RE : SOL. MV
nu'line, la gaude, etc., etc. , parmi les plantes propres aux arts.
Au nombre des arbres qui y croissent le mieux, on peut citer, après le saule marsault, l'osier des sables, le peuplier blanc et le bouleau, les chênes et |)articulièrement le rouvre et le tauzin, l'orme, le charme, l'érable commun et celui de Montpellier, le frêne à fleur, le hêtre et la plupart des pins.
IL Terres quartzeuses et graveleuses. — Le quartz, pierre à base de silife,se rencontre dans une foule de roches, et par suite dans un grand nombre de terrains. — On donne le ncmi de quartzeux, non pas à tous ceux qui en contiennent, même en proportion assez considérable, des fragmens plus ou moins volumineux, mais à ceux qui en sont composés en majeure partie. Ils ne se distinguent pas alors sensiblement, sous le point de vue de la cultui'C, àe-i sols graveleux; seulement les petites pierres roulées de la grosseur moyenne d'une noisette, qui composent ces derniers, ne sont pas tontes de même nature; selon la formation géologique des montagnes dont elles ont été détacliées, elles sont tantôt siliceuses, tantôt alumineuses, et tantôt calcaires. Cependant presque toujours les graviers siliceux prédominent dans la niasse, et presque toujours aussi ils y sont mêlés à une certaine quantité d'argile, produite, soit par la propre décomposition des roches, soit par les sédimens entraînés parle cours des eaux. Les terrains graveleux doivent donc être considérés dans la plupart des cas, comme des sols sablo-argileux. Lorsque les cailloux qui les caractérisent sont volumineux. Cl qu'ils ne sont pas unis par une quantité suffisante de terre végétale, on ne peut guère les utiliser autrement que par des plantations. Les bouleaux, le saule marsault et quelques autres, l'orme, et, quand ils offrent un peu plus de consistance à une certaine profondeur, les chênes y réussissent communément. — A leur défaut, les conifères y croissent parfaitement. — Les arbres fruitiers y dotment des produits exquis. — La vigne à b( une exposition y procure en petite quantité un vin d excellente qualité.
Si les sols graveleux sont composés de fragmens moins gros et mélangés à une plus grande quantité de terre, on peut leur confier diverses plantes annuelles parmi lesquelles on devrachoisir de préférence celles qui arrivent à maturité avant la grande sécheresse, comme le seigle, l'orge, etc., etc., ou celles qui donnent des produits de jardinage dun prix assez élevé pour indemniser des frais inévitables d'arrosement. — Du reste, les terres de graviers fins rentrent tout-à-fait, quant à leur culture, dans la classe des terres sablonneuses ou sableuses dont j'ai parlé au commencement de ce paragraphe avec de.« détails suffisans pour y renvoyer le lecteur.
IIL Terres granitiques. — Elles sont encore à peu près dans le même cas. Ladécomposition dugraniiedonnenaissance à unsableargileux ti'ès-aride par liii-mêmeelassez peu susceptible d'amélioration , à moins d'amendemens calcairesouargilo-calcaires,etd abondans engrais.—Le seigle, l'épeautre font la base de la grande culture des pays granitiques. — Il faut, pour que les prairies ualiu'elles et ar Li&cielle&
SOLS SARLEUX.
y réussissant, qu'elles se trouvent dans les vall«'cs, et par c<jnséquent dans une |)t)sition ui n'exchil pas toute hunnidité à l'époque des <'lia!curs estivales. Bosc, qui avait parcouru en tous sens la plupart des contrées granitiques de la France, reco'nmandail le tiimt-ps comme une des [liantes les plus propres à y donner aux bestiaux une nourriture à la (ois abondante et Irès-succulenle. « (;e qui doit encoi e plus engager à le semer dans ces sortes de sols, c'est, dii-il, que les bestiaux, quoiqu'en général de petite taille, y réussissent fort bien. Les chevaux y sont fins et vifs, voyez ceux du Limousin; les bœuls ardens au travail , voyez ceux de l'Auverj^ue; les moutons y ont la chair savoureuse, voyez ceux des Ardennes. Sous le double rapport de la production des engrais qui manquent surtout aux terres granitiques et de la valeur des animaux, les habitnns de ces pays doivent donc se livrer de préférence aux spéculations qui ont pour but l'éducation des bestiaux, même des volailles, puisque, comme chacun sait, c'est du revers des Cévennes et du Limousin que sortent ces excellentes cuisses d'oies dont on fait un Ibrt grand commerce. »
Presque toutes les montagnes granitiques de l'est de la P'rance sont couvertes de beaux chênes et de châtaigniers dont les fruits font, pendant une partie de l'année, la base de la niiui'riture des hommes et de certains animaux, comme les cochons et la volaille, auxquels ils donnent en peu de temps une fort bonne graisse.
IV. Les terres -volcaniques sont aussi plus communes dans l'est que dans toute autre partie de la France. C'est en Auvergne et en Languedoc, c'est-à-dire dans le Cantal, le Puy-de-Dôme, la Haute-Loire, rHérault,etc. qu'il faut aller les étudier. Généralement ce sont encore des terres légères, faciles à distinguer par leur couleur noire ou noirâtre, souvent pulvérulentes, et qui exigent les mêmes cultures que les terres sableuses ou sablo- argileuses. — Jusqu'ici, sans qu'on ait pu se reiidre bien compte du pourquoi, elles sont, lorsqu'on peut leur procurer en été une humidité suffisante, d'une fertilité qui dépasse de beaucoup, non seulement celle des sols granitiques avec lesquels elles offrent cependant d'assez nombreux rapports, mais encore celle de la plupart des autres sols connus. — Les cendres de laves, pendant long-temps impropres à toute végétation, acqueriaientelles, et conserveraient-elles après des siècles une propriété stimulante? —Quoi qu'il en soit, dans des circonstances ordinaires, les céréales, les plantes fourrageuses, et tous les végétaux économiques des terres légères, croissent avec plus de vigueur sur les débris des anciens volcans que partout ailleurs. — Il n'est personne qui n'ait entendu parler des châtaigniers monstrueux du mont Etna.
V. Terres sahlo-argilo-ferrus;ineuses. — Elles ont deux inconvéniens de plus que les terres simplement sablonneuses. — La couleur brunâtre ou yiolâtre qu'elles doivent à l'oxide de fer, et qui les caractérise autant au moins que leur fâcheuse disposition à s'agglomérer en
espèces de pouddingues plus ou moins compactes, les rend d'un accès plusfacile encore a l'excessive chaleur, et la surabondance de cet oxide s'oppose parfois complètement à toute végétation. — 11 est presque toujours préférable de les cultiver en bois que de toute autre manière. Les taillis de châtaigniers y doimenl de lents, mais de bons produits. Les bouleaux y croissent bien, et divers autres arbres peuvent, sinon y prospérer, du moins y végéter avec assez" de force pour acquérir de la valeur.
A force d'engrais peu chauds, on peut aussi risquer sur de semblables terrains la culture du seigle, mais on doit s'attendre à le voir manquer complètement, pour peu que les pluies ne soient pas fréquentes pendant la belle saison. — Au moyen d'arrosemens plus multipliés qu'abondans, on obtient généralement dans les sables ferrugineux, en fruits maraîchers et en racines légumineuses , des produits d'une excellente qualité.
VL Terres de sable de bruyères Ces terres, que je placerais au rang des meilleures et des plus utiles en jardinage , sont , au contraire, des moins fertiles pour la grande culture. — Elles contiennent cependant, uni à un sable ordinairement très-fin , à une petite quanlité d'alumine et d'oxide de fer, une quantité de terreau considérable, dû à la décomposition successive des plantes qui les recouvrent. — Quand elles se Irouveni dans des circonstances favorables, leur fertilité est très-grande, au moins pour beaucoup de plantes; mais, d'une part, comme il n'est que trop facile de s'en convaincre en parcourant les vastes landes de Bordeaux, celles de la Bretagne, de la Sologne, etc., elles offrent rarement assez de profondeur, ou elles reposent sur un sous-sol argileux qui retient l'eau de manière à ce qu'elles deviennent de véritables marais pendant l'hiver, tandis qu'elles se dessèchent complètement pendant l'été; de l'autre, elles ont trop peu de consistance. — Le seul moyen de remédier ;> ce double inconvénient, c'est de faciliter l'écoulement des pluies, et de défoncer.
Pour atteindre le premier but, on fait des fossés, ou, si le terrain ne présente pas une pente suffisante, on creuse, de distance en distance, aux endroits les |)lus bas, de petits étangs, qui n'ont pas d'ailleurs l'unique avantage d'assainir la surface du sol. — Lors même qu'ils ne sont pas susceptibles de recevoir du poisson, ils donnent naissance à des plantes aquatiques que les cultivateurs ont grand soin de retirer pour les transformer en engrais , et ils se couvrent sur leurs bords d'herbes, que leur mauvaise qualité n'em pêche pas d'utiliser, faute de meilleurs ou de suffisans pâturages.— Quant aux moyens d'augmenter la masse de terre labourable, nous reviendrons nécessairement sur cet important sujet en traitant prochainement des défrichemens.
Dans la plupart des /?«>'.<• de landes, après avoir ensemencé deux ou trois ans de suite une petite partie du sol en seigle, en sarrazin, en pommes-de-terre, etc., on le laisse en jachères beaucoup plus long-temps.— Cependant, dans la Campine, où de vastes landes d'un sable très-maigre reposent sur un fond
AGRICULTURE : SOL. liv. i",
ment sont ceux qui , non siuleiueiit peuvent croître dans les sables les plus arides et vivre dans une atnaosphère imprégnée d'émanations salines, même d'eau de tuer dans les temps de tounnente, mais encore dont les racines ont la propriété de tracer de proche en proche jusiju'à de grandes distances, et les tiges, lorsqu'elles appartiennent a des plantes vi vaces , de présenter une consistance coriace qui les maintient et les conserve le plus long-temps possible à leur place. — Je crois devoir citer parliculièremeiit :
1° Pour le nord de la France, — parmi les plantes vivaces : Les Eryngium maritime et champêtre, les Elymus gigantesque et des sables, l'Arundo ou Oya des Côtes du Nord, le Ray-grass, le Crambé ou chou marin et le Topinambour ; — parmi les arbrisseaux : Le Rhamnoïde ou liciet d'Europe, lEphèdre ou raisin de mer, l'Ajonc et le Saule des dunes; Psrmi les arbres de diverses hauteurs : Le Pin laricio, le Pin d'Ecosse, le PinWeimouth, l'Epicéa , le Sapin argenté, le Genévrier de Virginie, les Peupliers blanc et noir, leTremble, le Saule inaisault, le Saule à feuilles d'amandier, le Saule hélix ou bleuâtre;
2° Pour le midi du même pays, — parmi ]es pla/itcs 7'iraces : Le Sparte d'Espagne, i'Echinophora maritime, la Cliriste-marine ou perce-pierre, le PanicumPied-de-puule, l'Asperge maritime, et le jonc marin; — parmi les arbrisseaux : i^e Chalet à feuilles étroites, le Genêt épineux, le Genêt d'Espagne, l'Arroche ou pourpier de mer, l'Asperge à feuilles aiguës;— enfin, parmi les arbres verts, outre les espèces déjà désignées pour le nord : Le Pin d'Alep, le Pin maritime, et même le Cyprès commun, et parmi les arbres à feuilles caduques, le Tamarix de Narbonne , le Chêne yeuse ou chêne vert, etc.
On multiplie ces divers végétaux degraines, de boutures au moyen de leurs tiges, ou d'éclats de leurs racines.— On peut donc, selon les circonstances, les semer ou les bouturer en place, ouïes planter après les avoir élevés en pépinière.
Je parlerai d'abord des semis. Quelles que soient les graines qu'«)naura pu se procurer, ondevra mêler, à un lieis de cellesdes arb.'es et des arbrisseaux, deux tiers, non pas en poids et en volume, mais en nombre, des semences de plantes vivaces, dont les tiges, d'une croissance, autautquepossible, rapide, abriteront pendant leurs premières années lesjeunes végétaux ligneux, et empêcheront le sable d'être entraîné de manière à mettre leurs faibles racines à nu. — Les serais se font épais et à la volée; on enterre les graines par un léger hersage. Puis, pour diminuer la mobilité du terrain, on étend et on fixe à sa surface, au moyen de piquets, des branchages d'arbres verts, ou, à leur défaut, de genêts, d'ajoncs, etc., etc., qui produisent en même temps un obstacle efficace contre les venls, et un abri favorable contre les rayons et la réverbération du soleil, — Ce mode est préférable à tout autre.— Mais si l'on nft peut pas se procurer ces branchages en suffisante quantité, pour suppléer le mieux pos-
argilo-terrugineux, on est parvenu, malgré leur stérilité naturelle, à les transformer en champs fertiles par l'adoption de l'assolement suivant : aux bruyères défrichées succèdent les pommes-de-îerre, puis l'avoine et le trèfle, du seigle, de la spergule, des navets, assez souvent pâturés sur place, ou du sarrazin enterré en vert; et enfin une seconde récolte de seigle, qui fait parfois place à un bois taillis. — Dans le Hanovre, sur un défrichement fait à la pioche par des colons pauvres auxquels le terrain était concédé à peu près gratuitement pour de longues années , un assolement analogue a produit des effets aussi satisfaisans. — Bien d'autres preuves attestent que les landes les plus maigres sont susceptibles de devenir d'une culture productive. Si l'on en tire communément un si njauvais parti, il ne faut pas pourtant toujours en accuser l'incurie des propriétaires; car, quelque facile que soit théoriquement leur amélioration, en pratique elle est souvent rendue impossible par les frais qu'elle occasionerait dans des pays d'autant moins peu|)Iés qu'ils sont naturellement plus improdiiclifs.
Lorsque les terres de bruyères ont une ce?-taine profondeur, elles se prêtent à la culture du bois. — Les Bouleaux, les Chênes rouvre et tauzin, le Châtaignier même , si les eaux ont de l'écoulement, y réussissent assez bien. — Le Pin maritime procure dans les landes de Bordeaux de riches produits par la résine, le goudron quon en extrait, et par son bois.— Le Pin sylvestre contribue à l'amélioration des bruyères de la Campine presque aussi puissamment qu'à celle des craies de la Champagne. — Le Pin du lord ouWeimouth réussit de préférence dans des sables un peu frais. Grâce à M. de ^Iorogues, il commence, je crois, à être cultivé avec succès dans la Sologne. — Enfin le Pin rigida, qui vient également dans les graviers arides et dans les terres marécageuses, s'accommode surtout de ces dernières, et pourrait ainsi couvrir certaines landes d'une végétation productive.
VIL Sols de sable pur. — Ils se présentent tantôt en monticules qui bordent les rivages de la mer sous le nom de dunes; — tantôt en masses plus ou moins régulièrement planes et mouvantes, que les vents poussent de proche en proche dans l'intérieur des terres;
— tantôt enfin en plaines dont la surface mieux abritée se couvre de quelques plantes d'une végétation chétive, qui donnent ausol un premier degré de stabilité.
Conquérir à la culture de semblables terrains, c'est une opération difficile, dont les résultats sont len.^s, parfois douteux, mais dont l'im-portance exige que j'entre ici dans quelques détails.
Des dunes. Presque partout, entn la laisse des hautes marées et la base des premières dunes, se trouve un espace assez vaste, à peu près plane, sur lequel les sables, entraînés par le vent, glissent sans s'arrêter.
— Tous les cultivateurs qui ont cherché à fixer les dunes sont à peu près d'accord sur ce point, que c'est par cette partie qu'il faut
commencer.— On fera bien de ne pas opérer j sible à leurs bons effets, onréuniten cordons à la fois sur une trop grande étendue. \ des faôcines de quelque épaisseur, qu'on dis-
Les végétaux qui conviennent particulière- I pose ensuite comme les cases d'uu damier
cnAP. 2^ SOLS SABLEUX
{Ji^. IVjy et entre lesquelles on fait les semis
Fig. 23.
— Enfin, lorsque ces cases présentent une trop grande étendue, on peut augmenter les chances de réussite en substituant, par moitié dans le mélange de graines dont j'ai parlé ci-dessus, aux semences des plantes vivaces, d'autres semences de plantes annuelles d'une croissance plus rapide, telles, par exemple, que diverses soudes, des arroches, des anserines ou Chenopodium, la glaciale (Mesembrianthemum cristalliuum), quelques amaranthes, etc., etc. Toutes ces
f)lanles, et beaucoup d'autres qu'il serait trop ong de citer, croissent de préférence dans les sables marins, et peuvent y donner quelques produits, au moyen de la soude qu'on en extrait par la combustion.
Par de semblables moyens, en peu d'années, on doit obtenir une première ligne de plantation, à l'abri de laquelle d'autres semis réussissent bien plus facilement que les premiers. — Toutefois, sans attendre des années, rien n'empêche de continuer progressivement sur toute la surface du terrain l'opération que je viens de décrire, et qui, à de légères modificalions près, peut fort bien s'étendre aux dunes elles-mêmes.
Les boutures se détachent des arbres à la (in de l'automne, après la chute complète ries feuilles. — On choisit des scions de 3 à > et 6 décimètres (de 1 à 2 pieds) de long, (jd'on réunit en pelites bottes, — Si le lieu où ••lies doivent être plantées est éloigné de plusieurs journées, il est utile de les envelopper de mousse fraîche, et de les empailler à la manière des arbres qu'on fait voyager au loin. — Arrivées à leur destination, elles seront déballées et enterrées par leur gros bout à l'exposition du nord, sans délier les paquets qui peuvent rester dans cette position jusqu'au moment de la plantation.
— Lorsque les pluies ont pénétré et affermi les sables à une profondeur assez considérable , on transporte sur le terrain autant de paquets de boutures qu'on croit pouvoir en planter dans la journée- on les
AGniCl'J.TURE.
couvre provisoirement d'iun: loile Inimectée ou d'un paillasson, pour les abriter, si besoin est, de la sécheresse de l'air. — Enfin, on les fixe au plantoir à 2, 3 ou 4 décimètres de profondeur (6 po. à un pi. et plus/ aux endroits oii l'on juge convenable de les planter, de manière à ne laisser lior-> de terre que les 2 ou 3 derniers yeux. —Les arbres, les arbrisseaux et les arbustes qui se prêtent le mieux à ce mode de miiltiplicatioii sont, parmi ceux que j'ai précédeminent indiqués, les divers peupliers, les saules, le tamarix, le rhamnoïde, le chalef, l'éphèdre, et les arroches ligneuses.
Les plaines de sable mouvant, plus encore que les dunes, sont désastreuses pour le» cultures voisines. L'agent qui les a formées, I)ar so:i action continue, les transporte de proche en proche dans l'intérieur du pays; elles stérilisent chaque année une étendue toujours croissante de terres labourables. — Les moyens de les fixer et de les féconder sont en tout les mêmes que ceux que je viens d'indiquer.
Quant aux sables qui se trouvent entre ces cultures nouvelles et l'intérieur des terres , leur étendue est parfois si grande, surtout sur les côtes méridionales de l'Océan, et les irais de plantation seraient par conséquent si considérables, que l'on ne peut guère recourir qu'aux semis. Ceux de graines de plantes maritimes annuelles et vivaces, mêlées à d'autres arbres, d'arbrisseaux et d'arbustes d'une germination prompte et d'une croissance rapide, offrent le plus de chances de succès, surtout lorsque la nature du climat ou celle des végétaux permet de les faire en automne.
Si l'on pouvait les couvrir en partie, comme précédemment, par des ramilles, il y a lieu de croire qu'en effectuant ces semis par lignes parallèles et croisées, qui formeraient plus tard des brise-vents et des abris contre l'excessive chaleur, on rendrait infiniment plus facile pour l'avenir le boisement complet.
Les sables des bords des fleuves, ou les grèves, lorsqu'on a le droit de se les approprier, sont d'une amélioration facile. — On peut les fixer et les accroître rapidement au moyen du marcottage des luisettes d'osier qui bordent le rivage {fig. 24), ou de boutures
faites à peu près de la manière que j'ai indiquée. Pour paralyser les efforts du courant pendant les grandes eaux, on dispose de distance endistance, dans une direction oblique, des Aa^^'x d'arçons en saule {Jîg. 25), derrière lesquelles les sables et le limon ne manquent jamais de s'amonceler. La portion inférieure des deux figures 24 et 25 fait concevoir le détail de l'opération.
Fis. 25.
SOL
§ m. — Des sols calcaires.
Il est bien peu de terrains dans lesquels on ne rencontre pas une certaiue quantité de calcaire, tantôt en graviers plus ou moins gros, détachés par les cours d'eau des montagnes primitives et secondaires , et auxquels on a donné le nom de sables calcaires, tantôt sous forme pulvérulente.
I. Sables calcaires. — Presque toujours mêlés aux sables siliceux dont, à cause de l'homogénéité de leur composition et de leur dureté, ils partagent à peu près les propriétés physiques, ces sols ne sont ni asseznombreux ni assez différens des sols graveleux pour nous occuper ici bien longuement.
Comme ils se modifient cependant à la longue par suite de l'effet des pluies, des gelées et du soleil, et comme le résultat de leur altération est la production d'une terre calcaire le plus ordinairement mêlée d'argile, ils se trouvent dans des circonstances agricoles plus favorables que les sables purement quartzeux.
La chaux carbonatée à l'état pulvérulent forme la base des terrains crayeux, marneux et de tuf.
II. Sols crayeux. — Cessols,tels qu'on les rencontre dès les environs de Troyes, d'où ils se répandent indéfiniment dans tout le nordouest et l'ouest du département de l'Aube et au-delà, sont composés, dans la plupart des cas, de deux tiers environ de calcaire et dune quantité variable de sable fin, d'argile, et par fois probablement de magnésie, ou plutôt de carbonate de magnésie. — En cet état, ils sont à bien peu près stériles, à moins de frais considérables de culture. — Quel-
qnies-unes des plantes des terrains sableux, telles que l'orge, le trèfle, le sarrasin, les topinambours, les pommes-de-terre, les turneps y donnent çà et'là de chétives récoltes. — Un petit nombre de fourrages, parmi lesquels il faut citer, en première ligne, le sainfoin , y végètent plus ou moins bien; enfin, ceux des arbres qu'on y fait croître avec le plus de succès sont les pins.
La craie absorbe et retient l'eau avec une force qui parait plus nuisible qu'utile à la végétation, parce qu'elle ne s'en dessaisit que lorsqu'elle est sursaturée, c'est-à-dire qu'elle devient boueuse. — En séchant elle s'agglomère à la sur face en une croûte, plus ou moins épaisse, qui, quoique très-friable, réunit au désavantage dese fendiller comme les argiles, celui de ne se laisser traverser ni par l'air, ni par des pluies peu durables. — Ces dernières produisent d'autant moins d'effet sur les sols crétacés, que le tuf, qui se trouve communément à peu de profondeur, est doué d'une puissance d'absorption assez grande pour s'emparer en quelques heures de l'humidité des couches supérieures.
La craie., par sa couleur blanche^ reflète. les rayons solaires; elle les empêche de pénétrer la masse du sol, et cause a sa surface une réverbération brûlante , double effet également nuisible à la végétation.
Les gelées ont aussi plus de prise sur les terres de celte nature que sur d autres ; elles les soulèvent de manière à déchausser quelquefois complètement les racines peu profondes.
Mais un dernier inconvénient , de tous le plus grave, c'est que, soit que la chauxcarbonalée , même à Pétat pulvérulent, absorbe moins facilement et moins abondamment l'oxigène de l'air, que les sols plus riches en argile et en terreau, — soit qu'elle jouisse de la propriété de hâter particulièrement la transformation des engrais, — soit enfin que, par suite de l'extrême mobilité de ses molécules, elle en soit plus facilement dépouillée parles pluies, toujours est-il que la craie a besoin de fumures plus fréquentes (\\.\Q toute autre terre. — Dans l'impossibilité où l'on se trouve trop généralement de lui donner les amendemens convenables, il faut donc chercher partons les moyens possibles à y suppléer par le choix et la quantité des fumiers.
Une très-bonne pratique consiste à creuser au bas de chaque champ, le long des chemins d'exploitation, partout où se dirigent les eaux pluviales , des fossés ou des mares destinées à recevoir les terreaux et les bonnes terres entraînées pendant les temps d'averses et d'orages. — On fait de ces dépôts des amas plus oumoins considérables qu'on mêle ensuite avec des engrais liquides ou solides, de manière à les transformer en composts excellens pour toutes les cultures.
C'est surtout dans les sols crayeux que la multiplication des prairies artificielles de\'\én\. la base de tout bon assolement. Malheureusement peu de plantes y prospèrent comme fourrages. Le sainfoin y donne d'assez bons produits, bien qu'il faille les attendre plusieurs années. La pimprenelle s'y élève peu; elle convient d'ailleurs plutôt aux moutons
qu'aux animaux de labour. Les raves, et autres fourrages des terrains secs et Iéfîers,sonl loin d'y venir partout, même à moitié bien, et il est une foule de localités où aucun d'eux ne peut offrir un dédommagement sufftsanl des frais de culture. Dans une position aussi désavantageuse, bien peu de ressources restent au cultivateur le plus industrieux.
La plantation ^ey /?i«A- lui en offre cependant une impm'lante; mais ce n'est encore qu'à regret que la nature semble lui faire cette concession, car les semis qui réussissent avec un plein succès dans les sables les plus arides du Maine, peuvent à peine être tentés dans les plaines calcaires de la triste Champagne.—Jusqu'à présent, à ma connaissance, au lieu de semer on plante, et, comme cette opération, si elle acquérait une grande extension, serait excessivement coûteuse, on se borne à disposer à la surface du sol des porte-graines dont les premiers produits devront se faire attendre parfois près d'un quart de siècle (/g". 26).— C'est le pin sylvestre ou d'Ecosse {Plnus sylvestres) qu'on cultive le plus généralement dans les terrains crayeux. — Quoiqu'on doive, pour mieux assurer le succès, le jîlanter fort jeune, il convient de donner de suite l'espacement convenable , c'està-dire 5 mètres environ en tous sens entre chaque individu, et afin de diminuer la prise des vents, autant que pour conserver un peu d'humidité et pour éviter quelques-uns des inconvéniens du déchaussement par les gelées , il est bon de le buter jus-p qu'à une certaine ha u Leur avec le sol environnant. Là se bornent les soins de la plantation, qui s'effectue vers le mois d'avril, autant que possible en bonnes mottes. — Des binages seront nécessaires dans la suite pour faciliter l'extension des racines.
Par un semblable moyen, à mesure que les
funs commencent à donner de l'ombrage, e sol se couvre en partie de mousses qui favoriseront plus tara les semis naturels. De
auinze à vingt ans, on voit lever une infinité t* plants dont la réussite est assurée, parce que leurs radicules sont protégées efficacement contre les trop grancles chaleurs, les sécheresses excessives et surtout les gelées produites par le r:iyonnemeut.
• Cette culture n'exigeant pas, comme on le voit, de frais considérables, n'a vraiment contre elle que la lenteur excessive avec laquelle *lle donne ses résultats. Ne pourrait-ou pas «rriver au même but par des moyens plus prompis?Â.-t-OD essayé de tous les modes de se-