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DU SOUS-SOL ET DE SON INFLUENCE

des cendr-es et de la terre sur la neige pour la faire fondre plus vite (I). — Diverses oDservations montrent combien la température des couches supérieures du sol est diftérente de celle de l'air. — On a observé à Tarascon jusqu'à 51° de température près de la superficie d'une terre sablonneuse, légère, rougeâtre , au mois de juillet.

La plus grande influence de capacité (quantité absorbée) pour la chaleur tient diU poids spécifique du soi {f^oy. p. 40 ) ; car, d'un côté, l'air interposé dans une terre très-légère est mauvais conducteur; de l'autre, à profondeui- égale jusqu'à laquelle la température du terrain augmente , la substance terreuse plus lourde offre une plus forte masse, qui, d'après les essais, contient plus de chaleur.

Enfin la quantité d'eau interposée est une cause de refroidissement, par la grande proportion de chaleur que son évaporalion exige, et les sols humides sonten effet généralement froids. — La quantité d'humidité influe beaucoup sur réchauffement des terres par le soleil. Des terres humidesont une température moindre de quelques degrés que des terres de la même espèce sèches. Cette moindre température se maintient même au soleil jusqu'à ce que l'évaporation de l'eau soit presque complète. On ne peut pas douter que la grande quantité de chaleur nécessaire à l'évaporation ne soit la cause principale de ce phénomène. La différence de température se montait dans divers essais de 6° à 8°. — Les terres d'une couleur claire et ayant une grande faculté de retenir l'eau, ne s'échauffent donc que très-lentement et faiblement par une double raison: un sol froid, argileux , contient beaucoup d'eau et en perd peu, tandis qne le sable, au contraire, forme un sol sec et chaud, en raison du peu d'humidité qu'il contient, et qui d'ailleurs s'évapore bientôt.

Les pentes du terrain ont encore une influence très-marquée sur son échauffement f>ar les rayons du soleil; la quantité de chaeur absorbée, toute autre circonstance égale d'ailleurs, est d'autant plus grande que les rayons solaires sont plus long -temps dans une situation le plus rapprochée de la perpendiculaire avec la superficie du sol. On conçoit en effet que la même quantité de rayons qui tombe obliquement et s'étend sur une surface double doit produire un effet d'environ moitié moindre.— On se rend facilement compte ainsi des effets très-remarquables observés pour des expositions différentes, et on peut choisir celles qui conviennent le mieux aux diverses cultures.

§ XI. —Influence de l'état électrique des sols.

Les nombreuses observations faites dans ces derniers temps attestent une action puissante de la part de l'électricité dans les phénomènes chimiques comme dans les réactions entre les matières inorganiques et les corps organisés. Une science tout entière, V électro-chimie, est maintenant fondée sur ces principes ; elle se lie à toutes les scien-

ces d'observation, et les plus récentes expérimentations, notamment de M. Becquerel, prouvent combien les faibles forces électriques, portées par des courans continus, agissent sur la vie et les développemensdes végétaux.

On a constaté ainsi que X électricité négative avait une action slimulanletrès-favoraDle sur la végétation, tandis que l'éleclricilé positive était défavorable. — Ces observations s'accordent d'ailleurs avec les faits incontestables qui prouvent Vutilité d'un léger excès des bases alcalines éleclro-négalives (chaux, ammoniaque, potasse, soude) dans les engrais, tandis que les acides libres éleclroposilifs sont souvent nuisibles, et peuvent même, à faibles doses, arrêter toute germination.—C'est ainsi que divers déiritus de végétaux, des fonds de tourbières infertiles, peuvent être rendus très-propres à l'engrais des terres par un mélange avec quelques centièmes de chaux vive ou éteinte, tandis que tous les débris d'animaux susceptibles de donner, par leur décomposition spontanée, une réaction alcaline, forment sans mélange d'excellens engrais, comme nous le démontrerons plus loin. A. Payex.

Section v. — Du sous-sol et de son influence.

On désigne sous la dénomination de soussol, la couche de terre, de pierre ou de roche, placée immédiatement au-dessous du sol cultivé, et sur laquelle repose celui-ci. Préservé en tout ou en partie par la terre arable des influences de l'air, le sous-sol présente ses couches géologiques presque dans leur état de pureté ou dans un très- faible commencement de désagrégation. Son influence sur les qualités des terres et l'avantage ou le désavantage que présente son mélange en raison de sa nature, rendent son étude et sa connaissance très -importante pour le cullivateur.

Au commencement de ce chapitre nous avons donné une idée de la manière dont les sols se sont formés peu-à-peu par l'action lente, mais toujours croissante, des éléniens atmosphériques et delà végétation. Lesroches et les couches dont la décomposition et le mélange ont donné naissance aux terres labourables, sont disposées dans un certain ordre qu'il est bon que le cultivateur instruit connaisse ; nous indiquerons donc , mais brièvement, la succession de ces roches et de ces couches, dont la Géognosie a pour but de faire connaître le gisement et les rapports, dont la Minéralogie étudie la composition intime, et dont la Géologie conclut la structure et la composition du globe, ainsi que les changemens et les révolutions qu'il a subis.

§ l«^— Notions de géologie et de géognosie.

Les géologues divisent généralement les roches en terrains primitifs, terrains secondaires et terrains tertiaires.

Les terrains primitifs ou ceux qui paraissent les plus anciens puisque tous les autres

(1) C'est de la terre noire que répandent sur la neige les habitans deChamouDy pour en accélérer la fMtte et avancer l'époque où ils pourront ensemencer leurs champs, ( djk Saussu&£.)

leur sont généralement superposés, se composent principalement des roches granitiques, quartzeiiscs cijcldspathiques , de schistes micacés, vide roches arnphiooliques. — Le quartz, le feld- spath, le mica et l'amphibole dominent en dilTérentes proportions dans ces roches qui constituen 11 es plus haut es montagnes du globe, et se trouvent aussi aux jjIus grandes profondeurs que l'industrie humaine ait encore pu atteindre.

Iaîs terrains secondaires, appelés aussi intermtdiaires ou de transition , et dont l'âge, et par conséquent la position générale, est intermédiaire entre les roches primitives et celles des terrains tertiaires, comprennent : les schistes plus ou moins semblables à l'ardoise ; des calcaires en couches très-épaisses , plus ou moins semblables au marbre, et qui commencent à contenir des coquillages fossiles ; des grès et des pouddingues souvent très -durs, accompagnés dans certaines localités des houilles ou charbons de terre; les grès bigarrés ; le lias ou calcaires alpin et jurassique, très-riclies en débris fossiles, et au milieu desquels on trouve diverses couches de marnes schisteuses noires ou de couleurs variées; la formation de la craie, composée de grès, d'argiles et de calcaires, où domine la craie proprement dite, et qui forme des couches très-épaisses, très-étendues et trèsnombreuses.

Les terrains tertiaires renferment un petit nombre de roches dures ; les sols y sont par conséquent plus profonds. Les couches principales qu'on y distingue sont : les grès des terrains tertiaires , quelquefois durs comme celui des pavés de Paris, quelquefois complètement à l'état de sable ; des argiles plastiques en couches plus ou moins épaisses qui alternent souvent avec des marnes ; enfin les calcaires de formations marines et de formations d'eau douce qui se distinguent principalement par les caractères de leurs fossiles: ces calcaires oiïrent une multitude de variétés qui en l'ont des calcaires marneux ou siliceux, présentant tous les intermédiaires depuis les marnes argileuses ,i\\^(\\x' di\xsilex on pierres meulières. Ces formations, très-étendues, disposées constamment en couches horisontales, se trouvent souvent placées les unes au-dessus des autres, et leur alternance se répète même plusieurs fois dans la même localité, en sorte qu'on peut concevoir que la mer après avoir occupé tel ou tel lieu, a été déplacée, qu'un bassin d'eau douce lui a succédé, puis que ce bassin a fait place à une nouvelle mer, et ainsi de suite. C'est dans ces terrains que se trouvent les lignites ou terres noires bitumino-pyriteuses, entre les argiles plastiques et le calcaire marin; et audessus de celui-ci des gypses ou pierres à plâtre,quelquefoistransparens et très-purs, mais plus souvent terreux et calcarifères. — Les terrains tertiaires couvrent de vastes contrées où le sol est généralement fertile, parce qu'il résulte du mélange d'un grand nombre d'élémens divers, et se trouve par conséquent favorablement constitué pour la végétation ; ces élémens sont en elTcl empruntés à tous les terrains plus anciens, dont les débris entraînés par les eaux ont été déposés par elles et mêles ensemble soit dan» les lacs, soit

SOL. Liv. I".

dans le fond des mers. Lorsc^n'il se rencontre quelques parties infertiles dans les terrains tertiaires, l'agriculteur peut presque toujours les rendre facilement productives, parce qu'on peut trouver dans ses diverses couches celles dont le mélange devra produire la fertilité: c'est ce que nous verrons dans le chapitre des amendemens. Ainsi, lorsque les grès de la formation marine se trouvent à la surface du sol, ou ne laissent pas une couche cultivable assez épaisse, la terre est infertile parce qu'elle est trop sablonneuse ; mais, presque toujours au-dessous de ces grès ou sables marins, se trouvent des couches de marnes argileuses que l'agriculteur doit exploiter et répandre sur ses champs. Quand ce sont les calcaires ou les argiles qui dominent, les terres sont encore peu fei'ti les, et c'est le sable ou le sable argileux qu'il faut se ])rocurer pour les améliorer. Du reste, les qualités et les défauts des différens sols ont été traités dans une des précédentes sections ; ce serait nous répéter que d'en parler à propos du sous-sol.

Une 4'' classe, moins importante pourle géologue que pour l'agronome, comprend les te?rains diluviens ei post-diluviens. On y rencontre d'abord les sables et cailloux roulés, qu'on trouve en abondance dans certains sols; puis leajormations marines ou lacustres, qui continuent à s'accumuler dans les mers ou dans les lacs par le dépôt des substances que les eaux contiennent; enfin les dépôts de transport et d'alluvion, que les cours d'eau actuels charrient et déposent dans leur sein ou vers leurs bords. Ces sols ont été pareillement étudiés précédemment, ainsi que ceux qui appartiennent à la classe Aq% formations -volcaniques.

Ces terrains, dits plutoniqiies , c'est-à-dire qui doivent leur formation à l'action du feu ou des volcans, comprennent un assez grand nombre de roches remarquables, et sont assez répandus dans certaines contrées qui n'offrent plus maintenant aucun signe d'éruptions volcaniques; les principales de ces roches sont: Xa porphyre ei \a serpentine, qu'on trouve en filons ou en masses épanchées au milieu des terrains primitifs et secondait es; le trachyte et les basaltes , qui se montrent assez fréquemment taillés en prismes ou piliers naturels; enfin les laves et les scories , que vomissent journellement les volcans en activité, et qu'ont vomies précédemment les volcans éteints.

Complétons cette esquisse géognostique en disant que les veines qui renferment les substances métalliques, telles que les gangues ou minerais dont on extrait le plomb, le cuivre, l'argent, l'or, etc., etc., sont des fissures ou des fentes remplies de matières différentes de celles qui composent les roches qu'elles traversent en tous sens et sous toutes les inclinaisons possibles. On nomme filons ces fentes ainsi remplies de diverses matières et de substances métalliques, pour les distinguer des failles, qui sont des fentes ne contenant que des matières stériles. Les géologues et les minéralogistes ont déterminé des caractères qui permettent de préjuger la rencontre et la richesse de ces filons métallifères.

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