SOLS CALCAIRES
mis qui sembleraient offrir des chances d« succès ? — Les sables blanchâtres d'une partie du Maine sont aussi arides et aussi brùlans nue les craies de la Champagne. Les semis (le pins, et notamment celui du pin maritime, oui se refuse obstinément à croître dans ce dernier pays, y réussissent cependant, sans le secours d'.uicun abri, d'une manière vraiment admirable; mais il y a entre les deux localités cette différence capitale, que les effets du déchaussement sont peu appréciables sur les sables, tandis qu'ils le sont beaucoup sur les terrains crayeux. — Si l'on voulait semer ceux-ci au lieu de les planter, ce serait donc aux froids de l'hiver bien plus qu'aux chaleurs de l'été qu'il faudrait opposer un abri ; or, l'une n'est pas aussifacile que l'autre en une telle circonstance.
III. Sob tujfeux. — Le tuf, qui accompagne très-souvent la craie à une certaine profondeur, n'est lui-même qu'une craie plus compacte qui acquiert assez de dureté pour être utilisée dans les constructions. Nous n'avons pas à nous en occuper ici comme sous-sol.
Lorsqu'il est ramené à la sur/ace,son premier effet, ainsi que ceiuidetouteslesterresquiont été constamment soustraites aux influences atmosphériques,estde causer la stérililé.Plus que d'autres il possède cette fâcheuse propriété; il la conserve aussi plus long-temps. — Dans une foule de cas cependant, les recoupes de pierre calcaire d'une autre nature, les uiarues, la craie sont d'excelleus amendemens; le tu/eau est généralement considéré comme impropre à cet usage, et j'ai été à même d'éprouver plus d'une fois que les vieilles traditions qui proscrivent son usage ne sont pas de simples préjugés. Toutefois il est évident qu'on s'est exagéré ses inconvéniens dans beaucoup de cas.
Les terrains de tuj mélangés à une certaine quantité d'argile et de sable ne sont point infertiles; le temps, la culture et les entrais les améliorent sensiblement. — Lorsqu'ils offrent une profondeursrffisanle,ilscouvien-
ACRICTILtURE : SOL.
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nent «lux productions des terres légères. — "Les céréales peuvent inême y acquérir une bonne qualité. — Les sainfoins, les luzernes, les trèfles, les raves, etc., y réussissent. — Les arbres seuls, ceux surtout qui ont une disposition à pivoter, s'en accommodent fort mal, ce qui est facile à concevoir. La vigne , et, parmi ses nombreuses espèces, celles qui produisent des vins blancs , y donnent
fiarticulièrement de très-bons produits sur es bailleurs convenablement exposées.
Les personnes qui ont parcouru les coteaux du Cber, de la Creuse, de l'Indre, une partie d'Indre-et-Loire et de la Vienne depuis Chàtelleraut jusqu'à l'embouchure de cette rivière dans la Loire, et qui ont surtout visité avec attention les rives de ce fleuve entre T<uu's et Saumur , ont pu remarquer avec l'auteur d'un ancien Mémoire inséré dans le tome 3 des Mémoires de la Société d'agriculture de la Seine, que, tantôt les bancs de tuf sont recouverts d'une poussière calcaire, qui communique sa couleur blanchâtre au sol entier, et tantôt, lorsqu'ils se trouvent à une plus grande profondeur , d'un terrain jaunâtre ou rougeàtre dans lequel la quantité du calcaire diminue en proportion de l'augmentation de celle d'argile. Au moyen de cette seule indication, on peut distinguer très-aisément dans ces cantons les terres à vins blancs, des terres à vins rouges.
Quand les sols de tuf sont peu profonds, leur amélioration est d'autant plus lente et plus difficile que le sous-sol jouit plus efficacement de la propriété absorbante dont j'ai déjà parlé, et qu'on ne peut le ramener à la surface, même en petite ouantité, sans compromettre plus ou moins long-temps la fécondité de la couche labourable. — En pareil cas cependant, au risque de diminuer encore momentanément les produits, dans l'espérance fondée de les accroître pour l'avenir, on fera bien d'entamer légèrement le tuf inférieur chaque année, lors du premier labour, jusqu'à ce qu'on soit parvenu à une profondeur suffisante.
IV. Terres marneuses. — Les marnes (qui devront être considérées dans un autre chapitre comme amendemens) se trouvent quelquefois à la superficie du terrain, et forment aloï"s des sois calcaires à divers degrés qui sont assez communs pour nous occuper utilement ici.
Les marnes argileuses sont de couleur blanchâtre , grisâtre ou jaunâtre ; elles se délaient à la moindre pluie, se dessèchent et se durcissent par l'effet de la sécheresse la moins prolongée.— Dans ce dernier état elles ne sont pas friables comme la craie. Mais elles se rapprochent des argiles en ce qu'elles retiennent souvent l'er.-'. des pluies, ce qui les rend d'autant plus froides que leur couleur empêche qu'elles ne soient pénétrées par la chaleur solaire. — Elles déchaussent presque aussi facilement que les craies , et, comme ces dernières, elles manquent généralement d'humus.
En des circonstances particulières, lorsqu'elles contiennent peu d'argile, qu'elles présentent une surface inclinée, et qu'elles peuvent être humectées à une certaine profondeur, par suite de leur gonflement et du
peu d'adhérence de leurs parties, entraînées par leur propre poids , elles se laissent aller sur elles-mêmes , et glissent parfois à des distances considérables.
Les sols marneux sont peu fertiles. Lorsoue l'argile domine dans leur composition, ils rentrent dansla classe des terres glaiseuses ou argilo-calcaires; — quand c'est la chaux carbonatée, ils se rapprochent plus ou moins de la craie.
§ IV. — Des sols magnésiens.
La magnésie combinée au gaz acide carbonique se montre çà et là dans les terres arables, unie, dansla plupart des cas, à la chaux carbonatée. Quand elle est saturée de ce gaz, elle n'exerce sur la végétation aucune action défavorable, ainsi qu'on peut en acquérir la preuve plutôt eu Angleterre et en Allemagne qu'en France. Loi'DON rapporte qu'elle existe en proportion très-notable dans le Lizard, l'une des parties les plus fertiles du Cornwal.— Il serait facile de citer des exemples analogues sur plusieurs autres comtés, tels que le Leicestershire, le Derbishire, l'Yorkshire, etc., elc, dans lesquels on trouve d'abondans calcaires magné.siens.
Mais, lorsqu'elle a été artificiellement dépouillée de son acide carbonique par la calcination, ou lorsqu'elle a été simplement ramenée à l'état de sous-carbonate(et elle existe parfois ainsi dans la nature), elle exerce une influence des plus fâcheuses, que Davy attribue à son affinité moins grande que la chaux pour le gaz précité. — Elle devient alors un véritable poison pour une foule de végétaux. — Je me vois de nouveau forcé, afin d'éviter des répétitions, de renvoyer le lecteur au chapitre des amendemens pour de plus amples détails.
Les cultivateurs anglais ont constaté, par plusieurs faits, ainsi que l'indiquait la théorie, oue le meilleur moyen de neutraliser l'action aelamagnésie, c'était d'une part de la mettre en contact dans le sol avec des tourbes ou des engrais qui pussent lui procurer une quantité suffisante de gaz acide carbonique, et de l'autre, d'éviter complètement l'emploi de la chaux sur les terres dans lesquelles elle surabonde.
§ V. — Des sols tourbeux et marécageux.
Lorsque les végétaux se décomposent à la surface du globe sous l'influence de l'oxigène de l'air, ils donnent naissance à du terreau. Quand ils fermentent et s'altèrent dans l'eau , ûs forment la tourbe qui s'en distingue par des propriétés chimiques fort différentes. — Tandis que l'un est d'une fertilité, on peut dire excessive, la seconde est complètement impropre à la végétation de toutes plantes autres que celles que la nature a fixées par exception sur les tourbières. Ce dernier fait, qu'on le regarde comme la suite d'une fermentation acide particulière, de la transformation du mucilage en une substance huileuse que les tourbes paraissent contenir en quantité plus considérable que les terreaux, de l'action probable, dans quelques cas seulement, des pyrites, ou de toute autre cause, ce
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fait, dis-je, est démontré par toutes les expériences connues.
I, Terrains tourbeux. — Ils ont un aspect qui dénote au premier coup-d'oeii leur origine. On reconnaît facilement dans leur masse les détritus diversement agglomérés des végétaux oui les ont produits. — Ils sont spongieux et élastiques. — En se desséchant, ils perdent la majeure partie de leur poids. — Leur couleur est d'un brun noirâtre. — Ils s'échauffent cependant et se refroidissent avec une égale lenteur, de sorte qu'on pourrait encore les reconnaître en été à leur fraîcheur; en hiver, à une température plus élevée que celle des terres d'une autre nature.
Il n'est pas toujours avantageux de transformer les tourbières en terres labourables; car, partout où le boisa une grande valeur, la tourbe peut, jusqu'à un certain point, le suppléer, et la mise en culture de ces sortes de sols n'est rien moins que facile. Cependant, dans certaines circonstances, on peut trouver profitable de la tenter, ainsi que l'atteste la pratique des habitans des moors hollandais, et des peat-mosses de diverses parties des îles Britanniques.
Après un dessèchement préalable, indispensable dans tous les cas, sur quelques points de l'Ecosse, on recouvre à grands frais les tourbières de terre végétale. — Quelques pouces de sable ou de graviers, de calcaires coquilliers, de vase de mer, et principalement d'argile , ont transformé des tourbières improductives en terrains d'un très-bon rapport.
D'autres fois on brûle le plus complètement possible toutes les herbes qui recouvrent la surface du terrain. —On donne ensuite un premier labour destiné à détruire les racines de celles qui repoussent avec une grande facilité, telles que les Eriophorum, les N ardus, etc., etc. — On les réunit en tas avec la tourbe soulevée par la chaiTue; on les brûle quand elles sont suffisamment desséchées, et on en répand également les cendres. — Cette opération terminée, après un second labour,on transporte sur lesolunequantitéde marne, qui n'est pas moindre de 200}'ards cubes par acre ( Tyard cube correspond à 0 '"•, 7(i45 cubes; l'acre anglaise à 4o», 467).— Puis quand elle a été répandue en temps opportun, on ajoute une quantité raisonnable d'engrais. Une tourbière ainsi amendée peut pro-
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