CBAP. 19*. DES PLANTES NUISIBLES EN AGRICULTURE
à rOrobariche, la Claocleslioe «"t la Cdsciile ; encore, les deux premiers genres, auxquels on peut disputer le nom de vraies p;irasites, ne se subdivisent qu'en un petit nombre d'espèces rarement assez fécondes pour causer de grandes domma;;es dans les prairies.
IJOrobunche commune (Orobanche vulgaris, Lam.) et rO. majeure{0. OTa/or,Lin.) croissent cependant très-communément dans les terrains secs où dominent les légumineuses. Au dire de M. de Ca.ndolle, la première nuit sensiblement en Italie à la culture des fèves. Toutes deux attachent une ou quek|;ies-unes seulement de le(irs racines sur celles des ajoncs, des genêts et de divers autres arbustes de la même famille, dont elles causent parfois lii mort. — JJ Orobanche rameuse { O. rama a, Lin.) vient dans les blés et la plupart des lieux cultivés. C'est elle, dit Bosc, qui cause souvent de si grandes pertes dans les récolles de chanvre, sur les racines duquel elle aime principalement à croître, et dont elle fait immanquablement péiir la tige. On a vu des propriétaires être Ibrcés cY'interrompre la culture de leurs clienevières pendant plusieurs années consécutives pour s'en débarrasser, et encore ne pas complètement réussir. Eu effet, les graines desorobanches subsistent long-temps dans la terre sans germer lorsqu'elles sont enterrées profondément, ou peut-être seulement lorsqu'elles ne trouvent pas une racine sur laquelle elles puissent s'implanter. Un cultivateur soigneux doit donc arracher avant la maturité des graines tous les pieds qu'il trouve dans les champs lorsqu'il y en a peu; et, lorsqu'il y en a beaucoup, le meilleur moyen est de substituer, pendant plusieuis années, au blé, au chanvre, etc. , des cultures de pommes-de terre, de haricots, de mais et autres plantes uui demandent pendajit l'éle des binages qui aetruisent immanquablement les pieds d'orobanche avant la maturité de leurs graines.
Les Clandestines ( Lathreœ clandestina et tquammaria. Lin.) viennent surtout dans les lieux frais et dans le voisinage des arbres, au milieu de mousses dont la présence est beaucoup plus nuisible que la leur.
Quant à la Cuscute {Cuscuta) , appelée teigne, rache, perruque par les cultivateurs, c'est une plante filiforme de la famille .les Convolvulacées , dont les graines germent en terre, et dont les liges, dépourvues de feuilles, s'élèvent sans appui jusqu'à ce qu'elles aient pu rencontrer les végétaux auxquels elles s'accrochent au moyen de suçoirs, et dont elles tirent plus tard toute leur nourritui^; on la trouve surtout dans les prairies naturelles et artificielles, dans les champs de lin, de houblon, et parfois de blé. Du pied sur lequel elle s'est fixée, elle étend ses rameaux comme au ta ni de grelfes sur ceux du voisin âge, de sorte que dans le cours de quelques mois, un seul individu peut envahir un espace considérable et faire périr toutes les herbes qui le couvrent. Lorsque la cuscute se développe sur des plantes annuelles, on doit se hàler de les arracher et de les brûler; plus tôl on fera cette opération, moins on verra s'élendre les ravages, et plus on sera certain d'avoir devancé le moment de la floraison qui a lieu dans le courant de l'été. Lorsque ce sont des
niantes vivaces qui en sont attaquées, des luzernes, par exemple, on les coupe entre deux terres pour h-s hrûh-r ensuite »'(; la même manière. A la place des pieds qui oui été ainsi mutilés, quouprils repoussent quelçiuefois, si on en a coupé un certain noii.bre, il sera bon, pour utiliser les vides, de semer de préférence du sainfoin, parce qu'il e^l de toutes les planles légumineuses la moins attaquable nar la cuscute. Un a recoiumandé aussi de détruire cette parasite par le feu, à l'aide de la paille que l'on étend sur les places qui en sont infestées, et on a éprouvé que ce moyen, très-efficace en lui-même, ne laissait cependant aucune trace sur les luzernes, dont les longues racines se développent peu de temps après en nouvelles tiges exemptes de toute contagion.
Abt. m. — Plantes nuisibles aux cultures écO' nomiques, industrielles et forestières.
Chaque plante ayant son organisation individuelle et son 'mode de vivre à part, a aussi ses ennemis particuliers et ses maladies spéciales; c'est assez dire que nous n'aurons que fort peu de généralités à donner à cet égard pour les cultures économiques, industrielles et forestières, qui réclament de notre part des articles isolés, dans lesquels ces notions seront beaucoup mieux placées qu'ici, et auxquels, par ce motif, nous renvoyons nos lecteurs. Mentionnons simplement quelques plantes parasites très-nuisibles à un grand nombre d'arbres.
En tête nous devons placer les Lichens, les Mousses, [as Hépatiques, qui naissent assez indifféremment sur les écoi ces de tous les arbres, et même sur les rochers et les bois morts. Ces végétaux sont nuisibles eu main, tenant, par leur ombre et leur abri, de l'humidité à la surface de l'écnrce, en servant d'habilation aux insectes qui s'y cachent et y déposent leurs œufs, en augmentant les gerçures et les lentes de l'écorce où elles s'implantent, et par suite en hâtant sa destruction. Les cultivateurs savent qu'on les détruit assez facilement, soit en les raclant à l'aide de couteaux émoussés et de brosses, soit par un laxage à l'eau de chaux, pourvu que leur développeuîent ne soit pas encore très-grand; ce deruieruioyeu a ra\anlage de détruire en même temps les insectes, leurs larves et la plupart de leurs œuls.
Le Lierre commun ( Hedera hélix ) agit d'une façon analogue, mais sur de bien plus grandes proportions, et nuit beaucoup aux arbres en les serrant à la manière de liens très-forts, et en im|)laulant dans les crevasses des écorces ses nombreux crampons. Il est facile d'enlever les lierres ou du moins d'en arracher les pieds au bas des arbres, avant quils aient atteint de grandes dimensions.
Le Gui {Viscum) est r.ne véritable parasite qui se multiplie en abondance et nuit beaucoup à plusieurs de nos arbres les plusutites. Ses graines, entourées d'une mat ièrej^luante, se fixent facilement sur tous les corps, notamment sur les branches, et y germent bientôt; la racine, qui périt promptemeut si elle se trouve sur un corps brut ou mort quelcou>
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que, lorsqu'elle a a» contraire rencontré lecorce d'un arb^^e vivant, y implante l'espèce de disque on d'épalemenl qui la 1er mine, et ijQUSse alurs di; iiombieuses tiges qui croissent dan> une direction quelconque. La racine dn gui traverse l'écorce des |)lus gros arbrrs, el, an bout de quelque temps, se trouve greflée si iulimemeul sous le corps ligneux, quêtons les sucs de celui-ci traversent sansdiflicuilédu sujet dans cetle grelfe. Du reste, il ne parait pas yavoir d'adlicience entre le gui el l'écorce de soi support ; celle écorce l.rme bourielet aulour du gui, en sorte que celui-ci ne reçoit point les sucs élaborés dans les feuilles, mais il aspire la sève qui monte dans le corps ligneux. Le gui nuit donc aux arbres en arrêtant la marche des sucs descendans. dool une partie ne va pins alimenter les racines, et en attirant n lui la sève ascendante et la coosonimaul au piéjudice des léuilles. Il est évident que le seul moyen de débari'asser les arbres de ces parasites, c'est de les couper à la base de manière à les eiijpêclier de repousser et de donner des graines. C. B. de M.
Sectio> III. — Des animaux nuisibles en aff/icuiture.
Le nombre des animaux redoutables aux cultivateurs est très-considérable, et on peut direque tous peuvent lui nuired'une manière ou d'une autre; en eflet, nos animaux domestiques, lorsqu'ils ne sont pas attachés ou gardés, ravagent nos cultures et dévorent nos récoltes. Le chien, le furet, le chat, qui nousaidenl à détruire certains aniniaux nuisibles, peuvent eux-mêmes se rendredéprédaleurs. Entin Ihomtiie, qui est lui-même son plus utile serviteur, devient quelqiielbis le plus grand ennemi dn cultivateur. D'un autre côie, plus de la moitié des animaux sauvages se nourrit de matieresvegélales,et, parmi ceux qui s'alimentent de substances aniujales, la plupart font la guerre aux espèces qui vivent elles-mêmes de plantes. « Ainsi le règne végétal, considéré dans son ensemble, dit M. DE CA\D0LLE,est uu vastc laboratoire ou une vaste association d'êtres par lesquels la matière brute est sans cesse transformée en m.ilière organique, et devient par la propre a soutenir la vie du règne animal, tandis que celui-ci, immédiatement ou médiatement, vit tout entier aux dépens du règne végétal, et serait sans lui incapable de mainteiur sa propre existence. » 3Iais l'homme, dans ses vues particulières, n'.i pas intérêt a protéger celte harmonie universelle ; de même quelui vit aux déjjens de bien des êtres qui sont obligés de lui obéir ou de disparaître devant sa puissance ou son adresse, de même, les végétaux et les animaux qui lui conviennent doivent être pieférés el l'emporter sur lous les autres.
Les moyens divers par lesquels les animaux nuisent aux produits de Tagriculture, sont actifs et variés: les uns dévorent les feuillages et les jeunes bourg'ons des végélaux, cesont les plus redoutables, surtout lorsqu'ils portent leurs attaques au moment même de la naissance des p. antes; d'autres vont déterrer les graines confiées au sol pour en faire leur
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pâture, ou, vivans sous terre, s'en repaissent en cachette et les accumulent pour la saison d'hiver; il en est qui s'attachent aux racines des végétaux, soil pour s'en nourrir, soit pour se creuser des galeries, et qui causent soiiseiit ainsi les plus grands désastres. De nombreuses espèces vivent des fruits ou des graines qui sont l'objet des soins du ciillivaleur, et il en est qui déposent leur-, germes dans les grains pour les poursuivre et les dévorer tout à leur aise dans nos greniers; enfin, des classes entières d'élres \ivans, cherchent dans les plantes, non plus seulement le vivre, mais le couvert :ils s'y logent el s'y nourrissent, ou s'y abritent et s y cachent seulement, ou y déposent leur progéniture, el, par lous ces acles, ils occasionenl des accidens et souvent des maladies fort dangereu^>es pour les végétaux.
Avant d'entrer dans la revue détaillée de ces êtres malfaisans pour nos cultures, et des moyens spéciaux de s'opposer à leurs ravages ou de les écarter, indiquons quelques circonstances •générales préservatrices pour les végétaux utiles.
Presque lous les animaux recherchent la tranquillité el la sécurité; au nombre des circunstancesqui les multiplient, il faut donc compter l'existence de giands espaces abandonnés à eux-mêmes, comme les forêts (jui Sont les re|)aires d'une foule d'animaux nuisibles,de puis le sanglier jusqu'aux ha une tons; comme les dunes, les landes, les bruyères, qui recèlent des légions d'animaux nuisibles i\m se jettent sur les terrains cullivès dès qu'une cause quelconque a favorisé leur développement. On peut conclure de là qu'on augmente la multiplication des aninjaux nuisibles par les méthodes de culture qui laissent longtemps certaines terres sans être remuées.
Beaucoup d'animaux nuisibles, notamment de la classe des insectes, ne peuvent vivre que sur une espèce oii un petit nombre d'espèces de plantes. Eu faisant succéder, pend^ul une ou plusieurs années, des végétaux qui ne leur conviennent pas, on éloignera donc les chances de leur multiplication.
La malpropreté, le désordre, l'incurie, apporlésdansle rangement et la conservation des produits de l'agriculture, sont des causes qui multiplient sans ces^e les animaux nuisibles et augmentent leurs ravages.
L'une des causes qui favorisent le plus le développement des animaux nuisibles, c'est la destruction irrétléchie des autres animaux qui les détruisent eux-mêmes; ainsi, des mammifères, des oiseaux, des insectes qu'on poursuit journellement, rendent au contraire de signalés services: tels sont le hérisson et même la tau[)e, destructeurs des limaces, des vers, el d'une foule d'insectes; les fourmis, deslruclives de beaucoup de pucerons, et surtout un grand nombre d'oiseaux insectivores.
Le gouvernement peut exercer une grande influence sui- les améliorations agricoles qui résulteraient de la destruction des aiiimaiix nuisibles, principalement en tenant la main à l'exéculiou des lois concernant l'écheuillage, et en les étendant aux hannetons; et aussi en offrant des récompenses à ceux qui
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