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CHAP. 19«. DES PLANTES NUISIBI

remuant; 2° les grains cariés étant p\\\% légers que les grains sains, restent ou s'élèvenl plus facilement à sa surface, doù il est facile de les enlever. Pour être plus sûr qu'ils surnagent tous, on fera bien de remuer la masse de temps en temps et d'augmenter la densité de l'eau par l'addition de sel commun,comme c'est la coutume en Angleterre cil l'on rend la dissolution assez foiie pour qu'elle puisse supporter un œuf. L'eau de liivage doit être plusieurs fois renouvelée.

Comme tous ces moyens sont le plus souvent insuffisans,on It^s complète et mèiueon y supplée par l'emploi des substances caustiques et corrosives. Les plus énergiques par mi cell es don t l'usage estpl us général. sont, outre les substances vénéneuses dont nous ne parlerons pas, le sulfate de cuivreou vil riol bleu, la chaux, le sel commun, l'urine, l'eau de fumier, les fientes d'animaux. Le sulfate de cuivre, qui ne donne pas lieu à de graves accidens, a été employé dabord parBéiiédict Prévost: c'est le plus efficace de tous les remèdes contre la carie. Supposons qu'on ait 100 mesures de blé à traiter, on met datis une cuve 14 mesures égales d'une eau contenant en dissolution 1/150 de son poids de vitriol; dans un autre vase de la capacité de 2 ou 3 hectolitres, on jette du blé et l'on verse dessus la dissolution, de manière qu'elle le recouvre de la hauteur de la main ; puis on remue, on enlève les grains qui surnagent, et au bout d'une demi-heure on verse le blé dans un autre v;ise de même capacité où l'on répèle le traitement. Enfin on le place sur une corbeille ou un filtre quelconque pour le débarrasser de l'eau saturée de vitriol. La chaux, dont il a déjà été question à l'article du froment {^oy. p. .377 ), est un peu moins ef(ic;ice que le vitriol bleu.

Le sel marin, les lessives de cendres, les urines putréliées, l'eau de fumier, la (lente de pigeon, sont souvent mêlés avec la chaux dans le chaulage; toutes ces substances ajoutent à l'action de la chaux celle des alcalis qui forment la b^se des sels inhérehs à leur composition. Tel est en particulier lecas du sel marin et des urines; on a même des exemples de blés dont la faculté germinalive a étédétruile par l'amnion'aque qu'ont dégagée les urines dans le chaulage. Cependant, d'un autrecôlé, ces substances, surtout si elles sontsolides, doivent aussi, excepté le sel, exercei" une action eu sens inverse, parce qu'elles interposent entre les matières actives d'autres matières inutiles pour l'objet qu'où se propose. Après avoir été soumis à 1 action quelconque de l'un deces ingrédiens, le blé doit être écarté de tout ce qui peut receler la poussière de caiie; il ne faut ni le laver ni le laisser s'échauffer en tas.

On peut suivre des procédés très-divers pour le lavage et l'immersion dans une des dissolutions indiquées. — Au sud de l'Ecosse, on trempe successivement dans deux cuves, contenant l'une de l'eau, l'auti-e des urines d'étable, deux vases d'une moindre capacité, dont le fond est en fil-de-fer, et qui contiennf'at le blé à purifier; on plonge plusieurs fois, on remue, on écume, et l'on renouvelle l'eau aussi souvent qu'on le juge nécessaire, jusqu'à ce qu'elle sorle à peu près complète'

meni claire. Ailleurs, on place le blé sur de;^ corbeilles »iourle descendre dans le bnin,ou bien on l'y verse peu-a-peu, en enlevant au fur et à mesure les grains surnageans,etc.

Les huiles essayées par M. Tessier contre la carie en ont empêehé le développement sans relarder la germination.

On n'a pas encore songé à fixer par des expériences les limites de quantité, de concentration et de durée d'action, en dehors desquelles les préparations employées contre la carie n'exercent pas une action assez marquée, ou deviennent funestes à la germination de la graine.

IV. De l Ergot. — L'ergot est une des maladies les plus singulières des graminées; il en attaque un grand nombre, mais particulièrement le seigle, la seule céréale qui, outre le maïs, y soit sujette. C'est une excroissance (7?/?-.707)dure,compacte,cassante, cylindrique ou un peu an- Fig. 707 guleuse, présentant à peu près la forme d'une corne obtuse, ordinairement blanche ou grise à l'intérieur, d'un noir tirant sur le violet à l'extérieur. Elle occupe la place du grain et sort d'entre les glumes; sa longueur est très -variable, mais ne dépasse pas 18 lignes. Son poids, d'après M. Tessier , est à celui du seigle à peu près comme 9 à 14, ou comme 6 à 8, suivant qu'on les compare l'un a. l'autre sous leur forme entière ou à l'élat pulvévérulenl. Suivant le même agronome, on l'observe plus particulièrement parmi les seigles semés sur des terres récemment défrichées, parmi ceux qui sont mélangés de vesce, dans les saisons et les terres humides, dans les parties basses des lieux en pente, sur les bords des chemins, dans les terres maigres et sablonneuses. Suivant Baume, les seigles cultivés plusieurs années de suite sui \c même terrain, sont fort exposés à ses atleint'S.

M. DE Caxdolle regarde l'Ergot conmie une véi;élation cryplogamique, qu'il appelle Sclerotiuni clnvris. Il est inutile de dire ici les raisons sur lesquelles il fonde sa manière de voir, que d'autres botanistes ne partagent pas; elles ne nous paraissent pas sans réplique, mais du moins son opinion est bien aussi satisfaisante que le vague où nous laissent les partisans du système opposé. Il vaut tout autant regarder l'ergot c<imme un cliampignoîi que de le définir, avec M. Ln- GKH, iiiicm/'rjon qui se dc\ore lui-me'me.

Vai\>i KM.-s a trouve <lans le seigle ergoté, comme substances immédiates, deux matières colorantes, l'une jaune, l'autre violette qui peut être e iployée dans la teinture, une matière huileuse, douce;\tre et très-abondante, un acide indéterminé, de l'aramo- Diaque libre, enfin une substance végcto-aui-

maie Irès-aboodanle et très-disposée à la pnlréfaclion; par conséquent, ni amidon, ni sucre, ni mucilage, ni albumine, matières dont est presque entièrement composëa la farine de st- igleà l'élal ordinaire.

Lorsque ["Ergot se trouve mélangé en q«ianlité notable dans les farines de seigle ou de froment, il donne lieu à des vertiges, à des élourdissemens. à la gangrène des extrémités, et même à la mort. On lui attribue aussi la propriété d'exciter les contractions de la matrice et de faciliter les accoucbemens.

Il est facile de scpnrer l'er£;ot du bon grain par le crible et le van, ou même l'éplncbage à la main. Dans les pays où il est très-commun, comme, par exeinple.dans la Sologne, on ferait i)ien de le récolter pour le détruire. Si les circonstances indiquées comme favorables à sa propagation sont vraies, ou devra chercher à y soustraire le seigle.

§ II. — Des plantes qui nuisent aux céréales par leur voisinasfe.

Il a déjà été qi\estion ailleurs (t. I, p. 231 et suiv.) des mauvaises herbes, qui ne font de tort aux culti\ateurs qu'en envahissant spontanément et occupant inutilement le sol destiné aux céréales; nous ne parlerons donc ici que de quelques autres plantes qui, non seulement sont inutiles, mais encore directement nuisibles, soit aux moissons elles-mêmes, soit à l'homme.

En général, tous les grands végétaux nuisent aux blés, non seulement parce qu'ils les privent, en l'absorbant eux-mêmes, d'une nourriture qui aurait pu leur profiter, mais encore parce qu'ils leur ravissent en partie les bienfaits de la chaleur et de la lumière solaire; il est vraisemblable aussi qu'ils les contrarient par la concurrence et l'entrecroisement de leurs racines. On s'accorde à dire que les ormes plantés le long des routes exercent une influence défavorable sur les céréales situées dans leur voisinage. Duhamel a même reconnu que la sphère de celte influence s'agrandit à mesure ([uils avancent en âge, de telle sorte que restreinte d'abord à quelques pieds autour de leur tronc, elle s'étend ensuite à une dislance considérable. Aussi, dans les pays à blé, proscrit-on des champs les plantations d'arbres et même les haies.

A ces effets généraux, quelque; végétaux joignent une action spéciale. Ainsi, l'effet un peu pernicieux que produit le noyer sur les blés qui croissent sous son feuillage, parait venir (le ce que les pluies dissolvent quelques portions de la matièie astringente contenue dans les feuilles, et la portent sur le blé et dans le sol. Le Coquelicot et la Crète de coq {Rhinanlhus crista-galli) effritent la terre, parce que, renfermant dessucsàcres, ils laissent transsuder quelque matière qui l'altère. Vraisemblablement le Cirse des champs, qu'on regarde comme nuisible à ra\oine, V ErigeronncreeiV h'raie{Loliumtemulrntum)., qui passent pour nuire au froment, excrètent quelque matière contraire à la végétation de ces céréales. Cependant aucune de ces plan-

VEGEÏAUX TS^UISIBLES. nv. i".

tes n'agit comme cause réellement moroifi- (lue.

On adresse à V Epine- Vinette un reproche plusgrave; on l'accusede faire naître la rouille ou même la carie et le charbon sur les céréales. Malgré la généi'alilé de cette croyance qui a en sa faveur les recherches nombreuses et quelques expériences faites par Yvart, les botanistes doutent encore qu'elle soit fondée. Ils admettent bien que l'épine-vinetle peut exercer quelque action pour !a productioii de la rouille dans les céréales, mais c'est au même litre que les autres buissons, c'est-à-dire en raison de son ombrage. Onacrii que l'épine-vinetteétantsouvent chargée d'un /Ecidium {^E, Berberidis), la puussièie de cet cccidium tombait sur le blé, et lui communiquait la rouille dml il a la couleur. Riais, comme il est fort <iilférent de l'urédo, il faut, dans cette hypothèse, admettre qu'il y a transformation d'espèces, ce nui est contre toutes les analogies. On fait d'ailleurs remarquer que, dans certaines provinces où Tépine-vinetle abonde, par exemple dans les environs de Dijon, on ne lui attribue point d'action fâcheuse, et que des ellets assez semblables à ceux de l'épine-vinetle se rencontrent dans une foule de localités où cet arbuste n'existe pas. Il n'est donc pas démontre que l'épine-vinette soit une cause spéciale de rouille, de charbon ou de carie pourles céréales; mais, d'un autre côté, il est vraisemblable que sa floraison coïncidant pour l'ordinaire avec celle du blé, le principe qui fait la base de l'odeur désagréable qu'elle répand alors, ou des effluves quelconques sorties de ses fleurs, ou même son pollen, contrarient la fécondation du blé. Enfin, il est quelques plantes dont les graines étant récoltées avec celles des céréales, communiquent au pain des propriétés désagréables ou délétères. Ainsi, les graines du Muscari, introduites parla mouture dans la farine du blé, donnent au pain de l'âcreté, une amertume excessive et permanente, el le poinlillent de noir : celles de la Nielle {Lychnis Gjthago) lui communiquent une couleur noirâtre et un arrière-goût amer, mais innocent ; celles de V Ivraie, une amertume et une àcreté sensibles, et, lorsqu'elles sont en quantité considérable, elles le rendent capable de produire uu assoupissement ou une ivresse accompagnée quelquefois de symptômes très- fâcheux.

Pour détruire ces herbes importunes ou nuisibles, il faut les arracher dans leur jeunesse, ou les couper, en imprégnant, s'il se peut, de quelque dissolution corrosive, patexemple de sulfate de fer, les instrnmensqui servent à les détruire. Pour en prévenir l'invasion, on doit semer des graines pures de tout mélange, et tenir la terre dans un état continu d'assolement et de culture. J.Yu.\G. Akt. II. — Plantes nuisibles aux herbages. % \". — Des mauvaises herbes.

En jetant un coup-d'œil sur la Flore française, nous voyons qu'aucune piaule Ix-em- BRVONÉE(l) ne peut être considérée comme

(0 Ce sont ce es dont on ne connaît qu'imparfaitement les organes de la fructiflcation et dans lesquelles ou ne distingue, lors de la germination, aucun embryon proprement diu

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DES PLANTES NUISIBI

founagèi'c; plusieurs au contraire sont nuisibles aux hei'bnges. De ce nombre sont surtout les Moii.sxes {Mit\rr\ Juss.), chm-) les prairies moyennes el élevées; les Iù>u<^èirs {Fi lire s ^ Juss.), dont les espèces communes font sur les sols profonds el frais le désespoif (lu cultivateur, [)arce ipTelles s'y uiullipiient en dé|)it de tous ses elforis ; enfin les Prèles {Equisetaceœ^ 1)C.) qui abondent dans les lieux humides el n'y donnent cependant aucuti ou pres<]ue aucun produit.

Au nombie des EMintYOMiKs, dans la grande division des Moinocotylédones el dans la famille des Cjpem/des {Cjperaccce, ,! uss.), presque tous les Carex ou Laicliesifiarex) doivent être rejelés à cause de la dureté de leurs fanes sèches et la disposition Iranchanîe de leurs feuilles qui les rendent dangereuses pour les animaux; — Les SeœiiLis {Scœni) répugnent aux herbivores; — les Scir/jes (Scir/n) présenlenl à la vérité quelques espèces qui ne leur déplaisent pas autant, mais tous pourraient être remplacés par de meilleurs fourrages; — les .bo«chets {Cyperi) sont dans le même cas.

Viennent ensuite les Graminées^ parmi lesquelles on ne trouve au eoiilraire, à vrai dire, dans nos climals, aucune espèce qui ne convienne plus ou moins aui. bestiaux, bien qu'il soit avantageux d'en écarter plusieurs, soit à cause de leur dureté, soit par suite du peu d'élévation ou d'abondance de leurs fanes, etc.

Dans la famille ùes Joncs {Jonceœ), diverses espèces qui se multiplient abondamment sur les fonds humides occupent inutilement beaucoup d'espace.

Dans celle des Alismacées {Alismacece), il est aussi plusieurs herbes inutiles, d'autres nuisibles. — iKxx nond^re des premières il faut ranger le Lulome en ombelle {Butonius itmbellntus, Lin.) et le Plantain (Venu {Alisnia plfintago, h'\u.); — parmi les secondes, le reratre blanc {Vetatrum albttm. h'\n.), plante acre et vénéneuse, n)ème après la dessiccation, et la Colchique d'aiitorn/ie {Colchicuni automnale^ Lin.), dont toutes les parlies ont une odeur forte, nauséabonde, et dont les leuilles, par leur abondance, nuisent essentiellement à la récolte el à la qualité du foin.

Les Liliacées ne donnent aucun produit fourrager, mais rarement elles sont assez abondantes pournuii'c beaucoup aux herbages par leur végétation. J'ai cependant vu des prés entièrement envahis j)ar la Fritillairc {Fritdlaria melea^iis^ Lin.), comme on eu trouve parfois d'occupés en grande partie, sur les hauteurs el dans les lieux plus secs qu'humides, par diverses espèces d'.-//7 {Alliuni vinéale, oleraceurn, etc.) qui con)muuiquent au laitage, au beurre et nu'nie au fromage une saveur à laquelle il est dilticile de s'habituer.

Ailleurs, les 0/r///rff>.v dominent, et, dans cette belle famille, les Orchis mâle et panaché , Orchis niascii/aei vanegata, Lin.), pa ifois '^'Orchis nul/ taire {Orchis inili taris. Lin.) sont .S' abondans que les herbes disparoissenl presque en entier à l'ombre de leurs Heurs.

Dans la division des DIcoTY^^;uo^Es, les Aristoloches {Atistoiochiœ) comujuuiquenl

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au foin uneodeur repoussante. Ce!lequipf)ile le nom de clématite {Aristolochia clematuis. Lin.) Iracf beaucoup dans les lieux laïuiides, cl doit être p'rirticudièi ement détruite avec soin. Cependant on a exagéré ses dangers, et je dois dire que j'ai \u souvent des vaches en manger, à la vérité en petite quanlit(', sans en être inconunodées.

Au nombre dt'S Polygonées {Poljgoneœ), les Patiences [Patientiœ , Lin.), dont les larges feuilles et les tigi's coriaces occupent inutilement df grands espju es, telles (jue la Parelie {Rnmex aqnaiicus^ lin.), et même la grande Oseille {Runiex acutits, Lir).), auxquelles les ruminans ne touchent jamais eu vert lorsqu'on les laisse libres du choix, et qui ne sont pas susceptibles d'être transfurmées en foin, sont par conséquent des plantes nuisibles. Nous ajouterons que le Poivre d'eau {Poljgonum hydropiper. Lin.) est considéré comme dangereux pour les animaux.

Dans la famille des Lysimarhies ou des Primulacées {Lysimachiœ, insu.), on doit pioscrire la Lysimache commune {Lysimachia vulgaris,\^\n.), qui se piopage av»'c lapidilé le long des cours d'eau, et la Primevère {Primuia veris, Lin.), qui envahit souvent une grande partie du terrain, el qui ne peuvent être converties en foin, la première, à cause <le la dureté de ses liges |)resque ligneuses , la seconde, parce qu'elle es!

trop peu élevée; la Globulaire commune {G. vulgaris. Lin.), qui déplait aux animaux, etc.

Parmi les Pédiculaires {Pedicidares) , la P. des marais {Pcdicalaris palus tris. Lin.) est regardée connue nuisible aux moulons ; la Cocrète {Rhinanthuf crista-galli, Lin.) donne un très-mauvais foin.

Les Labiées {Labiatœ) et les Personnées ou Scrophulaires {Scrophulariœ el Pedicula- ;r.v, Juss) sont généralement repoussées par le gros bétail, quoique plusieurs espèces soient du goùl des bêtes à laine. Dans les prairies basses, la Germandrée {Teucrium scordium. Lin.), lorsque les vaches sont forcées d'en manger, communique à leur lait une saveur fort désagréable ; la Menthe aquatique {Mentha aquatica. Lin.) empêche, dit-on, la coagulation du beurre; le Stachys des marais {Stachys jxdustris, Lin.) se n)ultiplie beaucou)) sans utilité par le moyen de ses traces. Il en est de même île la Scrophutaire aquatique {Scrophulana aquatica. Lin.). Toutes les Linaires, surtout la commune {Linaria vulgaris. Lin.) , ipii abondent dans les localités plus sèches qu'humides, doivent être détruites. Sur les terrains plus éle\és,on a recommaiulé avec raison de détruire aussi les Sauges {S(dvia-), et notamment lesespèees suivantes : la Sauge officinale, S. officmalis Lin. , et celle des/J/rv [S.pratensis, Lin.), la S. sauvage {S.sylvestris, Lin.), la sclarée {S. scia' rea, Lin.), la Cataire {Xc/JCta cataria. Lin,), la Bétoine {Betonica o/ficinalis. Lin.), la Ballote noire {Ballota nigra, Lin.), cl le K'arrul>e commun {Marrul>iurniutlgare, Lin.), qui répugnent généralement aux be^tiaux ; le Lierre terrestre { Glecoma hederacea. Lin.), la Cardiaque officinale [Leonurus cardiaca. Lin.), qui tracent ou s'élèvenl beaucoup au detriineut des bonu«is herbes ; la Mdisse

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AGRICULTURE : VEGETAUX NUISIBLES.

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calament {Melissu calamenta^ Lin.), dont l'odetir repousse les animaux et se communique aux foins, etc., etc.

Les Salariées {Solaneas) sont assez souvent v»Miéneuses,du moins eu vert. ZaZ>oMr<"-flm<^re {Solanum dulcamaia. Lin.), dont Ja propagation esl très-rapide, gâte aussi le loin en lui communiquant son odeur nauséabonde; les Moiènes [Verbascum nigrum, album^ etc.) ne sont jamais touchées |jar le bétail; — les Jusquiames {Hyosciarni); — la Stranioine épineuse {Datura stratnoniuin); — la Mandragore et la Belladone {Atropa mandragora et bclladona. Lin.) seraient très-iuiisibles à sa sauté, si la faim le forçait d"y loucher.

Les Borraginees ne sont pas non plus en général de bonnes piaules fourragères. La Consoude [Symphitum ojficinale. Lin.), qui leur appartient, nuit beaucoup, par son développement, à celui des plantes voisines, à la quantité et à la qualité de leur foin. La Vipérine [Echium vulgare. Lin.) déplaît également aux herbivores.

La Lobclia brûlante^ Lin., qui appartient aux Campanulacées^ leur est nuisible.

Parmi les Flosculeuses, il faut rechercher avec un soin particulier, pour les arracher, le Cnicus des champs {Cnicus arvensis), l'un dés plus communs et des plus nuisibles, à cause de ses racines traçantes et de ses graines nombreuses; — les Chardons marie et à feuilles d'acanthe {Carduus marianus et acanthoïdes^ Wild.); celui qu'on a » ►nimé acaulis, parce qu'il n'a presque pas de liges, mais dont les racines sont longues et traçantes; — VOnoporde à Jeuilles d' acanthe {Onopordiuni acanthium. Lin.); — ïaCarline commune {Carlina vulgaris. Lin.), et la Bardane {Arctium /«/Y^rt, Lin. ),qui envahissent des espaces considérables; — la Centaurée chausse-trape {Centaurea calcitrapa. Lin.), ainsi que les Tussilages [Tussilage farjara et petasites. Lin.), trop connus par leur rapide propagation. "

Dans l'ordre des Radiées^ plusieurs espèces offrent à un degré plus ou moins marquant les mêmes iuconvéniens : ce sont, diverses Aunées {TnuUe) , principalement la britannique [Inula britannica. Lin.), et \n disentéri/jue (/. disenterica^ Lin.) ; — la Cinéraire el le Séneçon dfs marais [fiineraria palustris et Senecio paludosus)\ — les Mille- Jeuilles eupatoire et sternutatoire [Achillea ageratum ai ptarmica^ Lin.), etc., etc.

Dans l'ordre des Rubiacées, les Caille-lait ou Galiurn sont à la vérité mangeables en vert, mais leur foin est à peu près nul; celui des marais [G. palustre^ Lin.) estsurlout nuisible par la rapidité avec laquelle il se répand et se substitue aux autres lierbages.

Au nonjbre des Caprijoliacées^ VHièble [Sambucus ebulus. Lin.) se propage avec une rapidité d'autant plus malheureuse que non seulement les bestiaux ne le mangent pas, mais qu'il communique aux autres lierbages une odeur qui leur répugne fortement.

On a remarqué dans bien des cas que la plupart des plantes de la lamiile des Ombelliféres^ qui croissent dans les pâturages secs et élevés, peuvent donner d'assez bons fourrages, tandis que celles des lieux humides sont généralement dangereuses ou tout au

susceptibles de se transformeren foin. Parmi les espèces vénéneuses à divers dej^rés, il favit citer, d'après les auteurs, les Myrrhis sauvage et des marais {Chœrophyllum sylvestre et palustre^ Lin.); la Ciguë aquatique{Cicuta inrosa Lin.); le Phellandrium aquatique {Ph. aquaticum. Lin.); la Ciguë des jardins {Conium maculaium,L.\u.)\ lesBerlesà/>ctiteset àlarges/euilles (Sium angustiJoUum et latifolium, Lin.), etc. et, parmi les espèces simplement délaissées, les OEnanthes fistuleux n feuilles de persil et à feuilles de bourrache yOEnantha fistulosa,crocata ^\.pim])inelloides ^ Lin.), etc.; les Sisonaquatique el vcrLicillé {Sisonaquaticum Q\.verticillatum, Lin.); le Buplèvre épineux [Buplevrum spinosum, i^in.); VEryngiumdes champs { Eryngium campestre,\Ai\.), etc., etc.

}iti&wcou\i ùa Renonculacées iionl malsaines, telles que les Anémones des bois el la passefleur{Anenione nemorosa et pulsatilla^ Lin.); — V Adonis prinianier {Adonis œstivalis , Lin.); — presque toutes les/{e«o//tw.'<?j', qui perdent à la vérité en partie celle fâcheuse propriété en se desséchant, mais qui n'en donnent pas moins un très mauvais foin; comme, la petite douve {Ranunculus fîammula. Lin); la R. lancéolée [R. lingua. Lin.); la R. petite Chélidoine {R. ficana. Lin.); la R. p ri manière {R. auricomus. Lin.); la R. scélérate {R.sceleratus, Lin.); la R. bulbeuse {R. bulbaus, Lin.); la R. acre ( R. acris. Lin. ), etc.; — les Aconits, et notamment le Tue Loup et \eNapel {Aconitum lycoctonum el napellus^ Lin.); — X'Actée des Alpes {Actea alpina. Lin.); — VErysimum aÛiaria OU alliaire ; le Sisymbrium des marais {S.palustre,L\D.) nuisent, le premier à la qualité du lait, le second a celle du foin.

Le Millepertuis crépu ( Hypericum crispum, L.), heureusement peu commun, est un poison violent pour les moutons.

Parmi les Malvacées, les Mauves, les Altnées et Alcées occupent inutilement beaucoup de place, puisqu'elles sont délaissées par les Desliaux. >

Dans la famille desJoubarbes {Sempervivce), la /. vermiculaire {Sedum acre, Lin.), qui a le défaut de gâter le foiu, se propage d'autant plus facilement dans les localités arides, que ses feuilles succulentes peuvent vivre presque sans le co.acour.'^ des racines.

Dans celle des Euphorbiacées {Euphorbiaceœ), toutes les espèces du genre Euphorbe (Euphorbia) sont dangereuses, à cause de l'àcrelé de leurs sucs propres.

Enfin, pour citer, parmi les plantes qui se propagent avec le plus de facilité dans les herbages, un dernier exemple, entre bien d'autres qu'il serait possible d'ajouter en envisageant (les localités plus restreinies, il faut parler de V Ortie dioique ( Urtica dioïca, L. ), que les bestiaux n'appètent pas en vert, et qui n'est pas susceptible de donner un bon loin.

On a vu ailleurs (pag. 231 et suiv., et page 472) quels sont les moyens de détruire les mauvaises herbes de diverses sortes : il serait superflu d'y revenir ici.

§ II. — Des plantes parasites.

Les parasites nuisibles aux herbages sont

moins inutiles, parce qu'elles ue soûl pas ' peu aombreu&es; elles se réduisent en France

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