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éclôt des vers d'un blanc sale ; ces larves molles, ridées, à six pattes, à tête grosse et écailleuse, à treize segmens, sont détestées des jardiniers sous le nom de vers-blancs ou niaiis ; ils vivent ainsi enterrés pendant trois à quatre années, se changeant alors ea nymphe pour devenir hannetons.
Dans leur état de larve, pour passer à celui de nymphe, elles se construisent sous le sol une case unie, tapissée de fils de soie et de leurs excrémens; ramassées en masse globuleuse, et se gonflant, elles perdent leur peau pour prendre l'enveloppe de nymphe, sous laquelle se dessinent déjà toutes les parties de l'insecte parfait. Dès le mois de février, le hanneton déchire cette coque ou enveloppe et en sort encore mou, humide; il passe en cet état quelque temps pour se fortifier, puis, à l'approche des beaux jours, invité par la chaleur, il s'élance de ces limbes souterraines ; le contact de l'air le raffermit et colore sa robe à l'état parfait.
Tels sont les dégâts causés par ces insectes qu'ils suffisent en peu de jours pour dépouiller les forêts de leur verdure. C'est au point i|u'ils deviennent un véritable fléau; jardins, vergers, pépinières, prairies, moissons , pommej-de-terre, betteraves, tout est dévasté par leur voracité. Il s'est élevé de tous côtés un cri d'alarme ; les jardiniers, les maraîchers sont ruinés; voyez surtout les arbres et les plantes d'ornement, dans les terres de bruyère qu'attaque le ver-blanc et les terrains les mieux peu|)lés et ameublis; ces précieuses cultures deviennent le théâtre de prédilection pour les ravages des hannetons; ils y viennent pondre de toutes parts. Les jardms d'agrément, les végétaux les plus délicats sont le plus horriblement maltraités ; les arbres à fruit saccagés dans leurs racines restent deux années sans produire. Dans notre climat, les hannetons sortent hors de terre en légions infernales à lamiavril; ils s'accouplent une ou deux semaint^s après ; leurs œufs éclosent au bout de vingt à trente jours. La prefnière année, le ver blanc cause des dégâts moins sensibles, mais la seconde année, il s'enfonce au mois de juin pour changer de peau : il remonte ensuite affamé et dévorant jusqu'aux piquets de bois, à défaut de toute racine. Le froid qui le lorce à s'enfoncer de nouveau, en octobre, le laisse ensuite reparaître la troisième année, pour commettre des ravages incalculables ; car il est devenu plus fort et plus vorace jusqu'à sa transformation.
Malgré de nombreux ennemis qui s'engraissent aussi de ces vers-blancs, comme les taupes, les hérissons, les rats, et plusieurs oiseaux, tels que les corbeaux qui les déterrent avec plaisir, il en reste toujours trop, car ils se multiplient d'autant plus que les cultures sont plus riches. C'est pour cela qu'ils font le désespoir des plus opulentes récoltes du jardinage.
Lq^ meilleurs moyens de destruction du verblanc consistent : 1° à recueillir avec soin, au moment du labour et des binages, toutes les larves mises à découvert; 2°
a garnir peu dant toute la belle saison, de plants de sa^
(I) Parmentikh, Traité théorique e.i pratitjue .sur la culture des grains, tom- 2, p. 355 et fluiv.