‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 290 sur 304 · LIV. I · texte numérisé non relu

LIV. I

alors alimentée, pourra former un bourrelet latéral capable de recouvrir la plaie. S'il s'agit d'une branche latérale, on doit la couper près du tronc et de manière à présenter une coupe oblotïgue que l'accroissement de l'écorce recouvrira comme une plaie verticale. Les forestiers savent cependant que pour quelques arbres, comme les conifères, les rameaux latéraux doivent être coupés à un pouce du tronc, parce que si l'on coupe à la naissance des branches, il se forme un trou qui pénètre jusque dans le bois, tandis que ces tronçons, en se desséchant, ferment la plaie.

Les plaies qui mettent à nu le corps Z^i^rtewj: méritent toujours de fixer l'attention, parce qu'elles peuvent devenir graves; l'air agit sur le carbone du bois et diminue sa solidité; l'eau dissout les parties attaquables, les amollit et lesdésorganise. Le bois résiste mieux que l'aubier à cette désorganisation, et les bois durs mieux que les bois tendres. LesConifères,àcause de la résine que contient leur bois, résistent mieux aussi à l'action de l'eau. One'vite autant que possible cesinconvéniens, lorsque la surface de la plaie est lisse et ne présente aucune anfractuosité , parce que l'eau pouvant s'écouler, la destruction est plus lente; les bois coupés à tranche nette souffrent donc moins que ceux rompus ou à tranche baveuse, qui permettent l'infiltration des eaux. Il y a moins d'inconvéniens lorsque ce sont des surfaces verticales qui sont dénudées que quand ce sont des surfaces horizontales, parce que l'eau s'y arrête moins; aussi les coupes transversales produisent-elles des accidens plus graves que les plaies longitudinales.

Las plaies qui n'attaquent que les parties extérieures de l'écorce sont peu importantes ; ces blessures ne deviennent graves que quand elles ouvrent un passage aux sucs laiteux, gommeux, résineux, qui abondent dans certaines écorces, ou bien lorsqu'elles mettent à nu un lissu très-parenchymateux et susceptible de pourriture.

Toutes ces plaies se guérissent souvent naturellement par suite de la direction du cambium qui tend à former un bourrelet croissant aux deux bords; il s'ensuit que la longueur de la plaie est de peu dimporlauce comparée à sa largueur: étroite, elle est promptementrecouverte et le corps ligiieux est peu altéré; large ou circulaire, il lui faut des mois, des années pour se recouvrir; quelquefois elle ne se couvre jamais, et il en résulte la mort du végétal.

Empêcher l'action de l'atmosphère sur la plaie , c'est le seul moyen de favoriser la réunion de l'écorce; voilà pourquoi les cultivateurs recouvrent ces plaies de diverses manières. Une simple planche clouée ou fixée de tonte autre manière est un moyen bien grossier; le meilleur abri de ce genre, c'est VongaenldeSaint-Fiacre, queFoRSiTH compo sait comme il suit: bouse de vache, une livre; plàtie, demi-livre; cendre de bois, demi-livre; sable siliceux, une once; on pulvérise d'abord ces trois dernières substances, puis on les mêle avec la première. La manière d'employer cet onguent consiste à l'étendre

geou du côté supérieur, l'écorce, se trouvant f sur la pîaie à l'épaisseur d'un huitième de

DUS PLA.NTES NUISIE

pouce; on saupoudre de sahUson presse ce sable, el on répèle lopéralion jusqu'à ce que ja surface soil uuie comme une pierre; celle pâle a ravantay;e de ne pas se fendiller et elle remplit bien son ))ul , abriter de l'air les suifdces dépouillées d'écorce. Dans la coiifeclion de ces emplâtres, qui varient à l'infini, el que l'on coni|)o.^e souvent toutS'implement de bouse de vache el de terre (ranrlie, auxquelles il est bon d'ajouter un peu de met)ue mousse, on peut encore em|)loyeiavec avantage les uiatières cireuses ou résineuses, mais il faut rejeter avec soin les subsliinces huileuses et celles qui sont un poison pour les plantes.

Ainsi, tout ce qui concerne la guérison des plaies des arbres se réduit à |!rolé;;er leplus possible le corps ligneux contre l'action de 1 air et de l'eau, en lavorisanl le développeun nt de l'écorce, eu y suppléant par des abiis arlidciels; et on peut presque dire que c'est à l'emploi diversement modifié de ces emplâtres préservalils, que se réduisent presque tous les pansemens chirurgicaux des végétaux.

iSeJJeui liaison ou la clrfoliation, qui prive le végétal des organes les plus importans de la nutrition , est un accident sans gravité quand il n'est pas total ou presque total ; la nature réj)are bientôt cet accident par le développement de bourgeons axillaires qui donnent naissance à de nouvelles feuibes; c'est ce qu'on voit sur les arbres défeuillés par la grêle, chez les mûriers effeuillés pour la nouiriture des vers-à-soie, et dans quelques aulies circonstances. Lorsque i'efleuillaison a lieu par la volonté de l'homnie, comnje dans le mûrier, on a soin t'e laisser quelques feuilles à l'exlrémitédes rameaux, afin que ces feuilles attirant la sève, celle-ci dans sa roule nourrisse les branches et produise un développement plus prompt des bourgeons. Les effets de la grèle ou de la dent des bestiaux sont d'ailleurs |)lus graves, parce que, outre que ces précaulions ne sont pus prises, il y a souvent contusion et déchirure; au5si €st-on quelquefois obligé de rabattre les rameaux les plus maltraités.

La compression des organes et particulièrement de l'écorce, comme il arrive lorsqu'on serre un arbre avec une corde, ou que ce lien n'est pas relâché en proportion de l'accroissenjent de la li^je, produit des effets atialoguesà la section annulaire de l'écorce; cette ligature empêche, en tout ou en partie, la des'enle des sucs élaborés dans les feuilles, et ('mine lieu à la formation d'un bourrelet supérieur el inférieur.

LnJ/ii^fll(Uion, c'est-à-dire l'action de frap-

f)cr les branches avec des perches ou des gaues pour s'éviter la peine de cueillir certains fruits, tels que les pommes, les noix, les olives, etc., celte pratique, en usage dans brancoup de contrées, inflige souvent aux arbres des lésions compliquées d( s effets de l'effeuillaison , de la conlusion et de l.i plaie. En agissant de celle manière, on fait d'abord avec les fruits tomber les feuilles, ce qui n'est pas sans inconvénient pour les végétaux à feuilles persistatites, comme l'olivier; en second lieu, on rompt les petits rameaux

LE.S EN AGRICULTURE. ^y?,Z

qui portent les bourgeons fruitiers pour les années suivantes ;on entame souvent rt-rorce des grosses branches, de façon à déterminer une miillilude de petites plaies qui se transforment queUiuefois en ulcères ; en tous cas, les coups dont on frappe l'écorce la meurtrissent et produisent plusieurs des fà^ heux effels de la contusion; enfin, en précipitant lourdement les fruits à terre, on les meurtrit aussi, ce qui hâte considérablement leur |;Oiirritiire. Cette pratique est donc condamnable sous Ions les rapports, et doit être proscrite en bonne agriculture.

La dccorticaiionow l'enlèvement dePécorce, est une autre pratique, accidentelle ou faite avec intention, qui peut gravement compromettre la santé et mêuie la vie des arbres; le premier cas rentre dans les plaies dont nous a\ons parlé précédemment. Lorsqu'on exécute volunlairenient la décorlicalion totale, elle a pour but de donner plus de dureté au bois, ou de se procurer l'écorce pour des usages particuliers; il s'ensuit la mort du végélal; mais cela était entré dans les prévisi'ins du cultivateur.— On la fait quelquefois j)artielle, comme dans l'incision annula/re, afin de diminuer la force de végétation de l'aibre, le porter à fruit, on empêcher la coulure des fleurs, lit?, entailles ou des trous de tarière faits dans l'écorce , et même jusque dans ie corps ligneux, ont le même but en procurant un écoulement de sève. Il en est de même de Varcure ou courbure des branches, de la torsion ou du ^//ic('/7îe«f des jeunes rameaux, qui sont recommandés dans la culture de plusieurs végétaux. —Dans la greffe, la taille, l'ébourgeonnement et dans beaucoup d'autres pratiques agricoles, on cause encore des plaies aux végétaux : loin de chercher à y remédier, on se propose, en les exécutant, un but utile ; nous n'avons donc point à nous en occuper ici. C. B. DE M.

Section ii. — Des plantes nuisibles en agriculture.

Un auteur allemand, Teindl, a fait un Traité sur les mauvaises herbes seulement; on pourrait en conqioser un non moins étendu sur Ifs plantes parasites et microscopiques nuisibles aux végétaux cultivés. Contraints de nous l'éduii-e ici aux données pratiques les |)lus positives, nous ne donnerons pas la descriplion botanicjue de tous les végétaux dont le culti\ateur doit repousser la multiplication ou déiruire la race, nous n'en fei<ins pas même une énuméralion complète; ce travail aurait peu d'utilité, et, avec les moyens spéciaux qui seront indi(|ués dans les ai'ticles suivaus, il nous suflira de dire, d'une manière générale, que l'agriculteur soigneux de ses récoltes et qui délire l'amélioration progressive de sou lotids, doit détruire exactement toutes les |)laiites adventices sauvages on cultivées, toutes les mauvaises herbes, tous les vcgélaux parasites qui viennent habitueMemenl ou accidenlcllenu ni salir ou infester ses cultures. Avant de par 1er de ceux qui nuisent plus particulièrement soit aux céréales, soil aux prairies, soit aux cultures industrielles ou fo-

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restières,noiisrenverronsà la section du A>N toya^e du sol ( Chap. VIII de ce livre, p. 231 et suiv.),où il est question de la destruction des mauvaises herbes dans les champs cultivés en général, et des moyens d'y parvenir selon les espèces à détruire et Tétai de la culture.

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