d'où on les relii-e ensuite au fur et à mesure du besoin. — La feuillée est susceptible aussi de conservation. Aux environs de lyon, on entasse les feuilles de vigne dans des citernes ou des tonneaux, et après les avoir foulées le plus possible, on les couvre d'eau. On les coupe ensuite à la bêche lorsqu'on veut en faire usage pendant l'hiver. Il parait que les animaux, une fois accoutumés à ce genre de nourriture, s'en trouvent à merveille. Dans quelques provinces d'Italie, on cueille les feuilles en septembre. On les laisse plusieurs heures étendues au soleil, puis on les entasse de la même manière dans des tonneaux ou des espèces de silhos simplement recouverts de sable, parfois même de paille et de terre.
D'après les analyses que Spretgel a faites des espèces de feuilles eiU()loyées à la nourriture des bestiaux en .\lleniagne, on trouverait que celles de chêne (ontien tient à l'état sec environ 80 pour cent de parties nutritives;—celles de frêne, 812,3;— celles d'orme,
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81 ; — celles de charme, 76 1/2 ; — celles d'érable, 77 ; — celles d'acacia, 78 1/2; — celles de hélre, 72 1/2 ; — celles de peuplier, 76 1/2 ; --celles d'aune, 71 1/2; — celles de saule, plus de '^0;— celles de tilleul, 80 13; — eu(in, celles de bouleau, 72 1/2. Toutes ces feuilles étuient sèches lorsqu'elles ont été soumises à rexpérience; mais il est probable qu'elles avaient été détachées des arbres avant que la sève les eût abandonnées, c'està-dire dans le cours de Tété ou le commencement de l'automne. J'ajouterai, avec M. Puvis , que, dans une ferme où l'on a donné pendant plusieurs mois à 3 vaches, comme